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49. Multitudes 49 (juin 2012)

Majeure 49. Transmigrants

Transmigrants et diasporas

Depuis 1974, fin officielle de l’immigration de travail, le passage des frontières est agi par les migrants eux-mêmes, et par les réseaux qui savent les conduire jusqu’aux emplois. La montée du chômage change aussi le sens de la migration: il s’agit d’aller offrir des services commerciaux, et parfois sexuels, là où le libéralisme économique ambiant […]

Des transmigrants en France

Un cosmopolitisme migratoire original Ces vingt dernières années des populations de migrants internationaux sont apparues sous la dénomination de transmigrants[1]. Cette population, identifiée sur tous les continents, peut être décrite, malgré la diversité de ses manifestations, comme « post fordiste et postcoloniale », en phase avec l’omniprésente mondialisation-globalisation. Elle s’impose par ailleurs comme transversale aux diverses […]

Migrations et transmigrations dans la diaspora entrepreneuriale chinoise

La migration chinoise s’est accélérée depuis une quinzaine d’années, égrenant des établissements sur tous les continents. Pour tous il s’agit d’une promotion sociale éventuelle, à produire sur un marché du travail parallèle tenu par des compatriotes. Les perspectives d’emploi ont été réduites par la crise. Les migrants chinois se reportent alors sur des marchés précaires ou au contraire sur les marchés internationaux de construction. Nombre d’entre eux se font aussi les commerçants des nouveaux objets chinois fabriqués pour l’export.

Migrations and transmigrations in the chinese entrepreneurial diaspora

Chinese migration has accelerated over the past 15 years, with new establishments on all continents. It brings social promotion, on a parallel labor market controlled by fellow-nationals. When employment dropped because of the economic crisis, these migrants moved towards more precarious markets or towards international construction markets. Many of them also trade new Chinese commodities made for export.

Dimensions transnationales et culturelles des migrations turques en Europe

La migration turque très largement distribuée dans le monde garde sa référence à une origine commune. Les entreprises y sont nombreuses. Entre pays d’origine et pays de résidence s’intercalent des pays de transit tandis que s’institue une circulation continue. La filière migratoire comme la migration internationale font jouer des traits culturels communs qui rapprochent les migrants et leur permettent de participer à la même économie collective. Le gouvernement essaie de les contrôler politiquement et religieusement, mais la plus grande formation intellectuelle des opposants leur donne un fort ascendant. On ne peut parler de diaspora tant les groupes sont à géométrie variable. La dimension économique de la culture a pris le dessus.

Transnational and cultural dimensions of turkish migrations in Europe
Turkish migrants tend to keep a common reference to their common origin, with a continuous fluidity between the homeland, the place of residence and places of transit. Common cultural features bring migrants together and allow them to participate in a shared collective economy. The government attempts to control them politically and religiously, but the higher education of the opponents gives them more influence. Although the groups are very diverse among this diaspora, the economic dimension of culture seems to dominate among them.

Circulation migratoire des transmigrants

Circulation migratoire des transmigrants
Les travaux de recherche en cours sous la direction d’Alain Tarrius examinent de nombreux parcours migratoires à la lumière du concept de transmigration. Les parcours des Africains vers l’Europe ne visent plus l’embauche dans une grande entreprise, mais l’institution d’une pérégrination à base commerciale ou religieuse, qui implique le retour fréquent au pays. Le départ d’Afrique se fait lui-même par étapes plus ou moins longues pour trouver les bonnes opportunités de passage. Les femmes migrantes aussi constituent des réseaux d’alliés pour pouvoir se forger des espaces d’autonomie le long de leur route. L’analyse des transmigrations gitanes montre l’importance des réseaux familiaux dans ce parcours de l’espace.

The migrating circulations of transmigrants
The trajectories of Africans coming to Europe no longer aim for employment in a large firm, but rather a commercial or religious form of peregrination which calls for frequent returns to the homeland. Leaving Africa goes through several stages in order to find the best opportunities to reach Europe. Women migrants also build networks of alliances in order to secure autonomous zones along the way. The analysis of Gypsy transmigrations shows the importance of family networks in such trajectories.

L’institution de la prostitution de masse en Catalogne

Les voies de la transmigration sexuelle
Depuis 2002, le gouvernement catalan a permis le développement de la prostitution en club. Cette légalisation donne un poids écrasant à l’institution sur les propos tenus sur la réalité. La prostitution s’est répandue dans le monde au fil des guerres et des séjours des armées d’occupation. En Europe, l’institution de la prostitution crée des enclaves d’avancée du libéralisme économique, gérées par les gouvernements locaux. Les femmes insèrent dans ces opportunités leur capital-corps, mais l’offre volontaire ne suffit pas à la demande, d’où le recrutement dans la migration, notamment d’Europe de l’Est de femmes assujetties par la nécessité de rembourser le passeur.

The institution of mass prostitution in Catalonia
Ways of sexual transmigration
Since 2002, the government of Catalonia has legalized prostitution in clubs. Traditionally, prostitution has spread along wars and military occupation. In Europe, the institutionalization of prostitution has created enclaves spearheading the progress of economic liberalization, managed by local governments. Women trade in the body-capital, but voluntary supply is not abundant enough, so migrants are recruited, usually from Eastern Europe, with women subjected to repaying their debt to those who smuggled them in.

Les mondes de l’immigration des secondes générations

Les mondes de l’immigration des héritiers
Ancrages et transmigration
L’histoire récente montre que les deuxièmes générations rencontrent aussi un problème d’intégration. Les immigrations post-coloniales sont maintenant mondialisées, et les quartiers dortoirs d’immigration sont devenus des places de commerce cosmopolites. L’espace public dans lequel se meut l’immigration s’est différencié. L’émigré devient l’immigré, la famille se regroupe. La nouvelle génération veut incarner la tradition et n’a plus peur de marquer l’espace public des signes ostentatoires d’une présence singulière.

The worlds of second-generation immigrants
Anchorage and transmigration
Recent history shows that second generations also find it difficult to be integrated. Now that post-colonial immigrations are globalized, neighborhoods dominated by migrants have become cosmopolitan marketplaces. The public space inhabited by migrants also evolved, as emigrants become immigrants, and as families regroup. The new generation wants to embody tradition, and is no longer afraid of exhibiting ostentatious signs of identity in the public space.

Habiter par le mouvement

Portrait des transmigrants en tisserands
(Article disponible en ligne sur le site de la revue). Cet article s’appuie sur les analyses de l’anthropologue Tim Ingold pour nous inviter à penser le mouvement comme une forme d’habitation. Ce sont nos passages plus que nos racines qui nous font habiter un lieu, au fil des lignes qu’y tracent nos mouvements. Les transmigrants peuvent alors apparaître comme tissant notre vie sociale par leurs déplacements mêmes.

Dwelling in movement
Portrait of the transmigrants as weavers
This article mobilizes concepts proposed by British anthropologist Tim Ingold in order to conceive dwelling as based on movements rather than on roots. We truly inhabit a territory through the lines we weave in and around it. Transmigrants thus appear as master-dwellers rather than mere economic refugees.

Via Egnatia

Egnatia est une route qui relie Rome et Constantinople, les capitales ouest et est de l’empire romain. Elle traverse les Pouilles, l’Albanie, la Thrace, la Macédoine, et la Turquie occidentale. Au XXème siècle, traités et guerres, redécoupages territoriaux et échanges de population chassent des millions d’Albanais, Arméniens, Bulgares, Grecs, Juifs, Slaves, Turcs, Kurdes de leurs […]

Mineure 49. La dette a bon dos

Se libérer de la rengaine du remboursement

La dette est une affaire de mots avant d’être une affaire de chiffres. La rengaine qui nous enjoint de rembourser nos dettes nous berce d’illusions, que cet article essaie de déboulonner. La dette est un appareil de capture des revenus du travail, son remboursement fait l’objet de conflits sociaux et non de calculs économiques. Surtout, la vraie dette, écologique, ne saurait être remboursée, mais entretenue.

Freedom from reimbursement !
Private and public “debts” are a matter of words, as much as a matter of numbers. The chorus currently exhorting us to re-pay our debts sings a delusional tune, which this article attempts to debunk. The reference to our debts works as a predatory machine. The real debts which obscure our future, the social and the ecological debt, can not be “paid back”: they need to be “maintained”, in order for us to survive and prosper.

La dette : illusion comptable et aveuglement suicidaire

Après avoir distingué entre différents types de dette, cet article propose une réflexion de fond sur l’obsolescence de la façon dont nos calculs économiques comptabilisent la création de richesse. La crise de la dette est d’abord une crise de la mesure. L’analogie de la pollinisation permet de faire comprendre ce dont il s’agit : nous ne comptons que le miel produit par nos activités sans inclure la pollinisation, ni prendre soin de la survie des abeilles. La dette est un artifice comptable, qui résulte de cette double cécité, dont certains abusent pour exploiter les autres. Elle risque de nous faire tous sombrer dans son aveuglement.

Debts : illusions in accounting and suicidal blindness
After distinguishing several types of debts, this article invites us to reconsider the way we measure and count wealth. The debt crisis is first and foremost a crisis in measurement. The analogy of pollination helps us see what’s wrong: our obsolete modes of accounting only pay attention to honey, without including pollination or the welfare of the bees. This double blindness leads to more brutal and suicidal forms of exploitation, which threaten to maim us all.

Apprendre en s’endettant

Comment fonctionne la dette étudiante et quelles sont ses implications sociales et politiques ? Cet article montre que le passage du financement public au financement individualisé des études supérieures commence par apporter des clients à certaines banques, qui savent bien en profiter. Cette évolution instaure aussi un quasi-marché des formations universitaires, qui a pour résultat d’exacerber les inégalités, les montants des droits d’inscription devenant la hiérarchie de référence entre des institutions décentralisées et mises en compétition.

To learn and to borrow
How do student loans really work and what is their impact on our societies? This article shows that student loans bring new customers to a small number of selected banks, eager to profit from them. This establishes a quasi-market for educational cursus, which exacerbates inequalities, as tuitions set the scale to rank educational institutions.

Vers des saturnales post-modernes ?

Les fêtes romaines des « Saturnales » permettaient de reporter la domination au lendemain. La dette a besoin de ses saturnales. Les entreprises en bénéficient depuis longtemps, grâce à de multiples exonérations qui effacent leur dette sociale. Pour les salariés, que personne ne songe à exonérer, la Banque de France propose toutefois des consignes utiles et suggestives, sur quelques moyens pratiques d’échapper aux dettes privées, avant qu’elles nous écrasent. Cet article observe ces deux formes de saturnales bureaucratiques.

Post-modern Saturnalia

In Rome, the Saturnalia pushed people to celebrate a temporary suspension of domination. Our current obsession with debts needs it Saturnalia. Big Business already enjoys them, as they are exonerated from paying their social debt to the community. Private borrowers may also find their own, on the site of the Banque de France, which describes procedures helping them to escape from an intolerable burden. This article studies both in parallel.

La dette est-elle bonne ou mauvaise ?

Les leçons du microcrédit
Le microcrédit, en Inde comme ailleurs, a été présenté ces dernières années comme un outil d’éradication de la pauvreté, permettant d’abolir des formes d’endettement informelles asservissantes, de soutenir la diffusion du capitalisme populaire et de promouvoir l’émancipation féminine. Plusieurs années de recherche en Inde rurale du Sud (Tamil Nadu) montrent que le microcrédit a surtout pour effet de renforcer une « démocratie de patronage ». La dette, sous toutes ses formes, reste un puissant moteur de paupérisation des travailleurs pauvres mais aussi de construction des identités individuelles et collectives et de différentiation sociale.

Good debt?
Bad debt?
The lessons of microcredit
In India as elsewhere, microcredit has been celebrated as a powerful tool for the eradication of poverty and informal debt, and for the promotion of popular capitalism and women’s empowerment. Several years of fieldwork in rural southern India (Tamil Nadu) show that microcredit mainly has the effect of reinforcing a patronage democracy. Debt, whatever its form, remains a powerful force for the impoverishment of the labouring poor, while shaping individual and collective identities and contributing to social differentiation.

Icônes 49

Occupy Rio, « Cidade Viva »

L’année 2011 a été marquée par toute sorte d’« occupations » dans le monde et la version carioca de cette année Occupy a été nommée OcupaRio. Ces nouvelles occupations, non seulement des lieux de travail mais surtout des lieux de vie commune, mélangent vieilles et nouvelles formes de luttes. Dans les années à venir Rio […]

Pour l’exposition « Travessias »

Henrique Oliveira, – Abcesso de beco Matheus Rocha Pitta, – Circular Davi Marcos, – Parado na Esquina et  Rosilene Miliotti / Imagens do Povo Marcos Chaves, – Amarésimples, Amarécomplexo

Projet collectif – Cartografia Insurgente

Mauricio Hora

Morro da Providência, 2011

Cristina Ribas

Flu ADA, ADA (Amigos dos amigos = Amis des amis), G7, Destruction de maisons au Tabajaras

Naldinho Lourenço, Occupation de la Rocinha

À Chaud 49, été 2012

Les étudiants étrangers contre la circulaire Guéant

« Nous ne sommes pas un problème, nous sommes la solution » scandent des centaines de jeunes diplômés des écoles et universités françaises, menacés d’expulsion parce qu’étrangers. À l’appel du « collectif du 31 mai », ils se sont donné rendez-vous les 12 novembre, 18 décembre, 12 février à Paris, Lyon, Toulouse pour manifester leur […]

La femme fétiche de la régression politique

Un nouveau type de discours politique a émergé depuis une vingtaine d’années dans le sillage du mouvement féministe. Ce discours promeut une femme soi-disant libre parce qu’arborant les signes de la modernité féminine occidentale : tête nue, maquillage, conduite automobile, travail professionnel, liberté sexuelle, intégrité physique… Cette femme libre est le produit de l’Éducation nationale […]

Hors-champ 49.

Des objets et des hommes

Les œuvres rassemblées par le département de prospective industrielle du Centre Pompidou à l’occasion de l’exposition Multiversités Créatives nous projettent dans un monde où s’estompent les frontières entre le vivant et le non-vivant, entre le pensant et le non-pensant, entre la nature et l’artefact. Matière intelligente et traitement algorithmique des données, « biologisation » des objets et « réification » de nos modes de vie instaurent un nouveau monde, qui multiplie les défis à notre humanité.

Of things and men
The works presented by the Centre Pompidou for the Multiversités créatives exhibit project us in a world where the borders between living and non-living, thinking and non-thinking organisms, between nature and artifact tend to vanish. Intelligent matter and algorithmic data processing, biologized objects and reified modes of life open the door towards a new world, which challenges our very humanity

Regarder les données

Les machines numériques sculptent désormais des objets en référant leurs formes aux flux de données qui jaillissent de l’incessante activité des bases de données du web. Pendant que s’affole le débat sur les risques et les opportunités des big data, d’autres s’affairent à régler les algorithmes destinées à faire « parler » les données. On assiste à un renversement d’une importance énorme dans le champ des sciences sociales, laissant croire que « les chiffres parlent d’eux-mêmes ». Ce que la visualisation des nouvelles traces digitales fait alors voir, c’est que les catégories d’interprétation traditionnelles ne tiennent plus d’elles-mêmes et qu’il faut commencer par regarder avant d’interpréter

Looking at the data
Digital machines sculpt new objects along the flows of data produced by the web. While some of us worry about privacy and safety, others invent ways to find meaning in big data. Old habits in social sciences are turned upside down. Do “numbers speak for themselves”? Between the data and their meaning, a new step plays an increasingly important role: visualization. Before we can interpret data, we need to make them visible and we need to look at them.

Traiter les données

entre économie de l’attention et mycélium de la signification
Le traitement des big data (bases de données de grosse taille) pose un défi à nos intelligences collectives. Il nous contraint à inventer une autre économie de l’attention, à redéfinir la notion de « pertinence » (et d’impertinence), à nous doter d’une conception plus fine, plus souple et plus vivace de la « signification ». Cet article suggère que c’est du côté de la façon dont la littérature gère la polysémie que nous devrions chercher de quoi faire face à tous ces défis.

Managing data, between the attention economy and the mycelium of making sense
Processing big data challenges our collective intelligence. We need to invent an attention economy, redefine the notion of “relevance”, and devise a finer and broader conception of “meaning” and “sense”. This article suggests that the way literature “manages” polysemy could inspire us in facing such challenges.

Des objets et des hommes

Les œuvres rassemblées par le département de prospective industrielle du Centre Pompidou à l’occasion de l’exposition Multiversités Créatives nous projettent dans un monde où s’estompent les frontières entre le vivant et le non-vivant, entre le pensant et le non-pensant, entre la nature et l’artefact. Matière intelligente et traitement algorithmique des données, « biologisation » des objets et « réification » de nos modes de vie instaurent un nouveau monde, qui multiplie les défis à notre humanité.

Of things and men
The works presented by the Centre Pompidou for the Multiversités créatives exhibit project us in a world where the borders between living and non-living, thinking and non-thinking organisms, between nature and artifact tend to vanish. Intelligent matter and algorithmic data processing, biologized objects and reified modes of life open the door towards a new world, which challenges our very humanity

Les machines numériques sculptent désormais des objets en référant leurs formes aux flux de données qui jaillissent de l’incessante activité des bases de données du web. Pendant que s’affole le débat sur les risques et les opportunités des big data, d’autres s’affairent à régler les algorithmes destinées à faire « parler » les données. On assiste à un renversement d’une importance énorme dans le champ des sciences sociales, laissant croire que « les chiffres parlent d’eux-mêmes ». Ce que la visualisation des nouvelles traces digitales fait alors voir, c’est que les catégories d’interprétation traditionnelles ne tiennent plus d’elles-mêmes et qu’il faut commencer par regarder avant d’interpréter

Looking at the data
Digital machines sculpt new objects along the flows of data produced by the web. While some of us worry about privacy and safety, others invent ways to find meaning in big data. Old habits in social sciences are turned upside down. Do “numbers speak for themselves”? Between the data and their meaning, a new step plays an increasingly important role: visualization. Before we can interpret data, we need to make them visible and we need to look at them.

Traiter les données

entre économie de l’attention et mycélium de la signification
Le traitement des big data (bases de données de grosse taille) pose un défi à nos intelligences collectives. Il nous contraint à inventer une autre économie de l’attention, à redéfinir la notion de « pertinence » (et d’impertinence), à nous doter d’une conception plus fine, plus souple et plus vivace de la « signification ». Cet article suggère que c’est du côté de la façon dont la littérature gère la polysémie que nous devrions chercher de quoi faire face à tous ces défis.

Managing data, between the attention economy and the mycelium of making sense
Processing big data challenges our collective intelligence. We need to invent an attention economy, redefine the notion of “relevance”, and devise a finer and broader conception of “meaning” and “sense”. This article suggests that the way literature “manages” polysemy could inspire us in facing such challenges.