Archives du mot-clé robots

Portrait d’une écoféministe dans les Cévennes
Mon écoféminisme est directement enraciné dans mon style de vie expérimental, il évolue, s’affine et se radicalise au gré de mes expériences de femme, de ma réflexion, et par l’immersion constante en forêt où j’habite. Je partage ce vécu en offrant des séjours sur mon éco-lieu à des femmes en quête d’authenticité, j’organise des rencontres entre sœurs hors système, au plus près des besoins essentiels. Mon écoféminisme est donc plus un esprit qu’une pensée ou une idéologie, plus une pratique qu’une revendication.

Being an Ecofeminist in France
My ecofeminism is directly rooted in my experimental lifestyle, it evolves, refines and radicalizes itself along the way of my experiences as a woman, of my reflection and of my constant immersion in the forest in which I live. I share this experience by welcoming in my eco-place women in search of authenticity, I organize encounters between sisters, remaining as close as possible to our essential basic needs. My ecofeminism is therefore more a spirit than a thought or an ideology, more a practice than a claim.

Autopsie urbaine
Sur Le Géant de Michael Klier
Le Géant (1982), film de Michael Klier, est un montage d’images de vidéosurveillance et policières, enregistrées dans de grandes villes d’Allemagne de l’Ouest (RFA). Au-delà d’une simple critique dénonciatrice, ce détournement artistique interroge de manière spéculative nos regards de spectateur sur les espaces urbains. En dépassant l’association convenue entre mise en visibilité et capacité de contrôle, il ouvre de nouvelles pistes de réflexion sur les expériences urbaines.

Urban Autopsy
On Michael Klier’s
The Giant
Michael Klier’s film
The Giant (1982) edits images of video-surveillance taken by the police and recorded in West Germany’s larger cities. Beyond a mere critique denouncing police surveillance, this artistic détournement questions in a speculative way our gaze as viewers of urban spaces. By overcoming the clichés associating visibility and control, it breaks new reflexive grounds about urban experiences.

Nue comme une vere. Une fable matérialiste.

Nue comme une vere
Une fable matérialiste
Une vere de terre s’en va faire un tour dans l’espace, histoire de respirer mieux. Fuyant les brutalités terrestres, elle espère trouver asile et une herbe accueillante. Après un temps, elle se sent cependant obligée de rentrer.

Naked as a Sheworm
A Materialist Fable
A sheworm goes strolling in outer space, just to breathe better. Avoiding terrestrial brutalities, she hopes to find asylum and some welcoming grass. After a while, she however feels obliged to come back.

Pour un revenu d’existence de pollinisation contributive
Financé par une taxe pollen

Le revenu d’existence sort du ghetto des utopies. Cet article formule sept caractéristiques qui doivent présider aux mises en œuvre de cette nouvelle base d’un système de protection sociale adéquat aux transformations de l’activité, du travail rétribué et de l’emploi salarié – trois notions qui ne se recouvrent que partiellement. Quelques principes peuvent servir de guide pour l’action : un montant bas ou même moyen du revenu de base en ferait volens nolens un auxiliaire d’une politique néolibérale ; un montant élevé qui supprime vraiment la pauvreté est la clé de l’acceptation sociale d’une telle réforme révolutionnaire auprès des principaux intéressés ; le financement du revenu de base serait au mieux assuré par l’instauration d’une taxe Pollen.

For a Basic Income of Contributive Pollinization
Financed by a Pollen Tax

The proposal for an unconditional basic income no longer sounds like a utopia. This paper spells out seven features to frame this new form of welfare adapted to the new conditions of economic activity and waged labor. The main guidelines are the following : a low level of basic income would make it a tool for neoliberal policies ; a high level would not only suppress poverty but would be the key to mak-ing it socially acceptable ; it would be best financed by a Pollen Tax on all financial transactions.

Imaginaires post-travail

La gauche devrait se mobiliser autour d’un consensus sur le post-travail. Cela lui permettrait de viser non seulement des gains appréciables – tels que la réduction de la corvée et de la pauvre-té – mais aussi la construction, chemin faisant, d’une puissance politique. Cela implique au moins trois revendications : l’automation aussi complète que possible, une réduction du temps de travail sans réduction des salaires et l’instauration d’un revenu de base universel.

Post-Work Imaginaries

The Left should mobilize around a post-work consensus. Our first demand is for a fully-automated economy. Our second demand is for reducing the length of the working week. Our third demand calls for the implementation of a universal basic income.

Subjectivations computationnelles à l’erre numérique

Peut-on parler de subjectivités computationnelles dès lors que nous communiquons parfois avec des bots algorithmiques sans même le savoir ? L’article passe rapidement en revue neuf modalités d’articulations possibles entre subjectivation et computation : opacification, rigidification, exploitation, superposition, exclusion, extension-augmentation, interpénétration, altérité et, finalement, errement. Pourquoi ne pas apprendre à faire du computationnel – et de l’incomputable qu’il recèle nécessairement – une nouvelle forme d’altérité culturelle ? Cela implique toutefois de reconnaître un certain erratisme inhérent à l’expérience humaine de programmation. Bienvenue dans l’erre numérique !

Computational Subjectivations through Digital Wonders and Wanderings

This article explores nine possible articulations between subjectivation and computation : opacity, rigidity, exploitation, superposition, exclusion, extension-augmentation, interpenetration, alterity and erraticity. Why not treat the computational — including the incomputable which rests in its core — as a new form of cultural Other? This requires us, however, to acknowledge the erring part in the human experience of programming. Welcome to the wanders of computation!

Texte complet: http://www.multitudes.net/subjectivations-computationnelles-a-lerre-numerique-texte-complet/

Esprit d’équipe

Un texte sur les sports de compétition – là où s’éprouvent les limites physiques du « soi-disant Homme » (selon la formule de Kittler) – et leur interdépendance croissante avec des algorithmes utilisés pour prendre des décisions stratégiques, améliorer les performances, alimenter les ligues Fantasy, écrire des commentaires des matchs et créer pour les fans des expériences symbiotiques avec les écrans géants vidéo placés dans les stades.

Team Spirit

A text about competitive sports, a testing ground of the physical limits of Kittler’s “so-called Man”, and their ever-increasing interdependence with algorithms used to make strategic decisions, improve performance, feed Fantasy sports leagues, write recaps and create symbiotic fan experiences with the Jumbotron.

Nos subjectivités baignent dans un imaginaire de science-fiction

Nos subjectivités baignent dans un imaginaire de science-fiction

Les subjectivités ont été numérisées par l’imaginaire de la science-fiction bien avant de l’être par des algorithmes et des machines effectives. Philip K. Dick et ses acolytes ont toujours-déjà posé les problèmes que nous voyons aujourd’hui émerger avec une surprise embarrassée. Retourner à leurs œuvres nous aide à mettre en perspective les rêves de Ray Kurzweil comme les pratiques de journalisme algorithmique.

Our Subjectivities are Immersed in Science-Fiction

Human subjectivities have been digitalized and computed by the imaginary worlds of science-fiction well before algorithms actually attempted to do so. Philip K. Dick and his fellow sci-fiers have already raised many of the issues we now discover with feigned amazement. Going back to their books and films helps us take distance towards Ray Kurzweil’s dreams as well as towards the emerging practices of algorithmic journalism.

L’ubérisation est un populisme

Derrière la prétention de résoudre tous les problèmes de nos sociétés par les nouvelles technologies se cache un populisme d’un nouveau genre, non plus par excès mais par défaut de politique, celle-ci s’étant dissoute dans l’économie hyper-capitaliste. L’ubérisation est l’arme de « disruption » massive de ce populisme paradoxal, porté par l’esprit libertarien de la Silicon Valley et qui porte en lui la perspective d’une société homogénéisée de femmes et d’hommes sans qualité.

Uberization is a Form of Populism

Behind the pretense of solving all our social problems with a technological fix, one finds a new type of populism characterized by a lack, rather than by an excess, of politics, as it dissolves itself in the hyper-capitalist economy. Uberization is the weapon of mass disruption carried by this new kind of paradoxical populism, riding on the libertarian spirit of Silicon Valley, announcing a homogenized society of women and men without quality.

Subjectivations computationnelles à l’erre numérique

Peut-on parler de subjectivités computationnelles dès lors que nous communiquons parfois avec des bots algorithmiques sans même le savoir ? L’article passe rapidement en revue neuf modalités d’articulations possibles entre subjectivation et computation : opacification, rigidification, exploitation, superposition, exclusion, extension-augmentation, interpénétration, altérité et, finalement, errement. Pourquoi ne pas apprendre à faire du computationnel – et de l’incomputable qu’il recèle nécessairement – une nouvelle forme d’altérité culturelle ? Cela implique toutefois de reconnaître un certain erratisme inhérent à l’expérience humaine de programmation. Bienvenue dans l’erre numérique !

Computational Subjectivations through Digital Wonders and Wanderings

This article explores nine possible articulations between subjectivation and computation : opacity, rigidity, exploitation, superposition, exclusion, extension-augmentation, interpenetration, alterity and erraticity. Why not treat the computational — including the incomputable which rests in its core — as a new form of cultural Other? This requires us, however, to acknowledge the erring part in the human experience of programming. Welcome to the wanders of computation!

Il y a du soin dans l’air. Robots soignants et environnements de soin

Dans cet article, nous examinons les défis possibles soulevés par l’utilisation des termes « soin » (care) et « prendre soin » (taking care) lorsque le soignant est un robot autonome, ce que nous nommons un « agent artificiel de soins médicaux ». Autrement dit, notre question est de savoir si ces agents artificiels peuvent soigner. En contradiction avec la plupart des arguments de la littérature existante, nous soutenons que oui.

Care in the Air. Caring Robots and Environments of Care


In this article we examine the possible challenges facing the use of the concept of « care » or « taking care », when the carer is an autonomous robot, what we call an « artificial medical care agent ». In other words, we ask if robots can care. Against the majority of arguments in the existing literature, we argue they can.

À la santé des robots

Alors que tous les regards sont tournés vers les prototypes de robots-compagnons dont les pays en déclin démographique attendent qu’ils s’occupent des personnes âgées, une révolution silencieuse se déroule dans la gestion des médicaments. Grâce aux robots, la délivrance des médicaments par dose unique va bientôt devenir non seulement possible mais normale, à l’hôpital comme en officine, entrainant de nouvelles transformations dans le travail de pharmaciens et des médecins.

Cheers to the Robots !

While our attention is focused towards the prototypes of companion-robots expected to care for the elderly in nations subjected to demographic decline, a silent revolution is already happening in our management of medications. Thanks to automation, the delivery of medication in single doses is about to become not only possible, but common practice in our hospitals as in pharmacies, generating significant disruptions in the work of pharmacists and physicians.

Sexbots : nos prochains partenaires

Le statut éthico-juridique des robots dotés de sensibilité est encore incertain, mais exige d’être pensé sans tarder. Si les économies d’échelle et les avantages sanitaires conduisent à une convergence des industries du soin et du sexe, les « sexbots » sont susceptibles d’attirer une stigmatisation qui accroîtra leur risque de maltraitance. Cet article soutient qu’il est éthiquement problématique pour les humains de créer des êtres sensibles, fabriqués à des fins utilitaires pour opérer des tâches que nous préférerions ne pas avoir à accomplir, comme prendre soin des personnes âgées et des infirmes, ou comme fournir des services sexuels. Il convient de mettre en place des régimes de protection juridique appropriés à ces nouveaux problèmes.

Sexbots : Our Next Partners

The ethico-legal status of sentient robots is uncertain, but needs to be thought through. Should economies of scale and the health benefits of intimate relations drive a confluence of the caring and sex industries, sexbots may attract stigmatisation, increasing the potential for mistreatment. I argue that humans’ creation of sentient beings for utilitarian purposes to carry out the tasks most of us would prefer not to do, like caring for the elderly and infirm and providing sexual services, is ethically questionable. Appropriate legal protections must be put in place.

Sexo-robots et société

Cette nouvelle d’anticipation fantaisiste imagine un futur proche où notre vie quotidienne serait peuplée de robots anthropomorphes entièrement dédiés à l’usage sexuel. Elle spécule sur la manière dont ces robots pourraient peu à peu transformer en profondeur les relations sociales et conditionner l’avènement d’une humanité « post-biologique ». La place des sexo-robots dans la vie quotidienne divise les féministes. Elle révèle des lignes de fracture idéologiques entre le vieil humanisme et une nouvelle métaphysique plus généreuse du rapport homme-machine.

Sex robots and society

This fictional short story anticipates a society in the near future where our everyday life would be populated by anthropomorphic robots, entirely made for sexual use. It speculates on the way these robots could gradually transform social relationships and cause the rise of a « post-biological » mankind. The place of sex robots in the everyday life divides feminists. It reveals ideological fractures between the old humanism and a new metaphysics more generous in terms of man-machine relationship.

Le robot qui vous veut du bien

Le robot qui vous veut du bien

Cet article étudie deux robots en particulier NAO, développé par Aldebaran, et ASIMO, développé par Honda. Il vise à mettre en évidence la fonction et le statut singuliers de ces robots-compagnons. Il insiste pour cela sur « la bienveillance » exigée du robot et l’image d’un échange émotionnel entre le robot et l’utilisateur, comme sur la connectivité du robot, qui oblige à le voir non pas comme un être à part mais plutôt comme l’avatar, ou l’organe, d’un être dispersé dans l’espace.

The Benevolent Robot

This paper concerns two robots in particular, NAO (Aldebaran) and ASIMO (Honda). These companion-robots which, according to their designers, should soon pervade our daily lives, seem to constitute a new kind of beings, clearly different from industrial robots, computers, domestic animals such as dogs or, obviously, other human beings. The paper discusses the « well-meaning-ness » required of the robot, the image of an emotional relationship with the robot, and the connectivity of the individual robot which makes it part of a new form of distributed community.

Les robots oscillent entre vivant et inerte

Les robots oscillent entre vivant et inerte

Il est impossible d’ouvrir un dossier consacré à la robotique sans rencontrer de multiples prophéties annonçant dans un futur proche que nous vivrons entourés de robots anthropomorphes ou zoomorphes et que nous nous machinerons par des voies que nous ne pouvons pour le moment qu’entrevoir. Peut-on envisager une approche de la robotique un peu moins prophétique et donc décevante, un peu plus pragmatique et donc plus surprenante, un peu plus réflexive et donc habitée par un principe de précaution ? Faut-il continuer à faire passer les machines pour autre chose que ce qu’elles sont ou doit-on arrêter de les prendre pour ce qu’elles ne sont pas (des animaux, des humains) ? Faut-il considérer qu’elles constituent un « règne » à part entière, à côté du minéral et du végétal, ou bien faut-il continuer de les reléguer dans l’instrumental, ce grand bazar ? Ce « manifeste » reprend quelques-unes des observations faites par ceux qui, dans le champ de l’anthropologie principalement, observent la « révolution robotique », suivent ses essais d’expérimentation/implémentation et abordent la diversité des interactions homme-machine avec les outils de l’enquête de terrain.

Robots Oscillate Between the Inert and the Living

Impossible to discuss about robotics without stiring many prophecies announcing that we will live surrounded by zoomorphic or anthropomorphic robots and transform ourselves in ways we can not yet imagine. Is it possible to adopt a slightly less prophetic approach, a little more pragmatic and therefore more surprising, a bit more reflective and thus inhabited by a precautionary principle? Should we continue comparing or assimilating machines with other kinds of beings (animals, humans) ? Should we accept that they are a « reign » in itself, next to the mineral, the vegetal or should we continue to relegate them into the instrumental, this big bazaar ? This manifesto summarises some of the observations made by anthropologists who observe the « robot revolution » with ethnographic tools, following experimental processes/implementation tests and the very concrete situations of interaction in which robots can be experienced.

La voiture autonome et ses implications morales


Cet article soutient que les voitures autonomes sont des robots sociaux qui doivent agir comme des tenants-lieux de leurs propriétaires humains. Pour ne pas esquiver les choix moraux incombant aux utilisateurs humains de ces technologies, on pourrait programmer les véhicules de façon à ce qu’ils puissent se comporter selon différentes théories morales, en permettant aux propriétaires de choisir celle qui a leur préférence. L’article envisage également les implications éthiques d’autres problèmes pratiques liés à la technologie des voitures autonomes.

Autonomous Cars and their Moral Implications


This paper argues that autonomous cars are social robots which must act as moral proxies for their human owners. To avoid the unacceptable removal of moral choices from human users of these technologies, we could program the vehicles to act in accordance with different moral theories and allow their owners to select their preferred behaviour. The paper also considers ethical implications of other practical concerns surrounding autonomous car technology.

Le Cobot, 
la coopération entre l’utilisateur et la machine

En 1996, le terme de « cobot », 
contraction de « robotique collaborative », apparut sous la plume de deux chercheurs américains travaillant pour l’industrie automobile. Il s’applique aujourd’hui à un nouveau champ de la recherche en robotique, la « cobotique », qui s’attache à concevoir des machines asservies ou pseudo-autonomes susceptibles d’être utilisées au sein d’un environnement humain. Le cobot se différencie donc essentiellement du robot par son absence d’autonomie puisque, par définition, il ne peut pas fonctionner sans l’action d’un opérateur. L’approche collaborative, tout en dépassant la simple « utilisation » qui pourrait être faite d’un outil, valorise le travail de l’humain et laisse présager d’une meilleure acceptabilité sociale du cobot, qui n’aurait pas pour vocation de remplacer l’homme, mais de l’épauler.

The Cobot : a New Form of Human-Machine Interaction

An abbreviation for « Collaborative Robotics », the term cobot was coined in 1996 by two American researchers working for the car industry. It refers to a new field of research – cobotics – which designs pseudo-autonomous or servant machines to be used in human environment. A cobot differs from a robot insofar as it cannot function without the action of a human operator. This collaborative approach goes beyond the mere « use » to be made of a tool : it valorizes human labor and makes the cobot a more acceptable partner, since it does not lead to the replacement of the human, but to his assistance.

Réguler les robots-tueurs, plutôt que les interdire

Réguler les robots tueurs, plutôt que les interdire

Les futurs systèmes d’armes létales autonomes (LAWS selon leur acronyme anglais), aussi appelés « robots tueurs », seront-ils une menace pour l’humanité ? Dans cet article de proposition prescriptive, nous soutenons qu’ils ne privent pas les humains de leurs responsabilités. Au contraire, ils augmentent notre capacité à leur faire rendre des comptes de leurs crimes de guerre, même si leur diffusion et leur utilisation doivent impérativement être réglementées par des organisations étatiques et internationales. Le moment actuel est crucial pour mettre en place un accord international sur leurs réglementations, alors même que le développement et les applications de ces technologies font débats. La peur largement partagée que suscitent ces robots tueurs est à nos yeux infondée: il faut plutôt considérer leur arrivée comme une bonne nouvelle.

Regulate Killer Robots instead 
of Banning Them

Will future lethal autonomous weapon systems (LAWS), or « killer robots », be a threat to humanity ? In this policy paper, we argue that they do not take responsibility away from humans ; in fact they increase the ability to hold humans accountable for war crimes – though their distribution and use must be regulated by state and international agencies. We argue that now is a crucial time to ensure an agreement on regulation, while development, application and use of these technologies are under debate. The widespread fear of killer robots is unfounded : they are probably good news.

Inventivité des imitations ludiques

Inventivité des imitations ludiques

Cet article présente plusieurs machines dont l’existence est intimement liée aux pratiques ludiques. Il montre que ces objets s’inscrivent aussi bien dans la recherche en robotique et en intelligence artificielle que dans les pratiques artistiques contemporaines. Il s’intéresse en particulier à l’espace de jeu ouvert par l’interaction avec les machines et propose de considérer cet espace comme le lieu privilégié d’une forme d’expérimentation anthropologique.

The Inventiveness of Playful Imitations

This paper describes several machines intimately linked to playful practices. It shows that such machines belong simultaneously to research in robotics and artificial intelligence, and to practices of contemporary art. Focusing on the space opened by these machines for interactive play, it describes it as privileged space for certain types of anthropological experimentation.

Les robots sont des personnes comme les autres

Tout un symbole : Vital est le sixième membre du conseil d’administration de la société hongkongaise Deep Knowledge Ventures, alors qu’il n’est qu’un simple algorithme. Qu’il s’agisse de logiciels et d’objets dits intelligents ou de robots humanoïdes comme Pepper, Romeo et Nao, nous allons devoir apprendre à travailler bien sûr, nous amuser, être soignés mais aussi dialoguer avec ce genre de machines. Gare à ne pas les sous-estimer ! Qu’elles aient été conçues par un être d’os et de chair ne les empêchent pas d’être nos interlocuteurs. Certaines d’entre elles ne devraient-elles pas être considérées demain comme de vraies « personnes non humaines », selon le terme auquel a droit, depuis un procès de fin décembre 2014, l’orang-outan Sandra du zoo de Buenos Aires ?

Robots are People like You and Me

Vital, an algorithm, was elected as the sixth board member of the Honk Kong firm Deep Knowledge Ventures. Software, « intelligent objects », humanoid robots like pepper, Romeo and Nao: we will have to learn to work, talk and play with them, but also to be treated and cared for by this new type of machine. Let’s not underestimate them ! The may have been designed by humans, but they are nevertheless called to become our daily partners – and some of them may have to be considered as true « non-human persons », following the legal category crafted in 2014 for Sandra, the orangutan living in Buenos Aires zoo.

La vie des robots
 et la nôtre


La rupture entre ce qui est vivant ou naturel et ce qui ne l’est pas est beaucoup moins marquée dans la culture japonaise qu’elle ne l’est dans la culture occidentale – ou du moins, elle n’est pas marquée de la même manière et du même poids. En m’inspirant en partie de la pratique que l’on trouve au cimetière de Koya-san, qui consiste à donner une tombe à des objets inanimés – voiture, fusée, pompe à eau – je m’interroge sur ce que cette distinction signifie pour la robotique sociale.

Robot’s Life and Ours

The meanings of what is « artificial » take for granted a separation between, what is living and natural, and what is neither. However, this separation is not as clearly marked in Japanese culture as it is in the West, or at least is not marked the same way and with the same weight. Based on a practice observed in Koyama-san cemetery, which is to erect tombstones for inanimate objects – cars, rockets, water pumps, etc. – this paper asks what is the meaning of that distinction for social robotics.

L’automation intellectuelle,
 la mort de l’emploi et le revenu 
de pollinisation

Les discours lénifiants promettant de résoudre tous les problèmes sociaux et écologiques par une « reprise de la croissance », synonyme de « retour au plein emploi », sonnent de plus en plus creux. Nous vivons une deuxième vague de déploiement du capitalisme cognitif, caractérisée par l’automatisation de tâches intellectuelles bien plus complexes, dont les études les plus sérieuses montrent qu’elle annonce une explosion spectaculaire des chiffres du chômage (jusqu’au sein des classes les mieux éduquées). Les leçons de la première vague d’industrialisation du début du XIXe siècle enseignent que seuls des combats idéologiques et politiques peuvent conduire les logiques économiques à s’adapter à ces nouvelles dynamiques. Les mesures préconisées depuis 15 ans par Multitudes (revenu universel garanti, taxe pollen, réforme de l’éducation) sont plus urgentes que jamais.

Intellectual Automation, Death of Employment and Pollination Income


« Back to growth » and « Back to full employment » mantras have lost all traction on our economic realities. We are in the middle of a second wave of cognitive capitalism, which automatizes much higher forms of intellectual work. Analysts forecast massive increases in unemployment, especially among highly educated segments of the population. Lessons drawn from the first industrialization, at the beginning of the 19th century, show that only ideological and political struggles can push the economy to adapt to such new dynamics. The measures promoted by Multitudes over the last 15 years (universal guaranteed income, pollen tax, reformation of the educational systems) appear more urgent than ever.

Entretien avec Michel Valensi Michel Valensi : Depuis ton premier livre, Convention et matérialisme (non traduit en français) qui date de 1986, et même depuis tes premiers écrits plus politiques des années 1970, jusqu’à ce dernier livre qui paraît aujourd’hui en français sous le titre Et ainsi de suite. La régression à l’infini et comment l’interrompre, consacré à […]

émergent sur Internet ou dans les lieux qui cherchent à démocratiser les nouvelles technologies vont-ils pouvoir transformer nos modes de vie ? Le partage et le recyclage qui étaient des pratiques de proximité ancestrales redeviennent désirables face à la crise climatique et écologique. Le logiciel libre a ouvert la voie d’une éthique open source et de transmission des innovations qui s’étend au monde matériel.

Emerging cooperative models
Cooperative practices are blossoming on the Internet and in places aiming to democratize new technologies. Can these emerging trends transform our lifestyles? As ancestral local practices, sharing and recycling seem to revive, providing answers to the ecological and economic crisis. Open source is paving the way for a new ethical approach, transferring innovation from software into hardware.

Comment traduire une forme de vie ?

Comment traduire une forme de vie?
Nous vivons au sein de multiples formes de vies intriquées entre elles. Végétaux, animaux, humains, nous passons notre temps à devoir traduire ces formes de vies entre elles, ce qui nous oblige à inventer des équivalents pour ce qui n’a pas d’équivalent, à forcer un échange entre des incommensurables. C’est au sein de ce travail vital de traduction que doivent être envisagés les médias.

How to Translate
a Form of Life?
We live among an entanglement of forms of life. Plants, animals, humans, we all must constantly operate translations between these different forms of life, which forces us to invent equivalents when none are given. It is within the general and vital task of translation that the media must be understood and analyzed.

Neutraliser le mythe de Prométhée

Deux thèmes majeurs sont systématiquement négligés dans le mythe de Prométhée : celui de l’humain «victime», et celui de la revanche à prendre sur l’animal. Ces thèmes sont pourtant devenus des piliers de la pensée occidentale vis-à-vis de la Nature. Ils jouent un rôle fondamental dans le désastre écologique actuel. Rêvons à un Prométhée qui aurait posé comme condition à la réception du feu la nécessité pour l’homme de ne rien faire qui pût agresser les autres animaux de façon démente.

Neutralizing Prometheus Myth

Two main topics have always been neglected in the myth of Prometheus: that of Man as “victim”, and that of the revenge against the animal. However, these topics are the foundations of Western thought vis-à-vis Nature. They have a fundamental role in the current ecological disaster. Let’s dream about a Prometheus who will have subordinated the receipt of the fire to the necessity for Man not to agress the other animals.

Fukushima ou la découverte du cygne noir

Fukushima servira pour longtemps d’emblème de l’«accident» dans un monde complexe. Le syndrome de Three Mile Island (fusion partielle du réacteur), l’explosion brutale du coeur du réacteur de Tchernobyl étaient tous deux des accidents purement nucléaires (erreur humaine de manipulation dans le premier cas, erreur de réalisation et défaut d’entretien dans le second cas). On […]

Points de vues sur le mondeAu commencement, il en était plus d’Un. Mais on ne le savait pas encore. Impossible de savoir par avance, et même après coup, ce que des êtres rassemblés peuvent porter comme charge commune. On ne peut que le spéculer : la pensée de la communauté aura toujours appelé une métaphysique, c’est-à-dire une science des variations imaginaires soumises au Principe de raison. Parions sur le vif des coalitions aventureuses.

Coalitions. Viewpoints on the World

In the beginning, there were more than One. But one did not know it yet. It is impossible to know, ahead of time, and even retrospectively, what common charges can be carried by the multiplicity of beings gathered within a shared space. One can only speculate: the conceptualisation of a community always calls for a metaphysics, i.e., a science of imaginary variations submitted to the principle of Reason. Let us bet on the liveliness of adventurous coalitions.

En cinquante ans, l’utopie cyborg est devenue une vérité paradoxale de notre planète connectée : de la création du concept à des fins d’exploration spatiale en 1960 à sa concrétisation à l’ère de l’Internet omniprésent en passant par
le manifeste cyberféministe de Donna Haraway en 1985. Son idéal d’hybridation de l’homme et de la machine, de nos mondes intérieurs et extérieurs n’est plus une figure purement spéculative. Il s’agit désormais d’une fiction en actes, se réalisant à des années lumières de la surface chromée des Robocop et autres Terminator de notre imaginaire collectif.

We are all Cyborgs!

In fifty years, the cyborg utopia became a paradoxical truth of our planet connected: creating the concept for space exploration in 1960 to its realization in the age of ubiquitous Internet via the manifest cyberfeminist of Donna Haraway in 1985. Her ideal hybridization of man and machine, our different worlds is no more a speculative figure. It is now and very longer from the chrome surface of Robocop and others Terminator of our collective imagination.