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Le reste de la transparence

Le reste de la transparence
La gouvernementalité algorithmique répond à l’appel à la transparence par la mise en corrélation de données numériques semblant créer un double du réel parfaitement adéquat. Cette opération de représentation du réel peut être questionnée comme celle d’un langage, et même d’une écriture ; mais en s’appuyant sur les travaux de Jacques Derrida, on peut s’apercevoir que ce langage serait alors privé de sa capacité à induire reprise, correction, ajustement. C’est sur ce mythe d’une totalité close sur elle-même, sans reste, que repose le mot d’ordre de la transparence.

Transparency and its Leftover
Algorithmic governmentality responds to the imperative of transparency by correlating digital data in order to generate a perfectly adequate mirror-image of reality. This operation of re-presentation can be addressed as an issue of language and writing; but it also can questioned in its incapacity to allow for reiteration, correction, adjustment. The call for transparency rests on this myth of a totality closed upon itself, deprived of any leftover.

Berns Thomas

Membre du collectif de rédaction de Multitudes, est professeur de philosophie politique à l’Université Libre de Bruxelles. Ses travaux portent sur la philosophie à la Renaissance, sur la question du conflit et de la guerre et sur les différentes formes de normativité et leur histoire. Dans ce dernier cadre, il a produit de multiples analyses de ce qu’il appelle, avec Antoinette Rouvroy, la « gouvernementalité algorithmique ».

Salomé Frémineur

Doctorante en philosophie à l’Université de Namur. Ses recherches portent sur la relation entre langage et technique, à partir des travaux de Jacques Derrida.