Tous les articles par Stiegler Bernard

Le revenu universel et le revenu contributif

Pour Bernard Stiegler, le revenu universel d’existence est une condition de démarrage d’un processus de transformation bien plus vaste de notre économie à moyen et long terme. Mais ce revenu de base n’est pas suffisant en tant que tel, et peut même s’avérer dangereux si sa mise en place ne sert que de prétexte à l’uberisation intégrale de la société. Sortir d’une économie entropique, destructrice de l’environnement et de nos singularités, pour construire peu à peu une économie qu’il qualifie à l’inverse de « néguentropique », suppose non seulement un revenu d’existence, mais surtout un revenu contributif et l’extension progressive à toute la population de la possibilité d’accéder au régime des intermittents du spectacle.

Universal Basic Income and Contributive Income

For Bernard Stiegler, a Universal Basic Income (UBI) is a precondition to a much wider social trans-formation of our economies in the medium and long run. But the UBI is not sufficient in itself, and could even be dangerous if it paved the way for an overall Uberization of society. In order to get out of our entropic economy, destructive of our environment as well as of our singularities, we need not only a UBI, but a « contributive income » which would extend to the whole population the status of intermittence currently pioneered by French artists.

Sortir de l’anthropocène

L’Anthropocène est un « Entropocène », c’est-à-dire une période de production massive d’entropie précisément en cela que les savoirs ayant été liquidés et automatisés, ce ne sont plus des savoirs, mais des systèmes fermés, c’est-à-dire entropiques. Le nouveau critère de redistribution qu’il s’agit de mettre en œuvre dans l’économie du Néguanthropocène doit être fondé sur une capacité de désautomatisation qu’il faut ressusciter.

Exiting the Anthropocene

The anthropocene should be written “entropocene”, i.e., a period of mass production of entropy due to the fact that many fields of knowledge have been abolished and liquidated : they no longer belong to human knowledge, but offer closed systems of automatic reactions, which, as such, present high levels of entropy. The new criterion of redistribution needed in our age of Neguanthropocene must be based on our capacity to disautomatize and resuscitate a whole range of human operations.

Entretien avec Frédéric NeyratCet entretien voit se déployer les thèses suivantes : 1) le capitalisme doit d’abord être envisagé comme « économie libidinale » ; 2) cette économie libidinale est épuisée par l’hyper-industrialisation du capitalisme contemporain : le désir industriellement traité conduit à la destruction du désir ; 3) d’où la nécessité d’inventer une nouvelle […]

Temps et individuation technique, psychique, et collective dans l’oeuvre de Simondon

L’œuvre de Gilbert Simondon est encore largement sous-estimée. Bien que Gilles Deleuze cite L’individu et sa genèse physico-biologique où sont exposés les principaux philosophèmes simondoniens, la majorité des lecteurs ne connaît que Du mode d’existence des objets techniques. Dès lors, on retient de Simondon sa génétique des objets techniques, sans apercevoir la portée extrême des […]

Stiegler Bernard

Président de l’association Ars Industrialis, directeur de l’Institut de Recherche et d’Innovation du Centre Georges Pompidou, professeur à l’Université de Londres (Goldsmiths College) et professeur associé à l’Université de Technologie de Compiègne. Ses plus récentes publications sont La Société automatique. Volume 1 : L’avenir du travail, Fayard, Paris, 2015 et L’emploi est mort, vive le travail. Entretien avec Ariel Kyrou, Mille et une nuits, Paris, 2015.