Le désir est partout

Multitudes, dans la continuité de Mai 68, fête ici ses 18 ans avec Gérard Fromanger, à qui nous devons la couverture du premier numéro de la revue en 2000.

Si Gérard a très activement participé durant tout le joli mai à l’Atelier populaire des Beaux-Arts de Paris et à ses fameuses affiches, ses créations accompagnent bien des utopies et mouvements des décennies suivantes – notamment ceux qui voient pleinement émerger les multitudes et leurs luttes de femmes, d’immigrés, ou de prisonniers – avec sa « peinture photogénique » – selon Michel Foucault – et ses silhouettes fortes en couleur dans la ville. Plus avant avec ses « peinture d’histoire » et « peinture-monde » il interroge le monde, ses guerres, ses révolutions, ses « démons et merveilles » selon la chanson de son ami Jacques Prévert.

Avec Michèle Collin, Gérard Fromanger a choisi ici quelques tableaux sous le titre Le désir est partout, qui marque bien sa pensée spinoziste voulant toujours chasser « les passions tristes », comme le voulait son ami Gilles Deleuze, au profit des « passions de joies » qui augmentent notre puissance d’agir.

Enfin Gérard nous parle de sa relation avec Michel Foucault et Félix Guattari dans un extrait d’entretien avec Laurent Greilsamer.

Collin Michèle

Chercheure CNRS au Laboratoire Théories des mutations urbaines de l’Institut français d’urbanisme, université Paris-8. Membre du Conseil permanent de concertation du projet de rénovation des Halles de Paris, elle a réalisé une recherche sur le processus de participation et les «jeunes métropolitains aux Halles». Membre du comité de rédaction de Multitudes.