Envoûtements médiatiques

Notre existence baigne dans le medium des médias. Paroles qui volent, écritures qui restent, lettres qui traversent l’Europe depuis des siècles, journaux quotidiens qui s’y diffusent depuis deux cents ans, télégraphe, téléphone, cinéma, radio, télévision, Internet, smartphone, Facebook : ça circule de plus en plus, toujours plus vite, toujours plus largement, toujours plus intimement. Tout cela ne circule toutefois plus ni entre des individus ni entre des machines : cela se diffuse à travers et en nous.
À l’âge des profils numériques destinés à saisir nos singularisations, on ne peut ni penser nos sociétés comme composées d’« individus » communiquant des « informations » à travers des « médias », ni se contenter de raisonner en termes de « masses » indistinctes ballottées par de grands manipulateurs. Ce qu’il faut nous apprendre à voir et à expliquer, ce sont les médiums (milieux, médiateurs et mages, multiples et superposés) dans lesquels nous sommes immergés, qui nous font respirer, inspirer, expirer les idées et les désirs qui nous animent tous, chacun de façon singulière.

Des médias aux médiums

Cette majeure de Multitudes rassemble des contributions étudiant la puissance médiumnique des médias à l’ère de la biopolitique étendue. La réalité extensive des médias (toujours pluriel) doit être reliée avec une réalité intensive de ce que les deux derniers siècles ont évoqué à travers la notion mystérieuse de médium. Les médias branchent et agencent partes extra partes des machines et des hommes, ils étendent via l’information l’espace de connaissance. Sur eux bourgeonne ce que certains auront appelé « spectacle » (Debord). Mais le médium ou le médiumnique est quelque chose d’humain qui a la propriété de nous faire entrer en communication avec quelque chose de plus qu’humain – quelque chose de technologique qui semble magique, au sens où Arthur C. Clarke pouvait dire : « Any sufficiently advanced technology is indistinguishable from magic ».
Le fonctionnement des médias oblige dès lors à reconfigurer certaines oppositions habituelles, comme celle qui distingue un « milieu » d’un « organisme » vivant dans ce milieu : cette distinction patine dès lors que les flux médiatiques nous « traversent » et nous « informent », davantage qu’ils ne nous « entourent » ou ne nous « connectent ». Ils relèvent autant du conditionnement « interne » par l’ADN que du conditionnement « externe » par l’environnement. C’est toute la distinction entre l’intérieur et l’extérieur qui doit être repensée à partir du fonctionnement des médias.

De l’information à l’envoûtement

Les textes réunis s’efforcent de mettre en rapport la vie médiatique (le vivant en tant qu’il est agencé dans les réseaux de communication, de production et de conduction) et le médium vital, cette part obscure, excédentaire, qui assimile parfois le fonctionnement médiatique à une sorte d’envoûtement. Par ce terme prospectif, nous voulons éclairer les modalités d’une prise de possession du vivant, qui pose toute une série de questions à la limite de l’écologie, de la médiologie, de l’ontologie, de l’anthropologie et de la politique : comment le vivant et la pensée procèdent-ils pour émerger d’un médium ? comment les exproprie-t-on de leur puissance ? comment le médium fait-il circuler l’information ? comment la contracte-t-il sous la forme d’une synthèse ou d’un acte ? quelles prises et quelles déprises politiques sont aujourd’hui nécessaires au sein de notre univers médiatique ? quel est le devenir du média-activisme ?
Si les médias nous « informent », c’est bien plutôt dans la mesure où ils donnent forme à une communion spirituelle relevant davantage de l’envoûtement que du savoir. L’ensemble de la circuiterie électronique et des radiations magnétiques à travers lesquelles nous communi(qu)ons quotidiennement sont la voûte qui constitue et limite notre horizon de pensée et de sensibilité. Les bribes de paroles, de sons, d’images qui nous parviennent du monde « réel » ressemblent aux voults des sorciers (ces mèches de cheveux, ongles ou reliques à travers lesquelles ils espèrent affecter la vie de personnes distantes) – bien davantage qu’à des « faits » (« objectifs ») par l’accumulation desquels nous pourrions mieux « comprendre » notre monde.
Or nous nous trouvons remarquablement démunis, non seulement pour analyser et expliquer la nature et les modalités d’un tel envoûtement médiatique, mais même pour parvenir à seulement l’imaginer.

Sémiocapitalisme et écologie de l’attention

Pour essayer de comprendre ces envoûtements médiatiques, le dossier réuni dans ce numéro de Multitudes variera les points de vue. Le cadrage initial en sera fourni par un article synthétique de Franco Berardi ’Bifo’, pionnier des radios libres italiennes et théoricien de l’autonomie, qui inscrit les développements médiatiques et leurs effets psycho-sociaux dans le cadre des évolutions conjointes des nouvelles technologies et du (sémio)capitalisme. C’est à l’intérieur d’une « économie de l’attention » – ou mieux : d’une écologie de l’attention – qu’il faut concevoir les branchements entre cerveaux opérés par les médias, anciens et nouveaux, avec leur reconfiguration des rythmes et des espaces de nos formes de vie.
C’est dans le même contexte du « sémiocapitalisme » qu’il convient de réfléchir aux devenir du média-activisme. Si celui-ci est parvenu à libérer des espaces d’expression, il n’a peut-être pas su empêcher les médias dominants – institutionnels et privés – de se réapproprier cette libération. Le versant destructeur de cette réappropriation doit être souligné : soumis à des flux d’informations permanents, à une capture de l’attention, à une surexposition esthétique (bombardements de signes et d’images à effets fragmentants), les corps contemporains ont vu céder les médiations qui leur permettaient de traiter – filtrer, décoder, critiquer, métaboliser – les sèmes que lui injectent le capitalisme contemporain. Littéralement, le sémiocapitalisme nous a fait la peau. Autrement dit, les médias dominants ont détruit les médiations individuelles et collectives par leur envoûtement : leur vol du temps et de la sensibilité.
Selon Bifo, c’est donc la dimension esthétique que le média-activisme doit aujourd’hui investir, d’abord comme art, c’est-à-dire par une nouvelle production non pas seulement du sensible mais de la sensibilité comme telle, ensuite comme thérapeutique, c’est-à-dire comme soin apporté à nos appareils bio-médiatiques amoindris. Contre la magie noire du capitalisme, la magie bigarrée des bio-mediums ultra-sensibles.

Vers une écologie médiatique

Dans le sillage du livre Biomedia d’Eugene Thacker, une première section tentera de comprendre la convergence hautement significative qui émerge depuis quelques décennies entre les médias et la biologie. Au lieu de penser les gènes à travers la métaphore communicationnelle du « code », il s’agit ici de penser nos médias comme relevant d’un « milieu » vital – en cet autre sens du « medium » qui en fait non seulement ce qu’il y a entre deux points, mais ce dans quoi tous les points baignent et dont ils sont imprégnés.
Cette distinction entre un bain médiatique englobant, qui fonctionnerait à la manière d’un contenant, et des récepteurs contenus demande toutefois elle-même à être affinée. La logique des réseaux sociaux n’est plus celle du bain, mais celle de la coproduction contributive, où les individus, à la fois émetteurs, récepteurs et transmetteurs, fabriquent, par les traces numériques qu’ils essaiment, la matière même du tissu médiumnique qui les constitue, lieu d’émergence autant que milieu de propagation et point multiple de destinations. Plus de bain ni de baigneurs ou de baignés, mais une trame hypercomplexe productrice d’auto-envoûtements dans le cadre d’états synchronisés de communion à la durée de vie brève.
Comme le soutient ici Erich Hörl, c’est bien d’une écologie générale des médias et des techniques que nous avons besoin pour penser ensemble le biologique et le médiatique, dans leur étreinte de plus en plus intime. Les médias nourrissent le tissu dont émergent nos formes de vie, comme le suggère l’article de Steven Shaviro : si le clonage de quelques neurones permettait à des plantes de rire, pourrions-nous échanger des informations avec elles ? Où s’arrête la traduction dont les médias sont les opérateurs ? Où placer les frontières entre le vivant et l’inerte, entre le conditionnement et la démocratie, dans ce monde médiatique en recomposition constante ? C’est dans une vie en transe que nous plongent nos dispositifs médiatiques, faisant de nous des « êtres transitionnels », dont la contribution de Daniel Bougnoux nous fait sentir la fragilité vibratoire, en revisitant sa distinction entre « communication » et « information ».

L’inquiétante magie des appareils communicants

Une deuxième section de cette majeure apportera un regard décalé sur ces « choses » bizarres que sont les objets médiatiques qui vivent parmi nous (téléphones portables, tablettes numériques aujourd’hui, mais déjà grimoires et appareils photos hier). Pour nous aider à imaginer les puissances occultes de nos multiples médiations invisibles, Eugene Thacker accouple les récits d’horreur surnaturelle avec l’ontologie médiévale ou kantienne. Il en tire une théorie de l’antimédiation, qui cherche à faire apparaître en quoi, derrière leur apparence banale et fonctionnelle, les appareils de communication nous mettent en contact avec un autre monde, une autre réalité, où la médiation renvoie toujours à ce qui la dépasse et la hante.
Pour illustrer l’inquiétante surréalité des dispositifs médiatiques qui nous traversent, Barbara Karatsioli mène l’enquête sur les réseaux de communication, d’images, de discours, d’affects qui entourent le fonctionnement des drones que les armées occidentales utilisent pour bombarder sans risque des populations lointaines, mais qui vont bientôt venir surveiller (et attaquer ?) les moins soumis de leurs propres populations. Comme les « choses » informes des récits d’horreur, comme les « nobjets » que Daniel Bougnoux repère au cœur de nos envoûtements communi(qu)ants, les drones ne sont pas tant des « armes », ou des « produits », que des matérialisations inquiétantes de médiations incontrôlées et incontrôlables, destinées à venir hanter et menacer ceux qui prétendent s’en servir.

Politiques de désenvoûtement

Face à de telles menaces et à de telles horreurs, l’écologie médiatique devra bien entendu être politique. Ce qui nous envoûte aujourd’hui, ce sont les médias tels que les a configurés le capitalisme, dans sa sorcellerie à la fois très particulière et en passe de globalisation. Jean-Paul Galibert décrit nos dispositifs médiatiques comme des chronophages, qui extraient de la plus-value non seulement des producteurs, mais aussi des consommateurs, lesquels « se forment » aux gestes et aux désirs d’achat chaque fois qu’ils allument leur télévision ou leur ordinateur. La transformation de la vie en existence s’opère ainsi sur le mode d’une captation à temps plein où l’imagination de chacun fonctionne comme le premier travail-loisir.
Pierangelo Di Vittorio étudie l’histoire parallèle de la sociologie expérimentale et de la téléréalité, montrant comment l’interpénétration du « spectacle » avec la science, la technologie et le pouvoir politique a configuré nos mass-médias. L’hypnose entraînée par le charisme propre à la médiation de notre quotidien est une référence constante et incontournable de tout discours sur les médias, et de toute réflexion sur nos horizons politiques.
À travers l’expérience des manifestations du Printemps érable de 2012 dans les rues de Montréal, Thierry Bardini ne se contente pas de repérer la dimension spectrale de notre envoûtement médiatique : à côté des effets fantomatiques qui nous aliènent, il repère, dans les nouveaux médias et les pratiques politiques qui en bénéficient, des effets de prismes, qui sont des facteurs de diversité, en contrepied direct de l’homogénéisation qui caractérisait l’âge des mass-médias. C’est peut-être dans cela même qui nous envoûte que nous devons aller chercher des nouvelles voies et de nouvelles pratiques de désenvoûtement.

Un travail qui commence

Nous commençons à peine à comprendre la complexité de nos envoûtements médiatiques. Ceux-ci se situent aussi bien dans les sphères les plus éthérées de nos imaginaires sociaux, par exemple dans la façon dont nous croyons « voir » l’efficacité productive résulter de la compétition entre les agents – selon une voyance largement hallucinée par des décennies de propagande (néo)libérale – autant que dans la façon dont nos machines numériques algorithmisent nos gestes, nos pensées et nos désirs, souvent afin de mieux les « préempter ».
Si les médias configurent notre imaginaire, il est urgent d’apprendre à imaginer différemment les médias. L’article d’Eugene Thacker s’inscrit dans tout un champ d’études qui revisite les rêves et les cauchemars de communications impossibles ou déviantes pour y trouver de quoi comprendre (ou, plus humblement, apprendre à « voir ») les phénomènes troublants et imprévus induits par nos modes de médiations inédits. Toute une archéologie des médias – dont quelques références bibliographiques sont proposées ci-dessous – est en train de prendre forme autour de ces « médias imaginaires », dont les anticipations passées éclairent notre avenir en train de se réaliser (voir dans la bibliographie ci-dessous Parrika et Kluitenberg).
Si le désenvoûtement passe par un effort de l’imagination, il requiert aussi d’analyser les propriétés concrètes des dispositifs matériels et des institutions concrètes qui régissent le monde médiatique. Alexander Galloway a récemment situé les nouvelles formes de pouvoir (décentralisé) dans la mise en place de protocoles, ceux des logiciels commandant le fonctionnement d’une machine aussi bien que ceux des procédures administratives qui nous imposent leurs formulaires préétablis – les deux tendant d’ailleurs de plus en plus à se confondre. Les médias ne fonctionnent qu’à travers des protocoles d’encryptage, d’encodage et de décodage, de grammaire et de tours de parole, de visionnement et d’écoute, qui sont de plus en plus étroitement liés à des protocoles de comptabilité, de mesure d’audience, de gestion et de budgétisation.
L’écosophie des médias appelée de ses vœux par Félix Guattari demandera de travailler en parallèle sur les imaginaires qui circulent entre nous et sur les protocoles qui commandent effectivement les comportements qu’ils préconditionnent. Les inventions, les résistances et les luttes devront porter aussi bien sur le terrain des législations oppressives (ACTA) ou ridicules (Hadopi), des modes de circulation abrutissants (la téléréalité), que sur celui des réseaux alternatifs à construire, des récits, des slogans et des images à faire circuler.
Moins qu’à nous désenvoûter – ce qui relèverait du vœu pieux d’échapper à ce somnambulisme généralisé auquel Gabriel Tarde comparaît l’état de vie en société – nous pouvons du moins tenter de choisir, et si possible de raffiner, nos envoûtements. Nous espérons que ce dossier contribuera à cet effort.

Pistes bibliographiques
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Citton Yves

Enseigne la littérature et l’archéologie des media à l’université Paris 8. Il a publié récemment Médiarchie (Seuil 2017), Pour une écologie de l’attention (Seuil, 2014), Gestes d’humanités (Armand Colin, 2013), Renverser l’insoutenable (Seuil, 2012), Zazirocratie (Éditions Amsterdam, 2011). Site en ligne : www.yvescitton.net. Co-directeur de Multitudes.

Quessada Dominique

assistant au Département de science politique de l’Université de Liège, a soutenu en 2012 une thèse en sciences politiques et sociales sur la capacité du récit et de la fiction à configurer des dossiers complexes. Ses recherches portent sur l’épistémologie des sciences sociales et des méthodes participatives, et en particulier sur les relations entre processus politiques et phénomènes narratifs.

Neyrat Frédéric

ancien Directeur de programme au Collège international de philosophie, et membre du comité de rédaction de la revue Multitudes. Il travaille sur les notions de destruction et d’indestructibilité, de mouvement et d’inertie, de relation et d’absolu. Il a publié récemment sur Artaud (Instructions pour une prise d’âmes, 2009), Heidegger (L’indemne, 2008), et la politique contemporaine (Biopolitique des catastrophes, 2008). Son dernier ouvrage en date s’intitule Clinamen (2011).