Tous les articles par Berns Thomas

Insulte et droit post-souverain

Que se passerait-il si l’on déplaçait les problèmes posés aujourd’hui sous la notion de « blasphème » en les envisageant à travers la catégorie de « l’insulte » ? Cet article esquisse cet exercice, en s’appuyant, entre autres, sur les actes de parole d’Austin et sur les performatifs de Judith Butler. Ces discussions de philosophie du droit et du langage ont des implications très concrètes sur la façon dont nous pouvons ressentir et réagir aux multiples points de contact entre ce que nous disons et ce que nous faisons avec des mots. Les sphères du droit, de la politique, de la socialité s’en trouvent sans doute plus profondément affectées que celle de la religion.

Insult and Post-Sovereign Law

What would happen if what is currently discussed in terms of “blasphemy” was reinterpreted under the category of “insult”? With the help of Austin and Butler, this article raises issues of philosophy of law and philosophy of language which have very concrete implications on the way we perceive and react to the multiple points of contact between what we say and what we do with words. More than religion, such issues question our conception of the law, of politics and of sociality.

Aux PUF : Gouverner sans gouverner

Thomas Berns, Gouverner sans gouverner. Une archéologie politique de la statistique, PUF, coll. Travaux Pratiques, 2009. ISBN : 978-2-13-057449-1, 15 Eur. Nous sommes entrés dans l’âge de la transparence. L’opacité des normes a laissé la place à la limpidité des faits. Les actes de gouvernement ne réclament plus de décision et prétendent s’imposer depuis le […]

Machiavel : rire de la crainte

L’usage inversé et blasphématoire que propose Machiavel de quelques vérités du discours théologique et/ou politique peut s’expliquer par la nécessité dans laquelle il se met de singer la crainte (en particulier celle du désordre), en faisant de celle-ci l’affect commun de la philosophie politique. Le rire qui découle de cette singerie de la philosophie marque aussi l’interruption du dialogue comme pratique philosophique fondatrice.

In this article I explain Machiavelli’s inverted and blasphemous usage of certain selected truths of theological and/or political discourse, by his self-imposed requirement to mock fear (particularly the fear of disorder) by treating it as the common affect of political philosophy. The laughter which flows from this mockery of philosophy also stands for the interruption of dialogue as a foundational philosophical practice.

À la suite de La Sorcellerie capitaliste de Stengers et Pignarre, cet article cherche à cerner l’anéantissement de toute prise que signifie le capitalisme, en particulier par le fait de renvoyer tout discours rival dans le registre spéculatif, et de pouvoir ainsi devenir la seule réponse suivante. In the wake of Capitalist Witchcraft by Stengers […]

Ces quelques remarques veulent réagir directement depuis les  » prises  » qu’offre La sorcellerie capitaliste1 : le fait de désigner le capitalisme comme un système sorcier, l’idée qu’il s’entretient et prospère par les actions multiples de  » petites mains « , celle aussi que nous serions ensorcelés quand nous ne parvenons à mobiliser contre lui que […]

Aux editions Léo Scheer : Souveraineté, droit et gouvernementalité

Lectures du politique moderne à partir de Bodin, Foucault et HobbesIl se pourrait que la souveraineté, c’est-à-dire l’exercice de l’ordre lui-même non soumis à l’ordre, ne soit pas souveraine : qu’elle ait besoin de toujours se justifier, selégitimer elle-même. D’où le rôle du droit, visant à confirmer ce qui devrait pouvoir se passer de toute […]

Conflit, guerre, violence et corruption

En guise d’introduction à la « mineure », Thomas Berns montre l’exigence d’une oeuvre qui cherche à penser le conflit comme ce qui doit être maintenu : cela signifie non seulement inscrire l’ordre de la loi dans le désordre du conflit, mais aussi faire de la guerre l’horizon maintenu de la paix, savoir que la […]

Exposition de l’universel aux revendications partiellesDans quelle mesure peut-on exposer l’universel aux luttes et revendications partielles ? Prendre acte de la fragmentation du tissu politique sans vouloir pour autant abandonner l’idéal de l’émancipation induit en effet à entamer une déconstruction positive de l’universel, à le réinscrire dans la division, à le penser dans sa singularité […]

Berns Thomas

Enseigne la philosophie politique et l’éthique à l’Université Libre de Bruxelles, où il dirige le PHI-Centre de recherche en philosophie. Parmi les nombreux ouvrages qu’il a rédigés ou co-dirigés, on trouve Gouverner sans gouverner. Une archéologie politique de la statistique (PUF, 2009), Du courage. Une histoire philosophique (Encre marine, 2010) et Noms du peuple (Tumultes no 40, juin 2013, éditions Kimé). Membre du collectif de rédaction de Multitudes.