Peuples climatiques ?

Le populisme, réputé menacer le bon fonctionnement des démocraties contemporaines, serait-il aussi l’un des principaux adversaires des politiques environnementales ? Le traitement politique de la question du changement climatique se heurterait-il, plus particulièrement, à une résistance populiste, entravant la recherche d’un accord international sur les mesures à mettre en œuvre pour limiter le réchauffement de la planète ? Cette idée qui s’exprime dans la critique du « populisme climatique »[1] est convaincante à bien des égards, notamment quand elle prend forme au sein d’une analyse du climato-scepticisme américain. La dimension populiste du « the American way of life is not up for negotiations » de Georges W. Bush est assez claire, le recours à la notion vague, mais supposée fortement mobilisatrice, de l’American way of life cherchant à rassembler, par-delà les divisions de la société américaine, le plus grand nombre des citoyens contre les politiques climatiques. Nous pouvons bien y voir une sorte d’appel lancé au peuple américain à se dresser contre des institutions supra-nationales qui menaceraient leur mode de vie et leurs libertés individuelles. Cette stratégie politique s’appuie, par ailleurs, sur un complexe scientifico-industriel qui œuvre à jeter le discrédit sur l’ensemble des travaux scientifiques mettant en évidence la responsabilité des activités humaines dans le changement climatique. Objectant des pseudo-arguments de bon sens, des constatations empiriques à la portée de tous, à la science des experts climatiques – le climat ne se réchauffe pas, puisqu’il a fait froid cet été, l’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère n’est pas un problème, car le CO2 est un gaz inoffensif et même nécessaire à la vie,  etc. –, ces « marchands de doute », qui ont fait du GIEC leur cible privilégiée, appuieraient cette forme de populisme politique par un « populisme scientifique ».

Si les effets négatifs de ces stratégies politiques, scientifiques et industrielles sur la construction d’un accord sur le climat attestent de la réalité du phénomène ainsi décrit, l’appellation de « populisme climatique » pour le désigner nous semble devoir être interrogée plus en avant. Sans remettre en cause l’important travail de mise au jour des agissements climato-sceptiques[2], ce que nous voudrions questionner, c’est l’inscription du climato-scepticisme dans un référentiel populiste. En se plaçant sur le terrain aujourd’hui largement débattu du populisme, cette critique appelle au moins deux éclaircissements. D’une part, il s’agit de s’interroger sur la façon dont l’opposition à la lutte contre le réchauffement climatique peut être dite « populaire ». D’autre part, dans son acception critique, qui est de loin la plus courante, la référence au populisme implique la désignation d’un peuple et d’une élite qui cherche à le séduire. Cela nous conduit à nous demander à propos d’un éventuel populisme climatique, si une entité collective que l’on pourrait désigner comme un « peuple climatique » existe. Essayer de répondre à ces questions va nous mener au cœur du débat actuel sur les populismes, où il est question d’une critique du populisme qui, bien souvent, porte mal son nom et de la possibilité de penser, à rebours de sa connotation péjorative, une forme de populisme « constitutif » du politique et de la démocratie[3].

 

Savoir des experts, ignorance du peuple

La notion de populisme climatique place au centre de la réflexion la question des rapports qu’entretiennent les citoyens ordinaires avec la science et, en particulier, avec les connaissances scientifiques sur le climat. De ce point de vue, l’idée qu’un populisme qui résiste aux politiques climatiques est à l’œuvre depuis la fin des années 1980 contient, en réalité, deux thèses, la première étant que les citoyens ordinaires ne parviennent pas véritablement à appréhender les savoirs experts sur le changement climatique, la seconde que le doute instillé à propos de ces connaissances scientifiques est mobilisateur, c’est-à-dire qu’ils motivent les citoyens dans leur grand nombre à s’opposer à la lutte contre le réchauffement climatique. Or, ces deux thèses ne vont pas de soi.

Plusieurs caractéristiques du changement climatique s’opposent à son appréhension par le citoyen ordinaire, en particulier son invisibilité et sa complexité[4]. D’une part, les conséquences du réchauffement de la planète sont dans une large mesure non détectables par les sens humains. D’autre part, les processus climatiques sont complexes et leur étude requiert le travail de nombreux experts évoluant dans différentes disciplines scientifiques. Toutefois, cette nécessité des experts ne dit pas l’incapacité des profanes[5]. Si les citoyens ordinaires ne sont pas à même de produire des connaissances scientifiques sur les processus qui conduisent au changement climatique, rien ne permet d’affirmer qu’ils sont incapables de comprendre les résultats des travaux de recherche sur le climat. Or, l’expression de populisme climatique suggère très précisément, au contraire, l’ignorance du peuple en cette matière sous deux aspects. Elle présuppose, en premier lieu, chez les citoyens ordinaires une disposition à se laisser aisément berner par les « marchands de doute » du climato-scepticisme. En second lieu, elle tend, en évoquant la façon dont les experts climatiques se verraient opposer un bon sens populaire, à réaffirmer plus largement une frontière nette entre savoirs experts et profanes que la crise environnementale, c’était l’un de ses rares mérites, avait contribué à rendre plus perméable, par le biais notamment de la reconnaissance des activités des lanceurs d’alerte. Par là, l’expression tend à faire oublier ce qui a motivé son élaboration, à savoir le fait que pour l’essentiel, le climato-scepticisme est porté par un complexe scientifico-industriel qui défend ses propres intérêts, non par une culture populaire que l’accusation de populisme tend à disqualifier au nom de son irrationalité et de son caractère pseudo-scientifique. De ce point de vue, l’accusation de populisme climatique détourne la critique du climato-scepticisme de sa cible réelle, faisant de l’ignorance ou de l’« analphabétisme scientifique » du peuple l’un des principaux obstacles à la construction de politiques climatiques.

Ceci nous amène à la seconde des deux thèses que nous avons évoquées. Le climato-scepticisme est-il réellement populaire et, surtout, mobilise-t-il le grand nombre ? Si l’on revient au rôle qu’il a joué lors du sommet de Copenhague, qui marqua sans doute le point culminant de son influence, le climato-scepticisme a eu, pour l’essentiel, un effet démobilisateur. Il n’a pas rassemblé un collectif de nombreux citoyens sous la bannière de l’opposition aux politiques climatiques. Son relatif succès s’est concrétisé lors de la conférence des parties, qui est tout sauf une assemblée de citoyens ordinaires.

En somme, situer la critique du courant climato-sceptique dans les coordonnées de la dénonciation du populisme ne nous semble pas pertinente, au sens où il présenterait une parfaite illustration de l’  « introuvable populisme » que décrit Rancière[6]. La notion de populisme, écrit-il, « construit un peuple caractérisé par l’alliage redoutable d’une capacité – la puissance brute du grand nombre – et d’une incapacité – l’ignorance attribuée à ce même grand nombre »[7]. Or, dans le cas du changement climatique comme dans la plupart des problématiques supposées hantées par le populisme, ni l’une, ni l’autre, ne nous semblent être au cœur du problème. Pour reprendre encore les mots de Rancière, « ni les “populistes” ni le peuple mis en scène par les dénonciations rituelles du populisme ne répondent vraiment à leur définition »[8].

Quel(s) peuple(s) ?

Il se pourrait, par contre, que le débat actuel sur le populisme comme problème auquel serait confrontée la démocratie apporte un éclairage sur les façons de penser les politiques climatiques. L’une des questions centrales de ce débat s’articule autour de la possibilité de renverser l’accusation de populisme et de voir dans certains des mouvements qualifiés de populistes, non pas l’expression des maux de la démocratie, mais une réappropriation du principe démocratique de la souveraineté populaire. Le débat est d’autant plus vif que la notion s’avère particulièrement instable, en premier lieu, parce qu’elle est utilisée pour désigner des mouvements extrêmement différents. Par-delà la quasi-constance de la connotation négative associée au terme, nous constatons, en effet, qu’il renvoie à des courants que presque tout semble opposer : il y aurait ainsi des populismes de droite et des populismes de gauche, des populismes anti-populaires, des populismes réactionnaires,  etc. C’est que tant que la notion reste enfermée dans une rhétorique politique de la dénonciation, il est facile à chacun des contradicteurs de retourner la critique qui lui est adressée, puisqu’en définitive, ce qui est en question, c’est la légitimité de la parole prise au nom du peuple : le critique du populisme dénonce, au nom de ce qui serait au fond l’intérêt véritable du peuple, la façon dont d’autres acteurs politiques prétendent défendre ce même intérêt.

Mais prendre la parole au nom du peuple suppose au moins qu’il existe, qu’il est déjà là, comme en attente de se voir, enfin, réellement représenté. Or, c’est précisément ce qui est contesté dans le débat actuel sur le populisme. Il s’agit de refuser le postulat de départ de la critique du populisme, qui consiste à présupposer l’existence d’un peuple défini par une appartenance nationale. Ce refus s’exprimait déjà dans l’idée deleuzienne du peuple qui manque et qui est à inventer[9]. Nous le trouvons également formulé chez Rancière, lorsqu’il écrit :

 

Car « le peuple » n’existe pas. Ce qui existe ce sont des figures diverses, voire antagoniques du peuple, des figures construites en privilégiant certains modes de rassemblement, certains traits distinctifs, certaines capacités ou incapacités : peuple ethnique défini par la communauté de la terre ou du sang ; peuple-troupeau veillé par les bons pasteurs ; peuple démocratique mettant en œuvre la compétence de ceux qui n’ont aucune compétence particulière ; peuple ignorant que les oligarques tiennent à distance,  etc[10].

 

De ce point de vue, l’opposition à la critique systématique du « populisme » ne conduirait pas tant à l’affirmation naïve selon laquelle le « peuple a toujours raison », mais à souligner la façon dont les mouvements dits « populistes » peuvent être l’occasion de voir se former des communautés de citoyens qui s’expriment et agissent ensemble, l’occasion d’observer la constitution de « figures de peuples » démocratiques.

Une fois le populisme ainsi redéfini, nous pouvons réexaminer l’hypothèse de l’existence d’un populisme climatique. Le changement climatique conduit-il à la formation d’un peuple ? C’est ainsi que l’on pourrait reformuler une interrogation sur le populisme climatique qui ne cherche plus à sonder un peuple pour déterminer s’il est massivement contre ou en faveur de la lutte contre le changement climatique, mais à observer si de la cause naît ce que l’on pourrait appeler une figure de « peuple climatique ». Cette reformulation de l’hypothèse populiste nous confronte immédiatement à une question d’échelle caractéristique du changement climatique. À quel niveau devons-nous nous situer pour essayer d’observer ce processus ? La première réponse pourrait être au niveau le plus global, elle consisterait à affirmer que la question climatique constitue l’humanité tout entière en peuple. C’est l’une des interprétations possibles du concept d’anthropocène. La reconnaissance du fait que l’humanité est désormais une force géologique susceptible de perturber fortement les équilibres dynamiques de la planète scellerait le destin commun des habitants de la terre et constituerait de facto les terriens en peuple.

Le problème avec cette idée du peuple de l’anthropocène est qu’elle en revient, en définitive, à la présupposition de l’existence d’un peuple. Car elle manque, en réalité, un point important, celui de l’auto-constitution d’une communauté ou d’un peuple. Le populisme ne peut représenter ce renforcement démocratique qu’à la condition de renvoyer à la formation d’un peuple qui se désigne lui-même comme tel. Or, dans le cas du changement climatique, il n’existe rien de semblable à une communauté politique globale qui se serait ainsi constituée. Plus encore, comme l’ont montré un certain nombre d’analyses critiques du concept d’anthropocène, présupposer l’existence de cette communauté globale conduit à effacer différences et inégalités, à les fondre dans une humanité naturalisée et indifférenciée[11]. Pour ces raisons, l’appel global à la constitution de l’humanité en peuple, le peuple de l’anthropocène, nous semble voué à l’échec.

Toutefois, si le peuple climatique global nous semble devoir rester manquant, nous pouvons peut-être observer la formation de communautés politiques de dimension inférieure. Dans ce sens, l’idée que nous allons suivre est que c’est très précisément des inégalités masquées par une approche qui s’en tient uniquement au niveau global, que naissent des collectifs susceptibles de donner corps à une forme de populisme climatique constituant. Ces mobilisations citoyennes pour la lutte contre le réchauffement climatique sont, en effet, inséparables d’une revendication de justice. En cela, elles se rapprochent des mouvements pour la justice environnementale, nés aux États-Unis dans les années 1980, qui ont vu des citoyens se mobiliser contre des inégalités environnementales, qui croisaient des inégalités sociales, raciales et de genre, et que l’on peut justement décrire comme un mouvement populiste ayant conduit à la formation de collectifs luttant efficacement pour leurs droits sociaux et la protection de l’environnement[12]. Pouvons-nous maintenant observer le même processus en passant de problématiques essentiellement locales à la question du climat ?

Il est désormais assez largement connu qu’une double inégalité caractérise le changement climatique, la première concerne les contributions respectives des pays au réchauffement, la seconde, les effets négatifs qu’ils subissent[13]. Ce sont les pays qui ont le moins contribué au réchauffement qui en subiront les conséquences les plus dommageables. Cette double inégalité est vécue et dénoncée comme une injustice par des populations qui estiment, en outre, que leurs voix ne sont pas entendues dans l’arène des négociations internationales sur le climat. Ce qu’exigent ces communautés, ce n’est pas tant une distribution juste des coûts de la lutte contre le changement climatique, selon l’approche privilégiée dans le processus de négociations, que de participer réellement à la définition des politiques climatiques[14]. Depuis le sommet de Copenhague, ce décalage entre l’approche institutionnelle et celle que représentent ces communautés a conduit à l’organisation d’événements[15], tenus parallèlement aux conférences des parties annuelles, qui, en se plaçant sous la bannière d’un rassemblement des peuples, cherchent explicitement à se démarquer des assemblées de gouvernants du processus onusien. Ces « contre-sommets » rassemblent une très grande diversité d’acteurs ainsi que l’indique, par exemple, la déclaration finale du Sommet des Peuples de Rio +  20 qui, en introduction, établit une sorte de liste non exhaustive des participants : « mouvements de femmes, indigènes, noirs, jeunes, agriculteurs et agricultrices, familles, paysans, travailleurs et travailleuses, peuples et communautés traditionnelles, quilombolas, défenseurs du droit à la ville, et religions du monde entier »[16]. Ils sont aussi, par conséquent, l’occasion de voir s’exprimer une pluralité de revendications environnementales, sociales et culturelles : souveraineté et autodétermination des peuples, exigence de réparation de l’injustice climatique, souveraineté alimentaire, défense des diversités culturelle et naturelle, opposition à la marchandisation de la nature, critique de l’économie capitaliste mondialisée, démocratisation des politiques climatiques. Partant de cette pluralité, les participants cherchent à construire des convergences entre les luttes afin d’opposer une autre réponse à la crise climatique, que celle qui leur est proposée par les institutions internationales, notamment sous le nom d’« économie verte ».

L’opposition forte, formulée dans les différentes déclarations finales de ces sommets, à ce qui est dénoncé comme les « fausses solutions » des gouvernants, nous semble bien inscrire ces mobilisations dans un cadre populiste. Mais ce populisme transnational échappe aux accusations de représenter une forme de repli identitaire ou communautaire, incarnant, au contraire, l’idée que les communautés qui rassemblent des humains, mais aussi des êtres naturels, sont à construire en vue de développer des formes de cohabitation plus harmonieuses avec la nature, ce qu’exprime par exemple l’idée du buen vivir. C’est dans ce sens que nous pourrions reconnaître dans ces assemblées ouvertes les traits de figures démocratiques de peuples climatiques.

Populisme et démocratie climatique

Dans le débat sur les rapports entre populisme et démocratie, le changement climatique peut ainsi jouer un rôle de révélateur. D’un côté, l’urgence climatique paraît susceptible de motiver une haine plus assumée de la démocratie[17]. Le temps accéléré de l’anthropocène ne serait plus celui du désordre démocratique, mais celui de l’autorité de gouvernants et de scientifiques responsables. De l’autre côté, les mobilisations citoyennes, qui connaîtront un nouveau point d’orgue, en décembre prochain à Montreuil, sous le nom de Sommet citoyen pour le climat, défendent l’idée que le changement climatique appelle une transformation profonde de nos régimes démocratiques pour se diriger, non pas vers une transition autoritaire, mais vers des politiques climatiques fondées sur la démocratie comme principe indissociable d’une revendication d’égalité, égalité dans le double sens du prendre part et de la réparation de l’injustice climatique.

Ces mobilisations ne nient pas pour autant l’urgence climatique. Si elles font la critique des politiques climatiques institutionnelles, elles n’en soutiennent pas moins la nécessité de conclure un accord contraignant sur le climat le plus rapidement possible, c’est-à-dire lors de la prochaine conférence des parties à Paris. Pour lever ce qui peut apparaître comme une ambiguïté dans les rapports entre ces mobilisations et le processus institutionnel, il peut être éclairant de se référer, concernant les politiques climatiques, à la distinction classique en philosophie politique entre le politique et la politique[18]. Les mobilisations citoyennes sur le climat sont portées par la volonté de reconfigurer la distribution des pouvoirs qui sous-tend les politiques nationales et internationales. De ce point de vue, leur action s’inscrit essentiellement dans le domaine du politique, domaine dans lequel elles s’efforcent précisément d’inscrire une question climatique que d’aucuns cherchent à cantonner sur le terrain commun de la politique et de l’économie. Mais, si l’on s’accorde à considérer que « le politique est le creuset dans lequel se forgent les pratiques de la politique »[19], ce positionnement n’implique nullement un désinvestissement de la politique climatique. Il est, au contraire, tout à fait compatible avec la volonté de peser sur l’organisation et le fonctionnement des institutions climatiques. Plus encore, en déconstruisant la présupposition de l’existence d’une communauté politique globale tout en incarnant des propositions visant à la construire, ces collectifs travaillent à rendre possible une véritable politique climatique.

 

[1]     Stéphane Foucart, Le Populisme climatique: Claude Allègre et Cie, enquête sur les ennemis de la science, Denoël, Paris, 2010, 320  p.

 

[2]     Sur ce point, l’ouvrage de Stéphane Foucart est tout à fait éclairant.

 

[3]     Ernesto Laclau, La Raison populiste, Seuil, Paris, 2008, 295  p.

 

[4]     Dominique Bourg et Kerry Whiteside identifient, plus précisément cinq caractéristiques des problèmes environnementaux contemporains qui rendent leur appréhension particulièrement difficile dans le cadre des démocraties actuelles : « le rapport à l’espace, au sens des frontières politiques, mais aussi des conséquences de nos actions ; l’invisibilité des problèmes écologiques ; leur imprévisibilité ; la dimension temporelle, sous la forme des conséquences à long terme de nos actions ; la qualification même des difficultés écologiques », Dominique Bourg et Kerry H. Whiteside, Vers une démocratie écologique : le citoyen, le savant et le politique, Seuil /La république des idées, Paris, 2010, p.  10.

 

[5]     Cette idée a conduit à faire une lecture erronée de l’ouvrage de Dominique Bourg et Kerry Whiteside, selon laquelle les deux auteurs défendraient une forme d’autoritarisme des experts. Voir Dominique Bourg et Kerry H. Whiteside, Pour une démocratie écologique – La Vie des idées, www.laviedesidees.fr/Pour-une-democratie-ecologique.html

 

[6]     Jacques Rancière, « L’introuvable populisme », inQu’est-ce qu’un peuple ?, La Fabrique éditions, Paris, 2013, p.  137‑ 143.

 

[7]     Ibid., p.  139.

 

[8]     Ibid., p.  142.

 

[9]     Guillaume Sibertin-Blanc, « Du simulacre démocratique à la fabulation du peuple : le populisme minoritaire », Actuel Marx, 2013, Populisme/Contre-populisme, no  54.

 

[10]   Jacques Rancière, « L’introuvable populisme », op.  cit., p.  139.

 

[11]   Christophe Bonneuil Jean-Baptiste Fressoz, L’Événement anthropocène : La Terre, l’histoire et nous, Seuil, Paris, 2013, 304  p.

 

[12]   Andrew Szasz, EcoPopulism: Toxic Waste and the Movement for Environmental Justice, University of Minnesota Press, 1994.

 

[13]   Stephen M. Gardiner, Simon Caney, Dale Jamieson et Henry Shue  (dirs.), Climate Ethics: Essential Readings, Oxford University Press Inc, 2010.

 

[14]   Catherine Larrère et Raphaël Larrère, Penser et agir avec la nature. Une enquête philosophique, La Découverte, Paris, 2015.

 

[15]   On peut citer : la Conférence Mondiale des Peuples sur le Changement Climatique et les Droits de la Mère-Terre de Cochabamba en 2010, le Sommet des peuples pour la justice sociale et environnementale, pour la défense des biens communs et contre la marchandisation de la vie de Rio en 2012, le Sommet des peuples de Lima en 2014, et le prochain Sommet citoyen pour le climat de Montreuil en 2015.

 

[16]   Extrait de la Déclaration finale du Sommet des peuples pour la justice sociale et environnementale, pour la défense des biens communs et contre la marchandisation de la vie de Rio en 2012.

 

[17]   Jacques Rancière, La Haine de la démocratie, La Fabrique éditions, Paris, 2005, 106  p.

 

[18]   Voir, par exemple, l’analyse de cette distinction que proposent Sandra Laugier et Albert Ogien dans, Albert Ogien et Sandra Laugier, Le Principe démocratie. Enquête sur les nouvelles formes du politique, La Découverte, Paris, 2014.

 

[19]   Ibid., p.  23.

 

Beau Rémi

Philosophe, ses recherches portent sur l’éthique et la justice environnementales. Après avoir soutenu une thèse intitulée « Éthique de la nature ordinaire », il est actuellement chercheur postdoctoral au Centre de Philosophie Contemporaine de la Sorbonne (PhiCo).