Note sur le militantisme de l’après-mars à Copenhague

Depuis l’évacuation de l’Ungdomshuset (la Maison des jeunes), le 1er mars 2007, Copenhague a été le théâtre de centaines de manifestations et d’émeutes. Les forces de l’ordre, armées jusqu’aux dents, avaient enfumé le bâtiment de gaz lacrymogène avant de l’assaillir simultanément par la façade et par les toits. Les trente-six personnes qui se trouvaient à l’intérieur ont été arrêtées. Cette opération policière a pris les activistes au dépourvu, mais le déploiement spectaculaire et d’une rare brutalité de la police n’a pas tardé à provoquer des réactions. En effet, les événements se précipitent et se traduisent par des affrontements entre la police et les manifestants dans les rues adjacentes.

En l’espace de quelques heures, les manifestants dressent des barricades dans la rue, retournant des poubelles auxquelles ils mettent le feu. Lorsque les policiers essaient de démolir les barricades, ils sont accueillis à coup de pierres et d’autres projectiles. Vers 17 heures, plusieurs milliers de manifestants occupent la rue, des voitures sont incendiées et de nouvelles barricades sont élevées, à une telle vitesse que les forces de l’ordre ne parviennent pas à les arrêter. Les manifestations se propagent dans le quartier de Christiania, la « commune libre » de Copenhague. Pendant trois jours, Copenhague est agité par de jeunes en colère, qui protestent contre l’évacuation de la Maison des jeunes. Des manifestations pacifiques ainsi que des heurts violents impriment leur empreinte sur une capitale danoise habituellement tranquille, en apparence. Les forces de l’ordre locales font alors appel à des renforts de différentes régions du Danemark, et plusieurs pays européens viennent également à la rescousse en fournissant hommes, équipements et indications tactiques.

Durant toute la durée des hostilités, les charges de la police ont été particulièrement brutales. Les manifestants ont été dispersés à l’aide de gaz lacrymogènes extrêmement dangereux. Les policiers ont arrêté et placé en garde-à-vue des centaines de personnes, qu’elles aient eu ou non un lien avec les événements. Sans mandat, ils ont procédé à des perquisitions à un certain nombre d’adresses, et à plusieurs reprises passé à tabac des manifestants. Cela n’a toutefois pas empêché des milliers de jeunes de descendre dans la rue pour exprimer leur mécontentement. Dans son ensemble, la classe politique s’était, bien entendu, empressée de prendre ses distances avec les protestations et elle refusait d’une manière générale de considérer cette affaire comme un problème politique, tentant d’attribuer l’origine des protestations soit à une mauvaise éducation, soit à un nombre limité d’émeutiers et de casseurs. Mais l’inscription des protestations dans la durée montre que ces explications n’avaient pas de véritable fondement. Même si on a constaté un ralentissement des activités contestataires, des manifestations ont lieu désormais tous les jeudis depuis le 1er mars 2007. Ceux qui croyaient que la lutte pour une nouvelle Maison des jeunes allait se désagréger, ou qu’elle n’avait d’importance que pour quelques centaines d’activistes, se sont à l’évidence trompés. Les protestataires avaient une telle assurance qu’ils ont pu annoncer publiquement, non seulement qu’ils occuperaient une maison, mais quelle maison ils allaient occuper, le 13 octobre 2007. Bien que la police ait tenté de les en empêcher, plusieurs centaines de manifestants ont réussi à en forcer l’accès. Cette action témoigne, comme beaucoup d’autres, qu’une démocratisation du militantisme s’est produite. La protestation s’étend. Ainsi que le soutien apporté à la lutte pour une nouvelle Maison des jeunes et, au-delà, pour le droit d’organiser son existence d’une manière qui ne cadre pas toujours avec la vie définie par le capitalisme et structurée par le travail, la famille et une cuisine « américaine » conviviale.

Racisme et néolibéralisme au Danemark

La force surprenante du mouvement pour la Maison des jeunes, ainsi que la large adhésion aux manifestations sont certainement liées à la « campagne de normalisation » que le gouvernement s’acharne à mener. Depuis les élections législatives de 2001, où le Parti libéral (Venstre) d’Anders Fogh Rasmussen et le Parti populaire conservateur ont formé un gouvernement de coalition avec le soutien du Parti du peuple danois, d’extrême-droite, le système politique danois a développé un mélange particulier de démocratie, de racisme et de chauvinisme, que nous sommes tentés d’appeler une forme « national-démocratique de l’authenticité ». Cette idéologie relative au nationalisme danois, qui se manifeste avant tout dans le fait de cultiver l’authenticité et la xénophobie, a été fortement encouragée par le gouvernement de droite de Fogh Rasmussen. Depuis son accession au pouvoir en 2001, celui-ci a lancé une « lutte culturelle » qui vise autant la gauche que les musulmans. L’évacuation de la Maison des jeunes et les événements qui ont suivi ont été, avec les caricatures de Mahomet, les aspects les plus visibles de cette campagne contre les modes de vie alternatifs. En fait, le pouvoir a criminalisé une série d’expressions et d’actions jusqu’alors acceptées. Cette évolution locale s’inscrit évidemment dans une évolution historique globale plus large, qui porte actuellement la désignation de « lutte contre le terrorisme », mais qui représente en réalité une contre-révolution néolibérale amorcée depuis un certain temps et dont l’objectif est d’étendre le pouvoir d’une classe capitaliste étroitement définie.

La campagne contre les étrangers peut paraître étrange, dans la mesure où le Danemark est l’un des pays les moins « mixtes » (culturellement parlant) du monde occidental, et dans la mesure où il dispose de règlements stricts en matière d’immigration qui sont devenus plus restrictifs encore depuis 2001. Puisque la politique a été réduite à une question d’authenticité, l’idée même de société multiculturelle a été mise en scène comme une menace. Le retranchement a constitué la réponse aux défis lancés par la mondialisation. Les caricatures de Mahomet synthétisaient ce qui constitue, au Danemark, une croisade culturelle cohérente contre les musulmans. Les caricatures ne portaient en aucune façon sur la liberté d’expression : elles correspondaient à une nouvelle tentative du quotidien Jyllands Posten de provoquer et de diaboliser les musulmans. La manière dont le premier ministre a traité – ou plutôt s’est abstenu de traiter – correspond parfaitement à l’attitude générale envers les « étrangers », considérés comme peu enclins à se laisser intégrer dans la société danoise.

L’hétérogénéité culturelle et la sensibilité cosmopolite sont à l’évidence bien loin des préoccupations d’un gouvernement qui dépend du soutien du Parti du peuple danois, carrément raciste. En 1998, ce parti a obtenu treize sièges au Folketing (le Parlement) après avoir mené une campagne exclusivement basée sur la xénophobie. Cette situation a obligé non seulement les autres partis de droite, mais aussi le gouvernement social-démocrate de l’époque, à réagir. Les sociaux-démocrates se sont lancés dans la course aux suffrages racistes et ils ont apporté à plusieurs reprises des restrictions aux règlements danois en matière d’immigration à partir de juin 1998. Un certain nombre de quotidiens danois – comme les tabloïds Ekstra Bladet et BT – ont contribué à ouvrir la voie à cette évolution en « révélant » la manière dont certains réfugiés « exploitaient » le système public danois.

Lorsque après le 11-Septembre 2001, le président des États-Unis engage une « guerre contre le terrorisme » qui réduit la question de l’(in)égalité globale entre nations riches et nations pauvres à la lutte contre le terrorisme, le racisme trouve enfin au Danemark la légitimité qu’il attendait. Le Parti libéral, qui avait gagné les élections législatives de 2001, a ainsi formé un gouvernement avec le Parti populaire conservateur, bénéficiant du soutien du Parti du peuple danois, qui avait obtenu 12 % des suffrages exprimés. Contrairement à la France, par exemple, où l’on a réussi à isoler le Front national de Jean-Marie Le Pen, le Parti du peuple danois apporte ouvertement son soutien au gouvernement, ce qui lui permet d’exercer une influence non négligeable dans l’élaboration de son programme. Il n’est pas très surprenant que les restrictions supplémentaires apportées à la législation relative aux réfugiés aient joué un rôle central dans la politique du gouvernement : elles mettent pratiquement dans l’impossibilité d’obtenir le droit d’asile au Danemark. Mais la défense des valeurs danoises contre la menace d’une immigration musulmane ne représente toutefois que l’un des volets de la politique du nouveau gouvernement. Un autre volet consiste à soutenir George W. Bush et à apporter un appui actif à la « guerre contre le terrorisme ». Le gouvernement danois a été de la partie dès le début. Fogh Rasmussen a suivi fidèlement tout le parcours de Bush et de Blair, de l’Irak à l’Afghanistan où les soldats danois restent d’ailleurs en activité.

La campagne xénophobe contre les musulmans s’est accompagnée dans le même temps d’une attaque contre tout ce qui pouvait être perçu comme étant de gauche dans la culture politique locale. À en croire le gouvernement, le pays a besoin d’une purge des vieilles idées gauchistes de l’après-Mai 68 : ces idées qui menacent de déstabiliser la société danoise et de mettre en péril une communauté danoise cohérente au profit d’une société « pseudo » multiculturelle. Le gouvernement et le parti qui le soutient ont tenté, dans des proportions jusqu’à présent jamais vues, de faire pression sur un certain nombre d’établissements publics tels que Radio Danemark (DR) et les universités, pour qu’ils prennent leurs distances par rapport aux « dangereuses » tendances soixante-huitardes. D’anciens collaborateurs de Radio Danemark ont rapporté une très nette augmentation des tentatives qui visaient à exercer une influence sur les programmes, et le système universitaire connaît actuellement une mutation profonde, différentes idées émanant du monde économique commencent à se substituer aux notions de formation intellectuelle et d’autonomie. Dans le même temps, les crédits alloués aux écoles et aux hôpitaux se réduisent. Dans cette situation où le gouvernement s’est engagé dans la tentative de grande envergure de conférer un statut hégémonique à une forme de néo-conservatisme spécifiquement danoise, la Maison des jeunes et le quartier de Christiania dérangent. Chacun à sa manière, ces lieux sont parvenus à créer d’autres formes de communauté, reposant sur des valeurs incompatibles avec le projet politique du gouvernement.

Contre-attaque

Il peut sembler surprenant qu’une réaction ait mis si longtemps à se produire. Le gouvernement de Fogh Rasmussen a encouragé depuis 2001 un national-démocratisme spécifiquement danois, qui se traduit par le racisme, le soutien inconditionnel à la « guerre contre le terrorisme » des États-Unis, et la haine à l’encontre de l’intelligentsia, du radicalisme culturel, du « politiquement correct » et de l’Islam. Mais il aura fallu attendre l’évacuation de la Maison des jeunes pour qu’il se passe vraiment quelque chose, venant de la rue. Les grandes manifestations de mai 2006, qui ont rassemblé plus de 100 000 personnes contre les projets gouvernementaux de compression des budgets et des effectifs, elles ont été néanmoins canalisées sans difficulté par la logique habituelle du système politique en place, et de ce fait neutralisées. Il n’a pas été possible à cette époque de fixer un nouvel ordre du jour, et la social-démocratie n’a eu aucune difficulté – même si elle l’a fait de manière totalement abusive – à présenter les protestations comme l’expression d’un désir de changer de gouvernement. Cependant, les manifestations de 2006, comme les troubles de la Maison des jeunes, témoignent d’un mécontentement croissant de certaines parties de la population qui avaient jusqu’alors un comportement passif. Il n’a pourtant pas été possible jusqu’ici de relier les différentes protestations dans une même dynamique. Et, personne ne s’est encore sérieusement engagée jusqu’ici dans la lutte des « autres », personne n’a établi les liens entre l’antiracisme, la résistance à la guerre et la critique de la politique néolibérale du gouvernement.

C’est l’un des problèmes qui se posent actuellement : il n’existe apparemment aucune résistance cohérente. La poursuite des activités en faveur de la Maison des jeunes, les manifestations et les actions sont ainsi totalement déconnectées de ce qui se passe sur les lieux de travail à travers tout le Danemark. Les protestations n’ont pas encore réussi à mettre un terme aux reculs qu’on enregistre en permanence sur les lieux de travail : la flexibilité et l’intensification du rythme. Un écart démesuré se maintient entre la rue et la base ; le militantisme que nous avons vu dans la rue n’est pas encore parvenu à se propager. La lutte pour une nouvelle Maison des jeunes n’est toujours pas associée à une résistance plus large, englobant la critique des autres aspects de la campagne de normalisation et le rejet de la national-démocratie raciste que les forces néolibérales s’efforcent d’établir au Danemark. Il n’y a pas l’ombre d’un doute que c’est là une des tâches qui nous attendent : formuler une critique cohérente, permettant que les différents objets de la critique ne soient pas dissociés et parcellisés, mais au contraire regroupés dans une critique radicale du système capitaliste dans son ensemble – son argent et son régime. Dans cette confrontation avec la ligne dure que le gouvernement s’acharne à suivre, à la lumière d’une « guerre contre le terrorisme » qui veut que toute critique s’apparente à du terrorisme, il est nécessaire, en d’autres termes, de politiser davantage les protestations et de leur accorder une voix puissante dans un espace public consensuel, où la distinction entre gauche et droite est minime.La situation actuelle exige de la réflexion. Militer appelle nécessairement à discuter les fins et les moyens, à développer un nouveau discours et de nouvelles stratégies combinant critique, carnaval dans les rues et actions illégales nouvelles, susceptibles d’aller au-delà des protestations contre la mondialisation des années 1990. Dans cette situation, dénoncer l’usage de la violence est une erreur. S’il est vrai que nombreux sont ceux qui soutiennent les formes d’actions non-violentes, seules autorisées et pertinentes, mais on a tort de rejeter a priori l’emploi de la violence politique. La violence doit en réalité se comprendre comme une mesure préventive, dont le but est d’empêcher une violence bien plus destructive, qui se réalisera si on ne parvient pas à arrêter le capitalisme néolibéral militarisé et ses tentatives pour conserver son bien-être grâce au contrôle, à l’extension du marché, à la sphère publique provocatrice, à la « santé blanche » et au tourisme de l’extrême. Après les protestations qui ont accompagné le Sommet du G8 en Allemagne l’été dernier, nous pouvons témoigner de la manière dont on essaie de diviser le mouvement en deux fractions : l’une violente et l’autre non-violente. Il faut refuser ce cloisonnement. Les affrontements du mois de mars à Copenhague montrent que le pouvoir ne fait aucune différence. Il arrête aussi bien les casseurs que ceux qui se contentent de participer aux manifestations. C’est un moyen pour le pouvoir d’anéantir l’efficacité des protestations dans la rue, mais aussi leur crédibilité dans les médias. L’État sait qu’un monde alternatif est possible, et que la menace d’une résistance radicale est de ce fait réelle. C’est pourquoi il essaie toujours d’isoler les éléments rebelles en s’aidant d’organisations officielles, comme les syndicats et les partis ou différents groupuscules de gauche. Dans le même temps, il essaie de réduire la résistance à un baratin non politique, illégitime : « ce ne sont que des jeunes marginaux qui descendent dans la rue ». Si cela ne suffit pas, il peut décréter différentes formes d’état d’urgence, instaurer des zones dans lesquelles tout citoyen peut être fouillé et fiché, mesures qui rendent ainsi la vie difficile aux habitants de certains secteurs. Si l’État ne réussit pas à identifier et à contrôler les éléments perturbateurs, il peut établir des blocus dans des quartiers entiers. C’est ce qui s’est produit en mars à Nørrebro et à Christiania, et c’est ce qui est en train de se produire à nouveau avec l’instauration des zones de fouille dans plusieurs quartiers de la ville. Puisqu’on n’arrive pas à attraper les poissons, autant polluer l’eau.

Un groupe d’activistes du mouvement pour la Maison des jeunes a ainsi lancé en réponse le slogan : « Nous sommes tous des militants ! » Les tentatives de diabolisation des protestations doivent être rejetées ; on ne peut pas les diviser simplement. Elles sont au contraire l’expression d’une volonté générale d’opposer une résistance et de faire des choses qui vont à l’encontre de ce que souhaite l’État, des activités qui subvertissent les valeurs établies par le capitalisme. C’est pourquoi le besoin se fait sentir de dépasser les tentatives habituelles et récurrentes de prise de distance par rapport à la résistance militante. Que les organisations liées au mouvement ouvrier établi et les partis politiques en général participent à cette prise de distance ne surprendra personne ; elle illustre simplement le fait qu’ils sont liés, indissociablement, à la restructuration néolibérale qui s’est produite dans le monde depuis les événements de 1973 au Chili. Ce n’est pas d’eux qu’il faut attendre une solution. Il n’est pas dans leur intérêt que soient formulées des alternatives à l’évolution en cours. Le refus automatique de la résistance militante au profit d’une pratique de la critique non-violente ne fait que renforcer le statu quo et réaliser une falsification, car il est impossible de s’imaginer un mouvement révolutionnaire qui renoncerait à s’exprimer par la violence dans une lutte contre le capitalisme et l’État. Dans ce cas, abjurer la violence, c’est faire acte d’opportunisme. Il s’agit d’une tentative pour obtenir un temps de parole auprès d’une opinion publique consensuelle dépolitisée où toute déclaration critique est nécessairement déviée et récupérée, et être accepté en tant que partenaire au sein d’un dialogue ; ou alors du résultat d’un manque de compréhension de la nécessité de problématiser les représentations qui circulent autour de la violence.

Il est important, bien entendu, de s’assurer que le militantisme ne soit pas simplement réduit à ce que nous pourrions appeler l’individualisme de la révolte. Le militant n’est jamais une individualité, c’est une forme de collectif, de la même manière, exactement, que le prolétaire n’existe qu’en tant que collectif. L’exploitation n’est justement pas quelque chose qui arrive à l’individu seulement. Par conséquent, même si la révolte individuelle peut dans certaines situations apparaître comme moralement efficace, elle est toujours politiquement inefficace et revient nécessairement à court-circuiter la connaissance de soi. L’individu isolé en train de lutter se considère comme « élu » et regarde les autres comme des objets qui doivent être sensibilisés et mobilisés. Comme s’il s’agissait de forcer quelqu’un à faire quelque chose. La tâche ne consiste pas à organiser les autres, mais à s’organiser avec les autres, tout en étant impliqué dans des actions qui naissent de ses besoins propres. Le militantisme individuel se laisse réduire à une homologie avec le pouvoir lorsqu’il veut solliciter quelqu’un et que, par conséquence, il se militarise et frappe. Le fin mot de l’histoire, autrement dit, n’est nullement de glorifier l’usage de la violence. Il n’est pas sûr que la violence soit un élément essentiel à la fondation d’une société nouvelle, mais il est stupide et naïf d’imaginer la politique sans violence, et il ne fait aucun doute qu’il existe toujours un besoin de riposter, de se défendre et d’assurer ce qui est nouveau.

Traduit du danois par Anne-Marie Kiener.