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60. Multitudes 60. Automne 2015

À chaud 60

Ada Colau & Manuela Carmena : l’indignation au pouvoir

La photo montre une femme traînée par des policiers, lors de l’occupation d’une banque en signe de protestation contre les expulsions pour le non-paiement des versements relatifs aux crédits immobiliers. La femme s’appelle Ada Colau Ballano, elle est la porte-parole de Plataforma de Afectados por la Hipoteca (PAH), la scène s’est passée il y a […]

Les leçons grecques

La Grèce a quasiment disparu des écrans radars en août. Elle va réapparaître un court temps pour les élections de fin septembre qui diront si Alexis Tsipras a gagné son pari tout à fait raisonnable de garder le pouvoir, de permettre à Syrisa d’avoir la mise sur l’administration de la potion amère des réformes qu’il […]

Icônes 60

Montre tes blessures

L’histoire commence en 1996 au Congo-Brazzaville. Mon ami Titi Nganga m’y a offert un vieux morceau de tissu en raffia, un Nchakokot, sur lequel on avait cousu des morceaux de tissu venu d’occident. Je fus immédiatement surpris de cette intrusion décorative inattendue. En examinant attentivement l’envers de la pièce, j’ai remarqué que chaque morceau de […]

« Né to set it right »

Dettes et anamnèse Kader Attia voyage dans le temps à travers les archives qu’il glane aux puces de Berlin ou de Paris. Il collectionne les cartes postales et les journaux de la fin du XIX et du XXe, Le Petit Journal, Le Petit Français, L’Illustration, Les faits divers illustrés, etc., dont les images exhibent des […]

Majeure 60. Parler nature

Comment et pourquoi parler de « la nature » aujourd’hui (plutôt que d’« environnements » et d’« écosystèmes ») ? À quelles occasions quelque chose comme la nature parle-t-elle en nous ou à travers nous ? Ce dossier traque de tels moments où des troubles dans l’énonciation témoignent des limites dans notre maîtrise sur la nature et de notre implication dans la nature. Peut-être que penser écologiquement commence par un effort pour parler nature.

Introduction

Comment, et surtout pourquoi, parler aujourd’hui de « la nature » ? Il est souvent fait comme si le terme était discrédité depuis longtemps, comme si Victor Hugo et Karl Marx avaient été intériorisés, comme s’il y avait toujours de « l’histoire » (des interventions humaines, des rapports sociaux, des luttes politiques) derrière ce qui nous apparaissait comme « naturel ». On […]

Faire entendre ceux qui sont restés en lien avec la nature

Faire entendre ceux qui sont restés en lien avec la nature

L’émission Terre à terre diffuse chaque semaine, depuis 17 ans, des paroles de luttes, de résistances, d’émotions et d’émerveillements, qui parviennent à exprimer un rapport à l’environnement nourri d’un lien vécu avec une nature concrète. Dans cet entretien, Ruth Stégassy discute la façon dont elle parvient à faire émerger cette parole, ainsi que sa vision de ce que représente la nature dans nos luttes et nos positionnements politiques contemporains.

Giving Voice to Those who Remain Connected with Nature

The weekly radio broadcast Terre à terre, on France Culture, provides a tribune for voices of resistance, struggles, emotions and marvels, that manage to express a rich connection with nature in its concreteness. In this interview, Ruth Stégassy, the program’s producer, talks about the way she manages to let these voices feel comfortable enough to emerge, as well as about her vision of what nature represents in our current struggles and political movements.

Une forêt de signes ou l’interspécificité de la narration chez les Kasua de Nouvelle-Guinée

Une forêt de signes ou l’interspécificité de la narration chez les Kasua de Nouvelle-Guinée

Cet article prend le parti d’intégrer le caractère interspécifique de la performance narrative chez les Kasua de Nouvelle-Guinée pour analyser la narration telle qu’ils expérimentent dans leurs tentatives toutes humaines de remédier aux désordres de leur monde forestier.

A Forrest of Signs: The Interspecificity of Narration among New Guinea Kasua People

This article decides to integrates the interspecific character of the narrative performance by Kasua of New Guinea and analyzes the story they experiment in their quite human attempts to remedy the disorders of their forest world.

La littérature pour penser l’écologie postcoloniale caribéenne

La littérature pour penser l’écologie postcoloniale caribéenne

Outre les millions de déplacés par la traite négrière, la violence inouïe de peuples amérindiens entièrement décimés, les équilibres écologiques écroulés et le rythme sanglant d’un esclavage multiséculaire, l’une des conséquences les plus importantes des colonisations européennes dans la Caraïbe demeure l’apparente disparition de récits. Cet article s’intéresse à la portée décoloniale d’une recherche et genèse de récits écologiques comme des traces de résistance à travers la littérature de cette région.

Literary Conception of Postcolonial Caribbean Ecology

In addition to the millions displaced by the slave trade, the unprecedented violence against Amerindian peoples entirely decimated, to the ecological collapse and to centuries of slavery, one of the most important consequences of European colonization of the Caribbean remains the apparent disappearance of stories. This article focuses on the decolonial scope of the search and genesis of ecological stories as traces of resistance through the literatures of this region.

Système probable contre mondes possibles : data-mythologie et environnement

Système probable contre mondes possibles : data-mythologie et environnement

Nombre de discours sur la planète s’appuient sur des données qui conditionnent en tant que telles le récit qu’elles livrent, que caractérisent non seulement une forte empreinte énergétique mais un risque d’appauvrissement ontologique et de marginalisation de l’acte interprétatif, c’est-à-dire une modélisation de nos imaginaires et de l’avenir lui-même.

Probable Systems against Possible Worlds: Data-Mythology and Environment

Much of the earth-related discourse is based on data which, being what they are, condition the narrative they offer. They entail a hefty ecological foodprint, and also a risk of ontological deprivation, and marginalisation of hermeneutics ; that is, they provide unescapable models for our imaginations and of the future itself.

Quand la maladie emporte le corps

Quand la maladie emporte le corps

Cette contribution présente un programme d’investigation en cours sur la maladie chronique, son lien au concept de nature et combien sont limités la connaissance, les langages et les vocabulaires la concernant. L’article évoque le manque d’odes à la maladie et de livres qui pourraient mettre en lumière et recréer les fluctuations de cette nature dépourvue de sens. Il éclaire l’invention du diagnostic de la souffrance, sa mesure et son vocabulaire ainsi que sa place dans les interventions sur les blogs et forums. Il discute la rareté d’un monde commun en la matière, qui est de parvenir à parler de la condition humaine et de forcer la solitude de malades qui n’ont pas de mots pour parler de ce qui leur arrive.

When the Disease Carries the Body Away

This contribution presents an ongoing investigation and research program about diseases, their articulation to the concept of nature and how limited the knowledge, languages and vocabularies we develop around them both can be. The intervention addresses the lack of odes to illness and of books written in languages that could invent and re-create nature’s senseless fluctuations. It highlights the invention of pain diagnosis, with specific scales and vocabulary. It questions what happens on blogs & forums.

Conversations dans l’urgence

Conversations dans l’urgence

Dans cet article j’envisage la problématique du « discours rattrapé par la situation » non comme un fait rare, mais comme une propriété générique de tout événement social : l’organisation du discours en interaction (la conversation, une conférence, une performance poétique) suppose un contexte qu’il contribue réflexivement à structurer. Je souhaite le montrer en ayant recours à l’analyse de situations a priori extra-ordinaires, où des aspects troublants, angoissants, morbides font enfler des phénomènes humains structurant des pratiques sociales en général. Par là, je m’appuierai sur une perspective endogène du contexte, et j’introduirai une discussion sur l’approche interactioniste vis-à-vis de notions telles que l’information, ou la normalité.

Emergency Conversations

In this article, I adress the issue of “the discourse overtaken by the situation” as a component pertaining to any social event and not as something uncanny and rarely witnessed. Indeed, the organisation of discourse-in-interaction entails a context that this very discourse will reflexively contribute to structure. I point out this idea using medical emergency calls data, whose analyses magnify social phenomena that one could nonetheless observe in many (ordinary) social practices. Therefore, I highlight an endogeneous perspective on context and introduce a discussion on the interactionaly-based concepts of information and normality.

Le son, le sens, la stupeur. Catastrophes et onomatopées

Le son, le sens, la stupeur
Catastrophes et onomatopées

Aux aléas de la vie répondent des accidents de la respiration. Interjections et onomatopées constituent en effet les premières formes d’expression de ce qui fait événement. À mi-chemin entre le son brut et le langage, elles permettent – c’est notre hypothèse – de signer ce qui n’est pas qualifiable et pensable. Ce faisant, elles ont une « vertu thérapeutique » qui consiste à exprimer que quelque chose arrive alors même que ce qui arrive tend à sidérer. L’usage des onomatopées peut alors être envisagé comme une « option culturelle » de la prise en charge des catastrophes, ce que nous étudions au travers du champ d’expression japonais.

Sound, Sense, Stupor
Catastrophies and Onomatopoeias

Respiratory accidents respond to hazards of life. Interjections and onomatopoeia constitute, in effect, our first attempts to express what makes up an event. Situated between raw sound and language, they allow us –as we hypothesize– to identify what we are not able to grasp or qualify. In doing this, they have a “therapeutic power” that consists of expressing something that happens, even while this same thing stupefies us. The usage of onomatopoeia can thus be envisioned as a “cultural option” by which we deal with catastrophes, an idea that we study through forms of Japanese expression.

Field recording, hypothèses critiques

Field recording, hypothèses critiques

Au travers de la multiplicité des usages du field recording, tantôt support d’étude des paysages sonores, tantôt outil de composition musical et environnemental, mais nécessairement dépendant d’un contexte (inter) culturel, David Christoffel et Guillaume Tiger explorent un certain rapport à la nature. Comment parle-t-on de nature via les field recordings ? Quel sens donner à la représentation de la nature dans la musique ? Comment « justice » est-elle rendue à la nature dans l’élaboration de paysages sonores virtuels ? Les réflexions croisées des auteurs sur ces questionnements tournent en sens inverses autour d’un même pot de sons naturels.

Field recording: Critical Hypotheses

Through the diversity of field recording’s uses (sometimes support for soundscape studies, sometimes composition tool for music and environments but always depend on—inter—cultural context), David Christoffel and Guillaume Tiger investigate some relation to nature. How do we speak of nature through field recordings? What is the meaning of Nature within musical composition processes? How do we give “justice” to nature through the creation of virtual soundscapes? The authors exchange on these matters, their points of view rotating in opposite directions around the same melting pot of natural sonorities.

La Guerre des Demoiselles ou l’insurrection du Tiers-Langage

La Guerre des Demoiselles ou l’insurrection du tiers langage

La «Guerre des Demoiselles » éclate en Ariège au début du XIXe siècle en réaction à la disparition des droits d’usage ancestraux qui fondaient l’habitabilité du territoire et la survie de ses habitants. Bien qu’elle emprunte de façon générale certains aspects de la guérilla, nous verrons que cette rébellion se signale aussi par le déploiement d’un langage symbolique et poétique qui à la fois « habite » et « hante » son milieu, montrant la consubstantialité et la mise en crise simultanée du prosaïque et du poétique, de l’habitat et du discours.

The Demoiselles’ War or the Insurrection of the Third Language

1829 saw the start of one of the eeriest peasant revolts in French modern history, “the Demoiselles’War”, a mountain guerilla aimed at earning back ancestral land rights. However, the rebellion is also characterized by the deployment of a fantastic and poetical language across the landscape, marking a shift from habitation to haunting as well as the simultaneous crisis of the prosaic and the poetical, of habitation and discourse.

Hors-champ 60

Sortir de l’anthropocène

Sortir de l’anthropocène

L’Anthropocène est un « Entropocène », c’est-à-dire une période de production massive d’entropie précisément en cela que les savoirs ayant été liquidés et automatisés, ce ne sont plus des savoirs, mais des systèmes fermés, c’est-à-dire entropiques. Le nouveau critère de redistribution qu’il s’agit de mettre en œuvre dans l’économie du Néguanthropocène doit être fondé sur une capacité de désautomatisation qu’il faut ressusciter.

Exiting the Anthropocene

The anthropocene should be written “entropocene”, i.e., a period of mass production of entropy due to the fact that many fields of knowledge have been abolished and liquidated : they no longer belong to human knowledge, but offer closed systems of automatic reactions, which, as such, present high levels of entropy. The new criterion of redistribution needed in our age of Neguanthropocene must be based on our capacity to disautomatize and resuscitate a whole range of human operations.

Mineure 60. Le Caire, cultures indociles

Les révolutions soulèvent des élans de sympathie, bénéficient d’accompagnement médiatique, même de promesses d’aides plus substantielles lorsqu’elles ont lieu, puis quand la tension retombe parce qu’une équipe d’anciens ou nouveaux dirigeants reprend les rênes du pouvoir et écrase le mouvement, le silence à l’extérieur se conjugue avec la répression à l’intérieur. C’est ce qui s’est passé, se passe en Égypte. Cependant des projets résistent encore et se développent. Ce sont quelques-uns d’entre eux que cette mineure sur les Indociles du Caire, principalement, a souhaité faire connaître en publiant des articles écrits par des Égyptiens et Égyptiennes militant-e-s, activistes ou pas.

Le Caire, cultures indociles

À l’heure où la place Tahrir est ripolinée, entendez les façades des immeubles repeintes en jaune, son sol planté de pelouse hérissée de volumineuses bouches d’aération – d’un vaste parking sous terrain –, comme autant de blocs qui fractionnent l’espace et la déambulation, le terre-plein circulaire arborant jadis une sculpture maintenant remplacée par le socle […]

De la révolution de janvier à Sissi. Comment et pourquoi ?

De la révolution de janvier à Sissi
Comment et pourquoi ?

Cet article tente de montrer que la révolution qui s’est produite en Égypte était porteuse d’un projet politique libéral-démocrate. Les groupes révolutionnaires et les opposants au régime de Moubarak ont réussi à mobiliser des couches sociales substantielles en 2011 en demandant le respect des droits humains de base et la représentation de la volonté du peuple. La forte présence d’ouvriers mécontents, de classes moyennes appauvries et de populations urbaines défavorisées dans le mouvement de protestation n’a jamais débouché sur un projet politique visant un changement économique et social. Leurs revendications sont restées figées dans une économie morale nassériste où les revendications économiques et sociales sont en grande partie apolitiques et totalement dissociées de la démocratisation des relations entre la société et l’État. L’absence de projet de changement socio-politique a privé le processus révolutionnaire d’une large et solide coalition sociale.

From the January revolution to Sisi
How and why?

The argument this article attempts to develop is that the revolution in Egypt had a relatively clear liberal democratic political project. Revolutionary groups and political opponents to the Mubarak regime managed to mobilize substantial social strata in 2011 asking for the respect of basic human rights and for the representation of the will of the people. The strong presence of disaffected laborers, impoverished middle classes and urban poor in the protest movement never evolved into a political project aiming at social and economic change. Their demands conversely remained by and large stuck in the Nasserist moral economy, where economic and social demands are largely apolitical and definitely dissociated from the democratization of society-state relations. The absence of a project of socio-political change deprived the revolutionary process of a solid and broad social coalition.

From the January revolution to Sisi. How and why? (English version)

De la révolution de janvier à Sissi
Comment et pourquoi ?

Cet article tente de montrer que la révolution qui s’est produite en Égypte était porteuse d’un projet politique libéral-démocrate. Les groupes révolutionnaires et les opposants au régime de Moubarak ont réussi à mobiliser des couches sociales substantielles en 2011 en demandant le respect des droits humains de base et la représentation de la volonté du peuple. La forte présence d’ouvriers mécontents, de classes moyennes appauvries et de populations urbaines défavorisées dans le mouvement de protestation n’a jamais débouché sur un projet politique visant un changement économique et social. Leurs revendications sont restées figées dans une économie morale nassériste où les revendications économiques et sociales sont en grande partie apolitiques et totalement dissociées de la démocratisation des relations entre la société et l’État. L’absence de projet de changement socio-politique a privé le processus révolutionnaire d’une large et solide coalition sociale.

From the January revolution to Sisi
How and why?

The argument this article attempts to develop is that the revolution in Egypt had a relatively clear liberal democratic political project. Revolutionary groups and political opponents to the Mubarak regime managed to mobilize substantial social strata in 2011 asking for the respect of basic human rights and for the representation of the will of the people. The strong presence of disaffected laborers, impoverished middle classes and urban poor in the protest movement never evolved into a political project aiming at social and economic change. Their demands conversely remained by and large stuck in the Nasserist moral economy, where economic and social demands are largely apolitical and definitely dissociated from the democratization of society-state relations. The absence of a project of socio-political change deprived the revolutionary process of a solid and broad social coalition.

Le Caire, ville rebelle ? Recomposition de l’action urbaine après l’épisode révolutionnaire

Le Caire, ville rebelle ?
Recomposition de l’action urbaine après l’épisode révolutionnaire

Le processus révolutionnaire de 2011 a fourni les conditions nécessaires à l’émergence d’une forme particulière d’activisme ayant pour objet principal le territoire urbain. L’activisme urbain égyptien milite pour l’abandon des instruments de la planification urbaine rationnelle et dénonce les dérives des pratiques gouvernementales et des actions des agences de développement internationales calquées sur celles de l’entreprise privée. En renouant avec les grandes lignes des politiques néolibérales du régime de Moubarak qui ont échoué à résorber la pauvreté urbaine, la politique de grands projets lancée par Sissi remet en question les quelques avancées observées depuis la révolution de 2011 dans le champ de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire.

Cairo, rebel city?
The recomposition of urban action after the revolutionary period

The 2011 revolution has opened a path for a specific form of activism which has focused mainly on urban territory. The Egyptian urban activism pleads for dropping out the rational urban planification’s mechanisms and condemns the way the government and the international development agencies have based their practices and actions on the private companies models. Going back to the neo liberal politics outlined by Mubarak which failed to reduce urban poverty, the large-scaled projects initiated by Sisi has cut down the progress that has been observed since the revolution in the field of urbanism and urban development.

Ard-el-Lewa

Ard-el-Lewa

Entretien avec Hamdy Reda, artiste qui a créé un lieu d’art, Art-el-Lewa, dans le quartier informel très densément peuplé d’Ard-el-Lewa, situé entre deux autres grands quartiers informels Imbiba and Boulak El Dakrour. Art-el-Lewa est un espace de mise en œuvre de dialogue entre artistes et société. Cet espace indépendant aide les projets artistiques à se réaliser, offre des workshops aux membres de la communauté et aux artistes émergents ; il organise des expositions et reçoit des artistes en résidence ; il encourage les projets qui enrichissent la vie civique et culturelle d’Ard-el-Lewa ; il utilise l’art pour faire avancer les questions d’environnement. Hamdy Reda nous raconte pourquoi et comment il a ouvert cet espace, et quels projets le lieu a hébergés.

Ard-el-Lewa

Interview with Hamdy Reda, an artist who created an art space, Art-el-Lewa, in an informal densely populated area, Ard-el-Lewa, located between two of Cairo’s largest informal areas, Imbiba and Boulak El Dakrour. Art-el-Lewa is a space for the formation and activation of dialogue between artists and society. This independant agency facilitates artists projects, offers workshops for community members and emerging artists, exhibits art and hosts artists-in-residence in addition to providing special projects to enrich the civic and cultural life in Ard-el-Lewa, and using art to improve the urban environment. Hamdy Reda tells us why and how he opened this space what projects Art-el-Lewa hosted.

Ard-el-Lewa (English version)

Ard-el-Lewa

Entretien avec Hamdy Reda, artiste qui a créé un lieu d’art, Art-el-Lewa, dans le quartier informel très densément peuplé d’Ard-el-Lewa, situé entre deux autres grands quartiers informels Imbiba and Boulak El Dakrour. Art-el-Lewa est un espace de mise en œuvre de dialogue entre artistes et société. Cet espace indépendant aide les projets artistiques à se réaliser, offre des workshops aux membres de la communauté et aux artistes émergents ; il organise des expositions et reçoit des artistes en résidence ; il encourage les projets qui enrichissent la vie civique et culturelle d’Ard-el-Lewa ; il utilise l’art pour faire avancer les questions d’environnement. Hamdy Reda nous raconte pourquoi et comment il a ouvert cet espace, et quels projets le lieu a hébergés.

Ard-el-Lewa

Interview with Hamdy Reda, an artist who created an art space, Art-el-Lewa, in an informal densely populated area, Ard-el-Lewa, located between two of Cairo’s largest informal areas, Imbiba and Boulak El Dakrour. Art-el-Lewa is a space for the formation and activation of dialogue between artists and society. This independant agency facilitates artists projects, offers workshops for community members and emerging artists, exhibits art and hosts artists-in-residence in addition to providing special projects to enrich the civic and cultural life in Ard-el-Lewa, and using art to improve the urban environment. Hamdy Reda tells us why and how he opened this space what projects Art-el-Lewa hosted.

La Cimathèque, centre alternatif du film

La Cimathèque, centre alternatif du film

La Cimathèque, un centre alternatif du film, situé dans le centre du Caire a ouvert ses portes le 3 juin 2015. Elle est née d’abord du désir de jeunes cinéastes de créer une société de production indépendante. Avec la révolution le projet s’est étoffé, et la Cimathèque est devenue un lieu de rencontre, de projection, de production, de digitalisation, d’archivage, de débats à l’adresse de tous les cinéphiles. L’Égypte possède une longue tradition cinématographique, interrompue par des années de négligence, de corruption et un manque d’ambition pour un art profondément aimé par la population. La question de l’archivage du patrimoine cinématographique mais aussi des productions contemporaines sur divers supports est centrale dans le projet de la Cimathèque, surtout dans une époque de déconstruction du sens de l’histoire collective.

Cimatheque, Alternative Film Center

Cimatheque – Alternative Film Centre is a multi-purpose venue located in the heart of downtown Cairo. It opened its doors to the public on June 3 2015. It came from the wish of young filmmakers to create an independent production agency. Following the revolution, the scope of the project expanded, bringing about the idea to build an analogue hand-processing lab, the only one of its kind in the country, in the hopes of reviving a lost art form that capitulated in recent years to the cost-effectiveness of digital filmmaking. And because everything that was being implemented in Cimatheque till this point arose from a desire to at once respect legacies and collective histories, while deconstructing their meanings in the current political and social climate, the idea of devoting a room or two to film archives came into being. This concern is central to the way in which Cimatheque’s team approaches programming based on film history and archiving, with the hope that it can give voice and expression to peripheral memories, and material made on the margins of society.

Cimatheque, Alternative Film Center (English version)

La Cimathèque, centre alternatif du film

La Cimathèque, un centre alternatif du film, situé dans le centre du Caire a ouvert ses portes le 3 juin 2015. Elle est née d’abord du désir de jeunes cinéastes de créer une société de production indépendante. Avec la révolution le projet s’est étoffé, et la Cimathèque est devenue un lieu de rencontre, de projection, de production, de digitalisation, d’archivage, de débats à l’adresse de tous les cinéphiles. L’Égypte possède une longue tradition cinématographique, interrompue par des années de négligence, de corruption et un manque d’ambition pour un art profondément aimé par la population. La question de l’archivage du patrimoine cinématographique mais aussi des productions contemporaines sur divers supports est centrale dans le projet de la Cimathèque, surtout dans une époque de déconstruction du sens de l’histoire collective.

Cimatheque, Alternative Film Center

Cimatheque – Alternative Film Centre is a multi-purpose venue located in the heart of downtown Cairo. It opened its doors to the public on June 3 2015. It came from the wish of young filmmakers to create an independent production agency. Following the revolution, the scope of the project expanded, bringing about the idea to build an analogue hand-processing lab, the only one of its kind in the country, in the hopes of reviving a lost art form that capitulated in recent years to the cost-effectiveness of digital filmmaking. And because everything that was being implemented in Cimatheque till this point arose from a desire to at once respect legacies and collective histories, while deconstructing their meanings in the current political and social climate, the idea of devoting a room or two to film archives came into being. This concern is central to the way in which Cimatheque’s team approaches programming based on film history and archiving, with the hope that it can give voice and expression to peripheral memories, and material made on the margins of society.

Le féminisme islamique et l’ambiguïté de l’engagement politique. « Le beau est affreux et l’affreux est beau »

Le féminisme islamique et l’ambiguïté de l’engagement politique
« Le beau est affreux et l’affreux est beau »

L’ascension et la chute récentes de la loi islamiste en Égypte appellent une réflexion, non seulement sur le rôle social des idées féministes islamiques, mais aussi sur les raisons des changements politiques, ainsi que sur les questions d’opposition éthique et de principe. Mon approche de ce sujet ne reprend pas l’opposition habituelle entre laïc et islamique, ni la critique du libéralisme laïc, mais propose une critique de tout mouvement féministe, qu’il soit laïc ou islamique, qui s’autorise de lui-même à coopérer ou à être réduit au silence par des régimes politiques corrompus. La première partie de l’article traite de la question des relations fragiles entre les féministes et l’État plus particulièrement dans le contexte égyptien contemporain. La deuxième partie examine les ambiguïtés morales des positions du féminisme islamique.

Islamic feminism and the Equivocation of Political Engagement
“Fair is foul, and foul is fair”

The recent rise and fall of the Islamist rule in Egypt calls for reflection, not just on the role of Islamic feminist ideas in society, but also on the shifting political grounds and questions of ethical and principled opposition. The presentation of this subject does not take the approach of the usual secular/Islamist binary or a criticism of secular liberalism, but is rather focused on a critique of any feminist movement, be it secular or Islamic, that allows itself to be co-opted and silenced by corrupt political regimes. This article, in its first part, discusses the general issue of the precarious relationship between feminists and the state, especially in the modern Egyptian context, and, in its second part, looks into the moral ambiguities associated with Islamic feminism’s political stands.

Islamic Feminism and the Equivocation of Political Engagement. ‘Fair is foul, and foul is fair’ (English version)

Le féminisme islamique et l’ambiguïté de l’engagement politique
« Le beau est affreux et l’affreux est beau »

L’ascension et la chute récentes de la loi islamiste en Égypte appellent une réflexion, non seulement sur le rôle social des idées féministes islamiques, mais aussi sur les raisons des changements politiques, ainsi que sur les questions d’opposition éthique et de principe. Mon approche de ce sujet ne reprend pas l’opposition habituelle entre laïc et islamique, ni la critique du libéralisme laïc, mais propose une critique de tout mouvement féministe, qu’il soit laïc ou islamique, qui s’autorise de lui-même à coopérer ou à être réduit au silence par des régimes politiques corrompus. La première partie de l’article traite de la question des relations fragiles entre les féministes et l’État plus particulièrement dans le contexte égyptien contemporain. La deuxième partie examine les ambiguïtés morales des positions du féminisme islamique.

Islamic feminism and the Equivocation of Political Engagement
“Fair is foul, and foul is fair”

The recent rise and fall of the Islamist rule in Egypt calls for reflection, not just on the role of Islamic feminist ideas in society, but also on the shifting political grounds and questions of ethical and principled opposition. The presentation of this subject does not take the approach of the usual secular/Islamist binary or a criticism of secular liberalism, but is rather focused on a critique of any feminist movement, be it secular or Islamic, that allows itself to be co-opted and silenced by corrupt political regimes. This article, in its first part, discusses the general issue of the precarious relationship between feminists and the state, especially in the modern Egyptian context, and, in its second part, looks into the moral ambiguities associated with Islamic feminism’s political stands.

Le déplacement

Le déplacement

Interview d’Anna Roussillon, réalisatrice franco-égyptienne, du documentaire « je suis le peuple ». Tandis que le peuple se soulève sur la place Tahrir, des paysans du sud de l’Égypte regardent la révolution à la télévision. Du renversement de Moubarak à la chute de Morsi, le film suit les révoltes à travers les yeux de Farraj, un paysan de la vallée du Nil près de Louxor. À travers la vie quotidienne du fermier, les espoirs et les déceptions, le changement tarde à venir. Anna Roussillon parle du rôle de la télévision dans la vie quotidienne, de culture politique, des femmes, de son choix de filmer ailleurs qu’à Tarhir.

Shifting

Interview with Anna Roussillon, filmmaker Franco-Egyptian, who made the documentary “I am the people”. As the Egyptian people rises up in Tahrir Square, rural villagers in the south are watching the revolution on TV. From the overthrow of Mubarak to the fall of Morsi, the film follows the upheavals through the eyes of Farraj, a peasant in the Nile valley near Luxor. In the daily life of the farmer, between hopes and disappointments, change is a long time coming. Anna Roussillon talks about the role of tv in political culture in this area, about women, and about her choice of not focusing her filming on Tahrir square.

À l’heure où la place Tahrir est ripolinée, entendez les façades des immeubles repeintes en jaune, son sol planté de pelouse hérissée de volumineuses bouches d’aération – d’un vaste parking sous terrain –, comme autant de blocs qui fractionnent l’espace et la déambulation, le terre-plein circulaire arborant jadis une sculpture maintenant remplacée par le socle […]

De la révolution de janvier à Sissi
Comment et pourquoi ?

Cet article tente de montrer que la révolution qui s’est produite en Égypte était porteuse d’un projet politique libéral-démocrate. Les groupes révolutionnaires et les opposants au régime de Moubarak ont réussi à mobiliser des couches sociales substantielles en 2011 en demandant le respect des droits humains de base et la représentation de la volonté du peuple. La forte présence d’ouvriers mécontents, de classes moyennes appauvries et de populations urbaines défavorisées dans le mouvement de protestation n’a jamais débouché sur un projet politique visant un changement économique et social. Leurs revendications sont restées figées dans une économie morale nassériste où les revendications économiques et sociales sont en grande partie apolitiques et totalement dissociées de la démocratisation des relations entre la société et l’État. L’absence de projet de changement socio-politique a privé le processus révolutionnaire d’une large et solide coalition sociale.

From the January revolution to Sisi
How and why?

The argument this article attempts to develop is that the revolution in Egypt had a relatively clear liberal democratic political project. Revolutionary groups and political opponents to the Mubarak regime managed to mobilize substantial social strata in 2011 asking for the respect of basic human rights and for the representation of the will of the people. The strong presence of disaffected laborers, impoverished middle classes and urban poor in the protest movement never evolved into a political project aiming at social and economic change. Their demands conversely remained by and large stuck in the Nasserist moral economy, where economic and social demands are largely apolitical and definitely dissociated from the democratization of society-state relations. The absence of a project of socio-political change deprived the revolutionary process of a solid and broad social coalition.

De la révolution de janvier à Sissi
Comment et pourquoi ?

Cet article tente de montrer que la révolution qui s’est produite en Égypte était porteuse d’un projet politique libéral-démocrate. Les groupes révolutionnaires et les opposants au régime de Moubarak ont réussi à mobiliser des couches sociales substantielles en 2011 en demandant le respect des droits humains de base et la représentation de la volonté du peuple. La forte présence d’ouvriers mécontents, de classes moyennes appauvries et de populations urbaines défavorisées dans le mouvement de protestation n’a jamais débouché sur un projet politique visant un changement économique et social. Leurs revendications sont restées figées dans une économie morale nassériste où les revendications économiques et sociales sont en grande partie apolitiques et totalement dissociées de la démocratisation des relations entre la société et l’État. L’absence de projet de changement socio-politique a privé le processus révolutionnaire d’une large et solide coalition sociale.

From the January revolution to Sisi
How and why?

The argument this article attempts to develop is that the revolution in Egypt had a relatively clear liberal democratic political project. Revolutionary groups and political opponents to the Mubarak regime managed to mobilize substantial social strata in 2011 asking for the respect of basic human rights and for the representation of the will of the people. The strong presence of disaffected laborers, impoverished middle classes and urban poor in the protest movement never evolved into a political project aiming at social and economic change. Their demands conversely remained by and large stuck in the Nasserist moral economy, where economic and social demands are largely apolitical and definitely dissociated from the democratization of society-state relations. The absence of a project of socio-political change deprived the revolutionary process of a solid and broad social coalition.

Le Caire, ville rebelle ?
Recomposition de l’action urbaine après l’épisode révolutionnaire

Le processus révolutionnaire de 2011 a fourni les conditions nécessaires à l’émergence d’une forme particulière d’activisme ayant pour objet principal le territoire urbain. L’activisme urbain égyptien milite pour l’abandon des instruments de la planification urbaine rationnelle et dénonce les dérives des pratiques gouvernementales et des actions des agences de développement internationales calquées sur celles de l’entreprise privée. En renouant avec les grandes lignes des politiques néolibérales du régime de Moubarak qui ont échoué à résorber la pauvreté urbaine, la politique de grands projets lancée par Sissi remet en question les quelques avancées observées depuis la révolution de 2011 dans le champ de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire.

Cairo, rebel city?
The recomposition of urban action after the revolutionary period

The 2011 revolution has opened a path for a specific form of activism which has focused mainly on urban territory. The Egyptian urban activism pleads for dropping out the rational urban planification’s mechanisms and condemns the way the government and the international development agencies have based their practices and actions on the private companies models. Going back to the neo liberal politics outlined by Mubarak which failed to reduce urban poverty, the large-scaled projects initiated by Sisi has cut down the progress that has been observed since the revolution in the field of urbanism and urban development.

Ard-el-Lewa

Entretien avec Hamdy Reda, artiste qui a créé un lieu d’art, Art-el-Lewa, dans le quartier informel très densément peuplé d’Ard-el-Lewa, situé entre deux autres grands quartiers informels Imbiba and Boulak El Dakrour. Art-el-Lewa est un espace de mise en œuvre de dialogue entre artistes et société. Cet espace indépendant aide les projets artistiques à se réaliser, offre des workshops aux membres de la communauté et aux artistes émergents ; il organise des expositions et reçoit des artistes en résidence ; il encourage les projets qui enrichissent la vie civique et culturelle d’Ard-el-Lewa ; il utilise l’art pour faire avancer les questions d’environnement. Hamdy Reda nous raconte pourquoi et comment il a ouvert cet espace, et quels projets le lieu a hébergés.

Ard-el-Lewa

Interview with Hamdy Reda, an artist who created an art space, Art-el-Lewa, in an informal densely populated area, Ard-el-Lewa, located between two of Cairo’s largest informal areas, Imbiba and Boulak El Dakrour. Art-el-Lewa is a space for the formation and activation of dialogue between artists and society. This independant agency facilitates artists projects, offers workshops for community members and emerging artists, exhibits art and hosts artists-in-residence in addition to providing special projects to enrich the civic and cultural life in Ard-el-Lewa, and using art to improve the urban environment. Hamdy Reda tells us why and how he opened this space what projects Art-el-Lewa hosted.

Ard-el-Lewa

Entretien avec Hamdy Reda, artiste qui a créé un lieu d’art, Art-el-Lewa, dans le quartier informel très densément peuplé d’Ard-el-Lewa, situé entre deux autres grands quartiers informels Imbiba and Boulak El Dakrour. Art-el-Lewa est un espace de mise en œuvre de dialogue entre artistes et société. Cet espace indépendant aide les projets artistiques à se réaliser, offre des workshops aux membres de la communauté et aux artistes émergents ; il organise des expositions et reçoit des artistes en résidence ; il encourage les projets qui enrichissent la vie civique et culturelle d’Ard-el-Lewa ; il utilise l’art pour faire avancer les questions d’environnement. Hamdy Reda nous raconte pourquoi et comment il a ouvert cet espace, et quels projets le lieu a hébergés.

Ard-el-Lewa

Interview with Hamdy Reda, an artist who created an art space, Art-el-Lewa, in an informal densely populated area, Ard-el-Lewa, located between two of Cairo’s largest informal areas, Imbiba and Boulak El Dakrour. Art-el-Lewa is a space for the formation and activation of dialogue between artists and society. This independant agency facilitates artists projects, offers workshops for community members and emerging artists, exhibits art and hosts artists-in-residence in addition to providing special projects to enrich the civic and cultural life in Ard-el-Lewa, and using art to improve the urban environment. Hamdy Reda tells us why and how he opened this space what projects Art-el-Lewa hosted.

La Cimathèque, centre alternatif du film

La Cimathèque, centre alternatif du film

La Cimathèque, un centre alternatif du film, situé dans le centre du Caire a ouvert ses portes le 3 juin 2015. Elle est née d’abord du désir de jeunes cinéastes de créer une société de production indépendante. Avec la révolution le projet s’est étoffé, et la Cimathèque est devenue un lieu de rencontre, de projection, de production, de digitalisation, d’archivage, de débats à l’adresse de tous les cinéphiles. L’Égypte possède une longue tradition cinématographique, interrompue par des années de négligence, de corruption et un manque d’ambition pour un art profondément aimé par la population. La question de l’archivage du patrimoine cinématographique mais aussi des productions contemporaines sur divers supports est centrale dans le projet de la Cimathèque, surtout dans une époque de déconstruction du sens de l’histoire collective.

Cimatheque, Alternative Film Center

Cimatheque – Alternative Film Centre is a multi-purpose venue located in the heart of downtown Cairo. It opened its doors to the public on June 3 2015. It came from the wish of young filmmakers to create an independent production agency. Following the revolution, the scope of the project expanded, bringing about the idea to build an analogue hand-processing lab, the only one of its kind in the country, in the hopes of reviving a lost art form that capitulated in recent years to the cost-effectiveness of digital filmmaking. And because everything that was being implemented in Cimatheque till this point arose from a desire to at once respect legacies and collective histories, while deconstructing their meanings in the current political and social climate, the idea of devoting a room or two to film archives came into being. This concern is central to the way in which Cimatheque’s team approaches programming based on film history and archiving, with the hope that it can give voice and expression to peripheral memories, and material made on the margins of society.

La Cimathèque, centre alternatif du film

La Cimathèque, un centre alternatif du film, situé dans le centre du Caire a ouvert ses portes le 3 juin 2015. Elle est née d’abord du désir de jeunes cinéastes de créer une société de production indépendante. Avec la révolution le projet s’est étoffé, et la Cimathèque est devenue un lieu de rencontre, de projection, de production, de digitalisation, d’archivage, de débats à l’adresse de tous les cinéphiles. L’Égypte possède une longue tradition cinématographique, interrompue par des années de négligence, de corruption et un manque d’ambition pour un art profondément aimé par la population. La question de l’archivage du patrimoine cinématographique mais aussi des productions contemporaines sur divers supports est centrale dans le projet de la Cimathèque, surtout dans une époque de déconstruction du sens de l’histoire collective.

Cimatheque, Alternative Film Center

Cimatheque – Alternative Film Centre is a multi-purpose venue located in the heart of downtown Cairo. It opened its doors to the public on June 3 2015. It came from the wish of young filmmakers to create an independent production agency. Following the revolution, the scope of the project expanded, bringing about the idea to build an analogue hand-processing lab, the only one of its kind in the country, in the hopes of reviving a lost art form that capitulated in recent years to the cost-effectiveness of digital filmmaking. And because everything that was being implemented in Cimatheque till this point arose from a desire to at once respect legacies and collective histories, while deconstructing their meanings in the current political and social climate, the idea of devoting a room or two to film archives came into being. This concern is central to the way in which Cimatheque’s team approaches programming based on film history and archiving, with the hope that it can give voice and expression to peripheral memories, and material made on the margins of society.

Le féminisme islamique et l’ambiguïté de l’engagement politique
« Le beau est affreux et l’affreux est beau »

L’ascension et la chute récentes de la loi islamiste en Égypte appellent une réflexion, non seulement sur le rôle social des idées féministes islamiques, mais aussi sur les raisons des changements politiques, ainsi que sur les questions d’opposition éthique et de principe. Mon approche de ce sujet ne reprend pas l’opposition habituelle entre laïc et islamique, ni la critique du libéralisme laïc, mais propose une critique de tout mouvement féministe, qu’il soit laïc ou islamique, qui s’autorise de lui-même à coopérer ou à être réduit au silence par des régimes politiques corrompus. La première partie de l’article traite de la question des relations fragiles entre les féministes et l’État plus particulièrement dans le contexte égyptien contemporain. La deuxième partie examine les ambiguïtés morales des positions du féminisme islamique.

Islamic feminism and the Equivocation of Political Engagement
“Fair is foul, and foul is fair”

The recent rise and fall of the Islamist rule in Egypt calls for reflection, not just on the role of Islamic feminist ideas in society, but also on the shifting political grounds and questions of ethical and principled opposition. The presentation of this subject does not take the approach of the usual secular/Islamist binary or a criticism of secular liberalism, but is rather focused on a critique of any feminist movement, be it secular or Islamic, that allows itself to be co-opted and silenced by corrupt political regimes. This article, in its first part, discusses the general issue of the precarious relationship between feminists and the state, especially in the modern Egyptian context, and, in its second part, looks into the moral ambiguities associated with Islamic feminism’s political stands.

Le féminisme islamique et l’ambiguïté de l’engagement politique
« Le beau est affreux et l’affreux est beau »

L’ascension et la chute récentes de la loi islamiste en Égypte appellent une réflexion, non seulement sur le rôle social des idées féministes islamiques, mais aussi sur les raisons des changements politiques, ainsi que sur les questions d’opposition éthique et de principe. Mon approche de ce sujet ne reprend pas l’opposition habituelle entre laïc et islamique, ni la critique du libéralisme laïc, mais propose une critique de tout mouvement féministe, qu’il soit laïc ou islamique, qui s’autorise de lui-même à coopérer ou à être réduit au silence par des régimes politiques corrompus. La première partie de l’article traite de la question des relations fragiles entre les féministes et l’État plus particulièrement dans le contexte égyptien contemporain. La deuxième partie examine les ambiguïtés morales des positions du féminisme islamique.

Islamic feminism and the Equivocation of Political Engagement
“Fair is foul, and foul is fair”

The recent rise and fall of the Islamist rule in Egypt calls for reflection, not just on the role of Islamic feminist ideas in society, but also on the shifting political grounds and questions of ethical and principled opposition. The presentation of this subject does not take the approach of the usual secular/Islamist binary or a criticism of secular liberalism, but is rather focused on a critique of any feminist movement, be it secular or Islamic, that allows itself to be co-opted and silenced by corrupt political regimes. This article, in its first part, discusses the general issue of the precarious relationship between feminists and the state, especially in the modern Egyptian context, and, in its second part, looks into the moral ambiguities associated with Islamic feminism’s political stands.

Le déplacement

Le déplacement

Interview d’Anna Roussillon, réalisatrice franco-égyptienne, du documentaire « je suis le peuple ». Tandis que le peuple se soulève sur la place Tahrir, des paysans du sud de l’Égypte regardent la révolution à la télévision. Du renversement de Moubarak à la chute de Morsi, le film suit les révoltes à travers les yeux de Farraj, un paysan de la vallée du Nil près de Louxor. À travers la vie quotidienne du fermier, les espoirs et les déceptions, le changement tarde à venir. Anna Roussillon parle du rôle de la télévision dans la vie quotidienne, de culture politique, des femmes, de son choix de filmer ailleurs qu’à Tarhir.

Shifting

Interview with Anna Roussillon, filmmaker Franco-Egyptian, who made the documentary “I am the people”. As the Egyptian people rises up in Tahrir Square, rural villagers in the south are watching the revolution on TV. From the overthrow of Mubarak to the fall of Morsi, the film follows the upheavals through the eyes of Farraj, a peasant in the Nile valley near Luxor. In the daily life of the farmer, between hopes and disappointments, change is a long time coming. Anna Roussillon talks about the role of tv in political culture in this area, about women, and about her choice of not focusing her filming on Tahrir square.