Hors-champ 52.

On s’intéresse à un roman, Théorie de l’information d’Aurélien Bellanger (Gallimard, 2012), qui est, de l’invention du Minitel à l’empire des fournisseurs d’accès, une fresque de la rupture industrielle induite par la révolution numérique. Mise en réseaux, passion hédoniste de l’activité libre, créativité diffuse, individualisme non possessif : il y est raconté, entre sociologie et fiction, l’émergence du capitalisme cognitif et l’irrésistible ascension d’un de ses entrepreneurs emblématiques. La tolérance au désordre et la terreur que cela engendre en font un roman d’horreur du capitalisme cognitif, un récit de l’oscillation tragique entre perte en monde et affrontement au chaos.

In the Folds of Cognitive Capitalism
A new novel, Théorie de l’information by Aurélien Bellanger (2012), narrates the industrial disruption caused by the digital revolution, from Minitel to the new empire of access-providers. (Social) networks, hedonist passion of « free labour », ubiquitous creativity, non-possessive individualism : between sociology and fiction, the book follows the emergence of cognitive capitalism and the irresistible ascend of one of its emblematic entrepreneurs. Tolerance towards disorder, along with the terror induced by it, make this novel a horror story of cognitive capitalism, balancing its reader between the pain of losing one’s world and the necessity to confront chaos.