Tous les articles par Lamarche-Vadel Gaëtane

Des cartes Des architectes, professionnels et étudiants, des géographes, des sociologues, la plupart attachés au PEROU, ont passé des mois dans la ville de Calais et dans la Jungle. Devenu-e-s familier-e-s du campement, ayant noué des relations avec les réfugiés, ils et elles ont, selon leur compétences, leur sensibilité, leurs affinités avec les quartiers et […]

Tests osseux pour les mineurs étrangers isolés

Les tests osseux infligés aux jeunes étrangers isolés pour déterminer leur minorité ou leur majorité représentent un enjeu de taille : être pris en charge par l’aide sociale à l’enfance ou être à la rue. De recommandation, faisant l’objet d’une circulaire, cette notification du test est devenue une loi en novembre 2015 sur la demande du gouvernement contre les autorités et experts de la santé, des droits humanitaires et de l’enfant, et des avis européens consultés. Comment est-ce possible ? Comment le gouvernement et l’assemblée qui l’a votée ont-ils pu prendre une telle mesure ?

Wrist X-Rays Analysis for Foreign Teenagers

Wrist X-rays analysis imposed to parentless young foreigners in order to determine their age as minors or adults have serious consequences, since they decide whether they will be provided assis-tance due to youth or whether they will be abandoned to the streets. From a mere recommendation, it has become mandatory practice since a new law promulgated in November 2015, against the opposition of health experts, advocates for human and children’s rights. This article tries to under-stand how the government and the Parliament have been led to impose it against such resistance.

Présence étrangère

Plutôt malvenus que bienvenus, les étrangers dont la présence est illégale sur le territoire sont soumis à des injonctions contradictoires, comme celles d’être invisibles et de vivre depuis plu-sieurs années sur le territoire pour prétendre à un titre de séjour, ou comme celle d’avoir des bulletins de salaire, bien que non autorisés à travailler. Loin de l’aura, du punctum de l’indice, comme certains l’ont définie, la présence – quand elle est étrangère – est assujettie à de tels barèmes et justificatifs qu’elle est vécue comme une peine.

Foreign Presence

Mostly unwelcomed, illegal migrants are subjected to contradictory demands, which expects them to be both invisible and yet duly documented. In order to be translated into rights, their presence needs to be « proven » by salary sheets, even if they are legally forbidden to work. Devoid of any « aura » or of any « punctum », this form of presence—perceived as foreign—is designed to be experienced as a punishment.

À contre-courant, Chris Marker

Quand Chris Marker « filme les autres », comme dans Joli mai et autres documentaires, il adhère à une image émancipatrice du peuple, mais ce n’est pas seulement ou ce n’est surtout pas à une image qu’il se rallie. Son travail de cinéaste porte toujours sur la question : comment se font les images et quand s’il s’agit d’image du peuple, comment celui-ci participe-t-il à ces images ? Et pour cela, il ne filme pas le peuple, mais scrute l’ordinaire de son existence, dont il prélève des fragments, quand ces documents visuels et sonores ne sont pas fabriqués de concert avec les gens.

Counter Current, Chris Marker

In his film Joli Mai, Chris Marker displays his attention to the people, their labors, their daily life, each person appearing in his/her singularity, in the great tradition of portrait photography. His gaze was informed by his participation in popular movements, from behind the camera. It multi-plies its angles and captions, rendering the people’s own expression.

Dettes et anamnèse Kader Attia voyage dans le temps à travers les archives qu’il glane aux puces de Berlin ou de Paris. Il collectionne les cartes postales et les journaux de la fin du XIX et du XXe, Le Petit Journal, Le Petit Français, L’Illustration, Les faits divers illustrés, etc., dont les images exhibent des […]

À l’heure où la place Tahrir est ripolinée, entendez les façades des immeubles repeintes en jaune, son sol planté de pelouse hérissée de volumineuses bouches d’aération – d’un vaste parking sous terrain –, comme autant de blocs qui fractionnent l’espace et la déambulation, le terre-plein circulaire arborant jadis une sculpture maintenant remplacée par le socle […]

Ard-el-Lewa

Entretien avec Hamdy Reda, artiste qui a créé un lieu d’art, Art-el-Lewa, dans le quartier informel très densément peuplé d’Ard-el-Lewa, situé entre deux autres grands quartiers informels Imbiba and Boulak El Dakrour. Art-el-Lewa est un espace de mise en œuvre de dialogue entre artistes et société. Cet espace indépendant aide les projets artistiques à se réaliser, offre des workshops aux membres de la communauté et aux artistes émergents ; il organise des expositions et reçoit des artistes en résidence ; il encourage les projets qui enrichissent la vie civique et culturelle d’Ard-el-Lewa ; il utilise l’art pour faire avancer les questions d’environnement. Hamdy Reda nous raconte pourquoi et comment il a ouvert cet espace, et quels projets le lieu a hébergés.

Ard-el-Lewa

Interview with Hamdy Reda, an artist who created an art space, Art-el-Lewa, in an informal densely populated area, Ard-el-Lewa, located between two of Cairo’s largest informal areas, Imbiba and Boulak El Dakrour. Art-el-Lewa is a space for the formation and activation of dialogue between artists and society. This independant agency facilitates artists projects, offers workshops for community members and emerging artists, exhibits art and hosts artists-in-residence in addition to providing special projects to enrich the civic and cultural life in Ard-el-Lewa, and using art to improve the urban environment. Hamdy Reda tells us why and how he opened this space what projects Art-el-Lewa hosted.

Ard-el-Lewa

Entretien avec Hamdy Reda, artiste qui a créé un lieu d’art, Art-el-Lewa, dans le quartier informel très densément peuplé d’Ard-el-Lewa, situé entre deux autres grands quartiers informels Imbiba and Boulak El Dakrour. Art-el-Lewa est un espace de mise en œuvre de dialogue entre artistes et société. Cet espace indépendant aide les projets artistiques à se réaliser, offre des workshops aux membres de la communauté et aux artistes émergents ; il organise des expositions et reçoit des artistes en résidence ; il encourage les projets qui enrichissent la vie civique et culturelle d’Ard-el-Lewa ; il utilise l’art pour faire avancer les questions d’environnement. Hamdy Reda nous raconte pourquoi et comment il a ouvert cet espace, et quels projets le lieu a hébergés.

Ard-el-Lewa

Interview with Hamdy Reda, an artist who created an art space, Art-el-Lewa, in an informal densely populated area, Ard-el-Lewa, located between two of Cairo’s largest informal areas, Imbiba and Boulak El Dakrour. Art-el-Lewa is a space for the formation and activation of dialogue between artists and society. This independant agency facilitates artists projects, offers workshops for community members and emerging artists, exhibits art and hosts artists-in-residence in addition to providing special projects to enrich the civic and cultural life in Ard-el-Lewa, and using art to improve the urban environment. Hamdy Reda tells us why and how he opened this space what projects Art-el-Lewa hosted.

Le déplacement

Le déplacement

Interview d’Anna Roussillon, réalisatrice franco-égyptienne, du documentaire « je suis le peuple ». Tandis que le peuple se soulève sur la place Tahrir, des paysans du sud de l’Égypte regardent la révolution à la télévision. Du renversement de Moubarak à la chute de Morsi, le film suit les révoltes à travers les yeux de Farraj, un paysan de la vallée du Nil près de Louxor. À travers la vie quotidienne du fermier, les espoirs et les déceptions, le changement tarde à venir. Anna Roussillon parle du rôle de la télévision dans la vie quotidienne, de culture politique, des femmes, de son choix de filmer ailleurs qu’à Tarhir.

Shifting

Interview with Anna Roussillon, filmmaker Franco-Egyptian, who made the documentary “I am the people”. As the Egyptian people rises up in Tahrir Square, rural villagers in the south are watching the revolution on TV. From the overthrow of Mubarak to the fall of Morsi, the film follows the upheavals through the eyes of Farraj, a peasant in the Nile valley near Luxor. In the daily life of the farmer, between hopes and disappointments, change is a long time coming. Anna Roussillon talks about the role of tv in political culture in this area, about women, and about her choice of not focusing her filming on Tahrir square.

Le 7 juil. 2014 à 00:01, Gaëtane Lamarche-Vadel a écrit : Cher Yves, chère Anne, Voilà au moins dix ans que les écoles d’art se mobilisent, depuis la réforme LMD et depuis que l’AERES est apparue dans le contrôle de l’enseignement. L’agence en question est censée accorder le statut de « supérieur » aux écoles d’art, en échange […]

Istanbul 2013
Manifestations politiques et valeurs artistiques 
À Istanbul durant l’été 2013, les manifestations politiques de Gezi et les manifestations artistiques de la 13e Biennale ne parlent pas le même langage. Les premières envahissent la ville, les secondes désorientées font retraite. Le déroulé des événements donne l’occasion d’analyser un clivage essentiel entre, d’une part, les valeurs artistiques que peuvent a priori partager les commissaires d’exposition et les artistes qu’ils invitent et, d’autre part, les processus de valorisation des espaces publics et urbains, préalables indispensables à la programmation de tels événements culturels et artistiques.

Istanbul 2013
Political Demonstrations and Artistic Values
In Istanbul, during the summer of 2013, the political demonstrations of Gezi and the artistic exhibitions of the 13th Art Festival fail to find a common language. While the former invade the city, the latter retreat, disoriented. The unfolding of the events display an essential split between, on one side, artistic values, which can be shared between curators and invited artists, and, on the other side, processes of valorization of urban public spaces, necessary to the programing of such cultural events.

Ruppert & Mulot, l’éloquence muette       Où peut-on se procurer l’ensemble de vos BD ? À la bibliothèque du centre Georges Pompidou, qui a consacré un salon de lecture à la BD d’auteur ? À la bibliothèque Kandinsky réservée à l’art contemporain ? Dans les salles de lecture de la BNF, section art, fréquentées majoritairement par […]

Tracts, affiches, posters, dessins, collages, photomontages, vidéos, cartes, textes, QRcodes, l’iconographie produite (documents produits) par Échelle Inconnue croise et mélange art/architecture/urba/multimédia : quatre sources de réflexion, quatre techniques, quatre champs d’action dont l’ensemble forme « un désordre culturel », formule extraite de l’encadré qui résume l’identité du groupe. Cet insert visible autant que lisible figure à la première […]

Alors pourquoi photographier ce qui n’existe pas ? C’est cela même l’enjeu paradoxal de ces prises de vue. Montrer ce qu’on ne voit pas : des vides urbains ( interstitiels et temporels) repérés par les migrants parce qu’ils y seront invisibles. A ceux qui fréquentent les quartiers populeux des 10, 18, 19èmes arrondissements, il n’échappera pas combien il est difficile de trouver tant d’espaces inoccupés ! Il fallait aller les chercher…, le photographe et le médecin après les Afghans, les uns pour y disparaître, les autres pour leur donner une mémoire.

Lamarche-Vadel Gaëtane

Chercheure institut ACTE-UMR CNRS 8218 Aesthetica, critique d’art, a été professeure de philosophie esthétique et théorie des arts à l’ENSA Dijon jusqu’en 2012. Dernières publications : La gifle au goût public.. et après ?, La différence, 2007 ; Chronique du chantier de l’arsenal, Ensa-Dijon/Presses du réel, 2013 ; Politiques de l’appropriation, l’Harmattan, 2014 ; Projets artistiques urbains, La Lettre volée, 2015. Elle est membre du collectif de rédaction de Multitudes.