Quelques scénarios géomonétaires

La crise est le moyen capitaliste de soumettre à l’ordre économique la dimension sociale, et potentiellement politique, des résistances mûries dans la phase ascendante du cycle. Toutefois, cette crise a éclaté sur la base d’un enchevêtrement de contradictions et de rigidités à l’échelle globale, que des interventions de type keynésien à une échelle régionale arriveront difficilement à dénouer. Il est donc évident que la sortie de crise n’est possible que si les mesures de relance économique rentrent dans le cadre de stratégies géopolitiques ou géomonétaires précises[1].

Les scénarios à moyen terme (de cinq à dix ans) extrapolés à partir de la crise actuelle sont en substance au nombre de trois : « Le premier fondé sur le couple États-Unis-Chine (Chimérique), donc sur un pacte entre le dollar et le yuan. Le deuxième élargit le jeu à la Russie et aux puissances occidentales, Allemagne et France en tête, liées par un accord spécial entre Euroland et rouble (Eurasie). Déterminant ainsi, en parallèle à l’axe sino-américain, les prémisses d’un super Bretton Woods, un concordat à 360 degrés entre toutes les plus grandes puissances. Le troisième scénario, c’est l’exacerbation des déséquilibres (à commencer par le mélange vétéran-continental tournant au vinaigre et la poursuite des conflits en cours), jusqu’à rendre tout le système ingouvernable. Les catastrophistes ajoutent : pour ensuite reproduire l’août 1914 nucléaire cette fois, et à l’échelle de la planète[2]. »

Tous ces scénarios sont fondés sur l’inévitabilité du déclin de l’hégémonie américaine, le déclin de l’empire sans crédit, formule avec laquelle se décrit le paradoxe de la plus grande puissance mondiale qui est en même temps la plus grande débitrice globale. On peut légitimement douter de l’hypothèse « auto-évidente » du déclin américain, s’il est vrai que la crise est en train de toucher d’une manière particulièrement grave les pays asiatiques, de la Chine à Singapour, du Japon à la Corée du Sud[3]alors que les États-Unis continuent à être, pour aussi paradoxal que cela puisse sembler, l’un des havres les plus sûrs pour y investir des économies.

La crise actuelle a mûri à l’intérieur d’un ordre géomonétaire complexe dont les multiples acteurs étaient liés les uns aux autres par des intérêts autoréférentiels. La Chine peut soutenir que les Américains devraient épargner plus, mais seulement tant qu’une épargne supérieure ne touche pas ses exportations vers les États-Unis. Et les Américains peuvent demander aux Chinois, comme ils l’ont fait plusieurs fois dans le passé et comme, encore plus timidement, ils cherchent toujours à le faire, de réévaluer leur monnaie et d’augmenter leur consommation intérieure, mais ils se gardent bien de freiner l’achat de leurs Bons du Trésor par les Chinois. Par ailleurs, cette crise provoque déjà une forte réduction du flux net des capitaux privés vers les pays émergents (qui en 2009 ne dépassent pas 165 milliards de dollars, moins de la moitié des 466 milliards de 2008 et un cinquième des capitaux placés en 2007). De leurs côtés, les mesures d’incitation fiscale et de sauvetage des banques occidentales en état de faillite ne peuvent que générer le crowding out des marchés émergents et de ceux d’Europe de l’Est, ces mesures augmentant surtout le service de leurs dettes publiques. Ce qui, soit dit en passant, peut inciter certains pays asiatiques à chercher à se protéger en augmentant plus encore leurs réserves monétaires et en investissant leurs économies dans les dettes des économies plus développées, répétant de cette manière les mêmes dynamiques qui ont favorisé l’explosion du crédit aux États-Unis. En d’autres termes, les déséquilibres fondamentaux à la base du développement par la crise du capitalisme financier de ces dernières années sont destinés à durer encore pour longtemps, comme le soutient Martin Wolf dans les pages du Financial Times[4].

Dès lors, ce n’est pas le déclin de l’empire américain qui contraint à rechercher la voie de la coopération internationale pour mieux gérer les déséquilibres globaux, mais bien le fait que cette crise est destinée à durer longtemps sans qu’aucun pays ne soit en mesure de se substituer aux États-Unis dans le rôle de guide de l’économie mondiale. Comme le disait David Brooks, dans le système global actuel, ce qui paralyse le capitalisme, c’est l’impossibilité de décider. La dispersion du pouvoir « devrait en théorie être une bonne chose, mais en pratique la multipolarité signifie un pouvoir de veto de chacun sur l’action collective. En pratique, ce nouveau monde pluraliste a donné naissance à la globosclérose, l’incapacité de résoudre un problème après l’autre ». En d’autres termes, la crise a miné à la racine le concept même d’hégémonie économico-politique unilatérale et multilatérale, ce qui contraint à explorer de nouvelles formes de gouvernance mondiale.

Le premier pas dans cette direction, c’est d’assurer les pays émergents qu’en cas de crise de liquidités, ils ne seront pas abandonnés à eux-mêmes. Il faut interpréter comme une innovation dans cette direction l’offre de ligne de crédits, faite en octobre 2008 par la FED, à quatre pays émergents, bien que les destinataires disposaient d’abondantes réserves. L’objectif est de mieux coordonner les mesures de politique économique pour réorienter les flux de capitaux de manière à stimuler la demande interne des pays émergents, sans compromettre les équilibres monétaires entre le dollar et les autres monnaies. Il faut veiller à ce que cette stratégie inclue les pays de la zone européenne, étant donné que l’Allemagne est elle aussi structurellement en excédent commercial et a donc tout intérêt à poursuivre des politiques de relance de la demande interne pour compenser la chute de la demande externe.

À souligner que la mise en œuvre de cette stratégie géopolitico-monétaire ne fait jouer pour le moment au FMI qu’un rôle tout à fait marginal. Les sommes en jeu vont bien au-delà des disponibilités financières du Fonds. Il est admis que, dans le moyen-long terme, une réinvention opérationnelle du FMI (in primis une augmentation substantielle de ses liquidités, comme l’augmentation de 500 milliards de dollars décidée par le G20, et une redistribution interne du pouvoir des États-Unis vers les pays émergents) se révélera nécessaire, pour la simple raison que les États-Unis ne peuvent garantir dans le moyen terme l’assistance aux pays émergents avec des lignes de crédits « prudentielles ». La construction d’un super Bretton Woods et du FMI comme son nouveau bras armé doit se confronter avec une caractéristique du Fonds qui constitue le cœur de la gestion de la politique néolibérale américaine des dernières décennies.

Il s’agit de l’inscription dans les statuts du Fonds, demandée avec insistance par les USA, de l’obligation de convertibilité en compte capital (une convertibilité que Keynes, durant les travaux préparatoires aux accords de Bretton Woods, avait combattue de toutes ses forces) là où avant il n’y avait seulement que la convertibilité en compte courant.

« Et pourtant la différence entre les deux notions est essentielle. Dans la convertibilité en compte courant on met l’accent sur les flux de devises qui sont la couverture des transactions réelles, d’échanges de biens et de services, des flux touristiques ou qui encore correspondent aux transferts des revenus des migrants. Dans la conversion en compte capital, sont autorisés toutes les opérations de portefeuille, tous les instruments possibles de spéculation[5]. »

L’idée d’un nouveau Bretton Woods consisterait donc à retirer des statuts la convertibilité en compte capital qui depuis les années 1980 a représenté le présupposé des processus de libéralisation des marchés internationaux et de l’accumulation des déséquilibres globaux qui ont généré de manière répétée les crises financières des 30 dernières années. Aujourd’hui, le même FMI reconnaît que cette liberté des mouvements de capitaux a grandement contribué à la déstabilisation du système des échanges commerciaux et des flux financiers internationaux. Le retrait de l’obligation de convertibilité en compte capital dans les statuts d’un hypothétique nouveau FMI aurait pour objectif fondamental de rétablir la souveraineté économique des nations et la symétrie des rapports de change garantis par un système monétaire supranational. Mais il aurait comme conséquence inévitable le blocage du dispositif qui a assuré, certes avec une accumulation impressionnante de contradictions et de dérives financières, le développement et l’affirmation du biocapitalisme financier.

Pour commencer, les États-Unis ne pourraient plus bénéficier de l’afflux massif de liquidités en provenance des pays émergents ce qui, comme on l’a vu précédemment, a permis au capital américain de faire exploser la consommation au moyen de l’endettement des familles américaines. Néanmoins, l’hypothèse d’un nouveau Bretton Woods confirme donc qu’une telle réforme aurait des effets spectaculaires sur le modèle de société qui, après avoir démantelé le Welfare State, a fait de la consommation et de l’endettement privé le moteur de son modus operandi. « Le point de rupture entre les partisans du vieux désordre monétaire et les partisans d’une véritable reconstruction du système monétaire et financier se concentrera sur deux questions : le contrôle des capitaux et les formes de protectionnisme qui permettent d’éviter l’importation des effets dépressifs des politiques de certains pays[6]. »

Pour le moment, la volonté du gouvernement chinois de continuer à acquérir des titres de l’État américain ne semble pas remise en cause (au cours des dernières années, la Chine a acquis 2 000 milliards de dollars en Bons du Trésor des USA). Mais le gouvernement chinois lui-même a dévoilé l’hypothèse d’une réforme radicale du système monétaire international pour sortir du « piège du dollar », donc du risque réel de sa dévaluation[7].

« La disponibilité chinoise, a écrit Alfonso Tuor, a pourtant un prix qui est très élevé surtout pour les États-Unis. Pékin demande la réforme du système monétaire international (un nouveau Bretton Woods) avec l’objectif de créer une monnaie d’échange supranationale à la place du dollar. Les autorités chinoises pensent que cette fonction peut être assumée par les Droits de tirages spéciaux (DTS ou Special Dmwing Rights, SDR) du Fonds Monétaire International[8]. » Bien que l’hypothèse de réforme, dont la seule évocation a immédiatement déstabilisé le dollar sur les marchés financiers, doive être envisagée de manière graduelle, il est clair qu’elle se traduirait par la perte de l’hégémonie de la monnaie américaine au bénéfice de l’institution d’une monnaie supranationale (Special Drawing Rights), une unité monétaire synthétique constituée par un ensemble de monnaies nationales.

Il faut rappeler en effet que les Droits de tirages spéciaux (DTS) ne sont pas une vraie monnaie supranationale, mais une unité de comptes composée d’autres monnaies nationales (dollar, euro, yen et livre sterling). Cela signifie que l’idée de sortir du piège du dollar dans lequel se trouve la Chine après des années d’investissements de ses propres réserves financières en Bons du Trésor américains, ne peut donc être comprise que comme le désir de l’autorité monétaire chinoise de diversifier ses propres réserves financières, ou en d’autres termes, de réduire la détention de dollars au bénéfice des autres monnaies nationales comme l’euro, le yen et la livre sterling. La réduction du montant de dollars détenus se traduirait par la dévaluation de la monnaie américaine, une dévaluation qui pénaliserait certainement les exportations chinoises. Le fait que, pour le moment au moins, ni les Chinois, ni les Américains ne mettent en discussion le déséquilibre fondamental entre pays excédentaires à l’exportation et pays développés en déficit commercial (USA et Grande-Bretagne), rend hautement problématique une réforme du système monétaire international sur cette base.

Comme l’a écrit Joseph Halevi, en commentant les résultats du sommet du G20 du 2 avril 2009 à Londres, « dans le Financial Times du 31 mars [2009], Martin Wolf avait défini un critère simple pour évaluer les décisions du G20. Ces pays réussiront-ils à déplacer la distribution de la demande mondiale des pays en déficit vers les pays en excédent commercial pour faire en sorte qu’ils dépensent et importent ? L’hypothèse de Wolf, qui s’est révélée exacte, était qu’ils ne tenteraient même pas de le faire. Comme l’observe le New York Times, le sommet a approuvé la mise en place, dans le cadre du Fonds Monétaire International, de fonds de précaution en cas de crise du défaut de paiement des pays en voie de développement et de lignes de crédits pour un total de 1 100 milliards de dollars, mais il n’a pris aucune mesure directe pour stimuler la demande. Les membres du G20 n’étaient donc pas politiquement en mesure d’affronter la question cruciale posée par Wolf. Pour dénouer la situation, il serait nécessaire de rompre avec la déflation salariale en Europe et de réorienter les structures productives au Japon comme en Chine[9]. »

Cette crise signe, de fait, la fin de la possibilité de continuer à compenser l’épargne interne des pays en surplus avec l’endettement interne des pays en déficit. « Il y a deux ans nous vivions dans un monde dans lequel la Chine pouvait épargner beaucoup plus que ce qu’elle investissait et disposer des économies excédentaires en Amérique. Ce monde n’existe plus[10]. » Si on voulait vraiment réformer le système monétaire international pour éviter de reproduire les déséquilibres fondamentaux sur une échelle globale, alors il serait nécessaire d’agir par l’institution d’une véritable monnaie supranationale, un pur vecteur de pouvoirs d’achat national, comme le Bancor proposé sans succès par Keynes à Bretton Woods en 1944, ou comme la monnaie supranationale théorisée depuis des années par l’économiste français Bernard Schmitt.

Dans cette perspective, non imminente mais nécessaire, se joue la possibilité de sortir politiquement, plus qu’économiquement, de la crise en cours. L’arrêt de l’accumulation capitalistique à l’échelle globale doit être réinterprété à la lumière de ces forces contradictoires. D’un côté, il est possible que cette crise dure très longtemps, ou qu’elle soit suivie de manière répétitive de crises similaires n’est possible d’autre part que, pour sortir de la crise, le système monétaire international soit redéfini dans le cadre des souverainetés nationales et/ou de pôles régionaux et de la symétrie des échanges commerciaux[11].

En attendant, il est sage de suivre ce que le nouveau New Deal de l’administration Obama aura réussi à réaliser. Les investissements dans la santé accompagnés de la réforme de l’assurance maladie, et les investissements dans l’éducation représentent de loin les deux mesures qui généreront le plus de croissance de l’emploi, beaucoup plus que les réductions fiscales, pour lesquelles les canaux de transmissions du revenu supplémentaire disponible vers la demande de biens de consommation sont aujourd’hui inopérants[12]. Parmi les diverses mesures du plan de relance de l’économie interne (Financial Stability Plan, FSP) il y en a une qu’il faut surveiller en particulier. Il s’agit de l’HomeownerAffordabilityStability Plan, une mesure qui d’un côté, cherche à relancer la demande de logements en baissant les taux hypothécaires et en rendant plus accessible les prêts conventionnels avec injection de liquidités aux organismes de financement du logement, Fannie Mae et Freddie Mac et qui, d’autre part, autorise les juges des faillites à recalculer les prêts pour des maisons détenues par des propriétaires insolvables.

Cette dernière mesure constitue un précédent de portée historique, étant donné qu’aux États-Unis les prêts pour résidences principales étaient les seuls que les tribunaux jugeant les faillites ne pouvaient pas recalculer.

Dans l’ensemble, il s’agit d’une mesure financière innovante par rapport à toutes les autres interventions au secours du système bancaire et assurantiel prévu par le FSP – interventions qui jusqu’à maintenant se sont révélées totalement inefficaces, de véritables fiascos, pour utiliser l’expression de Paul Krugman. La constitution d’une caisse de refinancement hypothécaire des familles américaines est en fait l’unique mesure technique possible pour redonner une valeur, un prix, aux titres dérivés qui aujourd’hui engorgent le système bancaire mondial. Surtout, c’est une mesure d’intervention sans effet immédiat sur le déficit public, le financement étant étalé sur les trente ans des contrats de prêts. En d’autres termes, le plan prévoit de sauver environ 4 millions de familles de la saisie de leur maison, mais d’une manière qui redonne une valeur concrète à la base des titres délivrés (titrisés). Ce plan permet de sauver les banques beaucoup mieux que les interventions de sauvetage réalisées jusqu’à maintenant. Le principe est clair : partir du bas pour réformer le système monétaire.

En fait, au-delà de l’aspect technique et de la spécificité bien américaine de la mesure d’intervention au secours des propriétaires de maisons pris dans le piège des crédits faciles, ce qui compte dans cette mesure c’est le principe, la philosophie qui en est la base. Elle répond à plusieurs considérations. En premier lieu, cette mesure aborde, au moins sous une forme embryonnaire, la question du droit de propriété sociale d’un bien commun, un droit qui de toute évidence est en train de devenir plus important que le droit des propriétés privées, qui est encore le droit unique et exclusif aujourd’hui concevable. En d’autres termes, si jusqu’à aujourd’hui l’accès à un bien commun a pris la forme d’une dette privée, à partir d’aujourd’hui il est légitime de concevoir (et de revendiquer) le même droit sous la forme de rente sociale. La rente sociale est la formule qui, dans le capitalisme financier, assume la redistribution du revenu, le mode sous lequel la société reconnaît à tous le droit de vivre dignement. Dans ce sens, la rente sociale est déclinable sur de nombreux terrains, en particulier sur celui de la formation et de l’accès à la connaissance sous la forme du droit à un revenu d’étude garanti.

 

En deuxième lieu, cette mesure de New Deal de la nouvelle administration démocrate américaine semble être à même de réunir deux niveaux, deux dimensions généralement en conflit. D’une part, il s’agit de l’intervention locale, de l’aide visant à garantir un niveau donné de la demande agrégée en intervenant ponctuellement là où la crise détruit revenus, postes de travail et existences. D’autre part, cette intervention a une dimension intrinsèque globale, puisqu’elle vise à redonner une valeur économique à des instruments financiers qui, par définition, ont été créés pour être mis dans la circulation financière globale, c’est-à-dire dans les portefeuilles d’instituts et fonds d’investissement de toute sorte. Un des pires risques de cette crise, en effet, est la fermeture sur eux-mêmes des États-nations, la course à des dévaluations compétitives pour reconquérir de parts de marché en les soutirant aux autres par des mesures protectionnistes. C’est ainsi, en général, qu’éclatent des guerres.

En dernier lieu, dans cette mesure nous retrouvons la dimension absolument essentielle du temps, le fait que l’aide aux familles sous forme d’une garantie de rente sociale est un réel investissement dans le futur. Ces interventions au bas de l’échelle permettent non seulement d’éviter des augmentations rapides et massives de la dette publique, mais elles impliquent un horizon temporel long, une perspective par laquelle le développement qualitatif pour les nouvelles générations peut être mieux assuré par le biais d’investissements dans la petite enfance, dans l’école, dans l’accès au marché du travail.

 

Prendre du temps signifie se doter des moyens pour construire son propre avenir, le libérer de l’anxiété du profit immédiat. Cela signifie prendre soin de soi et de l’environnement dans lequel on évolue, favoriser une croissance socialement responsable. Sortir de cette crise sans se demander que veut dire consommer, produire, investir, implique la reproduction des présupposés du capitalisme financier, la violence de ses variations à la hausse et à la baisse, la philosophie selon laquelle « tout est dans le temps, rien n’est dans l’homme ». Afin que l’homme redevienne tout, il faut se réapproprier le temps de son existence.

 

[1]    Nous republions ici le dernier chapitre du livre de Christian Marazzi, La brutalité financière, Grammaire de la crise, paru en italien aux Edizioni Casagrande en 2009, et en français en 2013 aux Éditions Réalités sociales et de l’Eclat, avec une traduction de François Rosso en Anne Querrien.

 

[2]    Lucio Caracciolo, « L’impero senza credito », Limes, 5, 2008.

 

[3]    « Asia’s suffering », The Economist, 31 janvier 2009.

 

[4]    Martin Wolf, « Why will G20 leaders fail to deal with the big challenge », FT, 1 avril 2009.

 

[5]    David Brooks, Herald Tribune, 2 août 2008.

 

[6]    Sapir, op. cit., p. 3.

 

[7]    Cf. Zhou Xuiaochuan, gouverneur de la banque centrale chinoise, Reform the international monetary system. http// : goo.gl/VIZJ5.

 

[8]    Alfonso Tuor « Chi paghera il conto della crise ? », Corriere del Ticino, 27 mars 2009.

 

[9]    Joseph Halevi, « Il summit e i conflitti intercapitalistici », Il manifesto, 4 avril 2009.

 

[10]   Paul Krugman, « China’s dollar trap », The New York Times, 3 avril 2009.

 

[11]   Martin Wolf, « Why President must mend a sick world economy », Financial Times, 21 janvier 2009.

 

[12]   Michael Mandel, « The two best cures for the economy », Business week, 23-30 mars 2009.

 

Marazzi Christian

Économiste, est professeur à la Haute école spécialisée de la Suisse italienne. Trois de ses livres ont été traduits en français par Anne Querrien et François Rosso : La place des chaussettes (L’éclat 1997), Et vogue l’argent (L’Aube, 2003) et La brutalité financière (Réalités sociales et L’éclat, 2013)