Tous les articles par Federico Tarragoni

L’avenir est un champ de bataille
Réflexion sur une forme spécifique de conflictualité sociale
Cette contribution, à l’interface de la sociologie et de la philosophie politique, s’interroge sur le type de conflictualité sociale dont le temps, et plus particulièrement l’imagination du futur, peut être l’opérateur. Nous vivons, en effet, à une époque de remise en cause radicale, dans l’ordre de la pensée et de la pratique conflictuelle, du slogan tant philosophique que politique TINA (There Is No Alternative). Or une telle remise en cause, dont Nuit debout est une manifestation organique, en ce qu’il a conduit des milliers de citoyens ordinaires à s’interroger sur le type de futur démocratique dont ils voulaient être les acteurs, a sa propre histoire. Cet article en ponctue quelques jalons, entre la philosophie (Bloch, Benjamin) et la sociologie (Elias), en montrant en quoi cette archéologie du « possible » permet de comprendre les usages contestataires du temps qui ont vu le jour sur la Place de la République entre avril et juillet 2016.

The Future is a Battlefield
Reflection on a Specific Form of Conflictuality
This contribution, at the interface of sociology and political philosophy, questions the type of social conflictuality revolving around time, and more particularly around the imagination of the future. We live, indeed, in a age of radical questioning of the philosophical and political slogan “There is no alternative”. But such a questioning – of which Nuit debout was an organic manifestation, inofar as it led thousands of ordinary citizens to put into question the type of democratic future of which they wanted to be the actors – has its own history. This article revisits some milestones of this history, between philosophy (Bloch, Benjamin) and sociology (Elias), showing how this archeology of the “possible” helps to understand the contesting uses of time that have come to light on the Place de la République between April and July 2016.

Haud Guéguen

Maître de conférences en philosophie au Cnam, où elle est membre du Centre de Recherche sur le Travail et le Développement, ses recherches portent sur la reconnaissance, les modalités de réappropriation de la philosophie ancienne au sein des pensées sociales et politiques contemporaines ainsi que sur la problématique du possible et de l’utopie. Elle est co-auteur, avec G. Malochet, de l’ouvrage Les théories de la reconnaissance, Paris, La Découverte, Coll. Repères, 2012 et prépare actuellement un ouvrage, avec Laurent Jean Pierre sur la problématique du possible dans les sciences humaines et sociales contemporaines.

Federico Tarragoni

Maître de conférences en sociologie et chercheur au LCSP (Université Paris Diderot-Paris 7), travaille sur le populisme, les mobilisations révolutionnaires et les processus d’émancipation, entre l’Amérique latine et l’Europe. Il a publié en 2015 L’Énigme révolutionnaire qui a reçu le Prix international du jeune sociologue de l’AISLF. Deux ouvrages sont en cours de publication aux Éditions La Découverte : un Repères sur les sociologies de l’individu (2018), et Faut-il renoncer au populisme ? (2018)