La Psychologie économique contre l’Économie politique

À cause de son ontologie de la force et du désir la philosophie de Gabriel Tarde constitue la meilleure boîte à outils pour s’interroger sur le Capitalisme contemporain. La Psychologie économique suppose la coopération autonome et indépendante des humains co-produisant en composant leurs différences. Tarde, en effet, s’interroge sur les conditions de la production du nouveau qu’il voit dans la « coopération entre les cerveaux » : les cerveaux agissent les uns sur les autres par les désirs, les croyances et les affects.
Tarde fait de la « production des connaissances » la véritable production des sociétés modernes, qui débouche dans une économie de la circulation, des flux de désir et de la croyance. La science économique n’est pas une théorie de la production mais une théorie de la reproduction.La philosophie de la différence constitue sûrement la meilleure boîte à outils pour interroger les transformations du capitalisme contemporain. Elle a connu, en France, un long cheminement, le plus souvent minoritaire, dont l’aboutissement, le plus récent, est l’œuvre de Deleuze et Guattari.
Une première actualisation de cette philosophie s’est produite à l’orée du vingtième siècle avec le travail de Bergson, en même temps que Gabriel Tarde mettait à l’épreuve la puissance heuristique des concepts de « différence » et de « répétition », dans le domaine des sciences sociales. Celui-ci est un des rares auteurs de cette tradition à s’être risqué à faire fonctionner une ontologie de la force, du désir et de la sympathie pour rendre intelligible le phénomène économique et plus généralement social.

Tarde fait du pouvoir de création des hommes lorsqu’ils co-produisent en composant leurs différences selon une logique immanente à leur coopération sympathique, la clef de voûte de sa « psychologie économique ». Au lieu de partir de l’assujettissement des forces sociales à la division capitaliste du travail, la Psychologie économique suppose leur coopération autonome et indépendante et leur puissance de création, comme préalable à la fois ontologique et historique à la « valorisation » économique et à la division du travail.
Contrairement aux sociologues, il ne se pose pas la question : « Comment la société est-elle possible ? ». Il ne se confronte pas non plus avec le problème fondamental de l’économie politique : comment l’équilibre est-il possible ? Ces interrogations, en effet, ne constituent qu’un renouvellement du problème hobbesien de la définition des conditions de possibilité de l’ordre. Tarde s’interroge au contraire sur les conditions permettant la production du nouveau, non pas comme un effet de mode, mais comme l’émergence de nouvelles relations sociales, économiques et esthétiques.

La coopération entre cerveaux

La Psychologie économique tardienne implique une nouvelle qualification des forces sociales, de leurs formes de coopération et de coordination qui questionne directement le concept de « division du travail ». À la fin du XIXeme siècle s’engage un débat très vif en sociologie autour du concept de coopération qui vise à dépasser les limites de sa définition strictement économique établie par l’économie politique, en le revisitant du point de vue de la généalogie et de la constitution des valeurs en général et non exclusivement du point de vue de la « valeur économique ».
D’après Durkheim dans les sociétés industrielles l’ »harmonie sociale » dérive essentiellement de la division du travail. Mais l’erreur de l’économie politique est de concevoir cette dernière comme une « coopération » qui se produit « automatiquement », par « cela seul que chacun produit selon ses intérêts propres »[[Emile Durkheim, De la division du travail social, PUF, 1998, p. 177., sans l’intervention ni du droit, ni de la représentation. La critique de Spencer tout en conservant le fondement économique de la coopération (« le type de relation sociale serait la relation économique »[[Ibid., p. 180.), introduit la métaphore du biologique et de l’organisme pour expliquer sa généalogie et son mode d’évolution.
Tarde a mené une longue bataille contre le « darwinisme social » et l’appréhension du phénomène économique et plus généralement social, par les métaphores du biologique et de l’organique. L’analogie de l’organisme, pour expliquer les lois d’évolution sociales, vaut seulement pour les sociétés où règne l’esclavage. Dans ce cas, les esclaves jouent le rôle des organes corporels à l’ »égard du cerveau de l’être supérieur qui vit pour penser et ne pense pas pour vivre, et qui emploie ou use sa vigueur physique au profit exclusif de sa force intellectuelle. »[[Ibid., p. 218..
Les sociétés modernes, par contre, ne peuvent être décrites à travers l’analogie à l’organisme que si on les compare à « cet organe singulier qui se nomme cerveau ». La hiérarchie des fonctions corporelles et des fonctions intellectuelles n’explique pas la dynamique de la société moderne, puisque c’est dans son ensemble qu’elle devient « un grand cerveau collectif dont les petits cerveaux individuels sont les cellules. »[[Ibid., p. 218 Pour Tarde, le fonctionnement de la société est assimilable au fonctionnement du cerveau, d’un cerveau social.
Le fondement de la coopération des sociétés modernes ne réside ni dans le travail, ni dans le capital, ni dans l’utilité, mais dans l’activité de l’esprit, âme ou mémoire, origine de l’action volontaire (désir), intellectuelle (croyance) et affective (sentir). Le « fait social primitif » est qualifié de rapport entre cerveaux et la coopération de rencontre inter-cérébrale. L’ »harmonie sociale », sous ces formes économiques, sociales et politiques est dès lors explicable par les puissances d’affection, de différentiation et d’imitation des « cerveaux assemblés ».

Création et reproduction

D’après Tarde, la science économique n’est pas, comme affirment les marxistes et les économistes, une théorie de la « production », mais de la « reproduction », puisqu’elle neutralise la force-invention en la subordonnant à la division du travail.
Adam Smith fait de l’invention un « fleuve dérivé » de la division du travail et de l’habileté des ouvriers. Mais, sans invention, il n’y aurait ni travail divisé ni travail indivis, commente Tarde. Karl Marx affirme que dans le processus de production spécifiquement capitaliste la principale force productive réside dans la science. Mais il est inutile de chercher chez lui, un « mode de production » de cette dernière, ou plus généralement un mode de production de la connaissance. Même Schumpeter qui fait de l’innovation le moteur de l’accumulation et du développement exclut catégoriquement que l’invention, en tant que telle, puisse être l’objet de la science économique. Elle est toujours disponible dans la société. L’entrepreneur se limite à l’appliquer à l’économie, en innovant. Pour les néoclassiques, sur la base d’une tout autre théorie de la valeur, la science reste aussi en dehors de la sphère économique.
La science économique, jusque pratiquement à fin du XXeme siècle, considère l’invention et la science, comme des externalités. Mais si on veut déjouer l’action des êtres transcendants, tels que le Marché, le Capital ou l’Entrepreneur il faut partir précisément de ce que l’économie politique et sa critique supposent sans l’expliquer : le pouvoir de création des hommes et la coopération inter-cérébrale qui le rend possible.
La séparation entre invention et reproduction établie par Tarde, ne recoupe pas la division entre « travail intellectuel » et « travail manuel », dont Marx fait le fondement de toute division sociale du travail. D’une part, cette distinction n’est pas pertinente puisqu’il peut y avoir invention et répétition dans l’un comme dans l’autre. D’autre part, l’activité de création n’est pas une simple manipulation des symboles, ni exclusivement activité langagière ou cognitive, comme le récitent les théories contemporaines. La forme générale de l’activité, ce que Tarde appelle indifféremment « travail inter-cérébral » et « travail social », repose sur l’action multiforme de l’âme, esprit ou mémoire : volonté, connaissance, affects. D’abord les cerveaux agissent les uns sur les autres par les désirs, les croyances et les affects.
Dans la manière des modernes de concevoir l’activité de l’esprit, âme ou mémoire, il y a une réduction « intellectualiste » qui ne prend pas en compte la « sommes d’actes de foi », la « sommes d’actes de désirs » et la somme d’ »impressions » affectives que chaque production intellectuelle, linguistique et symbolique supposent et qui constituent le « ferment caché » de la création.

La production des connaissances

Les économistes et les socialistes opèrent un quiproquo théorique et politique, en identifiant la division du travail avec la coopération entre cerveaux. En réalité, cette dernière n’est que partiellement contenue dans la première et toujours selon une logique réduite et mutilée.
Tarde, au contraire, fait de la « production des connaissances » la véritable « production » des sociétés modernes une « théorie des richesses » il est nécessaire donc d’intégrer une « théorie des connaissances » et une « théorie des arts », sous peine d’une vision tronquée de la « richesse » et de la production.
Les connaissances se soustraient à la logique de la rareté et de la mesure économique pour deux raisons fondamentales. Premièrement elles sont les « produits » d’une coopération qui est indépendante et autonome de la division du travail.
L’agencement collectif linguistique, la communauté des savants, des « sentants », l’Opinion publique, sont, ontologiquement et historiquement, les résultats de l’action de cerveaux assemblés et non de la socialisation de l’entreprise et du marché. Langage, art, science, opinion publique, affects, présupposent un « agir ensemble » qui ne peut pas être décrit par la logique de la production « matérielle » et une forme de « coordination » qui ne peut pas se réduire au marché. Langage, art, science, opinion publique, affects sont des biens « collectifs », « indivisibles » et « infinis » et par conséquent leur mesure ne peut être déterminée que de façon immanente, l’agir ensemble qui les a « produits ».
Deuxièmement l’action de la coopération intercérébrale opère à partir du principe de la création et non de la reproduction. Dans ces genres de « production » agit de façon prépondérante une « inconnue essentielle », inconnaissable même à une intelligence infinie, suggère Tarde, qui la rend imprédictible. Dans la production linguistique, savante, sentante, médiatique, affective, l’invention et la production du nouveau qualifient l’ensemble du processus, tandis que dans la production matérielle c’est l’activité de reproduction qui joue ce rôle. Dans le travail de l’ »usine à épingle » nous connaissons d’avance pratiquement tout : ce qu’il faut produire, comment les produire, la quantité de la production etc. La nouvelle valeur est déjà contenue, ontologiquement, dans les conditions de la production (parmi lesquelles il y a l’invention comme quelque chose de connu, donné). Dans ce que Marx et les économistes appellent « production », la nouvelle valeur est commensurable aux conditions de sa fabrication et le temps de travail peut mesurer l’une et les autres, parce que, en réalité, comme affirme Tarde, il s’agit d’une « reproduction ». Ici, l’ »incertitude » est celle du marché. Dans la production linguistique, savante, médiatique, artistique, sociale la création du nouveau est ontologiquement incommensurable aux conditions de sa production. L’ »incertitude » ici est celle de la « production » même.
En somme, la Psychologie économique est une théorie de la création et de la constitution des valeurs, tandis que l’économie et le marxisme sont des théories de la mesure de la valeur.

La science et l’Opinion publique comme paradigmes

Ce modèle de la coopération Tarde ne le trouve pas dans l’usine à épingles, mais dans la Science. L’étonnante actualité de Tarde réside précisément dans le fait d’avoir identifié comme spécificité de la modernité la production des connaissances. Ce qui ne signifie pas que cette dernière soit réductible à la production scientifique, puisque production des connaissances signifie, à proprement parler, théorie de la création.
La science, « ce monument de l’humanité », sert à Tarde, pour analyser et voir fonctionner, comme dans un laboratoire, l’invention (« différence ») et l’imitation (« répétition ») comme force de constitution des habitudes et des coutumes. C’est dans la science que l’on voit, « en pleine lumière », comment « les réalités sociales se sont faites » en partant d’ »une poussière des petites découvertes » qui rayonnent « à grand peine dans une étroite sphère à travers les contradictions », jusqu’à ce que, en se répandant, elles soient devenues des « lois » qui s’imposent à l’individu, « quelquefois par contrainte, le plus souvent par persuasion, par suggestion ».
Dans la science, la constitution des valeurs ne se produit pas par un mécanisme impersonnel et automatique comme le supposent toutes les théories économiques de la valeur, mais par la communauté des savants, par l’opinion publique des hommes qui participent à son élaboration. Selon Tarde, une invention (scientifique ou non) qui n’est pas imitée n’existe pas socialement. Pour qu’une invention soit imitée, il faut qu’elle capture l’attention (en tant que « conatus », force intensive du cerveau), qu’elle exerce sa force d’ »attraction mentale » sur les autres cerveaux ; il faut qu’elle mobilise leurs « désirs » et leur « croyances » par un processus de communication sociale. Elle doit donc s’opposer, s’adapter, se confronter aux habitudes, aux coutumes et à la « tradition » établies. L’actualisation d’une « différence psychologique » (invention) en « quantité sociale » (« une grammaire, uncode, une théologie ») ne découle pas seulement de la puissance événementielle qu’elle représente, mais aussi de sa capacité de répondre ou de susciter des attentes dans la société.
Tarde en déduit une thématique qui traverse toute son œuvre : la puissance constitutive du public que l’économie politique et le marxisme méconnaissent absolument. Ici la production du nouveau montre encore plus clairement que sa constitution sociale, c’est-à-dire son accueil et sa réception par le public, est liée à un accord/lutte entre au moins « deux opinions ». Ce processus d’assentiment n’est pas seulement psychologique, mais aussi sociologique puisqu’il se fait et il détermine une nouvelle circulation, une nouvelle communication entre cerveaux. Tarde ne cessera d’insister sur le fait que l’invention n’est pas seulement différence, mais aussi répétition, diffusion, force capable de mobiliser des désirs et des croyances, de déterminer les nouvelles conditions de composition, d’agencement des forces psychologiques par le « consensus » ou par l’imposition unilatérale. L’affirmation d’une invention est donc aussi question d’opinion publique, d’appropriation unilatérale ou réciproque des autres cerveaux (et donc de l’attention). Dans la théorie de Tarde, il n’y a pas séparation, mais synergie entre science et opinion, entre science et pouvoir, entre science et économie.
Le public, « groupe social de l’avenir », ne se substitue pas aux segmentations de classes et de groupes, mais en agissant sur l’espace lisse de la coopération entre cerveaux, il le rend plus mobiles, il les fait variables et réversibles, sources de création. La Psychologie économique est, à ma connaissance, la première théorie de la production des valeurs qui intègre les médias comme son dispositif fondamental.
Tirant toutes les conséquences de sa conception de la production comme « production de connaissances » fondée sur le cerveau-mémoire, Tarde repose la question de la propriété. Sa philosophie, comme celle de l’individualisme possessif, est une philosophie de l’appropriation. Mais ce que signifie « avoir » lorsque ce que on doit s’approprier n’est pas la « terre », comme dans l’individualisme possessif, mais la connaissance ? Que signifie « avoir » lorsque l’action d’appropriation ne s’exprime pas par le travail des « mains », mais par l’activité du cerveau ?
La production des connaissances, à la différence du travail et de l’utilité, ne fonctionne pas selon le principe de la rareté, puisque la mémoire, esprit ou âme, par sa capacité de « donner et de retenir à la fois », peut transmettre des connaissances, des affections et des sensations sans s’en dépouiller. La logique de la mémoire est celle du « rayonnement mutuel » et non de l’appropriation exclusive.

Une économie de la circulation des flux de désirs et de croyance

La dynamique économique décrite par Tarde est une dynamique de la mobilité, de la variation, de la circulation. Faire de l’imitation et de l’invention le moteur de l’économie signifie penser une théorie des flux et non des stocks, comme disent les économistes.
Le désir et la croyance sont des forces dans le sens qu’ils circulent comme des flux ou des « courants » entre les cerveaux. Ces derniers fonctionnent comme des relais dans un réseau des forces cérébrales ou psychiques, en faisant passer les « courants » (imitation), ou en les faisant bifurquer (invention). C’est toujours entre deux ou plusieurs flux qu’il y a imitation ou invention. Mais les flux de désir et de croyance débordent de toutes parts les cerveaux. Ce ne sont pas les cerveaux qui sont à l’origine des flux, mais, au contraire, ils y sont contenus. L’ontologie du Net se trouve dans ces courants, dans ces réseaux des forces cérébrales, dans ces puissances de différentiation et d’imitation. De la même manière que c’est aux dynamiques des cerveaux assemblés qu’il faut s’adresser pour saisir l’ontologie des subjectivités « cyber ».
Le processus de subjectivation se constitue à l’intérieur de ce réseau cérébral et il est assimilé à un pli, à une rétention, à un enroulement des flux sur eux-mêmes. Tarde décrit le processus de constitution de la subjectivité par la très belle métaphore de la vague et de la mer. La vague, cerveau individuel, est le résultat d’une « individualisation » des mouvements de la mer, espace lisse de « cerveaux associés ». Les vagues se produisent à la surface en enroulant des courants qui traversent la mer en profondeur dans toutes les directions.
L’intériorité est le temps compris entre la constitution et la dissolution d’une onde. Cette dernière est une « ritournelle » toujours provisoire qui est, elle-même, circulatoire (Tarde l’appelle aussi « tourbillon »). Le pli ou vague retient les flux pour mieux les accélérer, pour mieux les répandre. Tout pli, toute onde, est le foyer d’une nouvelle expansion, d’une nouvelle circulation. Ce pli, hors de métaphore, est la mémoire qui produit, accumule et retient la différence (ou le temps).
La subjectivation, comme la vague, est une question de rythme, de vitesses, de contraction et dilatation de la circulation, dans un milieu qui n’est pas statique, mais qui est lui-même un mouvement moléculaire, brownien.
Il s’agit donc de penser une économie de la mobilité, de la circulation, de la variation et non de l’enfermement, alors que la théorie de la production des économistes classiques est une théorie de la clôture et de la capture des courants de désir et de croyance.
Toute nouvelle « productivité » est une reconquête de la liberté de mobilité, de circulation, d’agencement et de diffusion des courants de désir et de croyance (le libéralisme n’est qu’un pâle ersatz de la liberté de la coopération inter-cerébrale). De l’intérieur du marxisme et de l’économie politique, il est impossible reconquérir cette circulation, ces vitesses, ses rythmes et de définir un concept d’activité « pour soi » des cerveaux qui coopèrent ensemble ; il est impossible de construire une image de l’activité de la coopération en tant que telle.

L’actualité de Tarde

À la fin du XIXeme siècle, Tarde brosse un tableau du développement économique qui ne prévoit pas seulement la métamorphose de l’usine d’épingles en industrie taylorisée, mais aussi et surtout le déploiement de la coopération inter-cérébrale, épanouissement de toutes les formes d’action de la mémoire (sensori-motrice, intellectuelle, affective) sur lequel repose la production du « surplus » dans les sociétés modernes. L’essor des industries de la communication, des industries culturelles, de la science, de la production des connaissances, de l’art, du besoin d’amusement, des « publics » etc., ne sont pas les produits de la crise du fordisme. Ce développement à une longue histoire, aussi vieille que le capitalisme, une histoire aperçue de la fin du XIXeme siècle, mais à laquelle les lunettes smithiennes et marxistes, ont longtemps aveuglé.
Avec Tarde, nous pouvons lire le capitalisme à l’aune de la coopération inter-cérébrale, et contourner les écueils mis en travers de notre regard par les concepts de Capital, de Travail et d’Etat, comme autant d’actualisation de l’Un. Tarde a su y reconnaître la multiplicité.
« La différence, l’originalité, l’irréductibilité est au fond des choses (…) Pourquoi le multiple serait-il s’il n’était que la répétition non variée et non originale de l’Un ? »[[Lg-sc., p. 230..

Lazzarato Maurizio

Sociologue indépendant et philosophe, il vit et travaille à Paris où il poursuit des recherches sur le travail immatériel, l'éclatement du salariat, l'ontologie du travail, le capitalisme cognitif et les mouvements "post-socialistes ". Il écrit également sur le cinéma, la vidéo et les nouvelles technologies de production d'images . Il a élaboré avec le {Groupe Knobotic Research } le projet {IO_dencies/ travail immatériel } pour la biennale de Venise . Depuis 1990 il collabore avec Angela Melitopoulos a l'écriture de textes pour des catalogues d'exposition . Par ailleurs, il participe aux actions et aux réflexions des "intermittents du spectacle ", au sein de la CIP-idf., où il conduit une importante "recherche-action" sur le statut des intermittents; Aprés avoir collaboré régulierement à la revue " Futur antérieur " , il est l'un des fondateurs de la revue Multitudes dont il est membre du comité de rédaction Bibliographie - {Lavoro immateriale e soggettività}, Ombre corte, Verona., 1997 - {Videofilosofia, percezione e lavoro nel post-fordisme,} Manifesto libri, Roma., 1997. - {Videophilosophie, zeitwahrnehmung im postfordismus} , E.Books, 1998. -{ Para uma definiçao de conceito de bio-politique,} in Lugar Comun, Estudo de midia, cultura e democrazia, Pos-Graduaço da Escola de Comicaçao, Rio do Janeiro .1998. -{Immaterielle Arbeit,} ID Verlag, Berlin., 1998 - Avec Andrea Fumagalli , {Tute Bianche - disoccupazione di massa et reddito di cittadinanza}, Derive/approdi, Roma., 1999. -{ Le lotte dei disoccupati et dei precari, in Tute Bianche - disoccupazione di massa et reddito di cittadinanza}, Derive/approdi, Roma, 1999. -{Europaîsche Kulturtradition und neue Formes von Wissenproduktion und Zirculation}, in Thesis, Bauhaus-Universität, Weimar, pp. 11-24.1999. -{Post-face à Monadologie et sociologie} Institut Synthélabo, Paris.1999. -{Travail et capital dans la production des connaissances,} in Azais Ch, Corsani A., Dieuaide P., (eds), Vers un capitalisme cognitif. Mutations du travail et territoire, Paris, l'Harmattan., 2000 - {Puissances de l'invention. La psychologie économique de Gabriel Tarde contre l'économie politique}. aux Editions les Empêcheurs de penser en rond ,2002. - Les révolutions du capitalisme aux Editions les Empêcheurs de penser en rond 2004.