Politiser la jeunesse kanak

Politiser la jeunesse kanak
Au-delà d’une tradition calédonienne de boycott électoral, la jeunesse kanak délaisse un droit de vote chèrement acquis pour une sorte d’indifférence politique. Peut-on interpréter cette dépolitisation comme une rébellion, une fatigue démocratique face au recul permanent de la date du référendum ? Ou n’est-ce pas, plus fondamentalement, le signe de l’entrée de cette jeunesse dans la « modernité », mêlant individualité et rejet des tactiques politiciennes ? Quoi qu’il en soit, la reconquête citoyenne de cette frange de la population est, pour le mouvement indépendantiste, primordiale. Elle ne pourra se faire que par l’offre d’un projet de société et de perspectives crédibles d’insertion professionnelle ou de « reconnexion » à la terre.

Mobilizing the Kanak Youth
Beyond a tradition of electoral boycott, the Kanak youth looks away when voting time comes. Should this be interpreted as a form of rebellion, as democratic fatigue due to the constant pushing back of the date of the independence referendum, or as the sign of an entrance in “modernity”, in a mix of individualism and rejection of the politicians’ antics ? Reconquering this segment of the population is a crucial objective for the independentist movement. This can only be achieved by providing a credible project of society as well as new perspectives in terms of employment and “reconnection” to the land.

Anthony Tutugoro

Originaire de Nouvelle-Calédonie, rédige une thèse de science politique intitulée « L’institutionnalisation consentie du mouvement indépendantiste en Nouvelle-Calédonie (1988-2018). Créer l’indépendance dans un territoire en voie de décolonisation ». Il est également auteur-compositeur-interprète sous le pseudonyme d’« Inotux », avec deux albums autoproduits à son actif. Il encadre actuellement des travaux dirigés de droit constitutionnel en Licence 1 mention « Droit » de l’UNC à Nouméa.