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La critique comme forme de vie démocratique
L’actualité bouillonnante de l’idée de formes de vie a accouché de tentatives multiples de conceptualiser la démocratie comme forme de vie. Cet article met en évidence certains écueils de cette réflexion en train de s’ébaucher, en particulier l’accent placé sur les enjeux de connaissance de la démocratie, la primauté conférée à l’idée de règle pour penser les institutions, et le retour à la vertu comme ressort de la démocratie. Il défend, par opposition, une conception de la démocratie comme permettant et exigeant la critique de la ou des forme(s) de vie instituée(s).

Criticism as a form of democratic life
The bubbling news of the idea of life forms has given rise to multiple attempts to conceptualize democracy as a form of life. This article highlights some of the pitfalls of this emerging reflection, in particular the emphasis on the issues of knowledge of democracy, the primacy of the idea of rule for thinking institutions, and the return to virtue as a spring of democracy. It defends, by contrast, a conception of democracy as permitting and demanding criticism of the instituted form(s) of life.

Des étudiants en architecture peuvent-ils s’installer, en toute liberté, pendant quelques heures sur une place quelconque de la ville, avec un léger dispositif mobilier pour dialoguer avec les passants autour de leurs maquettes d’espace public ? Pourrais-je sortir ma chaise sur le trottoir pour en faire autant ? Le Fonds d’Aide à la Création Artistique financera-t-il encore […]

Droits fondamentaux et hospitalité
L’accueil des migrants et réfugiés montre que dire la loi n’est plus ouvrir des droits. De nouvelles attitudes sont à développer chez les militants de l’hospitalité : la désobéissance civile, la défense des droits premiers que sont la dignité, la circulation et l’établissement, qui sont hiérarchiquement supérieurs au droit de propriété. Il faut chercher à développer les capabilités des personnes accueillies et se soucier de l’effectivité des droits reconnus. Cela implique de chercher à développer le « bien vivre ensemble ». Il n’y a pas à distinguer de motifs économiques, politiques, climatiques de migration. Les pratiques d’hospitalité qui se font jour un peu partout concernent toutes les victimes de l’exclusion sociale, y compris locales.

Fundamental Rights and Hospitality
Our dealings with migrants and refugees reveal that promulgating laws no longer entails the opening of rights. New attitudes must be developed by militants for hospitality: civil disobedience, defense of basic rights such as dignity, circulation and establishment, which are hierarchically superior to property rights. The capabilities of the incoming people must be developed and established rights must be enforced. This leads towards an effort for “living well together”. It is pointless to make distinctions between economic, political or climatic motives for migrations. The practices of hospitality emerging from all sides address all victims of social exclusion, including among the local populations.

Nouvelles réflexions sur le lieu des Sans-État
Calais, son camp, ses migrants

Il s’est passé dans le camp-bidonville de Calais en quelques mois des phénomènes, certes minimalistes mais bien réels, d’aménagement de l’espace, de socialisation, d’échanges avec les habitants et de politisation des occupants, qu’on retrouve en général dans les camps contemporains, mais qui ont eu lieu ici en accéléré. L’exemple de Calais permet de nouvelles réflexions sur le lieu des Sans-État aujourd’hui, sur l’édification d’un nouveau monde dans le monde, peuplé par eux et par ceux qui les accompagnent ou les visitent.

New Thoughts on the Place of the Stateless
Calais, its Camp, its Migrants

Many things have happened in the Calais camp-slum within a few months, small but real and meaningful, in terms of space allocation, socialization, exchanges with the locals and politicization of the migrants — things that are common in many camps but which happened here in a fast-forward mode, and which call for new thoughts on the place of the Stateless, on the construction of a new world within the world, inhabited by migrants, by those who accompany or visit them.

Volonté générale 2.0 ?
Rousseau mis à jour par Hiroki Azuma

La crise de la démocratie d’aujourd’hui a remis en cause la notion même de la solidarité. Le philosophe japonais, Hiroki Azuma, dans Volonté générale 2.0, présente un argument qui repense les conditions de participation et de présence de la politique. En prenant pour fil conducteur la notion rousseauiste de « volonté générale », il essaie de mettre à jour cette notion classique, en se référant au développement de la technologie informatique. Notre article vise à mesurer la portée politico-philosophique de la « volonté générale 2.0 ».

General Will 2.0?
Rousseau Updated by Hiroki Azuma

The crisis of democracy today questioned the idea of solidarity. Japanese philosopher, Hiroki Azuma, in General Will 2.0, presents an argument engaging our reflection on the presence of poli-tics in a digital world. As the title suggests, he tries to update Rousseau’s « general will » in light of the development of information technology. Our paper aims to examine his updated concept, « general will 2.0 » and to measure the politico-philosophical range of his argument.

Subjectivités computationnelles et consciences appareillées

Cet article revient sur la notion de « subjectivité computationnelle » formulée par David M. Berry visant à développer une approche critique des technologies numériques. Afin de comprendre les implications philosophiques d’un tel rapprochement entre « subjectivation » et « computation », nous revenons tout d’abord, via Leibniz et Hannah Arendt, sur l’émergence des sciences modernes qui visent à faire du « sujet » classique une entité calculante. Nous voyons ensuite comment les sciences « comportementales » ont influencé la conception des ordinateurs en substituant à la raison humaine des modélisations rationnelles déléguées à des machines. Pour sortir de l’impasse d’une déshumanisation annoncée dès la fin des années 1970 par des auteurs comme Ivan Illich ou Gilles Deleuze, nous envisageons enfin la « subjectivation » comme un processus qui ne nécessite pas qu’il y ait sujet. Le concept d’« appareil », tel que le propose Pierre-Damien Huyghe à propos de la photographie et du cinéma, peut ainsi être étendu aux machines computationnelles pour penser de possibles « consciences appareillées ».

Computational Subjectivities and Apparatus-Consciousness

In continuation with David M. Berry’s considerations on “computational subjectivities”, this paper goes back to the emergence of modern science, via Leibniz to Arendt, questioning the attempt to see the classical “subject” as a calculating machine. After behaviorism had greatly influenced computer science, after Ivan Illich or Gilles Deleuze’s redefinition of the subject, we can now envisage processes of subjectivation without a subject. The concept of apparatus, as theorized by Pierre-Damien Huyghe’s analysis of the photographic camera, can be extended to computation and help us conceive of “apparatus-consciousness”.

Joseph Yosef Dadoune .رخالا / רחאה

quatrième de couverture: Joseph Dadoune, Border Notes, 08/07/2014 − 26/08/2014, suite de 50 dessins, 48 x 32,9 cm, reproduction photographique : Aurélien Mole   deuxième de couverture: Joseph Dadoune, 358, 2015, papier beaux-arts, 60 x 80 cm     troisième de couverture: Joseph Dadoune, Serpent plié en deux, 2015, papier beaux-arts, 100 x 150 cm   […]

Le tumulte plébéien
Ou la part du dés-ordre en politique
L’interpellation plébéienne est un concept visant à nommer la force politique des soulèvements populaires et des actions directes spontanées. En modifiant le concept althussérien d’interpellation et en le combinant à celui d’expérience plébéienne (Breaugh, 2007), il s’agit de rendre compte de l’auto-interpellation des « sans-part » (Rancière, 1990) par laquelle ils se donnent leurs propres conditions de possibilité dans des actions collectives. Le propre de ces actions est précisément de surgir en dehors des formes ritualisées de constitution de l’espace public. Elles sont intraitables dans ce qu’elles refusent toute catégorisation mais également dans ce qu’elles débordent toute représentation de « vivre-ensemble » de l’ordre politique. Cette forme « sauvage » d’interpellation se manifeste dans des moments de révolte ou de « sécession », d’interruption du cours normal de la reproduction du social. La plèbe doit être saisie pour ce qu’elle est, dans le tumulte vif de sa manifestation.

The plebeian turmoil
Or the share of dis-order in politics
The concept “plebeian interpellation” describes the political strength of popular uprisings and spontaneous direct actions. By modifying the Althusserian concept of “interpellation” and combining it with that of “plebeian experience” (Breaugh, 2007), we wish to offer an account of the self-affirmation of the “those without part” (Rancière, 1990) by which they give themselves their own conditions of possibility through collective action. Such actions arise outside the ritualized forms of the constitution of public space. At the same time, they arise beyond any representation of the political order. This untamed form of interpellation occurs in the context of rebellion or “secessions” that are as many interruptions of the normal course of social reproduction. Yet the plebs must be understood for what it is, in the great tumult of its manifestation.

Les odeurs sont l’objet à la fois d’un masquage, d’une incorporation et de la production des parfums. Renvoyant originellement au fonctionnement organique du corps, elles conditionnent aussi l’organisation de l’habitat, puisque la distribution des pièces est déterminée par la gestion des dimensions olfactives de l’existence, qui lie les problématiques de l’hygiène à celles de l’esthétique.

Strategies of incorporation

Smells are at the same time hidden, incorporated and produced as perfume. Originally linked to the body’s organic life, they condition our life at home, as the rooms’occupation and organization is decided according to smelling matter. Hygienic problematics are very linked to aesthetic ones.

De quoi parlons-nous à travers les références actuellement omniprésentes à « la crise » ? Et surtout : de quoi ne parlons-nous pas quand nous parlons de « la crise » ? Multitudes a ouvert ses pages à des auteurs très divers pour esquisser quelques réponses, qui figurent ici sous la forme d’un abécédaire : une suite d’entrées plus ou moins brèves qui visent à prendre […]

L’article examine le privilège accordé par les principales analyses sociologiques des émotions aux émotions et sentiments « collectifs », ou rattachables à des règles sociales de cadrage ou d’interprétation des situations. Il soutient que la pertinence sociologique des émotions réside aussi dans l’identification et la compréhension de ces émotions et sentiments dits « particuliers », « individuels », « personnels », « privés », en décalage avec « la situation ». Les travaux sur les émotions issus de perspectives féministes reconsidèrent ces qualifications – « particulières », « personnelles » – comme un produit de relations sociales, i.e. de domination. Une analyse des émotions, à partir d’une position subordonnée ou dominée, emprunte d’autres chemins dégageant une dimension politique des émotions. Une vision restrictive de la moralité et une vision extensive et conformiste du social font obstacle à un compte rendu sociologiquement acceptable de la moralité des émotions.

Emotions, public and private
Mainstream sociological analysis deals mainly with collective emotions. In this perspective, “individual”, “personal”, “partial” or “private” emotions are devoided of social significance. This paper argues that such a conception misses the sociological relevance of these phenomena. Differentiating emotions along the collective/individual line, seeing the former as socially meaningful and the latter as “particular”, “private”, or “personal” can also be understood as a product of power relationships. An alternative –feminist and gendered– analysis of emotions could be developped, shedding light on a political dimension of emotional phenomena, and the complex morality of emotions.

Les mondes de l’immigration des héritiers
Ancrages et transmigration
L’histoire récente montre que les deuxièmes générations rencontrent aussi un problème d’intégration. Les immigrations post-coloniales sont maintenant mondialisées, et les quartiers dortoirs d’immigration sont devenus des places de commerce cosmopolites. L’espace public dans lequel se meut l’immigration s’est différencié. L’émigré devient l’immigré, la famille se regroupe. La nouvelle génération veut incarner la tradition et n’a plus peur de marquer l’espace public des signes ostentatoires d’une présence singulière.

The worlds of second-generation immigrants
Anchorage and transmigration
Recent history shows that second generations also find it difficult to be integrated. Now that post-colonial immigrations are globalized, neighborhoods dominated by migrants have become cosmopolitan marketplaces. The public space inhabited by migrants also evolved, as emigrants become immigrants, and as families regroup. The new generation wants to embody tradition, and is no longer afraid of exhibiting ostentatious signs of identity in the public space.

Chères Ruti & Mayan, Chères Mayleen & Ruti

Traduit de l’anglais par Anne Querrien Ce texte est adressé à vous deux. Même si, ou précisément parce que, l’idée attachée au destinataire d’un texte pourrait dans une certaine mesure conditionner son contenu. Dans le passé, même quand le texte relevait de la catégorie de la correspondance privée et était adressé à un individu particulier, […]

Un spectre hante le monde du travail : le spectre de l’intermittence. Au-delà de la diversité des domaines d’activité, une population d’actifs intermittents partage, presque malgré elle, des pratiques communes. Ce manifeste propose des modalités pratiques d’institutionnalisation du commun intermittent en une Société Hétéronyme d’Intermittents (SHI), dotée d’un lieu de convergence, de statuts de collaboration, d’une structure collective de composition d’œuvres communes.

Manifesto for an Intermittent Common

A spectre haunts the world of labor: the spectre of intermittence. Beyond a diversity of fields of activity, a large population of precarious and intermittent workers shares a set of common practices. This manifesto proposes practical ways to institute these intermittent commons into a Heteronymous Society of Intermittent Workers (HSIW), designing its own space of convergence, its collaborative statutes, and its collective structure of composition of common works.

Le premier objectif de cet article est de rappeler que, dans une démocratie représentative, la contestation d’un pouvoir en place prend trois allures : celle des opposants, celle des “désobéissants” et celle des “désobéisseurs”. Le second objectif de cet article est de décrire les actes de désobéissance civile qui prolifèrent dans la France d’aujourd’hui.

Opponents, « désobéisseurs » and disobedients

The first objective of this paper is to recall that in a representative democracy, the challenge of power is expressed by three figures: the opponent, the »disobedient » and the « désobéisseur ».The second objective of this paper is to describe acts of civil disobedience, which proliferate in France today.

La désobéissance civile constitue la forme privilégiée du conflit politique chez Jürgen Habermas. Pour ténue qu’elle soit, cette figure de l’affrontement se trouve au croisement des thèmes de la légitimité, de la société civile, de la culture politique et de l’être-ensemble, qui constituent les points cardinaux de la politique délibérative de Habermas.

Civil disobedience. The political conflict by Habermas

Civil disobedience is the preferred form of political conflict in Jürgen Habermas thought. This figure of social clash represents the intersection of legitimacy, civil society, political culture and living together, which are the cardinal points of the deliberation policy established by Habermas.

Ce texte propose de mettre en question l’usage de la désobéissance civile dans les discours afin de montrer la singularité de sa position politique au dedans, au dehors, sur les bords de l’espace démocratique.

Civil Disobedience: from inside to outside of the democratic space

This text proposes to question the use of civil disobedience as a discourse in order to show the singularity of its political position at home, outside, or on the borders of the democratic sphere.

Cet article cherche à approfondir les possibilités offertes par l’instrument théorique de la «domestication du travail », en tant qu’il constitue une proposition conceptuelle utile pour repenser les diverses activités du care, ainsi que leur valeur sociale, et pour incorporer, en plus des aspects matériels, la dimension émotionnelle et morale. Pour cela, on réfléchit, en premier lieu, sur certaines limitations du concept de travail pour l’analyse du care. En second lieu, on révise la notion de care en tant qu’elle permet d’incorporer les trois dimensions antérieurement signalées (matérielle, émotionnelle, morale). Enfin, on propose une réflexion politique sur la valeur du care (reconnaissance).

Domestication of Work
This article proposes a reflection on the potentialities of a theoretical prism, the “domestication of work”, whereas it constitutes a useful conceptual proposal to rethink the different types of work, as well as their social value when incorporating, beside the material aspects, the emotional and moral dimensions. First, an analysis on the limitations of the concept of “work” will help us grasp the complexity and specificity of care Second, the notion of care will be explored, as regards to its including the three dimensions previously mentioned (material, moral and emotional). Finally, the model of social care is proposed as a way of reflection on the moral responsibility of care and its social value (recognition). Care allows to extend the concept of “work”, and contributes to its “domestication”.

Cet article est la traduction de la seconde partie de l’essai : «Il mostro politico. Nuda vita e potenza», publié dans Desiderio del mostro. Dal circo al laboratorio alla politica, U. Fadini, A. Negri, C. T. Wolfe (dir.), Rome, Manifestolibri, 2001. Dans ce texte l’auteur développe sa critique du concept de «vie nue» de Giorgio Agamben. Si l’on accepte, en effet, la rhétorique de la vie nue, on est forcement prisonnier d’une vision hobbesienne du monde. Au contraire, l’ontologie spinoziste de la puissance (potentia) montre le caractère monstrueux de la multitude, sa force collective, sa productivité, qui se donne seulement dans et par la résistance à l’Empire.

This article is the translation from Italian of the second part of the essay « Il mostro politico. Nuda vita e potenza », published in U. Fadini, A. Negri, C. T. Wolfe (a cura di), Desiderio del mostro. Dal circo al laboratorio alla politica, Manifestolibri, Roma 2001. In this text the author develops his critique of Agamben’s concept of bare life from a Spinozist point of view. To accept the rhetoric of bare life is to contain political discourse within the limits of an Hobbesian view of the world. In opposition, the Spinozist ontology of power (potentia) shows the monstrous character of the multitude, its collective force, its productivity, which only exists in and through the resistence to the Empire.

Le texte tente, à partir d’une esquisse de la triade destitution-institution-constitution, de reprendre et de développer certains aspects relevés par les concepts de « pouvoir instituant » (Negri) et d’« imaginaire instituant » (Castoriadis). À partir d’un bref examen de l’apport de ce dernier, cette approche conceptuelle a la tâche d’esquisser et en partie d’élucider […]

Le concept de la pratique instituante devrait permettre d’explorer de nouvelles voies de la critique institutionnelle. Cette démarche s’appuie d’une part sur le lien qui existe entre les réflexions de Félix Guattari contre la structuralisation et la fermeture de (dans) l’institution, et les thèses de l’anarchiste individualiste Max Stirner, auteur en 1844 de L’Unique et […]

La manœuvre conduite par l’armée israélienne à Naplouse en avril 2002 consiste à interpréter la maison privée comme une voie de passage, et à « passer à travers les murs ». Elle implique une conception de la ville en tant que médium de la guerre : une matière flexible, quasi liquide, constamment contingente. Qui produit […]

Comment quelque chose fait-il événement, surgit-il et fait-il sens massivement ? Cela se passe très différemment en Amérique Latine et en Afrique, même s’il y a des emprunts, même si dans le local partout quelque chose se mondialise. Il y a une prise de l’espace à ce moment-là, une occupation, qui fait peur aux autorités. Le modèle en est le carnaval, mais les télévisions communautaires qui surgissent sur les écrans africains sont une autre modalité, comme l’était le théâtre des townships. L’important, ce sont les espaces interstitiels dans lesquels peut surgir une création, une activité à dimension rituelle. L’anthropologie des émergences existe autant que celle qui déterre les traces du passé. Il s’agit d’approcher le monde à partir d’événements ou de situations plus que de structures. Ce qu’il est important de saisir, c’est le mouvement, pas la négociation qui a lieu après et qui réinstalle les structures connues ; ce qui est important, c’est l’image qui reste du changement. Ce qui se passe en Afrique en ce moment c’est le retour d’enfants d’émigrés qui veulent y installer le marché. L’anthropologue fait passer les récits des événements, les descriptions de ces espaces intermédiaires qui se maintiennent entre les camps et les gated communities.

How does something turn into an event, how does it appear and make itself felt with impact ? The siutation is different from Latin America to Africa, even if there are borrowings, even if in the local there is everyewhere something that is being globalised. There is an appropriation of space here at this moment in time, an occupation, which frightens the authorities. The model we have is the carnival, but the community television channels that are appearing on African television screens are of a different order, as was the case with the township theatres. The important thing is the interstital space out which a creation can emerge, an activity with a ritual dimension. An anthropology of emergence exists as much as an anthropology that unearths traces of the past. It means looking at the world through events and situations rather than through structures. It is the movement which needs to be understood, not the negotiation that takes place afterwards and which merely reinstates known structures : it is the image which remains after change that is important. What is happening in Africa at the moment is the return of the children of immigrants who want to set up a market. The anthropologist passes on the story of the events, the description of those intermediate spaces that are being maintained between the camps and gated communities.

Face à la mésentente disqualifiante autour de l’autochtonie des peuples, il faut reconsidérer fondamentalement les raisons de la revendication autochtone. En effet, être autochtone, ce n’est pas tant appartenir à un lieu qu’offrir la pensée d’une expérimentation de manières d’agir autrement dans le monde en partant des positions hétéroclites de l’écart et de la séparation. Ces positions, initialement comprises dans l’extériorité cosmologique des Peuples Autochtones, leur permettent ainsi de résister, en se revendiquant d’eux-mêmes, aux hégémonies des modes d’administration des populations.

What are the reasons for the autochtonous claims ? Being autochtonous is not so much based on belonging to a particular location as on providing an experimentation in other forms of agency. These forms come from heterogeneous positions of gaps and separations, situated in the cosmological exteriority of the Autochtonous People, who thus resist the hegemonic administration of populations.

Juin 2007. En réponse à un article de Pascal Nicolas le Strat ->http://multitudes.samizdat.net/article1610.htmlÀ l’heure du retour en force de l’idéologie du travail, il apparaît plus qu’important de relancer un débat critique concernant la centralité même du travail. Il ne s’agit pas d’établir là une « nouvelle utopie », ce terme pose en effet de nombreux […]

Entretien réalisé par Manuela Bojadzijev, Sandro Mezzadra et Isabelle Saint-SaënsFor quite some time Europe has become the space for political action and reflexion, on the identity and on the borders of Europe. Etienne Balibar has been writing on these issues for a long time, combining a « postnational » option with a criticism of European […]

Biopolitics/Bioeconomics: a politics of multiplicity

We have never understood the word of liberalism as much as during the referendum campaign. However, have these passionate debates contributed to make the logic of liberalism intelligible? According to the two courses by Michel Foucault, recently published as “Security, Territory, Population” and “The Birth of Biopolitics”, this is dubious. These books trace a genealogy […]

Désincarcérer la société

23 mai 2005 Il n’est qu’un problème philosophique qui soit vraiment sérieux, écrivait Camus :  » le suicide « . De janvier 2002 à juillet 2003, on a compté 83 suicides et 25 tentatives de suicides dans les prisons italiennes, 19 détenus sont morts de causes non-éclaircies et 9 d’overdoses. Total : 136 morts. Et qui […]

Alain Badiou et les inquisiteurs

LE MONDE DES LIVRES | 26.01.06 | La chronique de Roger-Pol Droit (« Le Monde des livres » du 25 novembre 2005) et l’article de Frédéric Nef intitulé « Le « nom des juifs » selon Alain Badiou » dans lesquels était violemment contesté le contenu de l’ouvrage Circonstances, 3. Portées du mot « juif » d’Alain Badiou (éd. Lignes, « Le Monde des […]