Gilles Deleuze en turc

« Comment et dans quelles conditions la philosophie de Gilles Deleuze est-elle entrée dans la langue turque ? » est le problématique de cet article. Le travail de traduction par le milieu de l’œuvre de Deleuze, à partir de lui et avec lui, est une expérience que j’ai eu la chance de vivre dans « la tâche du traducteur » que j’ai assumée. Comment traduire la déterritorialisation ? Comment faire en sorte que ce concept ne soit pas confondu avec la terre ou le territoire de l’État-nation ? Ainsi faut-il traduire les machines désirantes en dehors de la traduction par l’américain qui ne se rend pas compte de son rapport avec la phénoménologie (intentionnalité du sujet) ; car justement Deleuze l’a combattue dans sa philosophie.

This text examines the conditions under which Deleuze’s philosophy was introduced into the Turkish language. By taking on the « task of the translator », I had the good fortune to experience what it was like to translate Deleuze’s work « from the middle », being both inspired by and working with Deleuze to do so. The question that arises when translating « déterrorialisation » is that of ensuring that this concept is not confused with either the earth or the territory of the nation-state. In the same way, one has to translate « machines désirantes » outside of any influence by the way this has been rendered in English, since this inadvertently refers to phenomenology (the intentionality of the subject) which Deleuze precisely contested in his philosophy

Akay Ali

Professeur a l’Université des Beaux-arts Mimar Sinan, à Istanbul; fondateur des revues Toplumbilim (sociologie) et de Plato (art contemporain) ; il a traduit et introduit Gilles Deleuze et Félix Guattari en langue turque (Dialogues, « La Machine de Guerre », et De Périclès a Verdi. La Philosophie de François Chatelet) ; commissaire d’exposition au musée d’art moderne d’Istanbul et au centre d’art Akbank Sanat (Istanbul).