Accueil » Les numéros » Multitudes 6, septembre 2001 » Majeure 6. Raison métisse

Majeure 6. Raison métisse

La Res Publica subvertie

Exposition de l’universel aux revendications partiellesDans quelle mesure peut-on exposer l’universel aux luttes et revendications partielles ? Prendre acte de la fragmentation du tissu politique sans vouloir pour autant abandonner l’idéal de l’émancipation induit en effet à entamer une déconstruction positive de l’universel, à le réinscrire dans la division, à le penser dans sa singularité […]

Sur le duo républicanistes-nationalistes

La Corse pose problème à la République Française, pour une question pourtant relativement banale en Europe. Pour comprendre, il faut se souvenir de l’histoire de l’île, et de la construction de sa relation de dépendance vis-à-vis du pouvoir central au travers des mécanismes « clanique ». Depuis une génération le mouvement nationaliste a tenté de remettre en […]

La modernité et sa critique : problèmes de l’universalisme et du particularisme

Version originale en langue anglaise de cet article : art195 S’agissant du Japon au seuil de la postmodernité, à travers la lecture de The Fracture of Meaning de David Pollack et du commentaire des positions sur l’histoire de deux jeunes philosophes japonais : Kôyama Iwao et Kôsaka Masaaki, Noaki Sakai problématise les relations entre universalisme […]

Mondialité, politiques de l’identité et citoyenneté

On examine le concept de multiculturalisme pour en dégager deux lectures universalistes. La première : en dépit de nos différences, nous sommes tous humains, la seconde : grâce à nos différences nous accédons à l’humanité. À l’âge de la mondialisation, ce débat ouvre sur les enjeux de la crise de la citoyenneté et la ré-humanisation […]

Raison métisse

L’universel est en crise. Depuis longtemps : la raison bourgeoise et citoyenne affiche l’égalité, clame la liberté, mais place la propriété au premier rang des constitutions. (La raison du socialisme réel affiche la fraternité et l’égalité mais fait de la liberté et la puissance de « l’Etat du Peuple » la seule mesure de la loi). Les […]

Badiou La grâce de l’universel

Au livre par Alain Badiou consacré à son « non-rapport » à Deleuze succèdent un Saint Paul, sous-titré La fondation de l’universalisme, et, en série avec ce dernier ouvrage, un recueil d’interventions autour du politique, Abrégé de métapolitique, définissant son effectivité collective comme « principiellement universelle » [[A. Badiou, Deleuze. La clameur de l’Etre, Hachette, janvier 1997 ; Ibid., […]

L’histoire eurocentrée

Dans son compte rendu du livre de Dipesh Chakrabarty (« Provincializing Europe »), Michael Hardt relève que le capital gouverne par imposition sur la société d’une temporalité uniforme et homogène. La tradition historiographique coloniale a toujours fonctionné par différenciation temporelle par rapport à une Europe, jouant le rôle de médiateur universel. Chakrabarty refuse cette médiation. […]

Le combat du maître et de l’esclave revisité

L’analyse hégélienne du combat du maître et de l’esclave (serviteur) installe la circularité du leurre dans la domination. Les esclaves se révoltent car ils veulent un maître ou devenir maîtres eux-mêmes. La proposition centrale de la dialectique de la lutte pour la reconnaissance est que l’esclave désire le désir du maître. Or le schéma réel […]

Géopolitique de la connaissance, colonialité du pouvoir et différence coloniale

Le concept de système-monde-moderne de Wallerstein apparaît encore eurocentrique face à celui de Quijano de « colonialité du pouvoir » ou celui de Dussel de « transmodernité ». Il ne s’agit pas seulement en effet de montrer que l’Europe a colonisé le monde pour l’exploiter et le dominer mais de faire prendre conscience de la véritable méconnaissance organisée par […]