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Majeure 42. Gouines rouges, viragos vertes

Gouines rouges et viragos vertes

Multitudes a souhaité s’associer à sa manière – une majeure soit au maximum dix articles – à la célébration de quarante années de mouvements des femmes, décidée par quelques amies dont Cathy Bernheim. Nous avons choisi d’affirmer avec elles qu’en France le MLF est né devant l’Arc de triomphe le 26 Août 1970 avec le […]

TumulTueuses, furieuses, tordues, trans, teuff féministes aujourd’hui Entretiens

Non-mixité, créativité sémantique, déstabilisation du sexisme ordinaire par l’humour et l’auto-dérision, action publique médiatique… certaines pratiques évoquées dans cet entretien semblent s’inscrire dans la droite ligne de la gerbe déposée à la femme du soldat inconnu en 1970. Mais l’accent porté en 2010 sur l’articulation entre féminisme, anti-racisme, anti-capitalisme, homo, trans’ et puto phobies renvoie à des problématiques actuelles qui articulent queer, anar, punk ou post-co dans des coalitions politiques qui s’assument en rupture avec « le féminisme de l’égalité ». Les enjeux du ou plutôt des féminismes aujourd’hui se nouent, se clivent ou se déplacent autour de deux questions brûlantes : leS sexualitéS et la place des femmes voilées dans les discours et les pratiques féministes.

TumulTueuses, angry, twisted, trans’, teuff … feminists today.Five feminist activists in the battle

No-mix, creativity semantic, destabilization of ordinary sexism with humor and self-derision, activism … some practices mentioned in this interview seem to be in line with the flower for the unknown soldier’s wife1970. But the accent in 2010 on the relationship between feminism and anti-racism, anti-capitalism, gay, trans’ and puto phobies is articulated also with queer, anarchist, punk or post-co in political coalitions which are « taking a break » with the feminism of equality. Issues of feminism, or rather today are tied, cleave or move around two burning questions: sexualities and place of veiled women in the feminist discourse and practice.

Ce que l’histoire fait aux femmes

1970-2010 : quarante année de mouvement de libération des femmes en France, de ce mouvement dit « de la deuxième vague » par les historiennes. À l’initiative de quelques groupes et individues, l’année 2010 est donc consacrée à raviver la mémoire contemporaine, vite oublieuse du chemin qu’il leur a fallu faire, ensemble ou séparément, pour que les choses changent. Cette « libération des femmes » est trop souvent tue ou minorée, dans le discours politique français, même lorsqu’il s’agit de célébrer le bel élan de Mai 68. Mais les femmes qui l’ont traversée ne l’oublient pas. Dans les livres, les revues, se met en place, progressivement, un récit collectif souvent véhiculé par celles qui ont participé à la création du mouvement, et/ou à son maintien à travers des structures à peine perceptibles par le commun des mortels. Au fil de l’année, de nombreuses interventions ont eu lieu et vont avoir lieu, qui présentent le travail accompli ou soulèvent les questions que la société dans son ensemble, ne se pose pas à propos des femmes. Cet article cherche à retracer le parcours qui fut nécessaire pour parvenir à (nous) remémorer nos luttes et leurs échos.

What History do to Women

1970-2010: forty years of women’s liberation movement in France, this movement called « second wave » by women-historians. At the initiative of some groups and single persons, the 2010 is dedicated to reviving the memory today, quickly forgetful of how far they had to do, together or separately, for make changed the things. This « liberation of women » is too often hidden or minimized, in French political discourse, even when it comes to celebrating the great boost of May 68.But women who have endured not forget it .In books, magazines, gets up, gradually, a collective story often conveyed by those who participated in the creation of movement, and / or its maintenance through structures barely discernible to the people. Over the years, many interventions have taken place and will take place, presenting the work or raise questions that society as a whole does not arise about women.This article seeks to retrace the steps which were necessary to achieve (we) remember our struggles and their echoes.

Riot Grrrls américaines et réseaux féministes « underground » français

Comment évoquer, sans risquer de rendre à ce terme son acception latine de « tirer à soi », un courant féministe qui n’a de cesse d’engager des parties de cache-cache avec tout ce qui s’apparente de près ou de loin à du cadre, à du formel ? Comment saisir, sans dénaturer, l’essentiel d’un phénomène qui pratique une forme d’« auto-volatilisation » constante et présenter, sans ratures, un groupe social dont les pratiques relèvent du palimpseste ? Pourquoi chercher une cohésion, si difficile à justifier, pour parler d’un courant qui met un point d’honneur à ne pas se constituer en mouvement cohérent et qui partant de là ne nous laisse même pas un nom auquel nous aurions pu nous raccrocher. On l’aura compris, il s’agira donc ici de présenter une des nombreuses voies(x ?) permettant d’appréhender un courant par essence polyphonique.

Riot Grrrls American and feminist networks « underground » French

How to evoke, without risking to make this term the Latin meaning to «tirer à soi », a feminism which never ceases to engage in games of hide and seek with everything that is closely or remotelyto the frame, to the formal? How to enter, without altering the essence of a phenomenon that practices a form of « self-volatilization » constant and present without erasures, a social group whose practices are the palimpsest? Why search for cohesion, difficult to justify, to discuss a current that makes a point of honor not to form a coherent motion and from there we do not even leave a name which we could have hung up.It is understood, it will therefore present here one of many ways (x?) To apprehend a current essentially polyphonic.

Entre refus de l’assignation et norme de genre : regards anthropologiques Entretien avec Monique Selim par Pascal Absi

Dans cet article, une anthropologue en questionne une autre sur son engagement féministe depuis 1970 et son lien avec son travail de recherche. En prenant l’exemple de quelques uns de ses terrains échelonnés sur 40 ans – le pays basque français, une multinationale au Bangladesh, une cité HLM, l’Ouzbékistan – Monique Selim montre l’indissociabilité d’une implication personnelle, intellectuelle et politique actualisée sur la France et les slogans mystificateurs de parité et de diversité.

Between refusal of the summons and standard genre: Anthropological Perspectives

In this paper, an anthropologist questions another on its commitment to feminism since 1970 and its link with her research work.Using the example of some of her land over 40 years – the French Basque country, a multinational company in Bangladesh, a housing project, or Uzbekistan – Monique Selim shows the interrelatedness of personal involvement, intellectual and political updated on France and mystifying slogans parity and diversity.

Pauline, Panthère rose avec groupe

Les Panthères Roses, groupe pour qui il importe d’allier action et réflexion, réalisent une remise en question permanente du militantisme. Cet entretien est l’occasion d’explorer les motivations et le parcours singulier d’une panthère rose, Pauline, qui vient, grâce à son expérience subjective, insister sur l’enjeu de l’engagement politique non seulement pour lutter et résister, mais aussi pour rêver et penser un autre projet de société. Parlant en son nom propre, elle dessine alors les nouveaux outils possibles du féminisme qui cherche plus l’invention et la dérision aux formes traditionnelles et archaïques de faire de la politique. Tout en exposant ses propres passions, attirances et doutes, elle dévoile une des préoccupations de ce militantisme : la place laissée aux parcours singuliers, à la parole et à l’écoute, comme fondements de l’engagement.

Pauline Pink Panther with group

The Pink Panthers, a group for whom it is important to combine action and reflection, achieve a constant questioning of activism. This interview is an opportunity to explore the motivations and the singular course of a Pink Panther, Pauline, who comes through experience subjective insisted in the issue of political commitment not only to fight and resist, but also to dream and think at another project of society. Speaking in her own name, she draws the possible new tools of feminism that seeks the most inventive and derision archaic and traditional forms of doing politics. While outlining her own passions, likes and doubts, she reveals a concern of this activism: the singular path to place left, speech and listening, as the basis for commitment.

Red Light district et porno durable !

The Porn wars is over 1981 La canadienne Bonnie Sherr Klein, qui n’est autre que la mère de l’auteur Naomi Klein sort Not A Love Story, un film féministe anti-porno. Le documentaire joue sur trois niveaux. Le niveau documentaire classique consiste en un mix d’interviews de figures féministes anti-porno dont Kate Millet et Susan Griffin, […]

La femme est-elle un homme économique comme les autres ?

Les institutions internationales ont récemment mis les femmes au cœur de leurs politiques économiques, reconnaissant ainsi leur rôle particulier dans le développement. Ces politiques remettent indirectement en question la notion d’homo economicus et soulèvent l’hypothèse d’une différence de rationalité économique entre hommes et femmes.

When the economy becomes gendered

International institutions have recently put women at the heart of their economic politics, recognizing their unique role in development. Such politics indirectly put in question the notion of homo economicus and raise the hypothesis of a difference between rational economic men and women.

Entre lucioles et vers luisants

C’est sous une plume qui courre et raconte les expériences d’une jeune personne rencontrant la philosophie et les brèches dans les livres de Guattari que se déroule cet article aux accents d’incertitudes, de questionnement et d’émoi.

Transborder Emotions

It was under a pen hounds and recounts the experiences of a young person encountering the philosophy and the gaps in the records of Guattari in this article that the accents of uncertainty, questioning and turmoil.

L’éthique du care en trois subversions

L’auteur interroge quelques raisons pour lesquelles l’éthique du care a été récemment attaquée, lors de l’introduction du terme dans le débat public. Il a entre autres été suggéré que le care ne serait pas féministe, mais essentialiserait le féminin en lui donnant un contenu moral. Elle vise à montrer que contraire que l’éthique du care est une radicalisation du féminisme, par trois subversions: elle subvertit la définition de la morale (comme partage du bien et du mal, et définition du juste), elle oblige à faire attention à des réalités négligées et par là à nos raisons de les ignorer, et enfin elle rompt le dualisme différentialisme /universalisme.

The Ethics of Care in three subversions

The author discusses some reasons why the ethics of care has recently been contested during the introduction of the term in public debate. It has been suggested among others that the care is not a feminist, but essentializing the feminine giving a moral content. It aims to show that contrary to ethics of care is a radicalization of feminism, three subversions: it subverts the definition of morality (as a sharing of good and evil, and definition of correct), it requires paying attention to Neglected realities and hence our reason to ignore them, and finally it breaks the dualism differentialism / universalism.

Jardinières du commun

L’article aborde la question de la réinvention du commun comme un travail relationnel et différencié dans lequel la subjectivité féminine a un rôle actif à jouer. Elle montre que ce travail de reconquête, de réappropriation et de reconstruction a besoin de situations spécifiques où il puisse s’agencer, d’espaces actifs, mais aussi de personnes actives, d’agents, de sujets porteurs de cette réinvention. Fondé sur des observations puisées de l’expérience de l’auteur comme membre de l’atelier d’architecture autogérée, l’article parle de ce processus de réinvention du commun qui est aussi un processus de résubjectivation collective dont les agents sont pour la plupart des femmes.

Gardener of the ordinary

The article addresses the question of reinventing common as work relationships and differentiated in which female subjectivity has a major role to play. It shows that this work of conquest, appropriation and reconstruction needs of specific situations where it can blend in, space assets, but also those active agents, carriers of this reinvention. Based on observations drawn from the author’s experience as a member of the architect’s self-managed, the article discusses this process of reinvention of the ordinary which is also a process of collective résubjectivation whose officers are mostlywomen.