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51. Multitudes 51 (printemps 2013)

Majeure 51. Envoûtements médiatiques

Le bain médiatique dans lequel nous sommes immergés structure nos manières de parler, de penser, de vivre, de sentir – et pourtant, nos façons de le concevoir et de l’imaginer sont terriblement inadaptées à sa réalité. Le plus souvent, nous l’envisageons encore sur le modèle d’une communication dont la finalité serait de transmettre des informations entre en émetteur et un récepteur. Les contributions réunies ici cherchent à comprendre en quoi l’immersion communiante induite par nos dispositifs médiatiques relève davantage du médiumnisme que de la « communication » : elle nous envoûte davantage qu’elle ne nous « informe ». Concevoir les médias comme des médiums est aussi urgent que penser le capitalisme comme une forme de magie noire.

Envoûtements médiatiques

Notre existence baigne dans le medium des médias. Paroles qui volent, écritures qui restent, lettres qui traversent l’Europe depuis des siècles, journaux quotidiens qui s’y diffusent depuis deux cents ans, télégraphe, téléphone, cinéma, radio, télévision, Internet, smartphone, Facebook : ça circule de plus en plus, toujours plus vite, toujours plus largement, toujours plus intimement. Tout cela […]

Hypertravail et chronophagie

Hypertravail
et chronophagie
L’envoûtement médiatique est un travail de l’imagination, effectué par le consommateur, qui occupe désormais la totalité, toujours croissante, de son temps de connexion. Cet hypertravail est au fondement de la nouvelle économie capitaliste, la chronophagie, en raison de sa rentabilité sans précédent, car le consommateur produit lui-même, par son imagination, un surcroît de valeur de la marchandise, qui lui fait accepter de la payer plus cher. L’hypertravail est le premier travail payant.

Hyperlabor and Chronophagy
Today’s consumers tend to be spellbound through an ever-increasing connection time devoted to mediatic fascination. This hyperlabor iscrucial to the new capitalist “chronophageous” economy, because of its unprecedented rate of returns: consumers nowadays produce by themselves, through work of their imagination, the surplus value of commodities, increasing their prices along the way. Hyperlabour is the first form of paying labour.

Comme des poissons dans l’eau

Comme des poissons dans l’eau
Les ancêtres de la téléréalité, comme l’émission américaine Candid Camera, ont su très tôt mobiliser un charisme de la réalité qui magnétise aujourd’hui un nombre croissant de nos contemporains. Ces pratiques télévisuelles se sont développées en étroite interaction avec les expérimentations faites sur la psychologie sociale et l’hypnose, révélant une convergence entre sciences, technologies médiatiques et mécanismes de pouvoir que cet article s’efforce de faire apparaître dans ses dimensions à la fois historiques et théoriques.

Like Fish
in the Water
Pioneers of Reality TV, like the producers of Candid Camera in the 1950s, soon learned to activate a charisma of reality which continues to magnetize an increasing number of our contemporaries. Such TV shows have been developed in close interaction with experiments in social psychology and in hypnosis. A major synergy took place between the social sciences, media technologies and power mechanisms, a synergy this articles attempts to analyze in its historical as well as theoretical implications.

Métaphysique du Joker

Lorsque James Holmes, le tueur d’Aurora, affirme au moment de son arrestation « Je suis le Joker », en référence au dernier film mettant en scène Batman, il illustre l’une des actualisations possibles du virtuel qui peuple nos espaces médiatiques. On restera démuni face de tels passages à l’acte, de même que face aux médias eux-mêmes, tant qu’on ne comprendra pas mieux quelle est la nature de ce virtuel qu’ils font advenir à l’être.

The Joker’s Metaphysics
When James Holmes, Aurora’s killer, claims during his arrest “I am the Joker”, in reference to the latest Batman movie, he exemplifies one of the possible modes of actualization of our virtual mediasphere. We will be at a loss when faced with such forms of acting out, as long as one fails to understand the nature of this virtuality inherent to media as such.

En marchant avec une multitude de spectres prismatiques

Une longue histoire relie le développement des technologies médiatiques aux ruminations sur les spectres et les fantômes. Les manifestations de rue du « printemps érable » à Montréal ont permis de revivre cette histoire en condensé : les spectres y sont apparus, dans l’ombre du simulacre de gouvernement avec son attirail de loi spéciale, de propagande mass-médiatique et de répression, dans une expérience glorieuse du temps réel. Cette expérience a surtout permis de faire apparaître d’autres spectres, prismatiques, rigolards et libérateurs, à mi-chemin entre les potentiels inédits des nouveaux médias et la vieille pratique de marcher dans une rue ensemble.

Walking among
a Multitude
of Prismatic Specters
A long history links the development of new technologies of communication with specters and ghosts. The street demonstrations which took place in Montreal in the spring of 2012 have condensed this history: old ghosts of a simulacrum government have appeared, with their special laws, mass media propaganda and repression. But this ghostly experiment in real time has also set free other types of specters, prismatic, hilarious and liberating, in the converging point where the unprecedented potentials of new media meet the old practice of walking together in the street

Antimédiation

Cet article examine le concept de médiation à travers le contexte du genre de l’horreur surnaturelle, pour suggérer que celle-ci propose une théorie énigmatique des médias (« antimédiation ») dont la trace remonte en fait à la tradition de la théologie mystique.

This article examines the concept of mediation through the context of the genre of supernatural horror, suggesting that supernatural horror offers an enigmatic theory of media (“antimediation”) that can ultimately be traced back to the tradition of mystical theology.

Les drones : nouveau médium de guerre ?

Les drones : nouveau médium de guerre ?
Les drones, ces avions sans pilote, miniaturisables à merci, qu’on envoie aujourd’hui espionner ou bombarder des lieux de conflits lointains, ne sont pas tant des « armes » ou des « produits », que des médiums : des matérialisations inquiétantes de médiations incontrôlées et incontrôlables, destinées à venir hanter et menacer ceux qui prétendent s’en servir. Cet article mène l’enquête sur leurs usages et leurs perceptions, offrant un exemple paradigmatique des inquiétants objets rendus possibles par la médiatisation croissante de notre planète et de nos vies.

Drones: A New Medium for War?
Drones should not so much be considered as weapons but rather as uncontrollable mediums: material mediations bound to come back and haunt those who produced and used them. This article inquires about their production, their uses and their public image, offering an exemplary case study in the scary nature of our newest media (and medium-like) objects.

Le nouveau paradigme écologique

Notre rapport aux technologies médiatiques ne nous met pas tant en présence de nouveaux objets que de nouveaux environnements. C’est donc à partir d’une écologie générale qu’il nous faut tenter de comprendre les médias, nouveaux et anciens. Les réflexions de Félix Guattari, Gilbert Simondon, mais aussi l’agentivité environnementale de Mark Hansen ou la « struction » de Jean-Luc Nancy sont convoqués ici comme autant de pistes fécondes en direction d’une techno-écologie du sens.

The New Ecological Paradigm
Our relations with media technologies does not so much expose us to new objects, but rather to new environments. We therefore need a general ecology in order to understand media, new and old. Félix Guattari, Gilbert Simondon, Mark Hansen and Jean-Luc Nancy are discussed here, among others, in order to pave the way for a techno-ecology of meaning.

Média-activisme revisité

Si le média-activisme est parvenu à libérer des espaces d’expression, il n’a pas su empêcher les médias dominants, institutionnels et privés, de se réapproprier cette libération. À travers ses effets de saturation et de fragmentation, le « sémiocapitalisme » nous a fait la peau. Les médias dominants ont détruit les médiations individuelles et collectives par leur envoûtement : leur vol du temps et de la sensibilité. C’est la dimension esthétique que le média-activisme doit aujourd’hui investir, d’abord comme art, c’est-à-dire par une nouvelle production de la sensibilité, ensuite comme thérapeutique, c’est-à-dire comme soin apporté à nos appareils bio-médiatiques amoindris.
Media-activism Revisited
Although mediactivism opened new spaces of freedom, it did not prevent the dominant media to re-appropriate these spaces. Through saturation and fragmentation, semiocapitalism managed to skin and scalp us. By stealing our time and sensibility, the dominant media managed to cast a spell that destroyed our previous individual and collective mediations. Mediactivism must now reinvest the aesthetic dimension, first as art, as a new production of the sensible, then as therapy, as a labor of care directed towards our bio-mediatic devices and bodies.

Comment traduire une forme de vie ?

Comment traduire une forme de vie?
Nous vivons au sein de multiples formes de vies intriquées entre elles. Végétaux, animaux, humains, nous passons notre temps à devoir traduire ces formes de vies entre elles, ce qui nous oblige à inventer des équivalents pour ce qui n’a pas d’équivalent, à forcer un échange entre des incommensurables. C’est au sein de ce travail vital de traduction que doivent être envisagés les médias.

How to Translate
a Form of Life?
We live among an entanglement of forms of life. Plants, animals, humans, we all must constantly operate translations between these different forms of life, which forces us to invent equivalents when none are given. It is within the general and vital task of translation that the media must be understood and analyzed.

Onde ou corpuscule ?

Nos médias ont (au moins) une double fonction : celle de faire circuler des « informations », à quoi nous voulons les réduire, mais aussi celle de nous mettre en « communication », au sein d’une communion primaire et primale que nous feignons trop souvent d’ignorer. Communiquer, c’est mettre ou avoir en commun, c’est participer à une hypnose ou à une transe collective, où notre existence relève plutôt d’un monde d’ondes commun(icant)es que d’un monde de particules individuelles.

Wave or Particle?
Communication’s Transitional Man
Our medias have (at least) two different functions: to exchange “information”, but also to put us in a “communication” situation, i.e., to set up a form of primary and primal communion. To communicate is to set in common, within a participative collective hypnosis or trance, where we tend to dilute within a world of waves, rather than exchange in a world of individuals.

Mineure 51. Musiques-f(r)ictions

Les « musiques mineures » sont des musiques-fictions, en un sens voisin de la « science-fiction ». Elles refont musicalement le monde réel à l’image des récits syncrétiques qu’elles produisent, alternatifs, mythologiques, futuristes ou « rétrogardistes ». Ces fictions ne sont pas les opiums des minorités aliénées, elles introduisent au contraire de la friction dans la fluidité des rapports de pouvoir, du battement dans l’unisson de la pensée dominante.

« We come in peace »

« We come in peace »
Laibach ou l’art
de la fugue
Apparus dans le contexte idéologique de la Yougoslavie finissante, le groupe slovène de musique industrielle Laibach et son organisation faîtière, le Neue Slowenische Kunst (NSK), ont contribué à renouveler la grammaire de la contestation, à travers le principe de « rétrogardisme » et la technique de suridentification aux codes esthétiques du pouvoir. L’article revient sur la trajectoire du groupe, dont il démonte les stratégies en insistant sur la dimension systématiquement ironique de son mode d’énonciation, notamment de son art de la reprise. 

« We come in peace »
Laibach or the Art of Fugue
Emerging in the ideological context of the last decade of Yugoslavia, Slovenian industrial music group Laibach and its umbrella organisation, Neue Slowenische Kunst (NSK), contributed to renew the grammar of contentious politics, through the principle of “retrogardism” and the technique of overidentification to the aesthetic codes of power. The paper traces the group’s line of work, analysing its strategies while insisting on the systematically ironic dimension of its mode of utterance, especially of its art of cover songs.

Pour une musique de résistance Théorie du Stone

Pour une musique de résistance
Théorie du Stone
À New York, une scène musicale s’est installée dans une ancienne épicerie, The Stone. Se mêlant aux bruits de la ville, on y joue des musiques de résistance – le blues, le klezmer, le free jazz –, musiques de position dans une guerre perpétuelle contre l’évacuation des pauvres et des artistes, dont l’unique principe poétique et politique est l’expérimentation. Comme en réponse au monumental et commémoratif Ground Zero non loin de là, le festival Fukushima ! a pris place au Stone, donnant à penser musicalement la catastrophe et l’expropriation.

For a Music
of Resistance
Theory of the Stone
In New York, a music scene is housed in a former grocery store, The Stone. Mingling with noises from the city, musics of resistance – blues, klezmer, free jazz – are played there. Position musics in a perpetual war against drainage of the poor and artists, whose unique poetic and political principle is experimentation. As if in response to the monumental and memorial Ground Zero nearby, the Fukushima! festival took place at the Stone, to think musically disaster and expropriation.

Le Pharaon contre-attaque

Une approche du « mythe-science » de Sun Ra
Méditation sur une fonction des mythologies et contres-mythologies chez Sun Ra, au sein de leur usage dans la culture afro-américaine. Le musicien-compositieur n’ayant jamais voulu théoriser, distillant plutôt sa pensées par d’énigmatiques bribes éparpillées, cette étude explore les passages mentionnant l’usage et le rapport aux mythes dans son œuvre – voyageant dans sa poésie et prose, dans une série d’interviews et de paroles filmées. Articulant cette vue émergente au rapport des anciens Égyptiens avec le mythe et l’énigmatique, une analyse de scènes clefs du film Space Is the Place devient possible. La dimension stratégique de l’usage de contre-mythologies nous apparait plus clairement, chez ce chef d’orchestre jazz inspiré.

The Pharaoh
Strikes Back
An approach in Sun Ra’s
« Myth-Science »
Meditation on the functions of mythology and counter-mythology, in the work of Sun Ra. As the musician-compositor never theorized, spreading his thought through small enigmatic sentences, this study explores fragments concerning his use and relationship to myth. Journeying among his prose and poetry, some interviews and film speechs, a view emerges of it all. Articulating it with the ancient Egyptians’s conception of myth, an analyse of the movie Space Is the Place reveals the strategic aspect of counter-mythology by this inspired jazz bandleader.

Anthony Braxton, méta-réaliste

Le multi-instrumentaliste et compositeur Anthony Braxton a progressivement mis en place un système musical rejetant la pensée binaire et les dichotomies, et cela en trois stades successifs : une étape architecturale, une étape philosophique et une étape rituelle et cérémonielle. Cette dernière intègre les précédentes dans un ensemble mythologique en perpétuelle construction, de l’ordre d’une « méta-réalité ». Elle fait du musicien un storyteller ésotérique au service d’une utopie sonore, de laquelle émane le désir d’un autre monde possible, à travers l’exploration d’une multitude de logiques, de structures et de cultures s’interpénétrant.

Anthony Braxton, Meta-Realist
Multi-instrumentalist and composer Anthony Braxton has gradually established a musical system rejecting dichotomies and binary thinking, and that in three successive stages: an architectural stage, a philosophical stage and a ritual and ceremonial stage. The latter incorporates all previous ones in a mythological ensemble in perpetual construction, of the order of a « meta-reality ». This makes the musician into an esoteric storyteller serving a sound utopia from which emanates a desire for another possible world, through exploration of a multitude of interpenatrating logics, structures and cultures.

L’éthique du hardcore

En s’appuyant essentiellement sur l’exemple de Minor Threat, cet article tente de mettre en évidence l’idéal éthique qui sous-tend la scène hardcore des débuts (années 1980) aux États-Unis, ainsi que la pratique du Do It Yourself. Les affinités de l’attitude DIY avec la pensée des transcendantalistes américains sont mises en évidence, tandis que l’on insiste sur la forme de solidarité spécifique qui unit les acteurs de la scène hardcore, réunis autour d’unidéal d’autodétermination.

The Ethics of the Hardcore Scene
This article focuses on the band Minor Threat, in order to reveal the ethics of the American hardcore scene of the eighties. It retraces the roots of the Do It Yourself attitude back to the Transcendentalist’s philosophy, and insists on the original type of community promoted through hardcore, where individuals are united in their search for autonomy.

Musiques mineures, musiques pensantes

La musique pense. Outre l’immédiateté du plaisir qu’elle peut procurer, elle n’est pas seulement un objet d’appréciation sensible. La perspective de l’auditeur qui domine notre perception de la musique constitue un obstacle cognitif. On peut prendre sur elle une autre perspective. Penser la musique en musicien et non en auditeur exige en effet d’entrer dans l’intériorité […]

Icônes 51

Exp(l)oser le temps

Réunissant les travaux de deux artistes, Clarisse Hahn et Florence Lazar, cette Icône se propose de produire un écart sur la conception du temps. Il s’agit ici de publier des travaux qui se trouvent à la frontière des registres, « images témoins » et interprétations, documents et montages, images analytiques ou sensibles, à chaque fois, […]

Florence Lazar

Extrait Florence Lazar. Illuminations De son côté, Florence Lazar nous invite à un autre voyage dans le temps, où le sauvetage d’une bibliothèque et de son propriétaire se joue en deux dimensions avec une vidéo et une série photographique autour du thème « du jeune militant ». Impossible de ne pas faire le lien avec […]

Clarisse Hahn

Extrait Clarisse Hahn. Une obscure clarté Si dans les propositions artistiques de Clarisse Hahn et Florence Lazar nous trouvons du commun dans cette manière de défaire le temps, il est aussi bon de souligner qu’il y a des points de fuite, des regards de biais et des écarts entre les deux artistes et leurs productions. […]

A chaud 51, printemps 2013

« Alea ACTA est »

Quand le Parlement européen dit non à l’Empire  au nom de l’Internet ACTA est mort le 4 juillet 2012 sur le champ de bataille du Parlement européen et c’est une très bonne nouvelle. Cet Anti-Counterfeiting Trade Agreement (ou en français Accord Commercial Anti Contrefaçon) représente en effet la quintessence de la corruption du processus politique par […]

L’hydre pénale à trois têtes

Une faiblesse de la pensée, en particulier de la pensée critique, consiste à considérer les choses d’une manière binaire : c’est soi ça, soit ça. C’est en particulier le cas quand on essaie de comprendre comment fonctionnent les rationalités qui façonnent la manière dont se produit le savoir ou s’exerce le pouvoir. L’idée simpliste qui prévaut comme un […]

Hors-champ 51

Une interview de Jérémie Zimmermann de La Quadrature du Net par Ariel Kyrou & Victor Secretan

Internet : 1 – ACTA : 0
L’ACTA (Accord Commercial Anti-Contrefaçon), bombe à retardement contre l’Internet ouvert et libre, a été rejeté à une très large majorité des votes par le Parlement européen le 4 juillet 2012, en particulier grâce à l’action pugnace d’une ribambelle d’associations européennes parmi lesquelles, en France, la Quadrature du Net. L’un des responsables de la Quadrature du Net, Jérémie Zimmermann, nous éclaire dans cette interview sur ACTA et sa logique répressive qui n’en finit pas de renaître dans bien des traités. Mais il revient également sur la façon dont des organisations comme la sienne et beaucoup d’autres ont agi, avec des citoyens de l’Europe entière, pour obtenir le rejet de cet accord si fortement symbolique.

Internet: 1 – ACTA: 0
ACTA (Anti-Counterfeiting Trade Agreement) is a time bomb against a free and open conception and practice of the Internet. It was rejected by the European Parliament, thanks to the pugnacious activism of numerous associations, including the Quadrature du Net. One of its organizers, Jérémie Zimmerman, reflects upon the repressive nature of such international agreements and upon the power of activist networks in order to block their political process of their approval.

Internet : 1 – ACTA : 0
L’ACTA (Accord Commercial Anti-Contrefaçon), bombe à retardement contre l’Internet ouvert et libre, a été rejeté à une très large majorité des votes par le Parlement européen le 4 juillet 2012, en particulier grâce à l’action pugnace d’une ribambelle d’associations européennes parmi lesquelles, en France, la Quadrature du Net. L’un des responsables de la Quadrature du Net, Jérémie Zimmermann, nous éclaire dans cette interview sur ACTA et sa logique répressive qui n’en finit pas de renaître dans bien des traités. Mais il revient également sur la façon dont des organisations comme la sienne et beaucoup d’autres ont agi, avec des citoyens de l’Europe entière, pour obtenir le rejet de cet accord si fortement symbolique.

Internet: 1 – ACTA: 0
ACTA (Anti-Counterfeiting Trade Agreement) is a time bomb against a free and open conception and practice of the Internet. It was rejected by the European Parliament, thanks to the pugnacious activism of numerous associations, including the Quadrature du Net. One of its organizers, Jérémie Zimmerman, reflects upon the repressive nature of such international agreements and upon the power of activist networks in order to block their political process of their approval.