Les dernières Mineures

Stratégies amérindiennes en Guyane française

Stratégies amérindiennes en Guyane française
Décimés par la colonisation sur le littoral, puis par la ruée vers l’or dans l’intérieur, les Amérindiens ne sont devenus français qu’en 1960. La revendication autochtone de souveraineté culturelle et territoriale est apparue en 1984 (après la scolarisation d’une génération) dans un manifeste dont nous reprenons de larges extraits. L’Organisation des Nations Unies lui permet de se joindre à celle des autres peuples autochtones. Mais la reconnaissance de l’autochtonie se heurte au principe unitaire de la République française. Des droits d’usage sont cependant accordés sur certains territoires et une représentation propre aux collectivités territoriales à majorité de population autochtone est à l’étude.

Amerindian Strategies in French Guyana
Decimated first by coastal colonization, then by the gold rush towards the interior, the Guyana Amerindians have become French in 1960. They claimed their native rights of territorial and cultural sovereignty in 1984, after a generation went to school, in a text from which large excerpts are quoted here. The UN allowed them to join with other native people, but their claims go against the unitary principle of the French Republic. Some rights of use are nevertheless granted on some territories and a political representation of some territorial collectivities with a majority of native population is under study.

Racisme et terrorisme environnemental au Maranhão

Racisme et terrorisme environnemental au Maranhão
Les provocations violentes des forestiers contre les autochtones se sont multipliées en 2010 sur la frontière orientale de la forêt amazonienne. Le gouvernement a envoyé la police et l’armée rétablir l’ordre en 2013. La mise sous tutelle politico-administrative des autochtones favorise la discrimination par l’ensemble des institutions. Fin 2015, l’élection d’un gouverneur de l’état communiste, donc développementiste, autorise la reprise des violences contre les autochtones et le redémarrage des feux de forêt. Plus que de développementisme, il faut parler de croissancisme, de passion de faire croître l’exploitation à toutes les échelles, notamment par de grands projets subordonnant l’action de l’État aux intérêts privés.

Racism and Environment Terrorism in Maranhão
Violent provocation by forest developers against native populations have significantly increased in 2010 on the East border of the Amazonian forest. The government sent the police and the army to restore order in 2013. The legal status granted to native population maintains them under political-administrative tutelage, which favors widespread discrimination. At the end of 2015; the election of a communist, hence developmentalist, governor has led to a new wave of violence against natives and to the start of new forest fires. More than developmentalism, one should speak of “growthism”, a furious passion to see exploitation grow at all levels, most notably through large scale project aligning State intervention with private interests.

Le développement régional détruit les territoires des peuples autochtones

Le développement régional détruit les territoires des peuples autochtones
Depuis les années 2000, la politique d’agriculture exportatrice remet en cause les droits reconnus aux autochtones par la Constitution brésilienne de 1988. De plus, le statut de l’Indien n’a pas changé depuis 1973, car les projets n’ont pas encore abouti. Pourtant les organisations autochtones se sont multipliées et maintiennent un niveau élevé de conflits. La démarcation des terres indigènes qu’elles continuent de revendiquer, conformément au statut de 1973, est remise en cause par les lenteurs de l’administration. Les ruralistes et les entrepreneurs tentent de criminaliser les autochtones qui cherchent à faire valoir leurs droits, et ceux qui les soutiennent.

How Regional Development Destroys the Land of native people
Since the years 2000, agricultural policies geared towards exports erode the rights granted to native people by the 1988 Brazilian Constitution. The status recognized to the Indians has not evolved since 1973, due to the failure of the projects elaborated to update it. Native political movements have nevertheless thrived and maintain a high degree of conflicts. The reclaiming of indigenous land, agreed by the 1973 status, is slowed down by the slow pace of administrative procedures. Developers attempt to criminalize native people when they claim to have their rights respected, as well as those who support them.

La lutte des Guarani de l’Ouest du Paraná

La lutte des Guarani de l’Ouest du Paraná
Dans un territoire occupé au début du XXe siècle par une colonisation agricole d’immigrants européens récents, au détriment des autochtones restés à l’écart du développement jusque-là, un grand barrage a été construit en 1973 au prix d’importants déplacements de populations, qui s’est traduit par un confinement des Guaranis dans des espaces trop exigus.

Guarani Struggles in the West of Paraná
In a territory occupied at the beginning of the 20th century by an agricultural colonization of recent European migrants, at the expense of native people left out of such developments, a large dam was built in 1973, causing major displacements of populations, and confining the Guarani in spaces too narrow to allow for their survival.

Le génocide des Amérindiens d’Amazonie brésilienne

Le génocide des Amérindiens d’Amazonie brésilienne
Les politiciens brésiliens, au nom du « développement », laissent envahir par les forestiers et les nouveaux ruraux les terres dont l’usage est garanti aux Amérindiens par la constitution de 1988. Les violences contre les Amérindiens sont permanentes, et les assassinats, objet d’une recension officielle, sont sous-évalués. Les pratiques génocidaires sont liées au maintien du paradigme colonial qui fait de l’expansion territoriale la condition de la croissance.

The genocide of Amerindians in the Brazilian Amazon
In the name of “development”, Brazilian politicians allow for agro — and timber industries to invade land which has been guaranteed to Amerindians by the 1988 Constitution. Violence against Amerindians is permanent and the killings, while officially recorded, remain under-evaluated. These genocidal policies are linked to the persistence of a colonial paradigm which has made territorial expansion a condition to growth.

La présence médiale des corps étrangers

La présence médiale des corps étrangers

Des pratiques artistiques aux discours sur l’immigration, les présences qui nous hantent en masse vivent de la tension entre leurs réalités médiales, nos désirs d’immédiateté et nos rêves d’immunité. Ce sont les plis générés entre ces trois registres qui rendent nos modes de présence très compliqués.

The Medial Presence of Foreign Bodies

From artistic experimentations to discourses on immigration, we are haunted by presences where realities of mediation, desires of immediacy and dreams of immunity are folded upon each other. The entanglements between these three registers make our modes of presence extremely complicated.

Présence étrangère

Présence étrangère

Plutôt malvenus que bienvenus, les étrangers dont la présence est illégale sur le territoire sont soumis à des injonctions contradictoires, comme celles d’être invisibles et de vivre depuis plu-sieurs années sur le territoire pour prétendre à un titre de séjour, ou comme celle d’avoir des bulletins de salaire, bien que non autorisés à travailler. Loin de l’aura, du punctum de l’indice, comme certains l’ont définie, la présence – quand elle est étrangère – est assujettie à de tels barèmes et justificatifs qu’elle est vécue comme une peine.

Foreign Presence

Mostly unwelcomed, illegal migrants are subjected to contradictory demands, which expects them to be both invisible and yet duly documented. In order to be translated into rights, their presence needs to be « proven » by salary sheets, even if they are legally forbidden to work. Devoid of any « aura » or of any « punctum », this form of presence—perceived as foreign—is designed to be experienced as a punishment.

Vers différents régimes de présence ?

Vers différents régimes de présence ?

Cet article analyse quelques dispositifs proposés par différents artistes contemporains qui placent la présence physique de l’artiste, ainsi que sa coprésence avec les spectateurs, au cœur de leur expérimentation et de leur pouvoir de suggestion. Cela pose des questions troublantes mais suggestives sur ce qu’est la présence dans un monde de médialisation ubiquitaire, et sur ce que l’être-là-ensemble apporte à la circulation des images, des sons et des octets d’information.

Different Regimes of Being There In Common Presence

This article analyses situations devised by various contemporary artists which feature the physical presence of the artist, along with the spectator’s copresence, as a prominent energy of experimentation and experience. This raises disturbing but empowering questions on what presence can be and do in our world of ubiquitous media, as well as on what being-there-together brings to the circulation of sounds, images and digital bits of information.

Sensibilité, imagination, techno-esthétique

Sensibilité, imagination, techno-esthétique

À partir d’une lecture de Kant et d’une analyse de quelques expériences de nos interactions avec la réalité matérielle, cet article développe une pensée de l’aisthesis qui précise la nature de la différence entre les perceptions qui nous viennent à travers des médiations techniques (au-jourd’hui numériques) et les perceptions que nous avons des formes qui constituent notre envi-ronnement présentiel. Sans aucune technophobie, il aide à comprendre en quoi l’autoréférentialité de la représentation ne cesse de croître en même temps que nos percep-tions sont de plus en plus filtrées par des médiations numériques.

Sensibility, imagination, techno-aesthetics

Starting from a reading of Kant’s aesthetics and from the analysis of a few forms of interaction with material reality, this article develops a theory of the aesthesis which helps to pin down the difference between the perceptions we draw from technical images (now digital) and those we draw from our unmediated interactions with our present environment. Without any technophobia, it explains how the self-referentiality of our representations tends to increase as our perceptions are increasingly filtered by digital mediations.

Visualités, virtualités et trauma. Temporalités de la guerre à distance

Visualités, virtualités et trauma
Temporalités de la guerre à distance

Selon certains auteurs, les technologies militaires contemporaines – automatisation croissante de la vision et intégration d’images de synthèse – font émerger de nouvelles temporalités. Le réalisateur allemand Harun Farocki et l’artiste israélien Omer Fast articulent le lien entre tempo-ralité, virtualité, trauma et monde militarisé. À partir de leurs œuvres et de ces notions, il s’agit ici d’analyser différentes interprétations du remaniement de la temporalité et de la subjectivité à l’ère des guerres high-tech.

Visuality, Virtuality, Trauma
Temporalities of Remote War

Different authors have shown how contemporary military technologies—with the increasing auto-mation of vision and application of computer-generated imagery—have given rise to new tempo-ralities. The German filmmaker Harun Farocki and the Israeli artist Omer Fast articulate the link between temporality, virtuality, trauma and the militarized world. Based on their works and these concepts, the paper analyses different interpretations of the reshaping of temporality and of sub-jectivity in the age of high-tech wars.