Archives du mot-clé féminisme

Formes de vie, milieux de vie
La forme-occupation
Les occupations actuelles, comme celle des universités, des bocages de Notre-Dame-des Landes ou des forêts de Bure sont exemplaires de la recherche d’une politique d’autonomie appuyée sur des formes de vie encourageant la cohérence entre mode de vie, pensée et activité pratique. Une occupation est le fait d’ouvrir une brèche dans le temps et l’espace en explorant des formes variées de vie qui se soustraient de la réalité sociale et du système marchand. L’article expose plusieurs des formes de vie conciliant monde sensible et puissance d’agir, à l’œuvre par exemple dans les ZAD.

Forms of life
Living environments
Occupation of places
Squats and current occupations, such as Notre-Dame-des-Landes or Bure (France), high point of contestations are seeking for a politic of autonomy, supported by “forms of life” encouraging the coherence between way of living and thinking and practical activity. What we call form-occupation is opening a gap in time and space by exploring various forms of life that are escaping from social reality and from the capitalist system. The article exposes many of these forms of life in the Zones to be defended (Zad) that reconcile the sensible world and the power of acting.

Entretien avec Laurent Greilsamer : Fromanger, Foucault & Guattari

  Tout au long de l’année 2017, Gérard Fromanger a accepté de répondre aux questions de Laurent Greilsamer. Ces conversations très libres sur la peinture et la vie d’artiste sont publiées in Fromanger De toutes les couleurs, éditions Gallimard – collection Témoins de l’art. Gérard y évoque largement ses liens avec Jacques Prévert, Giacometti, César, Jean-Luc […]

L’appropriation du capital fixe : une  métaphore ?
L’auteur revisite ici son intuition de base, qui renverse l’axiome central soumettant le travailleur au capitaliste du fait de la propriété exclusive dont bénéficie celui-ci sur les moyens de production (le capital fixe, l’usine, les machines). En parlant de « réappropriation du capital fixe » par le travailleur de l’âge des réseaux numériques, il précise ici qu’il ne s’agit pas d’une simple métaphore, mais bien d’un axiome véritablement transformateur de nos horizons socio-politiques.

The Appropriation of Fixed Capital: a  Metaphor?
The author revisits his basic intuition, which turns the central axiom of capitalism on its head: while, in the industrial mode of production, the worker used to be subjected to the capital-owner who held exclusive property of the means of production (the factory), cognitive capitalism has to face a new situation, wherein fixed capital takes the form the worker’s capacity, located in the worker’s body and mind. “Reappropriation” is not to be understood as a mere metaphor, but rather as an axiom of socio-political transformations.

Géopolitique des  masses
Entre plèbes et multitudes, rente  et  corruption
Rente, plèbe et corruption sont certainement « pré-capitalistes », emblématisant les ennemis archaïques que le nouvel ordre économique s’efforce depuis deux siècles d’éradiquer, pour leur substituer le « profit » (entrepreneurial), des « populations » (expertes) et « l’état de droit » (commercial). Mais rente, plèbe et corruption constituent aussi bien le présent de la gestion de l’information dans un monde socio-économique non dénué de « frictions », où des inégalités et des asymétries de plus en plus patentes échouent à entraîner l’adhésion de multitudes bien assez intelligentes pour ne pas croire au conte de fées de l’enfumage néolibéral.

Geopolitics of  the  Masses
Between Plebs and  Multitudes, Rent  and  Corruption
The rent, the plebs and corruption certainly are “pre-capitalist” phenomena, illustrations of the archaic enemies that the emerging capitalist order of things tried hard to eradicate for centuries, in order to replace them (entrepreneurial) “profit”, (expert) populations and (commercial) rule of law. But rent, plebs and corruption play nevertheless a fundamental role in the present management of information within a socio-economic world affected by countless sources of “frictions”. Increasingly visible inequalities and asymmetries fail to attract multitudes smart enough not to believe in the neoliberal fairy tale.

Libre de dire : l’émancipation par le récit et la critique littéraire écoféministe.

  Développées de façon théorique à partir de la fin des années 19901, les analyses littéraires s’inspirant des théories écoféministes ont permis la mise en lumière de l’oppression de la pensée dualiste hétéro-patriarcale dans une veine analogue au travail entrepris dès 1982 par Annette Kolodny avec son The Lay of the Land. Cependant, au-delà d’une […]

Le Souci de la nature. Écoféminismes et éthiques du care.

  Souvent critiqué pour ses positions jugées essentialistes, l’écoféminisme a rapidement été écarté d’un certain nombre de courants féministes, notamment parce qu’on a jugé qu’il proposait une épistémologie de la nature ambiguë, dans laquelle femme et nature étaient dangereusement associées. C’est d’ailleurs la même critique qui a conduit un certain nombre de féministes à rejeter […]

L’écoféminisme ou comment faire de la politique autrement
Né de la rencontre entre aspirations féministes et luttes écologiques, liant la critique de la domination de la nature et celle de la domination des femmes, refusant de séparer production et reproduction (biologique et sociale), l’écoféminisme se développe en une diversité de mouvements, aux États-Unis, mais également dans différents pays du Sud, qui ont en commun de ne pas mettre la politique au service de la nature, mais de faire de la nature, vue comme une communauté de vie, une politique nouvelle.

Ecofeminism or How to do Politics Differently
Ecofeminism resulted from the encounter between feminist aspirations and ecological struggles, tying together a critique of domination upon nature and upon women, refusing to separate production from reproduction (biological and social). It has developed into a rich diversity of movements, in the USA but also in various countries from the South. These movements share a common refusal to put politics in the service of nature, as well as a common attempt to find in nature, considered as a community of life, the source of a new politics.

Un nouveau printemps pour l’écoféminisme ?
Convergence des luttes ! Ce mot d’ordre résonne de plus en plus fort chez les résistants au « système ». Mais pourquoi l’écoféminisme, qui justement travaille depuis quarante ans à cette convergence en déployant expériences militantes et renouvellements théoriques, reste-t-il si méconnu ? Cette introduction tente de clarifier les atouts de ce mouvement multiforme tout en exposant les critiques qui lui ont été adressées ; elle suggère aussi quelques pistes pour une possible évolution future.

A New Spring
for Ecofeminism?
A convergence of struggles! This demand resonates with increasing strength among those who resist the “system”. Why then doesn’t ecofeminism, which has attempted to materialize this convergence through activist experiences and theoretical breakthroughs over the last forty years, meet a wider public? This introduction tries to showcase the strengths of this multifarious movement, as well as the criticisms it has had to face. A few possibilities for further evolutions are discussed along the way.

Pour un écoféminisme de l’égalité

Pour un écoféminisme de l’égalité
Dans cet article, on propose un écoféminisme non essentialiste qui relève d’une réflexion éthique et politique sur les rapports de l’être humain à la Nature. Orienté vers l’écojustice et la durabilité, cet écoféminisme critique se caractérise par la défense des principes d’égalité et d’autonomie, le dialogue interculturel, une acceptation de la science et de la technique limitée par le principe de précaution ainsi que l’universalisation de l’éthique de la sollicitude.

For an Ecofeminism of Equality
This article describes a non-essentialist form of ecofeminism which questions ethically and politically the relations between mankind and nature. Geared towards ecojustice and sustainability, this ecofeminist critique stresses principles of equality and autonomy, of intercultural dialogue, of an acceptation of technoscience limited by the precautionary principle, and by the universalization of an ethics of care.

Sensibilités climatiques entre mouvances écoféministes et queer
Cet article explore quelques liens et frictions qui existent entre deux mouvements et courants de pensée qui sont d’abord des expériences militantes, des vécus, des rencontres. Il retrace quelques lieux de connexion et de divergence des pratiques activistes et identités queer vis-à-vis de l’écoféminisme. Dialogue et récits entremêlés espèrent faire sentir différemment la manière dont ces liens s’articulent à la fois dans les pratiques de résistance et dans les ressentis militants quotidiens.

Convergence between Feminist and Queer Movements in Mobilizations on Climate Issues
This article explores a few links and points of friction between movements which are first and foremost activist experiences, lived moments and encounters. Connections and divergences between queer practices and ecofeminism are investigated through a dialogue and narrations that help us feel how such links articulate practices of resistance with daily activist experiences.

La théâtralisation d’une lutte « écoféministe »
Cet article d’anthropologie propose de premières pistes pour penser l’écoféminisme en lien avec le champ d’études théâtrales, et notamment la tension entre performance et représentativité. Il se base sur un mouvement paysan, qui lutte contre la construction d’une usine de ciment, et qui s’est fait connaître pour le rôle qu’y jouent les femmes par le biais d’actions théâtralisées qui font les liens entre leurs corps et la nature. Nous interrogeons dans quelle mesure l’écoféminisme agit comme une nouvelle norme globale permettant d’intégrer une lutte au système de représentativité dominant.

Dramatization of an Ecofeminist Struggle
This anthropological study sketches an attempt to think ecofeminism in light of drama studies, namely through the tension between performance and representation. It analyzes a peasant movement of, which fights against the construction of a cement factory, a struggle famous for the prominent role played by women through the use of drama to foster the connections between their body and nature. The article questions the possibility for ecofeminism to provide a new global norm allowing to integrate a struggle into the dominant system of representation.

Portrait d’une écoféministe dans les Cévennes
Mon écoféminisme est directement enraciné dans mon style de vie expérimental, il évolue, s’affine et se radicalise au gré de mes expériences de femme, de ma réflexion, et par l’immersion constante en forêt où j’habite. Je partage ce vécu en offrant des séjours sur mon éco-lieu à des femmes en quête d’authenticité, j’organise des rencontres entre sœurs hors système, au plus près des besoins essentiels. Mon écoféminisme est donc plus un esprit qu’une pensée ou une idéologie, plus une pratique qu’une revendication.

Being an Ecofeminist in France
My ecofeminism is directly rooted in my experimental lifestyle, it evolves, refines and radicalizes itself along the way of my experiences as a woman, of my reflection and of my constant immersion in the forest in which I live. I share this experience by welcoming in my eco-place women in search of authenticity, I organize encounters between sisters, remaining as close as possible to our essential basic needs. My ecofeminism is therefore more a spirit than a thought or an ideology, more a practice than a claim.

Les Sorcières
sont de retour
Dans cet entretien, Xavière Gauthier, fondatrice de la revue Sorcières, revient avec sa sœur Danièle Carrer sur l’histoire méconnue de l’écoféminisme français des années 1980. Autour de cette revue, consacrée à la création littéraire et artistique des femmes, gravitaient plusieurs autrices engagées pour l’écologie et contre le nucléaire. Xavière Gauthier explique ici comment elles reliaient féminisme et écologie, domination des femmes et domination de la nature, objets d’une seule et même répression, celle de l’hyper-capitalisme, qui va jusqu’à désirer s’approprier le vivant. Nulle notion de magie ici, mais une mise en cause radicale des rapports de reproduction et de production.

The Witches Are Back
In this conversation, Xavière Gauthier, founder of the periodical Sorcières, discusses with her sister Danièle Carrer the neglected history of French ecofeminism in the 1980s. This periodical, dedicated to literary and artistic creation by women, gathered many women writers involved in ecological and anti-nuclear struggles. They tied together feminism and ecology, domination of women and domination of nature, all repressed by hyper-capitalism and its desire to appropriate life itself. No magic here, only a radical questioning of the relations of production and reproduction.

« Ni les Femmes
ni la Terre ! »
À la recherche de la convergence des luttes entre féminisme et écologie en Argentine et Bolivie
Ni les Femmes ni la Terre ! est un documentaire tourné en Argentine et Bolivie, au plus près des femmes qui luttent contre le système Monsanto, la destruction de l’environnement par les entreprises extractivistes, les féminicides (meurtres de femmes parce qu’elles sont des femmes). Elles combattent pour le droit à disposer de leur corps, pour un changement de cap des modèles économiques, pour la reconnaissance de leur légitimité et de leur dignité. Elles dessinent des voies pour une révolution écoféministe.

Neither Women nor Earth!
In Search for a Convergence of Struggles in Argentina and Bolivia
Neither Women nor Earth! is a documentary film shot in Argentina and Bolivia, closely following women who struggle against Monsanto and its system, against the destruction of the environment by extractivist corporations, and against “feminicides” (the killing of women because they are women). These activists fight for the right to own their body, to change economic models, to see their legitimacy and dignity recognized. They pave the way for an ecofeminist revolution.

Solidarité versus identification
Le débat entre écoféminisme et deep ecology
Le débat entre l’écologie profonde et l’écoféminisme définit une constante dans le développement de ces deux courants de pensée. En resserrant notre attention autour des deux figures centrales de chacun de ces courants que furent Arne Naess et Val Plumwood, nous souhaiterions montrer que la proposition clé qu’avance cette dernière d’une solidarité politique avec la nature demande pour être comprise d’être située en relation polémique avec la thèse d’une identification entre humains et non humains défendue par le théoricien de la deep ecology.

Solidarity vs. Identification
The Debate between Ecofeminism and Deep Ecology
The debate between deep ecology and ecofeminism revolves around a constant feature of both currents of thought. By focusing attention on a central figure of each movement—Arne Naess and Val Plumwood—this article attempts to show that the key proposition elaborated by the latter, that of a political solidarity with nature, can only be understood in polemical relation with the thesis of an identification between humans and non-humans, as defended by the theorist of deep ecology.

« Écoféminisme, art, animaux »

« Écoféminisme, art, animaux »1 « Partout triomphe un appel général à la sensibilité, la douceur, la vertu, la philanthropie, valeurs données culturellement comme le fief d’Anima, la civilisatrice du mâle, destructeur et inquisiteur Animus. » — Françoise d’Eaubonne « Histoire de l’art et lutte des sexes », 1978 À l’aune des révolutions féministes, de l’avènement dans le monde moderne […]

Depuis janvier 2015, les attentats se succèdent : sans quitter leurs anciennes terres de prédilection au Pakistan, en Afghanistan, en Syrie, les djihadistes ont essaimé et frappé plus particulièrement la Turquie, l’Afrique, l’Europe. Les messages menaçants se sont multipliés et les attaques touchent régulièrement des cibles symboliques d’un mode de vie consumériste et ostentatoire. Ainsi se sont […]

Debout avec la terre
Cosmopolitiques aborigènes et solidarités autochtones
De plus en plus de mouvements activistes luttant contre la destruction des milieux de vie, notamment par les industries extractives qui précipitent les transformations climatiques et empoisonnent les eaux et l’air, cherchent des alliances et des sources d’inspiration auprès de peuples autochtones, tels les Aborigènes d’Australie, qui n’ont pas la même vision de la Terre que celle consistant à nier la nature sous prétexte qu’elle aurait succombé aux technologies humaines. Il est proposé ici de répondre à la réduction des ontologies en anthropologie par une « slow anthropology » qui soit « Debout avec la terre », fondée sur une expérience de terrain écosophiquement inspirée des visions et de la créativité des peuples autochtones et de leurs alliés en passant par la SF selon Haraway, Stengers et Meillassoux.

Standing with the Earth
Aboriginal Cosmopolitics and Autochthon Solidarities
More and more activist movements struggling against the destruction of their living environments – especially because of the extractive industries that accelerate the climate change and poison the water and the air, – look for alliance and inspiration in the autochthon people, such as the Aborigines of Australia, whose vision of the Earth is not to deny nature on the pretext that it would have succumbed to human technologies. This article proposes to respond to the reduction of ontologies in anthropology with a “slow anthropology” that would be “standing with the Earth”, a slow anthropology based on a field experience, ecosophically inspired by visions and creativity of the autochthon people and of their allies, and by the Science Fiction according to Haraway, Stengers and Meillassoux.

L’insistance des possibles
Pour un pragmatisme spéculatif
Cet article s’efforce de reprendre l’appel de Whitehead : « la philosophie ne peut rien exclure ». La philosophie spéculative prolonge ainsi l’empirisme radical de W. James. Sa tâche est de se situer sur le terrain de l’expérience dans sa multiplicité, et de préserver ce que l’expérience fait importer. Mais l’importance ne peut jamais être réduite à un état de fait. Faire importer une situation, c’est intensifier le sens des possibles qu’elle recèle et qui insistent en elle, à travers les luttes et revendications pour une autre manière de la faire exister.

The Insistence of the Possible
For a Speculative Pragmatism
This article strives to continue the call of Whitehead: “Philosophy cannot exclude anything”. Thus speculative philosophy extends W. James’ radical empiricism. Its task is to locate itself on the ground of experience in its multifariousness, and to preserve what experience makes important. But importance can never be reduced to a matter of fact. To make a situation important consists in intensifying the sense of the possible that it holds in itself and that insists in it, through struggles and claims for another way of making it exist.

Donna Haraway
Anthropocène, Capitalocène, Plantationocène, Chthulucène
Faire des parents
Nous sommes dans le « Chthulucène », l’époque au long cours où s’enchevêtrent des temporalités multiples, des forces non seulement humaines mais aussi plus qu’humaines et inhumaines, des noms-de-Terre dont Gaïa n’est qu’un exemple parmi d’autres. Une telle mise en perspective transhistorique considère l’Anthropocène non pas comme sommet de créativité anthropomorphique, mais comme terrible appauvrissement écologique, social et culturel. Dès lors la question devient : comment faire en sorte que l’Anthropocène ne puisse pas durer ? La réponse que donne Haraway est la suivante : « Faites des Parents pas des Bébés ! ».

Anthropocene, Capitalocene, Plantationocene, Chthulucene
Making Kin
We are in the “Chthulucene”, the long-term epoch in which a multiplicity of temporalities, of forces – not only human forces but also more-than-human and inhuman ones – and of names for the Earth – not only Gaia – intertwine. Such a transhistorical perspective considers the Anthropocene not as an apex of anthropomorphic creativity, but as a terrible ecological, social, and cultural impoverishment. The question then becomes: how can we ensure that the Anthropocene will not last? Haraway’s answer is : “Make Kin Not Babies!”

Matières à penser Depuis l’avènement du capitalisme financier, le spéculateur entend donner des leçons de réalisme au politique. Les services, les idées, la conscience et sa capacité d’attention : même l’immatériel se réifie pour pouvoir se vendre et s’échanger – « librement » – à la manière des choses. Il est par conséquent très urgent de renvoyer de la réalité […]

Depuis janvier 2015, les attentats se succèdent : sans quitter leurs anciennes terres de prédilection au Pakistan, en Afghanistan, en Syrie, ils ont essaimé et frappé plus particulièrement la Turquie, l’Afrique, l’Europe. Les messages de menaces se sont multipliés et les attaques qui avaient semblé privilégier des cibles symboliques d’un mode de vie consumériste, ostentatoire, festif, ludique, […]

À l’heure où la place Tahrir est ripolinée, entendez les façades des immeubles repeintes en jaune, son sol planté de pelouse hérissée de volumineuses bouches d’aération – d’un vaste parking sous terrain –, comme autant de blocs qui fractionnent l’espace et la déambulation, le terre-plein circulaire arborant jadis une sculpture maintenant remplacée par le socle […]

Le féminisme islamique et l’ambiguïté de l’engagement politique
« Le beau est affreux et l’affreux est beau »

L’ascension et la chute récentes de la loi islamiste en Égypte appellent une réflexion, non seulement sur le rôle social des idées féministes islamiques, mais aussi sur les raisons des changements politiques, ainsi que sur les questions d’opposition éthique et de principe. Mon approche de ce sujet ne reprend pas l’opposition habituelle entre laïc et islamique, ni la critique du libéralisme laïc, mais propose une critique de tout mouvement féministe, qu’il soit laïc ou islamique, qui s’autorise de lui-même à coopérer ou à être réduit au silence par des régimes politiques corrompus. La première partie de l’article traite de la question des relations fragiles entre les féministes et l’État plus particulièrement dans le contexte égyptien contemporain. La deuxième partie examine les ambiguïtés morales des positions du féminisme islamique.

Islamic feminism and the Equivocation of Political Engagement
“Fair is foul, and foul is fair”

The recent rise and fall of the Islamist rule in Egypt calls for reflection, not just on the role of Islamic feminist ideas in society, but also on the shifting political grounds and questions of ethical and principled opposition. The presentation of this subject does not take the approach of the usual secular/Islamist binary or a criticism of secular liberalism, but is rather focused on a critique of any feminist movement, be it secular or Islamic, that allows itself to be co-opted and silenced by corrupt political regimes. This article, in its first part, discusses the general issue of the precarious relationship between feminists and the state, especially in the modern Egyptian context, and, in its second part, looks into the moral ambiguities associated with Islamic feminism’s political stands.

Le féminisme islamique et l’ambiguïté de l’engagement politique
« Le beau est affreux et l’affreux est beau »

L’ascension et la chute récentes de la loi islamiste en Égypte appellent une réflexion, non seulement sur le rôle social des idées féministes islamiques, mais aussi sur les raisons des changements politiques, ainsi que sur les questions d’opposition éthique et de principe. Mon approche de ce sujet ne reprend pas l’opposition habituelle entre laïc et islamique, ni la critique du libéralisme laïc, mais propose une critique de tout mouvement féministe, qu’il soit laïc ou islamique, qui s’autorise de lui-même à coopérer ou à être réduit au silence par des régimes politiques corrompus. La première partie de l’article traite de la question des relations fragiles entre les féministes et l’État plus particulièrement dans le contexte égyptien contemporain. La deuxième partie examine les ambiguïtés morales des positions du féminisme islamique.

Islamic feminism and the Equivocation of Political Engagement
“Fair is foul, and foul is fair”

The recent rise and fall of the Islamist rule in Egypt calls for reflection, not just on the role of Islamic feminist ideas in society, but also on the shifting political grounds and questions of ethical and principled opposition. The presentation of this subject does not take the approach of the usual secular/Islamist binary or a criticism of secular liberalism, but is rather focused on a critique of any feminist movement, be it secular or Islamic, that allows itself to be co-opted and silenced by corrupt political regimes. This article, in its first part, discusses the general issue of the precarious relationship between feminists and the state, especially in the modern Egyptian context, and, in its second part, looks into the moral ambiguities associated with Islamic feminism’s political stands.

Un mal français dès les Lumières
La prohibition de l’islam

Dans la France contemporaine, la question de l’islam implique davantage les non-musulmans que les musulmans car, d’une part, l’islam y a été de façon pérenne réduit à Mahomet, et celui-ci à la violence ; d’autre part, il a été, avec la langue arabe, socialement et politiquement prohibé. Le « bien-fondé » et « l’évidence » de cette situation n’ont de sens que relativement à une certaine idéologie empruntée aux Lumières et au passé colonial français, notamment en Algérie. La production française d’un islam postcolonial de contrebande est donc proprement postcoloniale.

The Blindspots of the Republican
Discourse and the Prohibition of Islam

In France today, the Islam issue involves non-Muslim people more than the Muslims. First Islam is a religion which was regarded – since the French Enlightenment – as led by a violent leader: Mahomet. Secondly, Islam was recently – with the Arabic language – socially and politically prohibited. The “evidence” and the “legitimacy” of such a situation must to be understood in a postcolonial context and as an inheritance of the Enlightenment as well. The French production of a smuggled Islam is actually postcolonial.

Sexo-robots et société

Cette nouvelle d’anticipation fantaisiste imagine un futur proche où notre vie quotidienne serait peuplée de robots anthropomorphes entièrement dédiés à l’usage sexuel. Elle spécule sur la manière dont ces robots pourraient peu à peu transformer en profondeur les relations sociales et conditionner l’avènement d’une humanité « post-biologique ». La place des sexo-robots dans la vie quotidienne divise les féministes. Elle révèle des lignes de fracture idéologiques entre le vieil humanisme et une nouvelle métaphysique plus généreuse du rapport homme-machine.

Sex robots and society

This fictional short story anticipates a society in the near future where our everyday life would be populated by anthropomorphic robots, entirely made for sexual use. It speculates on the way these robots could gradually transform social relationships and cause the rise of a « post-biological » mankind. The place of sex robots in the everyday life divides feminists. It reveals ideological fractures between the old humanism and a new metaphysics more generous in terms of man-machine relationship.

La plèbe, la multitude
et la rente
Le retour de la catégorie de plèbe, qu’on croyait liée à l’empire romain ou aux luttes populaires de l’époque de la Renaissance, tient à la difficulté de catégoriser en termes marxistes, liés à la production, des alliances transversales entre groupes émergents et exclus. La plèbe qui cherche à accaparer les surplus ressemble à la multitude décrite par Toni Negri et Michael Hardt comme surgissant dans les villes pour profiter de la rente urbaine. Ce que décrivent Corten et ses amis n’est-il pas la classe antagoniste du capitalisme cognitif en constitution ? L’image du devenir-plèbe de la multitude, et de la régression vers le capitalisme agro-industriel, programmée avec le Mondial de foot et les Jeux Olympiques, semble très écornée.

Plebeian Politics, Multitude and Rent
The return of the notion of “plebs”, which was mostly used to refer to the Roman Empire or to popular uprisings in the Renaissance, is probably due to the fact that it is very difficult to explain in Marxist terms (based on relations of production) the new transversal alliances between emergent and excluded social groups. In its effort to capture various forms of rent, the plebs is somewhat similar to Hardt and Negri’s multitude jumping out of the cities in order to capture the urban rent. What is described by Corten and his friends as the plebs may be the antagonist class to cognitive capitalism. The image of a becoming-plebs of the multitude, and of a regression towards agro-industrial capitalism, as programed by the World Football Tournament and the Olympic Games, deserves a debate.

Le travail sexuel rémunéré connaît aujourd’hui en France un nouvel épisode dans la longue histoire de sa répression capitaliste et pudibonde. Dès l’ère victorienne on a compris comment transférer vers le travail acharné l’énergie sexuelle cadenassée, comme le montre le film d’Elio Petri La classe ouvrière va au paradis (1971). La répression est aujourd’hui d’autant […]

Celles qu’on appelle les Femen utilisent un peu partout dans le monde leurs seins nus comme des armes politiques, à la manière des premières d’entre elles en Ukraine. Ce mode d’action fait l’objet de critiques de tous bords politiques : gauche et droite, féminisme et antiféminisme, conservateurs et réformistes, femmes et hommes. Tout se passe comme […]