Archives du mot-clé spinoza

Vers une politique du dividualisme

Vers une politique du dividualisme
L’individu de la gouvernance néolibérale mérite d’être envisagé comme un « dividuel » secoué par les rassemblements turbulents de tendances hétérogènes, divisé entre elles dans sa relation à soi. Du fait des urgences et des surcharges attentionnelles auxquelles il est soumis, l’intuition se substitue souvent chez lui au choix réfléchi et délibéré. C’est à des dividuels que s’adressent les techniques de priming (amorçage) par lesquelles les logiques néolibérales restructurent nos comportements. Comment parvenir à y identifier un contre-ontopouvoir immanent ? Comment en faire émerger une politique du dividualisme ? C’est dans une catalyse activiste qu’il faut reconnaître aujourd’hui un art affectif de la politique.

Towards a Politics of Dividualism
The individual produced by neoliberal governance ought to be identified as a “dividual”, set in tensions by a turbulence of heterogeneous tendencies, divided between them in his relation to himself. Because of the emergency and attentional overload to which he is exposed, intuition often substitutes for deliberate choice. Techniques of priming are addressed to such dividuals, in their attempt to restructure our behaviors along neoliberal injunctions. How can one identify immanent forms of counter-ontopower in such a situation? How can one help the emergence of a politics of dividualism? An activist catalysis may pave the way for an affective art of politics.

Subjectivations computationnelles à l’erre numérique

Peut-on parler de subjectivités computationnelles dès lors que nous communiquons parfois avec des bots algorithmiques sans même le savoir ? L’article passe rapidement en revue neuf modalités d’articulations possibles entre subjectivation et computation : opacification, rigidification, exploitation, superposition, exclusion, extension-augmentation, interpénétration, altérité et, finalement, errement. Pourquoi ne pas apprendre à faire du computationnel – et de l’incomputable qu’il recèle nécessairement – une nouvelle forme d’altérité culturelle ? Cela implique toutefois de reconnaître un certain erratisme inhérent à l’expérience humaine de programmation. Bienvenue dans l’erre numérique !

Computational Subjectivations through Digital Wonders and Wanderings

This article explores nine possible articulations between subjectivation and computation : opacity, rigidity, exploitation, superposition, exclusion, extension-augmentation, interpenetration, alterity and erraticity. Why not treat the computational — including the incomputable which rests in its core — as a new form of cultural Other? This requires us, however, to acknowledge the erring part in the human experience of programming. Welcome to the wanders of computation!

Texte complet: http://www.multitudes.net/subjectivations-computationnelles-a-lerre-numerique-texte-complet/

Joseph Yosef Dadoune .رخالا / רחאה

quatrième de couverture: Joseph Dadoune, Border Notes, 08/07/2014 − 26/08/2014, suite de 50 dessins, 48 x 32,9 cm, reproduction photographique : Aurélien Mole   deuxième de couverture: Joseph Dadoune, 358, 2015, papier beaux-arts, 60 x 80 cm     troisième de couverture: Joseph Dadoune, Serpent plié en deux, 2015, papier beaux-arts, 100 x 150 cm   […]

Pour ou contre le populisme ?

Dans cette contribution jouée à quatre mains, l’une des intervenantes veut espérer que l’on puisse répondre aux populismes actuellement dominants, démagogues et xénophobes, par une autre forme de populisme, rassemblant les masses autour de quelques slogans émancipateurs et de quelques récits mobilisateurs. L’autre craint que le ver ne soit dans le fruit dès lors qu’on cherche à parler au peuple (dans un effort de massification) plutôt qu’à penser avec les gens (dans leur pluralisme).

For or Against Populism?

In this dialogue, one of the debaters hopes that an emancipatory form of populism can help offer an alternative to the current dominance of the existing populisms, demagogical and xenophobic. The other debater fears the worm is already in the fruit as soon as one attempts to speak to the people (in order to massify it) instead of attempting to think with the people (in their pluralism).

Sortir de l’anthropocène

L’Anthropocène est un « Entropocène », c’est-à-dire une période de production massive d’entropie précisément en cela que les savoirs ayant été liquidés et automatisés, ce ne sont plus des savoirs, mais des systèmes fermés, c’est-à-dire entropiques. Le nouveau critère de redistribution qu’il s’agit de mettre en œuvre dans l’économie du Néguanthropocène doit être fondé sur une capacité de désautomatisation qu’il faut ressusciter.

Exiting the Anthropocene

The anthropocene should be written “entropocene”, i.e., a period of mass production of entropy due to the fact that many fields of knowledge have been abolished and liquidated : they no longer belong to human knowledge, but offer closed systems of automatic reactions, which, as such, present high levels of entropy. The new criterion of redistribution needed in our age of Neguanthropocene must be based on our capacity to disautomatize and resuscitate a whole range of human operations.

Insulte et droit post-souverain

Que se passerait-il si l’on déplaçait les problèmes posés aujourd’hui sous la notion de « blasphème » en les envisageant à travers la catégorie de « l’insulte » ? Cet article esquisse cet exercice, en s’appuyant, entre autres, sur les actes de parole d’Austin et sur les performatifs de Judith Butler. Ces discussions de philosophie du droit et du langage ont des implications très concrètes sur la façon dont nous pouvons ressentir et réagir aux multiples points de contact entre ce que nous disons et ce que nous faisons avec des mots. Les sphères du droit, de la politique, de la socialité s’en trouvent sans doute plus profondément affectées que celle de la religion.

Insult and Post-Sovereign Law

What would happen if what is currently discussed in terms of “blasphemy” was reinterpreted under the category of “insult”? With the help of Austin and Butler, this article raises issues of philosophy of law and philosophy of language which have very concrete implications on the way we perceive and react to the multiple points of contact between what we say and what we do with words. More than religion, such issues question our conception of the law, of politics and of sociality.

Illégalismes et droit de la société marchande, de Foucault à Marx

À partir d’une lecture critique de Foucault, cet article revient sur l’un des premiers textes de Marx, consacré au vol de bois mort, pour analyser les liens entre le régime pénal de la sanction du vol de bois et le régime civil de la transformation de la propriété, entre la production des illégalismes et les métamorphoses de la société civile. Il en tire une vision synthétique du patrimoine considéré comme un « corps juridique artificiel », avant d’apporter un éclairage saisissant sur l’incarcération de masse qui caractérise notre époque, où il suggère de voir un moyen de contrôler des populations paupérisées, caractérisées par un « patrimoine vide ».

Illegalism and Law in Market Society, from Foucault to Marx

Starting from a critical reading of Foucault, this article analyses an early text by Marx where the penalization of the theft of dead wood resonates with the transformation of property law, with the production of new forms of illegalism and with the transformation of civil society. It reinterprets patrimony as an “artificial judicial body”, in order to shed light on today’s mass incarceration, viewed as a means of control towards pauperized populations characterized by their “empty patrimony”.

Subjectivations computationnelles à l’erre numérique

Peut-on parler de subjectivités computationnelles dès lors que nous communiquons parfois avec des bots algorithmiques sans même le savoir ? L’article passe rapidement en revue neuf modalités d’articulations possibles entre subjectivation et computation : opacification, rigidification, exploitation, superposition, exclusion, extension-augmentation, interpénétration, altérité et, finalement, errement. Pourquoi ne pas apprendre à faire du computationnel – et de l’incomputable qu’il recèle nécessairement – une nouvelle forme d’altérité culturelle ? Cela implique toutefois de reconnaître un certain erratisme inhérent à l’expérience humaine de programmation. Bienvenue dans l’erre numérique !

Computational Subjectivations through Digital Wonders and Wanderings

This article explores nine possible articulations between subjectivation and computation : opacity, rigidity, exploitation, superposition, exclusion, extension-augmentation, interpenetration, alterity and erraticity. Why not treat the computational — including the incomputable which rests in its core — as a new form of cultural Other? This requires us, however, to acknowledge the erring part in the human experience of programming. Welcome to the wanders of computation!

Visages d’Ernesto, novembre 2011
Spinoza in China
–> + –> il annonce –> c’est la dernière fois que nous participons à un exercice volontaire vis-à-vis de la Grèce –> = –> il y a un temps pour tout –> le temps –> du volontarisme est terminé –> + –> un défaut total de la Grèce serait tout à fait gérable pour la banque nationale de Paris Paribas –> + –> il affirme –> la banque se laisse une belle marge de manœuvre pour rémunérer ses actionnaires –> + –> sur le visage d’Ernesto –> est visible le visage de Palden Choetso –> nonne tibétaine –> elle s’immole par le feu.

Ernesto’s Faces,
november 2011
Spinoza in China
–> + –> he announces –> this is the last time we will participate in a voluntary exercize regarding Greece –> = –> there is a time for everything –> time –> volunteering is over –> + –> a total default by Greece would be quite manageable for the national bank of Paris Paribas –> + –> he claims –> the bank is provided with a cozy cushion to pay its investors –> + –> on Ernesto’s face –> one can see the face of Palden Choetso –> Tibetan nun –> she sets herself on fire.

Le travail de l’abstraction
Sept thèses transitionnelles sur le marxisme et l’accélérationnisme
L’accélérationnisme marxiste de Srnicek et Williams semble concerner non seulement une simple accélération catastrophique du capital (comme chez Virilio, Baudrillard, Land), mais une accélération épistémique et une réappropriation du capital fixe comme technologie et connaissance (en une sorte de Singularité Épistémique). L’intelligence collective doit s’organiser elle-même sur le mode d’une intelligence hostile – également dans le sens où elle s’inocule dans son hôte comme un parasite malveillant.

The Labour of Abstraction
Seven Transitional Theses on Marxism and Accelerationism
Srnicek and Williams’ Marxist accelerationism appears to be not about a mere catastrophic acceleration of capital (like in Virilio, Baudrillard, Land) but about an epistemic acceleration and reappropriation of fixed capital as technology and knowledge (a sort of Epistemic Singularity). Collective intelligence has to organise itself into a hostile intelligence — also in the sense of inoculating the host as a malignant parasite.

La plénitude drastique
du devenir-indien
À partir d’auteurs comme Negri, Cocco, Viveiros de Castro et Fanon, cet article discute le devenir-indien comme un concept pour les forces expressives de luttes et de réinvention dans le Sud. À travers de formes concrètes d’intervention, on analyse un mode de résistance à la fois créatif et alternatif, qui prend le contre-pied de l’actuel agenda capitaliste et néo-développementiste.

The radical plenitude of becoming-Indian
Feeding from authors like Negri, Cocco, Viveiros de Castro and Fanon, this article discusses “becoming-Indian” as a concept for the expressive forces of struggles and reinvention from globalization’s South. Tracing the concrete forms of intervention, we analyze a mode of resistance which is at the same time creative and alternative, in sharp contrast to the current capitalist and “neo-developmentalist” modernization agenda.

La lutte des réfugiés
Entre droit de fuite et droit de rester
Les migrations se font maintenant plutôt vers les pays du Sud, refuges de 80 % des demandeurs d’asile. 4 % des Brésiliens sont étrangers, ce qui est faible du fait d’une législation défavorable élaborée pendant la dictature. Les immigrants viennent de Colombie et du Congo, après être venus d’Angola. Ces derniers se sont établis dans le quartier le plus pauvre de Rio. Malgré leur pauvreté, les étrangers participent par leur désir de changement à la nouvelle multitude locale.

Refugees’ struggles
Between a right to flee and a right to stay
Migrations mostly take place between countries from the South, where 80 % of asylum seekers are currently located. Only 4 % of the Brazilian population are foreigners, coming from Colombia and Congo, after earlier waves from Angola, who have settled in the poorest neighborhood in Rio. In spite of their poverty, these foreigners often play a more active political role in their new multitude than in their home country.

Soulèvements en Amérique latine
Lecture en contrepoints
Dans la lecture des soulèvements populaires en Amérique latine, deux interprétations sont comparées point par point : celle d’une part de Multitude de Hardt & Negri ainsi que de GlobAL : Luttes et biopouvoir à l’heure de la mondialisation. Le cas exemplaire de l’Amérique latine  de Negri & Cocco et celle d’autre part de L’interpellation plébéienne en Amérique latine du GRIPAL (Groupe de recherche sur les imaginaires politiques en Amérique latine). Ces deux interprétations sont irréductibles, mais non incompatibles.

Uprisings in Latin America
Counterpoint Readings
Two interpretations of popular uprisings in Latin America are compared point by point : on the one hand, Hardt and Negri’s Multitude as well as Negri and Cocco’s GlobAL : Luttes et biopouvoir à l’heure de la mondialisation. Le cas exemplaire de l’Amérique latine, on the other hand, GRIPAL’s (Research Group on Latin American Political Imaginaries) L’interpellation plébéienne en Amérique latine. These two interpretations are incommensurable but not incompatible.

Elections Européennes : À quelque chose malheur est bon ! Dans le désastre actuel qui frappe particulièrement l’Hexagone, on a envie de dire : Hic Rhodus, hic salta ! Mot à mot « Voici Rhodes, saute », expression prêté à un athlète par le fabuliste grec Aesope qui voulait s’encourager à faire un saut en avant décisif. En fait, […]

Dans cet entretien, Michael Hardt et Saree Makdisi traitent d’un Romantisme qui va au-delà de sa traditionnelle identification avec le nationalisme et l’individualisme bourgeois. Utilisant le concept de multitude comme point d’accès, la conversation qui s’en suit touche à la question des Romantismes non occidentaux, l’échec des idéologies nationalistes, les formes collectives radicales, l’imagination spinoziste, et l’esthétique anticapitaliste en tant que traces d’un Romantisme alternatif. Ces traces déplient des affinités et des tensions largement sous-théorisées entre le Romantisme et le travail de Marx, Gramsci, et Saïd.
Romanticism and Multitudes
Politics of Language
In this interview, Michael Hardt and Saree Makdisi engage a Romanticism that goes beyond its traditional identification with nationalism and bourgeois individualism. Using the concept of the multitude as an entry point, the ensuing conversation touches on non-Western Romanticisms, the failures of nationalist ideology, radical collective forms, Spinoza’s imagination, and anti-capitalist aesthetics as traces of an alternative Romanticism. These traces open out towards largely undertheorized affinities and tensions between Romanticism and the work of Marx, Gramsci, Said, and others.

De quoi parlons-nous à travers les références actuellement omniprésentes à « la crise » ? Et surtout : de quoi ne parlons-nous pas quand nous parlons de « la crise » ? Multitudes a ouvert ses pages à des auteurs très divers pour esquisser quelques réponses, qui figurent ici sous la forme d’un abécédaire : une suite d’entrées plus ou moins brèves qui visent à prendre […]

Réalités, fictions, contre-fictions

Les fictions nous gouvernent de leur implacable réalité. Les Romains avaient leur louve, leurs haruspices, leurs empereurs divinisés, leurs apologues des membres et de l’estomac. Nous avons notre Marianne, nos taux de croissance du PIB, nos réalités augmentées et nos triples A de la finance. Depuis la fin du xviie siècle, toute une modernité critique […]

Le Mouvement du 15 Mai, rassemblé environ un mois sur la Puerta del Sol de Madrid autour du chant No nos moveran (repris des combats des républicains espagnols de 1936), s’inscrit dans un vent de révolte qui agite depuis de nombreux mois tout l’espace méditerranéen. Des rues de Sidi Bouzid aux villes de Syrie, en passant […]

Tout d’abord, rappelons ce qu’est l’indignation[[Ce texte est tiré de l’article « L’indignation et le conatus de l’État spinoziste » paru originellement en 1994 et republié récemment dans la collection d’articles d’Alexandre Matheron, Études sur Spinoza et les philosophies de l’âge classique, Lyon, ENS éditions, coll. « La croisée des chemins », 2011, p. 222-223.. […]

Le scénario du film Avatar peut se présenter comme une caricature de ce qu’on reproche aux théoriciens des multitudes : la foi en un spontanéisme naïf selon lequel l’agencement des singularités se ferait de façon immanente, sans besoin d’aucun travail d’organisation ou de médiation. Si le film représente bien un renversement idéologique d’une conception simpliste de l’agir politique des multitudes, son succès commercial suggère que de nouveaux modes de médiation sont à l’œuvre et demandent à être analysés de plus près.

Avatar: A Caricature of Multitude

The script of the movie Avatar reads like a caricature of a simplistic misunderstanding of the political theory of multitudes: a naïve faith in spontaneity, as if singularities could form a political movement without any work of organization and mediation. While the movie offers a typically ideological inversion of the political agency of the multitudes, its commercial success suggests that new modes of mediation are at work, which beg for sharper analyses.

La philosophie contemporaine multiplie les dispositifs de repérage, de notification, de mobilisation par lesquels les voix sont continuellement mises en (im)puissance sur un horizon politique. Avec Spinoza, Karkowski et Jupitter-Larsen, les traditions matérialistes montrent que d’autres phonalisations sont là – fragiles et innombrables ; pour autant qu’on ne transforme pas la physique du « bruit » et de ses grésillements en fond d’absurdité nihiliste duquel des voix seraient chargées d’émerger.

Chirping. Materialism of sound waves

Contemporary philosophy multiplies the devices of location, notification and mobilisation in order to listen to voices, grant them their own power and deprive them from it in the same time. Some materialist authors, like Spinoza, Karkowski, and Jupitter-Larsen, suggest that other « phonalisations » exist – fragile and innumerous. They can be listened, provided that philosophers don’t turn the physics of « noise » in a nihilist background of absurdity from which new voices should emerge.

Aux puf : Deleuze L’empirisme transcendantal

Par Anne SauvagnarguesAnne Sauvagnargues, Deleuze. L’empirisme transcendantal, PUF, coll. Philosophie d’aujourd’hui, 2010. ISBN : 978-2-13-056708-0, 29 €. Une spectroscopie de la pensée de Deleuze, depuis ses premières monographies d’histoire de la philosophie (Nietzsche, Kant, Bergson, Spinoza, Simondon) jusqu’à son premier maître livre, Différence et Répétition (1968). Deleuze plonge la critique kantienne transcendantale dans le bain […]

Manuel DeLanda, philosophe américain d’origine mexicaine, enseigne à l’Université Columbia de New York et à l’European Graduate School en Suisse. Il a déjà publié War in the Age of Intelligent Machines (1991), A Thousand Years of Nonlinear History (1997), Intensive Science and Virtual Philosophy (2002). Au cours de son dernier livre, A New Philosophy of […]

Google ne nous est pas indispensable comme le frigidaire et l’eau courante. Impossible de le ramener à ce statut commode d’objet de consommation ou de service quotidien, et ainsi de le tenir à distance. Comme les réseaux sociaux, ce réseau des réseaux cognitifs s’immisce dans notre perception, dans notre ordonnancement des mots, des concepts, dans la visibilité de tout, dans notre mesure de toutes choses. Au-delà de son discours missionnaire, le meilleur allié de Google est la formation d’un nouveau type de travailleur de la connaissance, de cyber-sentant, de cyber-patient ou de cyber-réseaunnant (comme raison, réseau et résonnance). La force hégémonique de Google ne relève pas de la coercition (de son monopole ou de sa position dominante), mais de la captation de ce mode de constitution de nos subjectivités dont le moteur de recherche devient certes, le medium, puis en deuxième temps la matrice de média.

Can we do without Google ?
Google is not as essential as a refrigerator or running water. Yet, we are unable to downsize it to that convenient status of object of consumption or everyday service, and thus keep it at a safe distance. Same as social networks, this network of knowledge networks interferes in our perception, our arranging of words and concepts, in the visibility of eveyting, in our measure of all things. Besides its missionary discourse, the best ally of Google is the formation of a new type of knwledge worker, of cyber-feeling, cyber-patient or cyber-réseaunnant (from « reseau » -network- and resonance). The hegemonic power of Google is not the coercion (its monopoly or dominant position), but its coopting of our subjectivities, for which the search engine is indeed the medium, and in a second phase the matrix of media.

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Les anciens numéros de Multitudes ?

n° 1 / mars 2000

Biopolitique et biopouvoir /
Logiciel libre /
Badiou /
Deleuze /

contributeurs :

Eric Alliez, Yann Moulier Boutang, Bruno Karsenti, Maurizio Lazzarato, Anne Querrien, Michael Hardt, Antonio Negri, Bernard Aspe, Muriel Combes, Maurizio Lazzarato, Paolo Napoli, Peter Sloterdijk, Jacques Rancière, Bruno Latour, Isabelle Stengers, Starhawk, Matthieu Potte Bonneville, Richard Stallman, Gérard Fromanger, Otto Mühl, Jacques Donguy, Alain Badiou.

n° 2 / mai 2000

Nouvelle économie politique /
Actionnisme viennois /
Spinoza /

contributeurs :

Antonella Corsani, Bernard Paulré, Pascal Jollivet, Christian Marazzi, Michel Aglietta, Anne Querrien & François Rosso, Enzo Rullani, Maurizio Lazzarato, Hubert Klocker, Jérôme Ceccaldi, Antonio Negri, Nicolas Israël.

n° 3 / novembre 2000

Europe et Empire /
Matheron /
Spinoza /
Nouvel esprit du capitalisme /

contributeurs :

Saverio Ansaldi, Luciano Ferrari Bravo, Alain Joxe, Heidrun Friese & Peter Wagner, Antonio Negri, Anne Querrien & François Rosso, Saskia Sassen, Isabelle Stengers, Starhawk, Mariella Pandolfi, Claude Moncorgé, Enki Bilal, Luc Boltanski & Eve Chiapello, Bruno Karsenti, Maurice Matieu, Alexandre Matheron, Ian Clarks, Edward Rackley.

n° 4 / mars 2001

Art
contemporain /
Foucault chez les patrons /

contributeurs :

Éric Alliez, Jean-Clet Martin, Jacques Donguy, Alain Séchas, Renée Green, Pascale Criton, Kirsten Klein, Orlan, Oscar Abril Ascaso, Le Syndicat potentiel, Jean-Philippe Antoine, Renée Green, Birgit Jürgenssen, Klaus Voswinckel, François Weil, Stanislas Breton, Maurizio Lazzarato, Valérie Marange, Tiennot Grumbach, Edward Rackley, Eric Dachy, Mariella Pandolfi.

n° 5 / mai 2001

Propriété intellectuelle /
Logiciels libres /
Des subjectivités de l’internet /

contributeurs :

Aris Papathéodorou, Anne Latournerie, Richard Stallman, Thierry Laronde, Mélanie Clément-Fontaine, Blicero, Severin Tagliante, Alessandro Ludovico, Ariel Kyrou, Luce Libera, Act Up – Paris, François Schuiten, Eben Moglen, Richard Barbrook, Franco Berardi dit « Bifo », Pierre Lévy, Jean-Louis Weissberg, Jean-Christophe Royoux.

n° 6 / septembre 2001

Raison métisse /
Ville et mondialisation /
Politiques de la mémoire /

contributeurs :

Yann Moulier Boutang, Luca Casarini, Thomas Berns, Éric Alliez, Michael Hardt, Walter D. Mignolo, Pierre Pasquini, Naoki Sakai, Mikhaël Elbaz, Rachid Khimoune, Thierry Baudouin, Giuseppe Cocco, Stefano Boeri, Michèle Collin, Ilan Halevi, François Matheron, Juan Ugalde, Barbara Cassin, Pascal Houba.

n° 7 / décembre 2001

Après Gênes, après New York /
Tarde intempestif /
Nations meurtrières /

contributeurs :

François Matheron, Toni Negri, Starhawk, Robert Bui, Christian Marazzi, Michael Hardt, Yoshihiko Ichida, Luca Casarini & Giuseppe Caccia, Alain Joxe, Anne Querrien, Paolo Virno, Allan Sekula, Bertrand Ogilvie, Éric Alliez, René Schérer, Jean-Clet Martin, Maurizio Lazzarato, Jean-Philippe Antoine, Isaac Joseph, Gisèle Donnard, Laurent Guilloteau, Charles Wolfe.

n° 8 / mars – avril 2002

Garantir le revenu /
Cultures activistes du réseau /

contributeurs :

Maurizio Lazzarato, Philippe Van Parijs, Yann Moulier Boutang, Bernard Guibert, Daniel Mouchard, Jean-Marie Monnier, Stefan Merten d’Ockonux, Yannick Vanderborght, Laurent Geffroy, Youri Gagarine, Act Up / Paris, Collectif sans ticket, Patrice Riemens, Marc Heim, Robert Castel, Laurent Guilloteau, Bureau d’Études, Raùl Sanchez, Pascal Jollivet, Richard Barbrook, Patrice Riemens, Yoshihiko Ichida, Nicolas Auray.

n° 9 / mai – juin 2002

Philosophie politique des multitudes /
Les trous noirs de la science économique /
Wittgenstein /

contributeurs :

Yann Moulier Boutang, Yoshihiko Ichida, Maurizio Lazzarato, Peter Pal Pelbart, Antonio Negri, Yoshihiko Ichida, Bruno Karsenti, Étienne Balibar, Éric Alliez, Jacques Ranciére, Paolo Virno, Miguel Vatter, Nicolas Israel, Laurent Bove, François Matheron, François Zourabichvili, Noortje Marres, Gianni Motti, Ghislain Deleplace, André Orlean, Jacques Sapir, Sandra Laugier, Peter Flechter, Madeleine Hersent, Jean-François Gava, Éric Thébault.

n° 10 / octobre 2002

Capitalisme cognitif /
Gauches en Europe /
L’université israélienne contre la liberté de penser /
Bug /
Eloge du pillage /

contributeurs :

Carlo Vercellone, Naxos, Franco Barchiesi, Nick Dyer-Witheford, Thierry Brugvin, Giuseppe Cocco, Ariel Kyrou, Philippe Meste, Jean-Luc Moulène, Dr Brady, Noëlle Pujol, Jacques-André Boiffard, Ludovic Jecker, Mark Benecke, Nicolas Franceschini, Cercle Ramo Nash, Yann Moulier Boutang, Bernard Dreano, Alain Bertho, Giselle Donnard, Omar Munoz-Cremers, Raúl Sánchez, Andrea Fumagalli, Antonella Corsani & Maurizio Lazzarato, Alain Jugnon, Saverio Ansaldi, Ilan Pappé.

n° 11 / décembre 2002

Guerres et paix dans l’Empire /
Nouveaux sens du cinéma /
L’ONU, alliée des femmes ? /
Après le boom de la net-économie /
Indiens /

contributeurs :

Yann Moulier Boutang, Philippe Zarifian, Eric Alliez & Antonio Negri, Georges Caffentzis, Paolo Napoli, Mathieu Bietlot, Michel Agier, John Symons, Jean-Claude Paye, Geert Lovink, Edward S. Curtis, Bruno Peinado, Gillian Wearing, Jeremy Deller, Serge Valène, Jean-Luc Verna, Torbjørn Rødland, Andrea Robbins & Max Becher, Glen Baxter, Pascal Houba, Jean-Luc Dardenne, David Lambert, Natalia Skradol, Jules Falquet, Ronda Hauben, Pascal Jollivet.

n° 12 / mars 2003

Epuisé

Féminismes, queer, multitudes /
Devenir-femme du travail et de la politique /
Des biotechnologies au biopouvoir, de la bioéthique aux biopolitiques /
Act Up : laboratoire des devenirs minoritaires /
Border /

contributeurs :

Anne Querrien, Antonella Corsani, Beatriz Preciado, Rosi Braidotti, Maria Puig de la Bellacasa, Cristina Vega, Noortje Marres, Marie-Hélène Bourcier, Rutvica Andrijasevic & Sarah Bracke, Valérie Marange, Michal Heiman, Pierre Joseph, Sean Snyder, Harun Farocki, Graham Gussin, Noëlle Pujol, Luigi Ghirri, Akram Zaatari, Florence Lazar, Vimukhti Jayasundara, Ludovic Burel, Jean-Marie Straub & Danièle Huillet, Judith Revel, Anne Querrien, Sara Ongaro, Betty, Shesquat, A/Matrix, Sconvegno, Collectif des 116, Frédéric Keck, Edward Rackley, Marie Gaille-Nikodimov.

n° 13 / mai 2003

Du côté du Japon : marges et miroir d’Empire /
Machiavel : maintenir le conflit /
République de la multitude /
Coopération et autonomie des femmes de banlieue /
Erwin Wurm / politically incorrect /
Berlin /

contributeurs :

Yann Moulier Boutang, Yoshihiko Ichida & Yann Moulier Boutang, Yoshihiko Ichida, Naoki Sakai, Lisa Yoneyama, Félix Guattari, Brian Holmes, James Keith Vincent, Jon Solomon, Joe Jeong Hwan, Muto Ichiyo, Madeleine Hersent, Erwin Wurm, Eric Alliez, Raphaël Grisey, Thomas Berns, Filippo del Lucchese, Miguel Vatter, Marie Gaille-Nikodimov, Toni Negri, Frédéric Neyrat, Françoise Badelon.

n° 14 / octobre 2003

Europe constituante ? /
Le monde enseignant en prise avec ses vieux démons /
L’Argentine, pour l’exemple /
Entretien : Lula/Guattari /
Xeros /

contributeurs :

Yann Moulier Boutang, Daniel Cohn-Bendit, Bifo, Giuseppe Bronzini, Toni Negri, Yves Citton, Michael Hardt, Brian Holmes, Jon Solomon, Heidrun Friese & Peter Wagner, Frédéric Neyrat, Rosi Braidotti, Antonella Corsani, Carol Bove, Page Sucker, Bernard Bazile, Monica Bonvicini, Marnie Weber, Jeff Burton, Johnny Jensen, Del LaGrace Volcano, Bertrand Plane, Collectif Situaciones, Maristella Svampa, Graciela Hopstein, Rubén Espinosa, Jean-Yves Mondon, Mick Miel.

n° 15 / janvier 2004

Art contemporain : la recherche du dehors /
Etudes littéraires et multitudes : les conséquences de Diderot /
La créativité au travail /
Aux origines de l’apartheid /

contributeurs :

Eric Alliez, Brian Holmes, Maurizio Lazzarato, Suely Rolnik, Flora Loyau, The Yes Men, Jordan Crandall, Ursula Biemann, Olivier Nottelet, Antonia Birnbaum, Bureau d’Etudes, Marko Peljhan, Yves Citton, Romana Schuler, André Gorz, Marion von Osten, Anne Querrien, Yann Moulier Boutang, Thierry Secretan, The Atlas Group, Thomas Feuerstein, Joël Bartoloméo, Page Sucker, David Goldblatt, Jean-Luc Moulène, Dorothee Golz.

n° 16 / mars 2004

Philosophie de la biologie /
Jazz : puissance de l’improvisation collective /
L’état d’exception : forme de gouvernement de l’Empire /
Stopub /
Henri-François Imbert / No Pasarán /

contributeurs :

Olivier Blondeau & Aris Papathéodorou, Charles T. Wolfe, John Symons, Alexandre Métraux, Mathieu Aury, Bernard Andrieu, Jean-Jacques Kupiec, Timo Kaitaro, André Gattolin & Thierry Lefebvre, Henri-François Imbert, Yves Citton, Labrasserie Descatins, Tim Berne, Jim Black, Amy Denio, Ellery Eskelin, Gerry Hemingway, Ken Vandermark, Benoît Delbecq, Christophe Degoutin & Yves Citton, Jean-Claude Paye, Yoshihiko Ichida, Saverio Ansaldi.

n° 17 / juin 2004

L’intermittence dans tous ses états /
Villes : fractures et mouvements /
Entretien : Peter Friedl/Jean-Pierre Rehm /
Mayotte /
Toni Negri : Spinoza /
Four or Five Roses / Playgrounds /

contributeurs :

Peter Friedl, Raúl Sánchez, Antonella Corsani & Maurizio Lazzarato, CIP-Idf, Pascal Nicolas-Le Strat, Thierry Baudouin, Arnaud Le Marchand, Philippe Zarifian, Frank Beau, Precarias a la deriva, Laurent Guilloteau, Yann Moulier Boutang, Maurizio Lazzarato, Matso, Pierre Caminade, Peter Friedl, Michel Agier, Boris Grésillon, Philippe Gervais-Lambony, Sylvaine Bulle, Thierry Lulle, Jean-Pierre Rehm, Toni Negri, Union générale des étudiants de Palestine.

n° 18 / septembre 2004

Politiques de l’individuation : penser avec Simondon /
Pasolini à la sauce piquante /
Quel Etat palestinien ? /
Negri/Hardt : Multitude, la suite d’Empire /
Latrive : du bon usage de la piraterie /
Anne Frémy /

contributeurs :

Anne Frémy, Stéphane Spoiden, Olivier Blondeau, Yann Moulier Boutang, Didier Debaise, Yves Citton, Paolo Virno, Jacques Roux, Isabelle Stengers, Bernard Aspe & Muriel Combes, Alberto Toscano, Emilia M.O Marty, Olivier Blondeau, Didier Debaise, Michael Hardt & Toni Negri, Brian Holmes, Pascal Houba, Alain Naze, Michael Hardt, Pierre-Olivier Capéran, René Schérer, Sari Hanafi, Florent Latrive, Philippe Zarifian.

n° 19 / décembre 2004

Migrations en Europe : les frontières de la liberté /
Internet : la fin des intermédiaires ? /
Warschawski : impasse en Palestine/Israël /
Pragmatique du voile /
Sloterdijk/né de l’écume /
Bushit /

contributeurs :

Yann Moulier Boutang, Thomas Atzert, Sandro Mezzadra, Manuela Bojadzijev, Serhat Karakayali, Vassilis Tsianos, Violène Carrère, Isabelle Saint-Saëns, Enrica Rigo, Noëlle Vincenzini, Alessandra Corrado, Furio Ferraresi, Sandro Mezzadra, Martin Collette, Brian Holmes, François Debruyne, Hervé Le Crosnier, Michel Valensi, Nicolas Auray, Michel Warschawski, Peter Sloterdijk, Giselle Donnard, Laurence Allard.

n° 20 / mars 2005

Architroubles : pragmatiques architecturales /
Expertises : politiques des savoirs /
Le mariage gay, les queers et l’Etat /
Yacoub/Lasserre /
Entretien avec Maurizio Lazzarato /
Un pour cent critique /

contributeurs :

Berdaguer, Péjus, Giselle Donnard, Anne Querrien, John Rajchman, Eric Alliez & Jean-Claude Bonne, Beatriz Preciado, Philippe Morel, Benoît Durandin, Constantin Petcou & Doina Petrescu, Michèle Collin & Thierry Baudouin, Hervé Beurel, Paola Yacoub & Michel Lasserre, Isabelle Stengers, Frank Beau & Jérôme Tisserand, Commission des mots de la CIP-Idf, Permanence CAP de la CIP-Idf, Beatriz Preciado, Tom Reucher, Felice Varini, Chantal Nadeau, Maurizio Lazzarato, Simon Boudvin.

n° 21 / mai 2005

Subjectivation du Net /
Sur le matérialisme aléatoire /
Un inédit d’Althusser /
Notation en danse /
Numérique et biopouvoir : entretien avec La Cause Freudienne /
What’s the score now ? /

contributeurs :

Yann Moulier Boutang, Emmanuel Videcoq, Anne Querrien, Brian Holmes, Bifo, Emmanuel Videcoq & Bernard Prince, Biella Coleman, Jean-Louis Weissberg, Julien Laflaquière, Aris Papathéodorou, Laurence Allard, Olivier Blondeau, Matteo Pasquinelli, Myriam Van Imschoot, Antonia Baehr, Jérôme Bel, Jonathan Burrows, Matteo Fargion, Vincent Dunoyer, William Forsythe, Myriam Gourfink, Thomas Lehmen, Lisa Nelson, Jean-Claude Bourdin, Vittorio & Luca Pinzolo, Yoshihiko Ichida & François Matheron, Louis Althusser, Gilles Châtenay, Eric Laurent, Jacques-Alain Miller.

n° 22 / septembre 2005

Philosophie politique des multitudes (2) /
Créoles /
Toni Negri : réponse à Pierre Macherey /
François Cusset : french theory et cybernétique /
Peter Weibel/Boris Groys/Hans Belting /

contributeurs :

Peter Weibel, Yann Moulier Boutang, François Matheron, Bruno Karsenti, Maurizio Lazzarato, Laurent Bove, Sandra Laugier, Yoshihiko Ichida, Didier Debaise, Toni Negri, Eric Alliez, Boris Groys, Hans Belting, Jean-Yves Mondon, Raphaël Confiant, Alexandre Alaric, Yves Citton, Madison Smartt Bell, François Cusset, Giselle Donnard.

n° 23 / décembre 2005

Emeutes : la république mise à nu /
Racisme institutionnel /
Expérimentations politiques /
Mayotte : entrée interdite /
Clarisse Hahn/Bruno Serralongue /

contributeurs :

Clarisse Hahn, Yann Moulier Boutang, Anne Querrien, Patrick Simon, Jean-Marc Salmon, Teun A. Van Dijk, Giuseppe Cocco & Antonio Negri, Raúl Sánchez, Bruno Serralongue, Matso, Didier Debaise, Maurizio Lazzarato, Isabelle Stengers, Philippe Pignarre, Brian Massumi, Sandra Laugier, Nathalie Trussart, Stany Grelet & Aude Lalande, Giovanna Zapperi, Giuseppina Mecchia, Saverio Ansaldi, Alexandre & Daniel Costanzo.

n° 24 / avril 2006

Un deuxième âge de l’écologie politique ? /
Deligny, le lieu du commun /
John Giorno : Welcoming the flowers /
Entretien Robin/Guattari /
Rada Ivekovic : boomerang colonial /

contributeurs :

John Giorno, Aris Papathéodorou, Yann Moulier Boutang, Frédéric Neyrat, Emmanuel Videcoq, Serge Moscovici & Erwan Lecoeur, Eduardo Viveiros de Castro, Raphaël Bessis, Raphaël Larrère, Catherine Larrère, Bernard Stiegler, André Gattolin, Félix Guattari & Jacques Robin, Bernard Heidsieck, Anne Querrien, Graziella Vella, Béatrice Han (kia-ki), Doina Petrescu, Jean-Louis Comolli, Rada Ivekovic.

n° 25 / juin 2006

CPE : sur une crise /
Masoch/Deleuze /
Deleuze : article de 1961 /
Activistes du hoax : Yes Men/Luther Blissett/Serpica Naro etc. /
Antoni Muntadas/Marc Augé/Raymond Bellour /
Neyrat : surexposition /

contributeurs :

Antoni Muntadas, Yann Moulier Boutang & Anne Querrien, Eric Alliez, Gilles Deleuze, Christian Kerslake, Régis Michel, François Zourabichvili, Frédéric Neyrat, Raymond Bellour, Marc Augé, André Gattolin, Erwan Lecoeur & Alexandre Pessar, Andrea Natella, Luther Blissett, Francis Mizio, Stéphane Lléres, Thomas Berns.

n° 26 / septembre 2006

Castro-Gómez/Grosfoguel : Empire et colonialité du pouvoir /
Postcolonial et politique de l’histoire /
Mezzadra/Bhabha/McClintock /
Perspectives pour Internet /
Kinkaleri : touche-moi /

contributeurs :

Kinkaleri, Jérôme Ceccaldi & Anne Querrien, Yann Moulier Boutang & Jérôme Vidal, Santiago Castro-Gómez, Ramón Grosfoguel, Sandro Mezzadra, Homi Bhabha, Anne McClintock, Eric Fassin, Warren Montag, Olivier Le Cour Grandmaison, Jocelyne Dakhlia, Bifo, Giovanna Zapperi, Pergia Gkouskou-Giannakou, Giselle Donnard, Dominique Dou, Frédéric Saint-Cricq.

n° 27 / décembre 2006

Revenu garanti /
Banlieues, sans-papiers et nouvelle citoyenneté /
Re-présentation de Birgit Jürgenssen /
Spinoza-Leibniz / Spinoza-Machiavel /

contributeurs :

Birgit Jürgenssen, Judith Revel, Antonella Corsani, Jérôme Ceccaldi, Christian Marazzi, Christian Marazzi & Antonella Corsani, Valérie Marange, Evelyne Perrin & Jérôme Tisserand, Carlo Vercellone & Jean-Marie Monnier, Andrea Fumagalli & Stefano Lucarelli, Yann Moulier Boutang, Jean Zin, Christophe Degoutin, Eric Alliez & Giovanna Zapperi, Peter Weibel, Edith Futscher, Marc Hatzfeld, Ariel Kyrou, Monique Selim, Yves Citton, Saverio Ansaldi.

L’anticipation du Manifeste anthropophage (1950) d’Oswald de Andrade a consisté à saisir la dynamique brésilienne, à cheval entre l’héritage de la colonisation européenne et sa projection dans l’avenir. Oswald a vu dans le Brésil qui entrait dans la modernité un « pays du futur », non pas du point de vue de la dynamique de construction d’une trajectoire nationale de développement, mais dans la perspective du développement du rapport brésilien (indigène) à l’altérité coloniale. La révolution anthropophagique, au fur et à mesure qu’elle projetait les Indiens dans le monde, se fondait sur une théorie de la multiplicité et non de la « diversité ». L’anti-colonialisme n’était pas un nationalisme et moins encore un isolationnisme, mais une machine de guerre pour prendre à l’Europe des riches « ce qui nous intéressait ».

Oswald de Andrade’s « Cannnibal Manifesto » (1950) was anticipative in its apprehension of the Brazilian dynamic as it emerged from its European colonial heritage projecting itself towards the future. As Brasil entered modernity, what Oswald observed was « a country of the future », not from the perspective of the dynamic of a construction of a national trajectory of development, but from the perspective of the development of the indigenous Brazilian relation to colonial alterity. The anthropophagic revolution, as it projected the Indians into the world, rested on a theory of multiplicity and not of « diversity ». Anti-colonialism was not a form of nationalism, but a war machine which served to take what we wanted in the rich Europe.

Peau neuve Pour sa 34ème livraison, Multitudes fait peau neuve. Après la maquette dessinée par Aris Papathéodorou prolongée par Nadège Mazars (les 10 premiers numéros), et celle de Jean-Marie Courant (numéros 10 à 24) prolongée par Myriam Barchechat, c’est donc à un nouveau graphiste que nous faisons appel. Un remerciement particulier va ici à Jean-Marie […]

Le monstre (monstrum), dans son acception la plus générale, est ce qui suscite l’étonnement, un étonnement qui est provoqué par un phénomène qui se donne à nous comme irrégulier et exceptionnel. C’est d’abord en ce sens que le monstre pose non seulement un problème philosophique parmi d’autres mais sans doute aussi le problème philosophique par […]

Entre la construction d’une monstruosité étatique absolue, censée anéantir toute rébellion par la crainte et la menace (d’un côté) et la monstrification de la part du Pouvoir de tout «autre» rebelle, hérétique, contestataire (de l’autre), l’auteur indique la possibilité d’un troisième concept de la monstruosité. Une monstruosité qui échappe à cette alternative pour affirmer son altérité radicale, monstrueuse non pas par son apparence mais par sa revendication d’autonomie par rapport à toute norme transcendante et finaliste, dans l’immanence absolue de sa condition actuelle et puissante.

Between the construction of an absolute monarchy of the state, designed to crush any revolt through fear and threats, and the one hand, and the monstrification of the power of any rebellious, heretical or contestatory «other», on the other hand, the author identitifies a third possible concept of monstrosity. This notion of monstrosity would escape these alternatives to claim its alterity, and therefore becomes monstrous not by virtue of its physical appearance, but by the autonomy of its demands in relation to any transcendental or final norms and by the actuality and immanent power of its condition.

Cet article est la traduction de la seconde partie de l’essai : «Il mostro politico. Nuda vita e potenza», publié dans Desiderio del mostro. Dal circo al laboratorio alla politica, U. Fadini, A. Negri, C. T. Wolfe (dir.), Rome, Manifestolibri, 2001. Dans ce texte l’auteur développe sa critique du concept de «vie nue» de Giorgio Agamben. Si l’on accepte, en effet, la rhétorique de la vie nue, on est forcement prisonnier d’une vision hobbesienne du monde. Au contraire, l’ontologie spinoziste de la puissance (potentia) montre le caractère monstrueux de la multitude, sa force collective, sa productivité, qui se donne seulement dans et par la résistance à l’Empire.

This article is the translation from Italian of the second part of the essay « Il mostro politico. Nuda vita e potenza », published in U. Fadini, A. Negri, C. T. Wolfe (a cura di), Desiderio del mostro. Dal circo al laboratorio alla politica, Manifestolibri, Roma 2001. In this text the author develops his critique of Agamben’s concept of bare life from a Spinozist point of view. To accept the rhetoric of bare life is to contain political discourse within the limits of an Hobbesian view of the world. In opposition, the Spinozist ontology of power (potentia) shows the monstrous character of the multitude, its collective force, its productivity, which only exists in and through the resistence to the Empire.