Israéliens et Palestiniens dans une impasse sanglante

Inlassable militant israélien pour la paix entre les peuples palestinien et israélien, Michel Warschawski dresse un tableau sans concessions de la terrible conjoncture actuelle. Face à une population palestinienne qui n’a que les moyens d’une résistance passive, de survie, son analyse des Accords d’Oslo et du Plan Sharon est impitoyable. Devant la disproportion des forces et considérant que la Palestine est « l’avant-poste, et dans une certaine mesure le laboratoire, de la guerre globale et de la recolonisation du monde », il en appelle à une mobilisation urgente de la communauté internationale.

Dix ans après l’euphorie d’Oslo, le processus de paix entre Israël et les Palestiniens est mort et enterré. Les négociations et les toutes premières initiatives de décolonisation ont fait place à une guerre de pacification dans laquelle des forces militaires massives utilisent leur puissance de feu et de destruction dans le but d’obtenir une capitulation palestinienne. Comment en sommes-nous arrivés à une régression si totale et si rapide ? Quels sont les nouveaux objectifs des uns et des autres ?

Oslo et les Israéliens
En signant la Déclaration de Principe d’Oslo (DOP), les dirigeants israéliens sont divisés. Il y a ceux qui comprennent que le seul moyen de parvenir à la paix avec les Palestiniens est de mettre fin à l’occupation. La décolonisation des territoires palestiniens occupés en juin 1967 permettrait la création d’un État palestinien indépendant et le début d’un processus de coexistence pacifique entre les deux peuples. Certes, de nombreuses illusions persistent : les Palestiniens seraient-ils prêts à « échanger » le droit au retour des réfugiés contre un État palestinien ? Quels compromis seraient-ils prêts à accepter à Jérusalem ? Mais malgré ces illusions, Yossi Beilin et les négociateurs d’Oslo ont pour objectif le retrait des Israéliens des territoires occupés, et un projet d’indépendance palestinienne.
Mais cette conception est loin de faire l’unanimité, y compris dans le gouvernement israélien. Beaucoup voient dans le processus d’Oslo un moyen pour gérer d’une manière moins coûteuse les territoires occupés, par une double séparation : en séparant Palestiniens et Israéliens, et en séparant la population de l’espace sur lequel elle vit – Israël continuerait à gérer les terres, l’eau, les frontières et la circulation des personnes et des marchandises, un gouvernement palestinien prendrait en charge les problèmes de la vie quotidienne (éducation, santé, sécurité intérieure, économie). En échange de cette autonomie, les Palestiniens s’engageraient à garantir la sécurité des Israéliens.
La DOP prévoit une période transitoire de 6 ans qui, effectivement, se caractérise par une autonomie plus ou moins élargie. Mais si, pour Yasser Arafat, après l’autonomie et le déploiement partiel de l’armée israélienne viendra la décolonisation et l’indépendance, de nombreux dirigeants politiques, et surtout militaires, israéliens voient dans la collaboration palestinienne au système d’autonomie la preuve que ce dernier peut servir de modèle pour la solution définitive.
Yitshak Rabin a longtemps hésité, et ce n’est que vers l’été 1995, quelques mois avant son assassinat, qu’il semble faire le choix d’une véritable décolonisation des territoires occupés. Trop tard : l’armée, appelée par Rbin à gérer les négociations et leur mise en œuvre, a fermé l’option de la décolonisation : elle remplace rapidement les négociations par des diktats, annule unilatéralement des accords signés, bouscule unilatéralement le calendrier (un des rares éléments précis dans la DOP), et surtout réorganise l’espace autour d’un axe prioritaire : l’existence et l’élargissement des colonies.
Unilatéralisme, sécuritarisme, poursuite de la colonisation et séparation sont les quatre caractéristiques principales de la gestion israélienne du « processus de paix ». Quand Rabin veut corriger le tir, en particulier autour des deux premiers points, il est assassiné par un militant de la droite israélienne, qui mène, depuis deux ans une campagne de haine et de délégitimation contre le premier ministre.

Le choix est fait

L’assassinat de Yitshak Rabin va signifier la victoire de tous ceux qui, pour des raisons diverses, s’opposent au processus d’Oslo. Après l’interlude grotesque de Shimon Peres, trois premiers ministres vont se succéder, qui tous se sont opposés, dès le premier jour, au processus d’Oslo. Benjamin Netanyahu a gelé le processus, sous des prétextes divers, Ehud Barak l’a achevé. C’est à Ariel Sharon que revenait la tâche de mettre en œuvre ce qui devait être l’alternative au processus d’Oslo.
Au-delà du rejet de la perspective de la décolonisation et de la création d’un État palestinien réellement indépendant dans l’ensemble de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza, quelle a été la politique commune à ces trois derniers premiers ministres israéliens ? On peut la résumer en cinq points : 1. Il est hors de question de mettre en cause la colonisation existante et une partie au moins de la colonisation planifiée. 2. Il est souhaitable que les Israéliens n’aient plus à gérer le quotidien des Palestiniens, y compris, si possible, la sécurité intérieure. 3. L’objectif de toute solution, transitoire ou définitive, est de garantir une sécurité maximum aux Israéliens. 4. Il est hors de question de traiter les Palestiniens, ni pendant le processus négocié ni après, sur un pied d’égalité : ils doivent être sous contrôle. 5. Les négociations ne pourront donc pas se dérouler sur pied d’égalité, et le principe de réciprocité est à exclure catégoriquement du processus. Ces cinq points portent sur trois axes : colonisation, poursuite de la relation coloniale, séparation.
Ce qui distingue Ehoud Barak de ses deux collègues, c’est que, joignant arrogance sans limite et ignorance crasse de la réalité arabo/palestinienne, il a pu croire qu’un plan basé sur ces trois piliers pourrait être accepté par Yasser Arafat et la direction du mouvement national palestinien. Au cas où Arafat n’accepte pas ces « offres généreuses », sa vengeance sera terrible, et si son peuple lui exprime son soutien total dans son refus de capituler, ils le payeront au prix fort. Après une campagne mensongère littéralement sans précédent visant à démontrer qu’Arafat n’avait jamais eu l’intention de parvenir à un compromis et que son objectif stratégique était la destruction d’Israël, Barak demande à l’armée de mettre en œuvre des scenarii préparés de longue date visant à détruire l’Autorité palestinienne et à pousser le peuple palestinien à accepter une capitulation. Un véritable plan de pacification est mis en œuvre, sous couvert de lutte contre le terrorisme, concept qui avait été mis en avant, trois ans plus tôt, par le chef des néo-conservateurs israéliens, Benjamin Netanyahu. Une pacification qui fait des centaines de morts, cinq mois avant que ne commencent les premiers attentats. Mais les Palestiniens ne capitulent pas, et Barak est écrasé aux élections qu’il avait lui-même provoquées.

Le plan Sharon

Contrairement à Ehoud Barak, Ariel Sharon, son successeur, n’a jamais cru que l’on pourrait imposer à Yasser Arafat un plan de capitulation. Il pense par contre que sous les coups de la pacification, une « direction pragmatique » serait prête à accepter son plan. Car Sharon a un plan, qu’il a développé dés 1978, alors qu’il était ministre responsable de la colonisation dans le premier gouvernement Begin. Ce plan, Ariel Sharon l’a présenté en toute clarté à de nombreuses occasions, en particulier dans une très longue interview accordée au journaliste israélien Ari Shavit pour le quotidien Haaretz, en mars 2001, quelques semaines après son élection. On peut le résumer en 10 points : 1. Les Palestiniens veulent la paix, mais pas celle que nous sommes prêts à leur proposer. 2. La guerre d’indépendance (guerre de 1948) n’est pas encore terminée, et nous avons devant nous 50 ans pour parachever la colonisation de la Palestine (Eretz Israel). 3. La grave erreur de Rabin a été de vouloir fixer des frontières, ce qui n’est pas à l’ordre du jour pour les cinquante ans à venir (ailleurs il parle de 100 ans). 4. La Palestine est Israël, mais elle doit être juive. Que faire des Palestiniens ? L’idéal serait qu’ils s’en aillent en Jordanie (« La Jordanie c’est l’État Palestinien », disent des milliers d’affiches en Israël, et le plan de “transfert”, euphémisme pour épuration ethnique, est le programme d’une partie substantielle des partis soutenant le gouvernement Sharon). Ce plan étant dangereux, s’il n’est pas mené dans des conditions appropriées, il faut trouver un autre moyen pour exclure les Palestiniens de Palestine. 5. L’alternative au transfert est la concentration et la cantonisation des Palestiniens dans des zones où, de toute façon, les possibilités de colonisation sont extrêmement limitées, que les Palestiniens pourront appeler État(s) palestinien(s), s’ils le veulent. 6. La délimitation des « frontières » de ces cantons sera déterminée unilatéralement par Israël qui en contrôlera, évidement, les accès, ainsi que les ressources naturelles (l’eau en particulier). 7. Le mur – auquel Sharon s’est joint tardivement – facilite la délimitation des cantons/bantoustans palestiniens. 8. Gaza sera le premier des cantons palestiniens. 9. S’il est possible de trouver des « dirigeants pragmatiques » qui acceptent de gérer le plan israélien, tant mieux. Sinon, ce plan sera imposé unilatéralement. 10. Pour qu’éventuellement des Palestiniens se déclarent prêts à gérer ce plan, Sharon est prêt à le nommer « plan transitoire à très long terme » (sic); transitoire, pour que les Palestiniens puissent l’accepter, à très long terme (50, 100 ans!) pour bien montrer qu’on n’ira jamais au-delà…
Sharon est certainement un bulldozer, comme les médias israéliens le décrivent souvent, qui écrase tout sur son chemin, mais qui sait où il veut aller, et qui n’hésite devant aucun moyen pour parvenir à son but. Il n’a qu’un point aveugle dans sa perception de la réalité : tout comme son prédécesseur, il est incapable de comprendre la capacité de résistance de la population palestinienne.

Un peuple résistant

Malgré les milliers de morts et les dizaines de milliers de blessés et de handicapés, malgré les milliers de maison détruites, les dizaines de milliers d’arbres déracinés, malgré les destructions et malgré le bouclage et l’enfermement, le peuple palestinien ne donne pas le moindre signe de capitulation.
Les Palestiniens ne sont pas capables, par leurs propre forces, d’imposer leurs droits et de gagner l’indépendance; le rapport de forces est terriblement en leur défaveur, dans un monde – et un Moyen Orient – dominés par la philosophie de la guerre globale, permanente et préventive. Ils ont pourtant démontré d’une façon extraordinaire leur capacité de mettre en échec le projet israélien de capitulation. Par une résistance plutôt passive (Soumoud) qu’active, plutôt individuelle que socialement structurée : le refus d’accepter l’atomisation, l’enfermement, la détermination à affirmer une volonté de vivre, un désir de normalité. Sous les bombardements, dans leurs villes et leurs villages assiégés, face à la brutalité et l’arbitraire militaires omniprésents.
On a beaucoup ironisé sur le festival international de cinéma à Ramallah, où la petite bourgeoisie ramallaouite branchée s’est retrouvée dans une nouvelle salle très luxueuse pour voir des films et écouter des réalisateurs venus du monde entier. Je ne partage pas du tout cette ironie : ce festival est un acte de résistance, une provocation contre la mort et l’enfermement et un véritable projet israélien de « barbarisation » des Palestiniens; les forces d’occupation n’ont-elles pas confisqué le projecteur ? N’ont-elles pas tenté d’empêcher des réalisateurs d’arriver en Palestine et les spectateurs d’entrer à Ramallah ? Et malgré tout le festival a eu lieu, comme une victoire de la vie sur une volonté déclarée de tuer la vie.
Aller à l’école, rendre visite à sa tante, recevoir des soins dentaires – ce sont des actes de résistance qui nécessitent de traverser des murs, de contourner des barrages et de s’obstiner à arriver. C’est cette résistance-là qui a mis en échec la pacification israélienne, et qui nous oblige à prendre en considération la poursuite de la violence pacificatrice pour de longues années encore, avec son lot de morts, de destructions et de souffrance pour les Palestiniens et des vagues d’attentats qui vont continuer à endeuiller de manière cyclique la société civile israélienne.

Mouvement de la paix ?

L’effet le plus pervers de la campagne de mystification d’Ehoud Barak et d’une partie des services de renseignements israéliens est, sans aucun doute, l’acceptation par la société israélienne de l’inéluctabilité du terrorisme et de son lot de victimes innocentes. Le mouvement de la paix avait, par le passé, deux arguments à mettre en avant pour convaincre les Israéliens de s’opposer à la politique du Grand Israël, à la colonisation et à l’occupation : d’une part le prix à payer – en vies humaines, en argent, en qualité de vie et de société – pour maintenir l’occupation et la colonisation et, d’autre part, l’isolement international et les pressions internationales potentielles auxquels nous soumet la politique de colonisation.
Le premier de ces arguments a perdu toute son efficacité, dès lors que nous sommes dans une « guerre de survie » avec « des forces éradicatrices ». Face à un ennemi aspirant non pas à un compromis, mais à la destruction d’Israël, il n’y a que l’option de la guerre préventive et permanente. Les morts ne sont plus le résultat d’un choix politique, mais la preuve de la justesse de l’analyse de nos dirigeants et de leur politique de guerre permanente. Pas de compromis avec les éradicateurs, c’est une évidence ! Le mouvement de la paix qui, ne l’oublions pas, a participé à l’élaboration de cette fable obscène et mortifère, n’avait, pendant trois ans, plus rien à proposer, puisque lui-même annonçait les morts à venir non pas comme résultat de l’occupation et de l’intransigeance politique de nos dirigeants – y compris les travaillistes qui ont et vont à nouveau siéger dans le gouvernement Sharon – mais comme le résultat de l’intransigeance de… Yasser Arafat. Souvenons-nous des tribunes de AB Yehoshua et d’Amos Oz (2000-2001) dans les grands quotidiens français, où ils accusaient les Palestiniens de vouloir détruire Israël. Pourquoi alors soutenir les « pacifistes » et leur projet de compromis, si ce n’est par masochisme ? Pourquoi « revenir à Oslo » qui n’était qu’une manœuvre palestinienne ? Le discours alternatif des quelques milliers de militantes et de militants du mouvement anti-colonial – entre autres, de la Coalition des femmes pour une paix juste, de Taayush et de Gush Shalom, des Rabbins pour les Droits de l’Homme et du Centre d’information alternative, et surtout, joyau de la couronne, des divers mouvements de réfractaires, réservistes et appelés – ne fait pas le poids face à ce nouveau consensus autour de la guerre de survie.
Quant aux nouvelles « initiatives de paix » (l’initiative de Genève en particulier), leur absence totale d’écho dans le débat public israélien s’explique précisément par l’incapacité de leurs porte-parole de lier ces projets, intéressants et potentiellement prometteurs, à une remise en question de ce consensus de guerre permanente, parce qu’une telle remise en question supposerait une autocritique forte et sans ambiguïté de leur propre participation à la formation de ce consensus (« c’est la faute d’Arafat », « les Palestiniens ne sont pas crédibles », « l’Autorité palestinienne a un double langage »), et surtout reconnaître que la responsabilité pour tout le sang versé au cours de ces quatre dernières années et pour l’échec du processus de paix est israélienne et non pas palestinienne. Sans une telle remise en question, tout plan de paix reste inaudible en Israël… puisque nous n’avons pas de partenaires pour la paix, mais des éradicateurs d’autant plus dangereux qu’ils se gargarisent de discours pacifiques et modérés.

Le cadre international

Traditionnellement, l’autre argument fort des forces de paix a porté sur « les pressions internationales ». En effet, la politique de colonisation israélienne n’a jamais eu l’aval de la communauté internationale, et même des États-Unis qui, au cours des trois dernières décennies, n’ont jamais lésiné sur leur soutien militaire, économique et diplomatique (veto au conseil de sécurité) à l’État d’Israël, ne partageaient pas la conception politique des divers gouvernements israéliens, considérant même parfois leur intransigeance et certaines de leurs aventures guerrières comme dangereuses pour la stabilité de l’ordre américain dans la région (les pressions de George Bush père, en 1991, pour obliger Yitshak Shamir à geler la colonisation et à participer aux négociations de Madrid).
La peur de se mettre à dos la communauté internationale – et avant tout les États-Unis – est, contrairement à certains discours de bravade pathétique, tout ce qu’il y a de plus réel en Israël, à tel point que le gouvernement Shamir est tombé parce que le public israélien ne voulait pas fâcher les États-Unis… ni renoncer à 10 milliards de dollars de garanties bancaires.
Avec l’équipe néo-conservatrice au pouvoir à Washington, Israël n’a plus peur d’une éventuelle pression de la communauté internationale. Entre la politique des Cheney, Wolfovitz, Pearl, etc. et celle des conseillers politiques et militaires de Sharon, il y a une osmose qui n’a jamais existé auparavant. La guerre totale, permanente et préventive contre « le terrorisme palestinien » s’inscrit dans la guerre globale, permanente et préventive de Washington contre le terrorisme international, et en particulier le terrorisme islamique.
Pire : le 14 avril 2004, Bush fait siens les présupposés israéliens, rompant en cela non seulement avec le reste de la communauté internationale, mais avec la politique traditionnelle des États-Unis, aussi formelle et non-contraignante fût-elle. Dans sa lettre à Ariel Sharon – ratifiée un peu plus tard par les deux chambres du Congrès – George W. Bush confirme que les frontières de juin 1967 ne seront pas les frontières israéliennes, que certaines des colonies seront annexées à Israël, que les réfugiés ne retourneront pas dans leur pays. Il ne s’agit pas de suggestions destinées à être négociées entre Palestiniens et Israéliens, mais de positions imposées unilatéralement dans le cadre d’une solution.
Unilatéralisme, mise à l’écart du droit international et des résolutions de l’ONU, et terrorisme d’État pour imposer la re-colonisation du monde – voilà les bases de la symbiose entre la politique impérialiste de George W Bush et la stratégie coloniale d’Ariel Sharon. C’est ce qui donne à la campagne internationale pour les droits du peuple palestinien sa dimension globale : en défendant ces droits, les mouvements sociaux à travers le monde ne se battent pas seulement contre une très grande injustice et une violence colossale envers les droits d’un peuple, mais contre l’avant-poste, et dans une certaine mesure le laboratoire, de la guerre globale et de la re-colonisation du monde. Parallèlement, en protégeant leurs droits, les Palestiniens sont aujourd’hui en première ligne du combat pour la survie de la civilisation humaine contre la barbarie du néolibéralisme conquérant. C’est dire l’importance et l’urgence d’une solidarité internationale forte et déterminée.

Warschawski Michel

Activiste et écrivain israélien. Co-président du Centre d'information alternative (AIC) israélo-palestinien de Jérusalem. En 1982, il a été l'un des fondateurs de « Yesh Gvul », mouvement d'officiers de réserve et de soldats contre la guerre au Liban et l'Occupation israélienne. Il a publié {Le Défi Bi-national}, Textuel, 2000 ; {Sur la Frontière}, Stock, 2002 ; {À Tombeau Ouvert}, La Fabrique, 2003 ; {À Contre Chœur} (en collaboration avec Michèle Sibony), Textuel, 2003.