Tous les articles par Fezer Jesko

Des groupes d’auto-construction se multiplient aujourd’hui en Allemagne, en réponse à l’abandon d’une politique publique du logement. Mais ces groupes réservés de fait aux classes moyennes sont fonctionnels par rapport à cette politique. Ces groupes visent la propriété individuelle du logement. Ils n’ont aucun égard pour l’insertion urbaine de leur îlot. Il y a par contre un autre urbanisme situationnel, mal toléré des autorités, qui se développe à la marge, dans les lieux écartés. Les mouvements pour l’urbanisme participatif obéissaient à d’autres logiques, depuis l’advocacy planning des années 1970, qui développait des alternatives aux projets urbains, jusqu’aux Community Design Centers qui travaillent avec les minorités ethniques. Mais cette forme d’organisation tend aussi à être récupérée dans des projets d’homogénéisation. Quelles seraient alors les conditions d’intervention d’un urbanisme situationnel réellement pluraliste et non hégémonique ?

There has been a proliferation of self-construction groups in Germany today in response to the political abandonment of public housing. But these self-contained groups made up of the middle classes are operating within the framework of this politics. These groups aim for individual ownership of housing. They have no interest in the urban integration of their enclave. By contrast there is another type of situational urbanism, not well tolerated by the authorities, that is developing on the margins, in remote places. The particpative urbanism movements were very different, whether these were the Advocacy Planning of the 1970s which developed alternatives to urban projects, or Community Design Centres which worked with ethnic minorities. But this form of organisation tends also to be reclaimed by projects of homogenisation. So what should be the conditions of intervention for a situated urbanism that is genuinely pluralist and non-hegemonic ?

Fezer Jesko

Architecte. Vit à Berlin. Il est l’un des propriétaires de la librairie Pro qm (Berlin) et le rédacteur en chef de la revue An Architektur, à l’initiative du Camp for Oppositional Architecture. Il a enseigné l’architecture dans différentes écoles et été professeur invité de théorie de l’architecture et de recherche urbaine à l’Académie des Beaux-Arts de Nuremberg en 2005-2006. Il a participé, seul ou en binôme avec Axel John Wieder, à de nombreuses expositions dont la troisième Biennale de Berlin et la Biennale d’Istanbul de 2005. Il mène actuellement des projets à Graz, Utrecht et Berlin. Il a publié récemment : en collaboration avec Mathias Heyden, Hier entsteht. Strategien partizipativer Architektur und räumlicher Aneignung (b_books, 2003) ; avec Martin Schmitz (dirs.), Lucius Burckhardt : Wer plant die Planung ? (Martin Schmitz Verlag, 2004) ; avec Katja Reichard et Axel John Wieder (dirs.), Martin Pawley’s Garbage Housing with Preconsumer Waste and the 2CV Fourgonette Construction System, Chile 1972 (Vice Versa Verlag, 2004) ; (dir.), Planungsmethodik gestern (Akademie der Bildenden Künste / Auflage, 2007).

Heyden Mathias

Architecte. Vit à Berlin. Il travaille à différents projets culturels en tant que concepteur, enseignant et éditeur. Il a cofondé l’association culturelle Stilkamm 5 1 / 2 et le projet communautaire K77. Il y joue une grande variété de rôles, dans la perspective d’une reconstruction durable : habitant, travailleur culturel, constructeur, artisan, urbaniste. Il intervient actuellement à Berlin dans la réutilisation de propriétés publiques en friche et le développement d’espaces de travail et de logement au service des habitants. Il prépare une rencontre consacrée à l’architecture participative et évolutive. Il a créé en ce sens un bureau et un laboratoire des stratégies participatives et d’appropriation de l’espace.