Les territoires du Forum social mondial de Tunis

Carnet d’un participant

Traditionnellement nomade, le mouvement altermondialiste a eu tendance ces dernières années à se territorialiser, à se retrancher dans des campements, à occuper durablement des espaces, bref à se sédentariser : l’avenue Bourguiba à Tunis, la place Tahrir au Caire, la Puerta del Sol madrilène, le parc Zuccotti à New York, le boulevard Rothschild à Tel Aviv, le parc Gezi ou la place Taksim à Istanbul sont autant d’exemples de ses territoires. À cet égard, l’organisation de l’édition 2013 du FSM à Tunis témoigne également d’une volonté de sédentarité du FSM, d’une tentative de conjonction des territoires de la lutte, c’est-à-dire d’un effort pour inscrire le mouvement altermondialiste dans les territoires de la révolte populaire victorieuse contre Ben Ali et ses sbires.

Cette jonction des causes altermondialiste et tunisienne ne s’est toutefois pas opérée. Certes, d’importantes figures politiques, syndicales et universitaires de la lutte anti-Ben Ali ont participé au Forum, souvent comme intervenants. Mais tout observateur n’aura pu qu’être frappé de leur isolement du reste du FSM : les cadres tunisiens intervenaient en effet dans le cadre de panels autocentrés et fermés, dans lesquels tous les intervenants étaient de nationalité tunisienne et s’exprimaient le plus souvent en arabe dialectal tunisien devant une assemblée presque exclusivement composée de compatriotes tunisiens. Les possibilités d’association des non-Tunisiens et donc de fusion avec le reste du mouvement altermondialiste étaient de ce fait fortement limitées. Lors des pauses et à l’issue des séances de travail, les cadres tunisiens formaient de petits groupes isolés qui n’interagissaient pas avec les participants internationaux, lesquels semblaient souvent plus intéressés à faire avancer leurs revendications sectorielles (lutte contre la déforestation ou pour l’effacement de la dette des pays africains, rejet de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, amélioration des conditions d’accès au crédit pour les femmes indiennes, etc.) qu’à saisir les enjeux et défis de la transition tunisienne. Le FSM fut donc l’occasion d’une cohabitation pacifique et amicale entre des luttes relativement séparées plutôt que le théâtre d’une fusion des mouvements sociaux en une même multitude.

Le FSM
et la multitude négrienne

En soi, le FSM ne constitue sans doute pas une bonne illustration de la multitude négrienne, dans la mesure où il s’agit d’une manifestation planifiée, organisée, structurée et finalement institutionnalisée par les appareils politiques et par les organisations syndicales. Nulle trace dans le FSM de ces explosions de mécontentement souvent violentes et toujours imprévisibles qui caractérisent d’autres mouvements sociaux plus proches de la multitude (Indignés, Occupy, Taksim). En outre, le FSM bénéficie d’un cadre stable, identifié et connu à l’avance : il est organisé à des dates et en des lieux précis, qui doivent être déclarés auprès des autorités administratives et font donc l’objet d’une procédure d’agrément de la part des services étatiques ; les membres des comités d’organisation sont connus des services de police ; l’autorisation administrative n’est délivrée qu’après l’apport de garanties importantes relatives au maintien de l’ordre, lequel est assuré avec le concours des forces de police du pays hôte. Le FSM ne représente donc aucune menace pour l’ordre établi, il ne porte pas en lui la dangerosité de la multitude.

De surcroît et en dépit de principes d’organisation rhizomatiques que ne renieraient pas Hardt et Negri, l’organisation des FSM est régulièrement polluée par les jeux d’influence et les querelles partisanes entre les appareils bureaucratiques d’extrême-gauche, chacun essayant dans les réunions de comité d’organisation de prendre le dessus, d’affirmer un contrôle, de revendiquer une autorité sur le mouvement social, dans le but de renforcer ses propres positions. Bien que les appareils politiques aient été formellement exclus du FSM à Porto Alegre, la question de savoir si le FSM a été en mesure de se protéger contre les ingérences et tentatives de récupération fait l’objet de débats entre chercheurs.

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La fonction d’Ermunterung des territoires du FSM

Le FSM nous confronte à la question du type de territoires que peut créer un groupe humain nomade, mondial, terrien. En effet, la « communauté FSM » est éparpillée aux quatre coins du globe et ne se sédentarise que ponctuellement et pour quelques jours. Si l’on opère une distinction entre territoires matériels (espaces géographiques continus sur lesquels se sédentarisent les participants lors de la tenue de l’événement) et territoires immatériels (espaces digitaux sur lesquels se sédentarisent les participants avant, pendant et après la tenue de l’événement), l’on peut dire du FSM que c’est une communauté dont la base territoriale matérielle est épisodique, intermittente mais qui bénéficie également d’une base territoriale immatérielle, créée grâce à Internet et aux réseaux sociaux, qui lui assure une plus grande continuité, à la fois spatiale et temporelle.

Les territoires matériels permettent à la communauté FSM de converger pour quelques jours en un lieu unique (Porto Alegre, Mumbai, Nairobi, Belem, Dakar puis Tunis). Cette cristallisation de la communauté en un espace restreint lui permet de se mesurer, de donner à voir sa force et son unité, mais aussi de manifester son existence indépendamment du nombre de personnes réunies. Par la concentration sur un territoire unique, la communauté FSM gagne ainsi en profondeur, en densité, elle augmente son ancrage territorial. Sur le plan individuel, l’unité territoriale, et même l’exiguïté, est activement recherchée par les participants qui y trouvent quelque chose de rassurant – on se sent forts, nombreux, en capacité, selon une fonction d’Ermunterung, dans le sens de « ressourcement », d’« encouragement ».

Les territoires matériels du FSM ont cependant une existence éphémère et donc une continuité spatiale et temporelle faible. Au bout de quelques jours, la multitude abandonne ses territoires, lesquels sont rapidement reconquis par les forces à qui ils avaient été contestés. En l’absence de continuité territoriale, le danger est que le territoire ne soit pas suffisamment étendu et durable pour permettre d’engager le travail de dépassement du capitalisme par la mise en œuvre de nouvelles politiques publiques solidaires au niveau mondial.

Les territoires immatériels permettent à la communauté des militants de maintenir une existence entre la tenue des différents FSM et en dehors de ses territoires matériels. En d’autres termes, les technologies de l’information et de la communication, en particulier Internet et les réseaux sociaux, assurent une certaine continuité spatiale et temporelle au territoire de la lutte, lequel se maintient après la tenue de l’événement lorsque les participants sont rentrés chez eux. Par l’inscription sur un territoire qui s’étire et se prolonge dans l’espace et dans le temps, la communauté gagne en superficie, en surface, elle augmente son périmètre territorial. Sur le plan individuel, la fréquentation des mêmes sites Internet, la lecture des mêmes blogs, le fait de regarder puis de poster sur sa page Facebook les mêmes vidéos et reportages disponibles sur YouTube, la participation aux mêmes forums de discussion permettent de maintenir un lien, de partager, de tenir le coup, de garder courage, voire de le retrouver dans les moments difficiles – selon une fonction d’Ermunterung entendue dans le sens d’« exhortation », d’« entraînement ». Les territoires immatériels du FSM sont toutefois dépourvus d’unité spatiale et temporelle, au sens où ils regroupent à des moments différents des individus isolés les uns des autres, parfois séparés par plusieurs milliers de kilomètres. En l’absence d’unité territoriale, le danger est que le territoire ne soit pas suffisamment épais/dense pour permettre aux individus de continuer à se retrouver et à s’identifier dans la communauté.

Territoire matériel : la marche d’ouverture du FSM 2013

Partis de la Place du 14 Janvier, lieu très symbolique du mouvement social anti-Ben Ali situé en bas de l’avenue Bourguiba, les participants au FSM remontent dans un premier temps l’avenue Mohamed V, qui est un espace large, prévu pour faciliter les mouvements de contrôle des forces de police, lesquelles sont présentes en nombre. Plusieurs bâtiments gouvernementaux bordent également cette avenue : la Caisse Nationale de Retraite, le Palais de l’Artisanat, le Palais des Congrès et le Palais de la Foire, l’Office du Commerce de la Tunisie, le Conseil Économique et Social, l’Agence Nationale de Promotion de la Recherche Scientifique, le Ministère de la Formation Professionnelle et de l’Emploi. L’avenue Mohamed V est également l’une des grandes artères capitalistes de la ville, très marquée par les panneaux publicitaires et où une bonne demi-douzaine de banques ont pignon sur rue : Banque centrale, BH Banque, STB, Banque Nationale Agricole en Tunisie, Banque Amen, Banque Tunisienne de Solidarité, Banque de Tunisie, Banque Zitouna. Une fois l’avenue Mohamed V remontée, la communauté des militants passe au coin de la place Pasteur puis s’engage dans l’avenue Charles Nicole qui traverse El-Menzah, quartier résidentiel plutôt cossu avec ses immeubles de standing et ses villas, jusqu’à arriver au campus d’El-Manar.

Dans son Abécédaire, Deleuze indique que la constitution d’un territoire s’apparente à une activité artistique qui fait appel à une série de postures, de couleurs et de chants. À certains égards, il est possible de comprendre la marche d’ouverture dans son ensemble comme une immense succession de postures visant à déterritorialiser, à vider de leurs contenus les territoires traversés. Les poings sont levés, des pancartes sont agitées de haut en bas, les corps sont en tension, bondissent, font des sauts, dansent. À l’intérieur de la communauté FSM coexistent également des postures diverses, en fonction des groupes et des revendications. Les postures des groupes écologistes et tiers-mondistes sont oscillantes, rondes et fluides, alors que les postures des militants anti-austérité sont plus saccadées, faites de lignes plus droites et plus dures. Le groupe dont les postures sont les plus violentes, les plus expansives et finalement les plus proches du combat physique, est un groupe de Syriens venu manifester contre Bachar El-Assad.

Les couleurs participent également du mouvement général de déterritorialisation. Lors de la remontée de l’avenue Mohamed V, les pancartes et habits bariolés, où dominent le vert, le rouge et dans une moindre mesure le jaune (couleurs chaudes), contrastent singulièrement avec le blanc et les multiples nuances de gris (couleurs froides), qui sont les couleurs dominantes sur ce territoire bureaucratique, administratif et bancaire. Les chants jouent quant à eux un rôle déterminant à la fois pour saturer l’espace sonore de bruits déterritorialisants et pour porter la communauté des militants, pour lui insuffler une énergie lors de la marche. L’avenue Mohamed V est un territoire habituellement silencieux, traversé tout au plus de bruits liés à la forte circulation routière et contre lesquels les résidents cherchent à se prémunir (double-vitrage, isolation sonore des bâtiments, plantation d’arbres). Territoire de travail des fonctionnaires ministériels et des clercs de banque, c’est un lieu d’où le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas sont bannis. La déterritorialisation sonore que porte la communauté FSM défilant sur l’avenue Mohamed V en est donc d’autant plus brutale. La marche est en effet accompagnée de multiples slogans criés et chantés, de musiques tapageuses diffusées à l’aide de haut-parleurs et du battement lourd, incessant et entêtant des tambours et autres instruments de percussion. Plus tard dans la soirée, au stade d’El-Menzah, c’est également par un événement sonore de grande ampleur (le concert du musicien brésilien Gilberto Gil) que sera à la fois scellée l’unité du FSM en tant que mouvement social et que sera en même temps établi le centre du territoire du Forum pour les jours à venir.

Ces pratiques nous informent sur la manière dont sont construits les territoires de la lutte anticapitaliste. L’exemple du FSM suggère que la déterritorialisation des territoires gouvernementaux et capitalistes opère par le biais d’une rupture de l’unité visuelle et sonore. Les postures, couleurs et chants de la communauté des militants attirent l’attention, interrompent et cassent les logiques d’organisation territoriale existantes – ainsi par exemple les employés de bureau, fonctionnaires et cadres de l’avenue Mohamed V n’ont-ils eu d’autre choix, face à l’invasion visuelle et sonore de leur territoire, que de cesser leur occupation habituelle afin de sortir regarder le FSM en mouvement. Pour les militants et participants, ces postures, couleurs et chants, déployés et répétés plusieurs heures durant, sont une façon de se porter, de s’exhorter (fonction d’Ermunterung), mais aussi de créer du lien, d’entrer dans une relation esthétique et artistique avec une géographie, avec un lieu, afin d’y établir un ancrage (fonction de territorialisation).

Territoire immatériel : la page Facebook « Forum Social Mondial Tunisie 2013 »

Enregistrée le 6 novembre 2012, la page Facebook du FSM 2013 joue trois rôles principaux. Dans un premier temps (c’est-à-dire avant la tenue du Forum), elle est utilisée comme plateforme d’information, permettant aux organisateurs de communiquer sur l’organisation ainsi que de faire circuler des déclarations, des pétitions et de nombreuses photos. Quelques dessins et vidéos portant sur la situation tunisienne sont publiés fin décembre 2012, de même que des photos de réunions des comités d’organisation. Ces contenus, majoritairement publiés en langue arabe, suscitent peu de commentaires. Dans la deuxième moitié du mois de janvier, les informations relatives à l’organisation gagnent en précision et génèrent les premières réactions d’utilisateurs curieux des modalités de participation. Tout au long du mois de février, les publications concernent principalement la tenue du forum préparatoire de Sfax. De manière surprenante, aucun contenu ne semble faire référence à la mort criminelle de l’activiste Chokri Belaid, assassiné le 6 février 2013. Jusqu’au 26 mars (début du FSM), la page Facebook conserve sa mission d’information avec la publication régulière des mises à jour du programme, des horaires, de cartes et d’affiches. En parallèle, la page Facebook permet également l’Ermunterung des membres de la communauté à travers la publication de messages comme « on vous lâche pas, no pasaran !! » (14 novembre, 13:13) ; « on sera nombreux !! » (22 mars, 19:50).

Pendant la tenue du FSM, la page Facebook perd assez largement sa fonction de plateforme d’information pour devenir un moyen d’assurer la publicité et la mise en spectacle de l’événement, à travers la publication de milliers de photos et vidéos prises par les participants. Cette mise en spectacle permet ensuite l’appropriation du territoire immatériel de la lutte du FSM par la communauté, indépendamment de la localisation géographique des utilisateurs. En effet, chaque photo et vidéo mise en ligne peut être aimée, commentée ou partagée par n’importe quel utilisateur, multipliant fortement les possibilités d’association avec le FSM. Parmi les très nombreux messages d’exhortation et d’association au FSM, citons : « pense à vous ! suis de tout cœur avec vous !!!!! nous sommes sur la même longueur d’onde !!!! on se tient !!!!! » (28 mars, 01:49) ; « aussi la Belgique avec vous !!!!! » (28 mars, 01:40) ; « bravo et continuez le combat ! » (28 mars, 02:14) ; « magnifique continuez » (30 mars, 23:56) ; « Ma7lehoum el mounadhilin… Que le militantisme pour la justice sociale est beau, bravo ! » (29 mars, 13:24) ; « Ils ont bien raison. Xav » (28 mars, 00:00) ; « Je veux y assister mais je suis à Sfax : s » (30 mars, 13:35) ; ou encore « Hayouta Oui, vous avez raison, un grand merci aux citoyens des “Printemps arabes”… Nous avons besoin d’être unis contre toutes les formes d’oppression !!! Je ne suis pas présente au Forum, mais je suppose que les responsables de cette page sont très occupés, c’est un événement tellement gigantesque !!! Un FSM n’a pas les mêmes moyens que les G20 ou autres “grandes messes” capitalistes… » (29 mars, 17:24). Ces messages pointent tous des formes d’extension du territoire immatériel du FSM, sur lequel acceptent de se positionner des individus éloignés de Tunis.

Après la tenue du FSM enfin, la page Facebook permet de maintenir un lien individuel avec la communauté en exprimant ses remerciements, en partageant des souvenirs ainsi qu’en postant des articles de presse ou autres publications ayant trait au FSM. Ceci permet là encore d’étirer le territoire immatériel dans l’espace et dans le temps. Parmi les commentaires se rattachant à cette catégorie, on peut citer : « vous devez essayer de l’organiser une autre fois dans les années à suivre ! » (1er avril, 20:52) ; « Très heureux d’avoir fait partie de cette belle expérience de partage et de solidarité. Merci au peuple tunisien pour son bel accueil et bravo à tous les participants et participantes » (1er avril, 22:22) ; « Félicitation c’été impressionnant comme événement et un grand merci pour les organisateurs et la bonne humeur des bénévoles » (1er avril, 20:46) ; « je vs ai suivi de chez moi et vrmt jt impressionnee, inchallah fi retour » (1er avril, 22:43) ; « Le FSM nous a redonné espoir ! merci à tt ceux qui ont participé et à ceux qui ont contribué à sa réalisation !!!!!!!!!!!! beaucoup d’amour et de fraternité !!!!!!!!!!! ne baissons pas les bras !!!!! faites en sorte que le rêve dévore votre vie et pas que la vie dévore vos rêves !!!! salma from tunisia !!!!!! salma de la Tunisie !!! » (1er avril, 02:41). Ces messages sont autant de témoignages de l’extension temporelle du territoire immatériel du FSM au-delà de la tenue de l’événement.

Le devenir du territoire FSM

Même s’il ne saurait être considéré comme exemple abouti de la multitude, il serait abusif de conclure que le FSM fut dénué d’intérêt ou qu’il constitua un « rendez-vous manqué » entre militants altermondialistes et militants engagés dans les luttes politiques et syndicales en Tunisie. Il est sans doute plus juste de dire que le FSM conduisit à la création et à l’extension des territoires de lutte et qu’il permit une certaine forme de ressourcement, de renouvellement des énergies, de réconfort et d’encouragement mutuels (toutes choses que nous avons proposé de résumer sous le vocable d’Ermunterung) dont bénéficièrent tout à la fois les participants tunisiens et les participants internationaux. Il est à noter que les nouvelles technologies de l’information et de la communication jouèrent un rôle important dans les processus de territorialisation et d’Ermunterung en démultipliant les formes d’association affective avec le FSM.

Néanmoins, cet article soulève de multiples questions subsidiaires qui mériteraient d’être abordées dans de futurs travaux. En particulier, l’articulation entre territoires matériels et territoires immatériels doit évidemment faire l’objet d’analyses plus approfondies, afin de mettre en lumière les relations de concurrence ou de complémentarité qui peuvent exister entre les différents territoires. Que se passe-t-il lorsque les deux types de territoires fusionnent ou à l’inverse qu’ils se séparent, se déconnectent l’un de l’autre ? La contestation réprimée sur un territoire matériel se retrouve-t-elle mécaniquement sur un territoire immatériel, et vice-versa ? Existe-t-il des propriétés, des traits caractéristiques à certains territoires (matériels ou immatériels) qui font qu’ils seraient davantage susceptibles d’être investis par la multitude que d’autres ?

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Rousselin Mathieu

Chercheur postdoctoral au Centre for Global Cooperation Research et chargé de cours en relations internationales à l’université de Duisbourg-Essen. Il a étudié les sciences politiques à l’Institut d’Études Politiques de Paris et au Collège d’Europe, puis a conduit une thèse en relations internationales à l’université de St. Gall. Ses travaux actuels portent sur les pratiques de territorialisation/déterritorialisation des mouvements sociaux et notamment sur le rôle des technologies de l’information et de la communication.