Tous les articles par Rosso François

rrien & Francois Rosso
L’Europe, une économie sociale à affirmer
Il existe dans tous les pays européens des initiatives citoyennes à but non lucratif et à portée économique. Elles répondent à des besoins sociaux non satisfaits par le marché. Depuis quelques années, l’Union européenne a proposé que des entreprises sociales lucratives s’organisent pour répondre aux mêmes besoins, et que pour ces missions sociales, elles bénéficient des mêmes avantages que les organismes à but non lucratif. À l’inverse, les organismes à but non lucratif sont soumis de plus en plus à la même fiscalité que les entreprises ordinaires, ce qui a pour effet d’en empêcher le développement. Ces problèmes n’intéressent guère les nouveaux membres de l’Union, ce qui a empêché d’élaborer les statuts d’une mutuelle et d’une association européennes.

Europe, reclaiming a social economy
There are non-profit and economic initiatives in all European countries. They respond to social needs not met by the market. In recent years, the European Union has proposed that lucrative social enterprises organize themselves to meet the same needs, and enjoy the same benefits, for these social missions, as non-profit organizations. On the other hand, non-profit organizations are increasingly subject to the same taxation as ordinary businesses, with the effect of preventing their development. These problems are of little interest to the new members of the Union, a fact which has prevented the drawing up of the statutes of a European mutual society and association.

Le don, une force morale administrée
L’économie du don (de temps ou d’argent) précède la contrainte, et la dote d’un surplus. Les dons financent et font fonctionner les associations qui conseillent le pouvoir et développent de nouveaux services. L’État apprécie leur dévouement pour l’intérêt général par des dégrèvements fiscaux, mais interdit la rémunération de leurs dirigeants. L’économie sociale et solidaire joue un rôle majeur dans l’insertion par l’emploi. Le caractère non lucratif assumé se retrouve dans la gestion des mutuelles de santé, ou d’assurances. Aujourd’hui, secteur privé et « entreprises sociales » proposent d’assurer des missions équivalentes, par une rationalisation managériale qui ferait fi de ce troisième secteur de l’économie.

The Gift: an Administrated Moral Force
The gift economy (whether one offers time or money) takes place before one is compelled to act, and generates a surplus. Gifts sustain the associations which advise political power and provide new services. The State appreciates their contribution to the general interest and allows for tax deductions, but forbids their administrators to be waged for their work. The principle of “non-profit” is also active among health and other insurers, organized under “mutuality” management. Nowadays, the private sector and companies eager to claim their “social mission”offer similar services, imposing a managerial rationalization that undermines this third sector of the economy.

À la santé des robots

Alors que tous les regards sont tournés vers les prototypes de robots-compagnons dont les pays en déclin démographique attendent qu’ils s’occupent des personnes âgées, une révolution silencieuse se déroule dans la gestion des médicaments. Grâce aux robots, la délivrance des médicaments par dose unique va bientôt devenir non seulement possible mais normale, à l’hôpital comme en officine, entrainant de nouvelles transformations dans le travail de pharmaciens et des médecins.

Cheers to the Robots !

While our attention is focused towards the prototypes of companion-robots expected to care for the elderly in nations subjected to demographic decline, a silent revolution is already happening in our management of medications. Thanks to automation, the delivery of medication in single doses is about to become not only possible, but common practice in our hospitals as in pharmacies, generating significant disruptions in the work of pharmacists and physicians.

Comment étendre l’emprise du capital sur la vie ? Après avoir salarié le travail, puis phagocyté la consommation, l’heure est à la conquête des territoires créés par la vie associative. Dans cette guerre, l’État arbitre en faveur des entreprises privées s’il a l’impression qu’elles vont développer l’emploi, en faveur des associations et de l’économie sociale quand […]

Alors que Madame Thatcher avait cru pouvoir « résidualiser » le logement social à l’habitat des plus démunis en Europe comme en Grande Bretagne, une actualité bancaire française nous incite à réfléchir à ce qu’est un service d’intérêt économique général en Europe. L’accession sociale à la propriété peut-elle être considérée comme un service d’intérêt économique général ? Rapide […]

Querrien Anne

Sociologue et politiste, a participé à la revue Recherches et au CERFI aux côtés de Félix Guattari, et suivi l’enseignement de Gilles Deleuze. Après avoir dirigé vingt cinq ans la rédaction des Annales de la Recherche Urbaine elle est aujourd’hui co-directrice de la rédaction de Multitudes, et membre du collectif de rédaction de Chimères. Sous le pseudo Morbic, elle a traduit en français l’ouvrage Rêver l’obscur de Starhawk, considérée comme une des plus éminentes écoféministes américaines.

Rosso François

militant de la CFDT, de la CLCV (Confédération consommation logement et cadre de vie), et de la mutualité.