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Mineure 38. Micropolitique de l’habitat non-ordinaire

Dans la ville post-fordiste, l’habitat non-ordinaire est une dimension ordinaire. Des modes d’habitat « hors conventions » resurgissent aujourd’hui qui ne concernent plus seulement des « étrangers » ou des marginaux. Les luttes présentées ici déconstruirent ces exceptions qui ne sont pas naturelles, ni « anormales », ni même illégitimes. Cette micro-politique de l’agir urbain prolonge ainsi l’analyse des interstices du […]

L’habitat « non-ordinaire » et la ville post-fordiste

Le texte esquisse les relations entre les mutations du travail « post-fordistes », intermittence, travail cognitif, nouvelles mobilités et les mutations de la ville. Dans cette perspective, l’habitat « non-ordinaire » n’est pas une scorie mais au contraire une production actuelle, entre adaptations et luttes contre les ségrégations.

« Non-ordinary» habitat and the post-Fordist city
This text studies relations between post-fordist labor mutations, casual work, cognitive work, new mobilities and urban mutations. Non-ordinary housing forms are not just scorias, they’re a contemporeanous production, between adaptations and struggle against segregations.

Les habitants des squats sont des mal-logés parmi d’autres. Loin d’être les « marginaux » que l’on décrit parfois, ils sont idéal-typiques de la ville occidentale contemporaine, en tant qu’elle produit des formes interstitielles d’habitat permettant de pallier le manque de logements accessibles aux classes populaires. Mais les pouvoirs publics peinent à admettre le caractère ordinaire du squat, en même temps qu’ils disposent de peu de moyens légaux pour faire face aux spéculateurs privés. Le récit du squat de la rue Cavaignac sur lequel se fonde cet article décrit la multiplicité des conditions nécessaires pour que les habitants d’un squat, victimes d’un incendie, soient décemment relogés, et que les « squatteurs » se muent en « sinistrés ».

The inhabitants of squats are not unusual
Among other conditions, urban squatters are people suffering from bad housing. They are ordinary people in Western contemporaries cities. But public authorities deny the banality of squats, and lack of legal tools to regulate speculation. The story of a squat, on the rue Cavaignac, describes the variety of conditions needed in order to access to decent housing for the inhabitants of this squat after its destruction by fire, and to make them considered as victims of a disaster.

L’article s’attache à deux projets d’« habitat solidaire » mis en œuvre par des femmes vieillissantes en France et en Allemagne. En raison de leur longévité, mais aussi de leur précarité et de leur solitude, les européennes âgées sont contraintes d’inventer des modes d’habitat alternatifs par rapport aux modes classiques que sont la maison de retraite et le maintien à domicile. Tandis que le premier est souvent synonyme de perte d’autonomie ; l’autre peut se traduire par une rupture des liens sociaux. L’habitat solidaire est un habitat conçu et organisé par les femmes elles-mêmes, qui préserve tout à la fois leur autonomie individuelle et la solidarité collective entre elles.

Solidarity-based housing
This paper deals with two solidarity-based housing projects led by ageing women in France and in Germany. As a result of their increasing life-expectancy, but also of their precariousness and loneliness, elderly European women are bound to invent alternative housing schemes, differing from the usual solutions provided by retirement homes and in-house support. While the former often implies losing one’s autonomy, the latter may result in the breaking off of social ties. Solidarity-based housing is conceived and organised by the women themselves and protects both their individual autonomy and a collective solidarity between them.

Dans un récit à la première personne, trois ouvriers narrent un moment dans leur vie en foyer de travailleur migrant de la fin des années 1960 à nos jours. Ni tout à fait les mêmes ni tout à fait différents, ils témoignent de l’évolution de cet habitat si banal et si peu ordinaire à la fois.

Three Days in a Migrant Labour Hostel’s Life
Three workers share a moment of their life in a hostel for single migrating male workers between the 1960’s and present. From their relative differences, they attest of the evolution of this all-too casual albeit non-ordinary housing form.