Populisme tu m’aimes, moi non plus

Pour savoir si le populisme est frais il  n’est  pas  besoin  d’être populiste.

Aux portes des usines de Renault Billancourt, dans les années 1975, mon ami peintre Gianmarco Montesano cloua le bec à un militant maoïste qui lui posait perfidement la question destinée à lui ôter toute autorité face aux prolos : Mais dis donc toi, tu n’es pas un ouvrier ? (ce qui n’était pas difficile car notre artiste ne cachait nullement qu’il ne portait pas le bleu de travail). Montesano prit un air inspiré et déclara : « Mon vieux, le Président Mao a dit : pour savoir si un œuf est frais, on n’a pas besoin d’être une poule ! » L’arroseur en resta coi et arrosé. Le proverbe avait été entièrement inventé bien entendu, mais il paraissait frappé du coin du bon sens.

Il existe un équivalent toujours en Chine de ce proverbe : dans un poème datant de la période Song (960-1279), il est dit : si l’on veut voir le Mont Hua (HuaShan) l’une des cinq montagnes sacrées du pays, il faut en sortir.

Moralité : pour savoir si le populisme ancien et moderne est frais ou frelaté, il n’est pas besoin, Dieu merci, d’être populiste. Au contraire.

 

Le populisme maladie infantile de la multitude politique ?

La rattachement explicite de mon ancien thésard Inigo Erreron[1] (brillant co-rédacteur de la constitution d’Evo Morales en Bolivie alors qu’il n’avait pas 30 ans) à Ernest Laclau et à sa tentative de réhabiliter une politique « populaire » devant à la fois la dégradation de la gauche institutionnelle et il faut bien le dire les limites des « marxistes les plus intelligents du monde »[2] exige, comme nous nous y efforçons dans ce dossier, d’évaluer cette recette à la maladie de langueur dont paraît affecté le politique. Je résumerai cette maladie en deux mots : comment se fait-il qu’avec la crise que le capitalisme a subie depuis 1975 (cela fait la bagatelle de quarante ans) à la différence de la Grande dépression (1929-1939) de la Longue Dépression (1873-1994) nous ne voyons toujours rien venir, telle sœur Anne. Pas l’ombre d’un puissant mouvement ouvrier éclos dans l’ombre bottée de Bismarck, pas le début d’un New Deal. Une belle déroute de la gauche classique (le social libéralisme) chaque jour plus indiscernable d’une droite modérée, mais aussi une Bérézina de la gauche radicale. Certes la victoire de Syriza, celle espérée de Podemos, la constitution d’un gouvernement de coalition de gauche au Portugal, le virage à gauche du Labour britannique avec l’élection écrasante de Corbyn, tout cela met un peu de baume au cœur de la gauche.

Mais ces victoires encore fraiches ou à venir laissent un goût de doute dans la bouche : le peuple retrouvé ne va-t-il pas se scinder comme les journées de juin    1848 ont suivi la chute de la monarchie de Juillet en février de la même année ? Yanis Varoufakis, Eustache Kouvelakis, Frédéric Lordon, notre Mélenchon national le pensent.    Le Peuple va se faire avoir    par l’Europe, l’Euro et la Banque centrale européenne.    Pour    Frédéric Lordon, Syriza était perdu dès sa victoire en janvier pour n’avoir pas voulu renverser la table (= sortir de l’Euro).    Et logiquement Jacques Sapir estime que c’est la priorité politique    aujourd’hui.    Mais    à en croire ce dernier, pour obtenir ce résultat politique, il    faudrait constituer un bloc historique (Gramsci quand tu nous tiens) avec tous les partis politiques qui sont anti-européens, donc    avec le Front National. On déjeunera avec le diable même si c’est avec une longue cuillère.    Après tout le camarade Lénine pour renverser les socialistes révolutionnaires en Octobre n’a pas hésité à emprunter le train de Finlande obligeamment prêté par le Reich Allemand, à avancer les slogans « la paix maintenant » et « la terre aux paysans » (slogan qui faisait mal au cœur aux Bolcheviques autant qu’à K. Kautsky).

Le populisme est-il la maladie infantile de la multitude ? Pour le plat de lentilles du peuple retrouvé dans les urnes, faut-il brader l’Europe et l’écologie politique, les seules inventions politiques de la fin du deuxième millénaire et du débat du troisième ? Tout en moi dit : non possumus ; c’est impossible et cette fois-ci parfaitement français !

 

Cela est ma conviction, mon élan premier mais gardons la tête froide. Le populisme est un plat frelaté, redoutable comme la pomme empoisonnée de la sorcière du Peuple, celle de Michelet et de Grimm à la fois, qui veut se mirer en son miroir indéfiniment. Il faut sortir du populisme pour apercevoir quel océan de déceptions nous attend. Nous avons déjà Lénine et Mao embaumés dans les deux empires qui resteront probablement les derniers pays capitalistes. Cela écrit argumentons à contre-courant les raisons de cet étrange ballet : il m’aime le populisme, moi le démocrate, le radical, le partisan du mouvement qui va au fond des choses et ma réponse qui revient obstinée : « moi non plus ! »

La première déraison populiste : Paix aux cendres de Gramsci !

Antonio Gramsci qui a payé de la prison et de sa vie, l’incapacité du parti Communiste et du Kommintern de bloquer la résistible ascension du fascisme et du nazisme, a développé post festum une analyse intégrant le rôle de l’hégémonie culturelle comme élément indispensable pour échapper au déterminisme économiciste, péché mignon le Troisième Internationale. Pour lui seule l’alliance de classes hétérogènes dans leurs intérêts matériels est efficace pour opposer un bloc historique démocratique à la domination de la bourgeoisie sous sa forme « fasciste ». Or ce qui peut cimenter ce bloc historique c’est la culture et l’idéologie qui permettront au Parti révolutionnaire d’exercer une contre hégémonie efficace face au consensus culturel dont la bourgeoisie s’est occupée activement contrairement aux partis ouvriers qui ont délaissé ce terrain. Pour comprendre Gramsci il suffit de lire son compagnon de prison (qui lui s’en sortit, il mourut en 1970) Amedeo Bordiga l’autre grand vaincu au sein du Parti communiste italien. Bordiga a soutenu des positions en tous points opposées à celles de Gramsci et au Kommintern : dénonciation de la ligne de Front Unique (donc d’union avec la gauche socialiste), de revendication de plus de démocratie, importance cruciale du programme face au flou du bloc historique, faiblesse ou caractère toujours trompeur de l’idéologie.

L’un comme l’autre des deux grands dirigeants du Parti communiste italien pensent dans des conditions de reflux, à la façon de conquérir ou reconquérir l’État.

 

Deuxième déraison : Laclau et son signifiant vide inutile, incertain !

Il est frappant de constater qu’Ernest Laclau et Chantal Mouffe dans leur livre Hégémonie et Stratégie socialiste (1985) exaltent l’importance de la lutte de classe plutôt que le déterminisme économique. Pour eux les mouvements de gauche pour accéder au pouvoir et réussir à porter un projet socialiste de transformation révolutionnaire qui bat de l’aile après 1970, doivent bâtir de larges alliances avec différents groupes dans un projet de démocratie radicale et plurielle autour de valeurs de liberté et d’égalité même si une large indétermination demeure sur le sens de ces alliances et qu’un débat interne se poursuit parmi les composantes de cette gauche « plurielle ». Au purisme du programme du parti, doit faire place une plateforme susceptible de rassembler et d’introduire le concept de bloc historique doté d’une idéologie hégémonique sur la société, comme sur la gauche puis finalement sur l’État. Les entités sociales construisent par les pratiques sociales, par les « expériences de vie » chères à Wittgenstein un discours qui définit leur identité. L’identité masculine est construite, l’identité des valeurs résulte d’une construction culturelle. Dans son avant dernier ouvrage avant sa mort, La raison populiste, Ernest Laclau estime que « le Peuple » est le résultat d’une telle construction culturelle. Et le populisme construit un discours autour d’un signifiant vide (des mots qui expriment une idée universelle de justice qui structurera la vie politique et traduira l’hégémonie de la gauche dans la culture condition indispensable d’une victoire démocratique, Laclau n’a cure du « programme » comme contenu de l’idée. Pour Bernstein le mouvement est tout, le but rien. Pour Laclau c’est l’effet de l’idée, des mots (peu importe lesquels) qui compte. L’efficacité de l’hégémonie culturelle c’est l’idéologie qui attrape tout. Préciser trop le programme nuit à la conquête des masses.

En ce sens Laclau s’inscrit dans la lignée de Gramsci complétée par Althusser : on ne sort pas de l’idéologie, ce qui compte c’est l’hégémonie entendue au sens d’un consensus accepté comme légitime et presque naturel, même si les politiques savent qu’il est construit dans sa grammaire, dans son lexique. L’opéraïsme dans ses deux versants que ce soit le premier Tronti (celui d’Ouvriers et capital, pas celui tardif de l’autonomie du politique), ou celui de Negri, aux antipodes d’Althusser, déteste l’idéologie. Comme Bordiga qui définissait dans le marxisme des bègues (1952) que la matrice de l’idéologie était bâtie dans le capitalisme sur la forme du fétichisme de la forme salariale du travail, et que l’idéologie était toujours mystificatrice, ils ne pensent pas que l’idéologie soit jamais positive. Elle est toujours du côté des appareils idéologiques d’État. Mais dans Althusser 1970 (avant celui du matérialisme aléatoire et d’une véritable théologie de la libération communiste) on ne sort jamais de l’idéologie. Le sujet dans ses prétentions de libération est un assujettissement, une interpellation. Si bien que l’auteur de Pour le Capital, prend ses distances avec l’historicisme de la matrice gramscienne initiale de sa pensée de l’idéologie. Prenons l’exemple fameux chez Gramsci de Machiavel et du Prince. L’objet politique du Prince de Machiavel est l’unité italienne manquante. Ce n’est pas un signifiant vide (une baudruche ou une auberge espagnole) c’est l’unité de l’Italie qui manque après l’échec de l’unification du pays sous la domination de César Borgia. Autrement dit c’est un signifié manquant et pas un signifiant vide.

Le Peuple c’est toujours le Peuple qui manque, et la multitude, comme la théologie négative, est la définition de ce que le Peuple vrai, celui qui manque, n’est pas, préfère ne pas être. Le populisme c’est l’ersatz du Peuple qui manque, et dans ce reflux, l’éloge de l’idéologie. Comment cet éloge cynique de l’idéologie peut-il être compatible avec une perspective de libération que continue de charrier la notion de révolution ?

 

Le populisme politique peut irriter le peuple devenu la multitude !

La seconde critique par rapport à son couplage avec la démocratie et son approfondissement porte sur le concept d’hégémonie. L’hégémonie signifie la domination d’un État, d’un groupe, d’une classe, sur un autre État, sur la population, sur une autre classe ou sur plusieurs classes. Mais cette domination est acceptée, intériorisée comme légitime. C’est le tour de passe-passe d’Athènes aux habitants de Délos : non seulement ils doivent accepter de payer le tribut très lourd de la Ligue mais ils doivent la juger légitime, l’accepter. La perte d’hégémonie c’est le moment où la domination existe mais sans consensus. L’hégémonie ouvrière ou communiste dans une démocratie, « toujours plus approfondie » selon la formule inénarrable des pays de socialistes réels, peut-elle être, sans rire, le consensus à la domination ? Croit-on que la naïveté consensualiste « cuirassée de coercition » de cette prise « démocratique » du pouvoir, est acceptable par des « alliés » ? Pour des alliés qui ne ressemblent pas à une société composée d’une élite de 5 % de la population dans un océan de moujiks illettrés ! Ce n’est pas en dégradant le politique déjà dans un état catastrophique en populisme que l’on lutte contre le dégoût croissant qu’inspire la politique institutionnelle.

 

La troisième critique est l’étonnante faiblesse théorique et empirique des perspectives stratégiques du populisme chez Laclau. La prise du pouvoir a remplacé « le mouvement qui est tout » de Bernstein. En ce sens le but est la prise du pouvoir (essentiellement électoral car l’alliance des classes et groupes est rendue nécessaire par l’arithmétique électorale) mais pour quoi faire ? Le socialisme de Lacau présente toutes les insuffisances démontrées par le programme du socialisme réel (socialisme dur) et celui du socialisme mou (celui de la social-démocratie). Acceptons le populisme comme un « truc » pour accéder au pouvoir d’État ? Mais pour quoi faire ? Pour nationaliser les industries, les banques dans une économie mondialisée ?

 

Le populisme de gauche remède à la montée d’un populisme de droite ?

Décidément Gramsci a essayé de réécrire ce qu’aurait dû être une stratégie victorieuse contre la prise de pouvoir du fascisme. Paix à ses cendres ! Et on nous ressert la formation d’un bloc historique et la reconquête de l’hégémonie des « valeurs » contre le Front National, Erdogan, Orban et consorts en Europe. Mais quelles valeurs ? L’emploi pour tous, l’abolition du droit de licenciement comme le demandait longtemps la Ligue Communiste et la gauche radicale ? L’ennui c’est que l’abolition du droit de licenciement figure aussi avec la fin de l’Euro dans le programme du Front National ! À force de chercher à avoir des programmes larges on finit par travailler pour la construction d’énoncés sémantiques qui ne font plus sens.

 

Non décidément, populisme raffiné de Gramsci, ou populisme de Laclau un peu plus dégradé et pauvre conceptuellement car il ne vibre d’aucun des grands récits constitutifs de la gauche communiste moderne, vous pensez aimer ceux qui ont chevillé au corps l’espoir révolutionnaire, mais je doute que ceux-là vous répondent autre chose que : nous non plus !

 

Mais le populisme de gauche ne peut-il pas réconcilier la gauche avec le succès ?

Podemos dans les élections régionales espagnoles a renoncé à la revendication au revenu universel qui avait fait partie de son programme. Après avoir insisté dans sa période de formation du parti sur le programme, il a privilégié une stratégie de bloc historique large qui lui a permis de conquérir avec d’autres forces Barcelone. On pourrait dire que Syriza a renié une bonne partie de son programme anti-austérité devant l’Europe pour obtenir avec l’aide du FMI et des États-Unis une réduction de sa dette. Dans les deux cas, le signifiant vide, le peuple surgi ou à surgir des urnes s’est révélé étonnamment plastique et capable de compromis. Opportunisme sans véritable conviction, ou génie politique ? La gauche pour vaincre électoralement (en l’absence de divisions y compris les divisions spirituelles tant son capital intellectuel est tombé à un inquiétant étiage) est-elle condamnée au vague providentiel, à l’à peu près, au Peuple « des bègues » ?

On voit que ce « populisme » peut virer rapidement à un éloge du « politique » et à son autonomie. Le politique « als Beruf » comme vocation. La presse fourmille d’éloges du flair politique de cette génération « populiste » de gauche qui enfin tient la dragée haute au populisme de la droite extrême qui revendique au reste d’être l’original, même si les partis populistes conservateurs européens se remettent à piller le vocabulaire de gauche. Celui de la Nation, des pauvres, des exclus « de souche ».

 

Nous avons déjà dans le numéro de Multitudes consacré à l’interpellation plébéienne en Amérique Latine à partir des travaux d’André Corten et de son groupe de recherche, montré que la direction plus fructueuse n’est pas de rester collé à la petite Europe, à sa géopolitique électorale (qui ne traite même pas du seul sujet politique, à savoir l’organisation de l’Europe). Qu’il faut accoler les notions de composition de classe, aux théories de la post-colonialité du pouvoir, de pouvoir indigène. Qu’il faut conjuguer étroitement mouvements et transformation de la sphère institutionnelle. Toutes habitudes que les démocraties des pays « développés » du Nord ont largement oubliées.

 

Le populisme n’est pas le remède mais l’effet d’un manque fédéral de l’Europe.

Alors dans cette conjoncture de « reflux », (mais le populisme est comme un poisson dans l’eau du reflux), à quels critères recourir pour éviter qu’un populisme « de gauche » ne se prépare à devenir cocu    et que le Peuple soit invité à un banquet frelaté ! Trois directions à notre avis.

1. Penser que le populisme n’est pas le remède mais le résultat ou l’effet d’un dispositif et que tant que ce dispositif n’est pas déconstruit il y aura du populisme plutôt de droite dans l’air et victorieux.

2. Qu’en Europe le populisme de gauche n’a pas d’espace tant qu’il ne s’attaque pas en amont au dispositif institutionnel (un processus de fédéralisation rampante de l’Union européenne fortement bridé en confédéralisme qui forme un couple infernal avec un souverainisme réactionnaire parce que subalterne) en promouvant une politique anti-austéritaire à l’intérieur du cadre européen. Autrement dit en convertissant les poussées populaires ou multitudinaires en poussées fédéralistes. Autrement chaque poussée de gauche (contre l’austérité, pour l’égalité, pour la liberté de circulation et d’installation des migrants) se transforme quasi automatiquement en renforcement d’un souverainisme et d’une xénophobie, d’un repli identitaire. Nous avons essayé de le montrer à propos de la leçon grecque.

3. Que la crise de l’emploi, de la forme du salariat et la montée des formes d’activité productives pollinisatrices doivent porter de grandes revendications unifiantes et accélératrices de l’unification européenne comme un revenu d’existence européen, comme une garantie d’un bien vivre dans la transition énergétique et la sécurité environnementale, comme la convocation d’une constituante européenne à partir d’un référendum posant une question très simple (et pas le blanc-seing à un Traité de 600 pages) du genre : êtes-vous pour construire un destin commun des 28 membres de l’Union dans une constitution se dotant d’un gouvernement fédéral et donc élire au suffrage universel direct dans tous les pays membres en même temps une assemblée constituante ?

 

Un populisme de gauche au sens du moins pire (comme la démocratie est le moins pire des régimes) ne peut plus être que la promotion d’un programme et l’articulation en mots nouveaux du Peuple Européen qui manque.

 

Références bibliographiques

Laclau E., Hegemony and Socialist Strategy (with Chantal Mouffe) (Verso, 1985)
New Reflections on the Revolution of our Time (Verso, 1990)
The Making of Political Identities (editor) (Verso, 1994)
Emancipation(s) (Verso, 1996)
Contingency, Hegemony, Universality (with Judith Butler and Slavoj Žižek) (Verso, 2000)
On Populist Reason (Verso, 2005)

R.J. Barry Jones, Routledge Encyclopedia of International Political Economy, Routledge, 2001, p.    1106

Robert W. Cox. Gramsci, Hegemony and International Relations: An Essay in Method,
Millennium 12 No. 2 (1983) p.    162-175

 

[1]     Pour la petite histoire, j’avais été convié à donner le sceau européen à la thèse d’Inigo Erreron en participant ex post à son jury, ce que je fis volontiers. Je l’avais connu comme Pablo Iglesias dans l’école d’été de Carmona organisée à Séville. Le numéro deux et le numéro un de Podemos n’étaient alors que des activistes et brillants étudiants.

 

[2]     Mot de Lapo Berti au Colloque de Florence de 1971 du temps où l’operaïsmo italien qui allait donner Potere Operaio, puis l’autonomie ouvrière en Italie, pensait être sur la bonne voie de la révolution européenne. Lapo Berti ajoutait toutefois ces mots prophétiques : à force d’être intelligents, nous serons « baisés » (l’italien était encore plus leste).

 

Moulier-Boutang Yann

Professeur de sciences économiques à l’Université technologique de Compiègne, il enseigne l’économie et la culture européenne à l’Université de Shanghaï. Il a publié, entre autres, Liberté, égalité, blabla (Autrement, 2012), L’abeille et l’économiste (Carnets Nord, 2011) et Le capitalisme cognitif (Éditions Amsterdam, 2007). Co-directeur de Multitudes.