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Si la réflexion sur la condition animale est millénaire, il se produit bien quelque chose de singulier avec l’éthique animale, dans la mesure où une activité intellectuelle « académique » s’articule avec un mouvement social qui vise à mettre fin à toutes (ou à la plupart) des pratiques où des animaux sont utilisés pour servir des intérêts humains. Du fait des inspirations théoriques diverses, il arrive que les controverses sur les valeurs et leurs implications fassent rage à l’intérieur du mouvement animaliste. Il s’agit de montrer que, au-delà des engagements idéologiques des uns et des autres, une véritable convergence pratique se dégage sur la plupart des objectifs, dont celui d’en finir avec la viande. Au regard de ce but, les lignes de division qui se maintiennent permettent d’opposer, non pas tant des courants éthiques, que des stratégies.

Animal, my equal. Ethics and politic of the abolition of meat
The reflection about animal condition is thousands of years old, yet animal ethics has a peculiar result in that an intellectual “academic” activity connects with a social movement that aims at ending all (or most) activities where animals are used to serve human interests. Different theoretical inspirations result in controversies about values and their implications within the animal rights movement. But it is important to show that, beyond ideological differences, there is real practical convergence in objectives like the abolition of meat consumption. In light of this objective, the differences are mainly of strategies, not of ethical thinking.

Reus Estiva

Maître de Conférences à l’Université de Bretagne Occidentale, où elle enseigne l’Histoire de la pensé économique. Elle est membre de la rédaction des Cahiers antispécistes où elle a publié de nombreux articles. Elle a traduit et préfacé La Nature de John Stuart Mill, Paris, La Découverte, 2003, et compte parmi les co-auteurs de Espèces et Ethique. Darwin, une révolution à venir ? Lyon, Tahin Party, 2001, et de Luc Ferry ou le rétablissement de l’ordre, Lyon, Tahin Party, 2002.