Coopération et autonomie des femmes de banlieue

Alors que l’on s’étonne de découvrir aujourd’hui la dure condition
des jeunes filles dans les quartiers « dits » sensibles, cet état de
fait est l’aboutissement logique des dégradations des politiques
publiques peu intéressées à instaurer des rapports sociaux de sexe
égalitaires. Analysée de prés, la dynamique de coopération et
d’autonomie des femmes immigrées de banlieue est intercommunautaire,
innovante et à la conquête de l’espace public. La politique de la ville
les ignore. Qui dérangent-elles ?
Alors que l’on s’étonne de découvrir aujourd’hui la dure condition des jeunes filles dans les quartiers « dits » sensibles, cet état de fait est l’aboutissement logique des dégradations des politiques publiques peu intéressées à instaurer des rapports sociaux de sexe égalitaires. La politique de la ville, depuis son origine, s’est centrée sur les opérations de réaménagement lourd. Prendre en compte les propositions des habitants n’a jamais été qu’un vœu pieux, elles ont toujours été redoutées et réduites à néant par de multiples artifices. Si améliorer le bâti est certes essentiel, cela ne peut suffire pour s’attaquer aux ségrégations sociales et les politiques mises en place depuis un vingt ans n’ont réussi ni à créer une réelle mixité sociale, ni à faire reculer les inégalités, ni à instaurer une égalité hommes/femmes. Peu exploitées, sinon freinées, les potentialités de ces quartiers sont nombreuses, sa jeunesse masculine et féminine, majoritaire, par exemple, mais celle-ci est davantage vécue comme un problème que comme une chance. L’exemple des associations interculturelles de femmes, qui se lancent dans des démarches de création d’activité économique, est aussi singulièrement éclairant de ces décalages.

L’apport des associations de femmes

L’apport des associations de femmes dans ces quartiers est déterminant. La majorité de ces projets économiques est portée par des femmes immigrées qui veulent changer leurs conditions de vie et celles de leur environnement. Elles se regroupent dans des démarches collectives qui leur permettent de compenser leurs faiblesses et leurs fragilités individuelles par une dynamique collective qui donne les forces suffisantes pour se lancer dans des démarches longues et difficiles en mutualisant les compétences, pour résister aux pressions et développer des stratégies efficaces. Les femmes se retrouvent dans des dynamiques interculturelles pour dépasser les logiques communautaires et contrebalancer le poids des cultures traditionnelles. Beaucoup créent des associations inter-culturelles, « Femmes sans frontières » à Creil, « Femmes d’ici et d’ailleurs ». Elles ont la volonté d’instaurer un mieux vivre ensemble par une inter-connaissance, un respect mutuel, des actions communes. Elles se créent en rupture avec les associations communautaires en majorité masculine qui existent sur ces quartiers. À la différence de ces dernières, elles tentent de faire un pont entre culture d’origine et culture du pays d’accueil et de lutter contre la montée des intégrismes et la dégradation de la vie sociale. Beaucoup sont engagées dans des actions de solidarité internationales avec leur pays d’origine.
Auparavant, ces femmes se sont beaucoup investies dans la vie associative de quartier : cours d’alphabétisation, cours de conduite, médiation interculturelle, fêtes de quartiers. Tout ceci leur a permis de mieux se connaître, de prendre confiance en elles, de se confronter à différentes cultures et de s’extraire du rôle exclusif de femme au foyer et de mère. Ce qui a renforcé leurs capacités, leurs motivations et leur a justement donné le désir et la force de sortir de l’assistanat en s’inscrivant dans des démarches professionnelles. Elles veulent désormais faire de cette force de coopération bénévole un instrument pour gagner leur vie. Ces projets ne représentent pas une rupture, mais un dépassement des activités de l’association qui en est la matrice, ils sont portées par le désir de se confronter à la sphère économique en trouvant des solutions originales et adaptées à leurs logiques. Si l’association arrive à enclencher un projet économique, d’autres suivront. Après le restaurant, les salons de coiffure, les ateliers de retouche, les espaces services fleurissent : les femmes y voient un avenir. Les projets développés sont liés aux besoins essentiels, nourriture, logement, alphabétisation, services, besoins relationnels. En effet, dans ces territoires souvent éloignés des centres villes, mal desservis par les transports en commun, cumulant de nombreux facteurs de paupérisation, la vie quotidienne prend vite la forme de survie. Les femmes souvent d’origine immigrée dans ces quartiers savent qu’elles ont peu de chance d’avoir un travail salarié ordinaire, vue la situation globale du marché du travail. De plus, elles sont soumises à des contraintes en termes de temps et de mobilité. Sans voiture, les déplacements dans les banlieues et vers le centre ville sont extrêmement longs et difficiles. Pour des mères de famille, ajouter un temps de transport long au problème de garde, de récupération des enfants à la sortie de l’école, pour un très petit salaire compte tenu d’un manque de qualification, dissuade de reprendre un emploi. Alors qu’on parle du temps des villes et du temps des femmes, le temps des femmes des quartiers est d’une excessive complexité et laisse peu de disponibilité pour engager des trajectoires professionnelles.
Les femmes cherchent des solutions innovantes. Développer sa propre activité sur son territoire permet de créer son propre emploi générateur de revenus à un moment où les structures familiales ne permettent plus d’assurer leurs besoins et ceux de leurs enfants en s’inscrivant dans une démarche d’autonomisation. En même temps, une des motivations fortes des femmes est le souhait de concilier vie familiale/vie professionnelle et d’assurer des interactions entre sphère privée et sphère publique. Elles choisissent donc souvent de travailler à temps partiel et sur le quartier.

Les initiatives

Beaucoup d¹associations s’investissent dans des restaurants interculturels (Le Flamboyant à Creil, Plein Sud à Rouen..). Elles créent ainsi leur propre emploi et ouvrent des espaces de convivialité et d’échanges, en particulier de réelles passerelles avec le centre ville, une meilleure fluidité entre des territoires qui se méconnaissent : découverte d’une cuisine dans des quartiers où on ne vient pas habituellement ; en sens inverse les femmes présentent leurs savoir-faire dans les centres-villes (fêtes, buffets..).
Les projets sont initiés sur leur territoire de vie, dans son économie, « territoire du cœur » où elles puisent une force dans l’attachement à l’association d’origine, le réseau de relations tissé au cours des années. Elles souhaitent favoriser l’avenir de leurs enfants par des images positives d’activités.
Mais ce qu’elles revendiquent surtout c’est un mode d’organisation plus « auto-gestionnaire » qui leur permette de garder des dynamiques collectives. L’entreprenariat collectif favorise la polyvalence, le partage des responsabilités et des tâches. C’est ce mode coopératif, où les femmes ont la maîtrise de leur outil de travail, qui leur donne la volonté de continuer malgré les différentes contraintes. Cet attachement à la démocratie participative interne à ces organisations se retrouve également dans le lien particulier entre activité et association. Il faut voir comment, lors de buffets pour plusieurs centaines de personnes, l’ensemble des femmes de l’association se mobilise pour la réussite. Ces initiatives s’appuient sur une démarche spécifique avec ses temporalités propres, ses temps de maturation et de construction, ses rythmes d’apprentissage. Des périodes de transition sont obligatoires pour gérer les déstabilisations de la sphère familiale, notamment pour des publics immigrés où la place de la femme est fortement définie par la tradition.
C’est aussi se faire reconnaître en faisant découvrir et apprécier des plats de leur pays d’origine, en faisant partager leur culture, leurs connaissances. Parole d’acteur : « Les femmes ont le droit de vivre de leur travail et de vivre de leur culture. On a une demande par rapport à l’autonomie». Ces initiatives représentent une valorisation positive des savoirs et permettent de sortir des expériences négatives des situations d’échec et d’exclusion ; valorisation aussi de cette culture de l’aléatoire, « l’art de faire avec peu » acquise au cours du parcours migratoire, des expériences, des “galères”. Dans ces actions, les femmes retrouvent une dignité, une légitimité, une place sociale reconnue qui leur permet de se projeter de manière positive dans l’avenir. Pour elles, la capacité à maîtriser, en partie, les différentes temporalités qui rythment la vie, temps de l’apprentissage de la formation, de la production, avec des allers-retours possibles est essentielle.
Un autre élément important est la volonté d’investir l’espace public. Aujourd’hui dans les cités où les pouvoirs masculins se sont confortés, les femmes évitent les cafés où les hommes se retrouvent, et parfois même font un détour pour ne pas se faire voir. La création d’espaces ouverts au public, lieux intermédiaires entre espace public et espace privé où on peut se retrouver dans une ambiance détendue, permet à beaucoup de femmes de reprendre du souffle, « de quitter le milieu communautaire pour aller vers l’espace public, de marcher gaillardement dans la rue, d’être visible au sein de la cité ». Dans ces espaces, les jeunes filles peuvent venir se ressourcer, trouver un espace semi public d’expression. En effet, les femmes qui s’occupent de ces activités sont des mères de famille respectées dans le quartier par les jeunes. Les femmes de ces associations souhaitent « prendre sous leur aile les plus jeunes filles » souvent isolées et peu mobilisées sur des activités qui n’existent que pour les garçons dans ces quartiers.

Les freins

Ces initiatives citoyennes sont cependant en butte à des obstacles et des freins importants. Le premier frein est celui de la légitimité et de la reconnaissance : femmes immigrées en situation de précarité ou de pauvreté, dans une relative invisibilité, elles sont rarement prises au sérieux par les pouvoirs publics. Elles se voient refuser crédibilité, accès aux banques, aux crédits. L’entreprenariat collectif n’est absolument pas reconnu. La majorité des dispositifs de la création d’entreprise ne reconnaissent pas le modèle coopératif ou associatif. On leur refuse les conditions facilitatrices d’installation sur un quartier sensible. En particulier, ce qui touche la formation est totalement ignoré, alors que gérer collectivement une activité demande un accompagnement de longue durée, pour acquérir et maîtriser des savoirs institutionnels, organisationnels et techniques. Les compétences techniques des femmes sont sur-évaluées : « pourquoi les former, alors qu’elles font la cuisine tous les jours ?». Par contre les compétences entreprenariales sont toujours sous-évaluées. Rares sont les projets auxquels on n’a pas proposé un poste sérieux de gérant masculin! Pourtant, parmi les femmes d’origine immigrée, de nombreuses femmes d’origine africaine ont fait des études supérieures. Alors que leur maîtrise des codes et des systèmes devrait faciliter le montage des projets, nous constatons paradoxalement des résistances plus lourdes et plus ambiguës de la part des institutions. Etre femme, jeune, intelligente, élégante et vivre dans un quartier sensible dérange et génère des réactions de l’institution dont l’extrême violence nous surprend toujours.
Ces initiatives atypiques se retrouvent dans la mouvance de l’économie solidaire et jouent un rôle important de cohésion sociale : un restaurant dans un quartier sensible vend plats et boissons, mais permet aussi rencontres et convivialité. Pour fonctionner, il s’appuie sur ce qu’il vend, mais il a aussi besoin de financement pluriannuel pour compenser le manque à gagner dû au fait d’être installé dans un quartier pauvre et d’embaucher des personnes hors du marché de l’emploi. C’est très difficile à faire reconnaître, les montages sont très complexes : on dépend soit de l’économique, soit du social, l’hybridité est mal acceptée pour un public marginalisé de l’emploi. Ces projets portés par des personnes dont on dit, officiellement, regretter le manque de mobilisation et d’intérêt, sont en réalité freinés et bloqués.
C’est ainsi que les projets des femmes qui intègrent l’ensemble des données liées à la vie, donc globales, se heurtent à des politiques publiques cloisonnées, sectorisées ils ne rentrent pas dans les cases administratives. En France aujourd’hui, on souffre beaucoup de cultures institutionnelles cloisonnées qui fonctionnent trop souvent comme des mondes parallèles sourds aux autres cultures. Un certain nombre de fonctionnaires qui ne maîtrisent plus bien l’ensemble du système se rigidifient et s’accrochent d’autant plus à leurs prérogatives. Pour un même projet, les femmes doivent rédiger une dizaine de demandes de subvention centrées sur l’axe prioritaire de chaque institution, ceci naturellement en langage administratif adéquat. Leurs projets s’inscrivent dans les territoires faisant l’objet des politiques de la ville, ce qui devrait simplifier les procédures, mais en fait les complexifie. Les évolutions de la politique de la ville, les changements d’échelle, du quartier à la ville et au Grand Projet Urbain, l’apparition de promoteurs, de développeurs de plus en plus spécialisés, ont généré un écart toujours plus important entre décideurs et habitants. Tandis que les discours sur la participation se font de plus en plus incantatoires, cette politique s’adresse à un public averti qui partage les codes et les règles du jeu.

La politique de la ville ignore les femmes

Mettre autour de la table habitants et institutionnels en faisant comme s’ils avaient le même capital social, les mêmes connaissances, est un leurre. Les femmes ont du mal à se situer dans une galaxie dont elles n’ont pas les clefs, le temps des discours a tendance à s’étendre et à limiter de manière problématique celui de l’action. L’important n’est pas d’agir, mais de dire qu’on va agir, de justifier de nombreuses interventions d’experts, consultants, chercheurs. Ce qui compte, c’est le montage d’opération, les actions vitrines, pas le travail de fond, trop invisible. « Pourquoi faire une vraie opération ? », nous a-t-on demandé à nos débuts. « Si cela ne marche pas, les gens seront déçus ». Et pourtant tout mouvement, toute émancipation, toute reconnaissance du désir, toute avancée brise les murs du désespoir. Or, aujourd’hui, on passe plus de temps dans des actions de préfiguration qui n’aboutissent jamais. On baigne en pleine société du spectacle, les vraies réalisations font toujours l’objet de résistance. Dans ces conditions, la population se désengage, se met en retrait. Ceci favorise l’émergence d’acteurs intermédiaires censés faire le lien entre une population repliée sur elle-même et des cadres éloignés du terrain, occupés à remplir des dossiers de plus en plus sophistiqués. La parole des femmes est souvent confisquée par des travailleurs sociaux, des éducateurs, qui maîtrisent mieux les règles et le langage institutionnel et s’expriment à leur place. Dans la culture majoritaire de la politique de la ville la priorité est toujours donnée au réaménagement urbain, au bâti. La place laissée à la prise en compte des gens, à la fédération des énergies est très légère. Dans ces conditions, les besoins, les priorités des femmes sont toujours considérés comme minimes ou sans importance face aux grands enjeux de la reconstruction.

De tradition urbaniste et d’équipement, la politique de la ville est en priorité masculine. Conçue en gestion de crise sociale et non en prévention durable, elle s’est inscrite dans une logique de réponse aux problèmes. Les jeunes garçons se retrouvent en bande, nouvelle classe dangereuse, pouvant provoquer des émeutes urbaines : il s’agit de leur créer des activités occupationnelles, salles de musculation, café musique, salles de sports, où ils peuvent se défouler. Les activités sont peu ouvertes aux jeunes filles, qui se sentent de plus en plus exclues et en dehors des dispositifs ; elles désertent des lieux où elles ne trouvent pas de place. Le souci de mixité sociale, d’égalité a été peu pris en compte, d’autant que les jeunes filles et jeunes femmes étaient plus discrètes, moins visibles, ne posant pas de problème apparent. Durant toute une époque, les jeunes filles réussissaient bien en classe et ne sortaient guère de chez elles. Les politiques d’immigration en direction des mères de famille se concentraient sur l’alphabétisation ou la médiation entre culture d’origine et administration, mais n’étaient pas centrées sur la formation professionnelle, la création d’emploi. On a fait de l’occupationnel « activité tissage ou couscous » ou de l’insertion sociale. Ces femmes n’ont pu servir de relais pour l’autonomie des plus jeunes. En 1990 le ministère des Droits des femmes, constatait qu’il n’existait aucune action d’insertion professionnelle. Aujourd’hui la situation n’a pas évolué. Cette carence a amené les femmes les plus dynamiques à défricher d’autres chemins comme la création d’activités, mais le prix à payer pour l’indépendance est lourd.

Quand les femmes veulent se prendre en charge en initiant des activités économiques, les rumeurs et les fantasmes circulent. On a parfois l’impression qu’elles se lancent dans un chemin interdit en transgressant le rôle traditionnel de mère et d’épouse dans lequel on veut les laisser. Nous avons d’ailleurs régulièrement entendu dire que le travail des femmes dans les quartiers renforçait la démission des pères et favorisait à terme la délinquance. La question de l’emploi des hommes n’étant pas réglée, il est souvent mal venu de vouloir trouver du travail aux femmes, quand on ne les accuse pas de prendre le travail des hommes, vieille rengaine. Les motivations des classes populaires sont souvent suspectées. On leur conteste régulièrement une initiative légitime si elle n’est pas cadrée par les décideurs, car les associations sont vite vécues comme des contre-pouvoirs quand elles ne sont pas contrôlées. Les initiatives de femmes subissent encore davantage la « culture de la suspicion » que revendiquent certains hauts fonctionnaires, allant du contrôle comptable musclé à des contrôles plus routiniers des Renseignements Généraux voulant savoir où elles achètent leur garde-robe, au contrôleur des impôts contestant les engagements associatifs d’une responsable d’activité. Les audits des différents ministères, les contrôles d’hygiène et de sécurité, les contrôles des inspecteurs du travail qu’elles connaissent régulièrement, laissent toujours perplexes quand on voit les conditions dans lesquelles fonctionnent de nombreux restaurants commerciaux. Que dire des cuisines collectives des Foyers de Travailleurs Migrants où le manque d’hygiène et de sécurité, le non respect du droit du travail, l’illégalité complète des productions ne gênent personne, alors que les sommes en jeu sont parfois extrêmement élevées. Mais les foyers sont un terrain d’hommes. Les femmes y sont juste exploitées, non déclarées et souvent sans papiers.

Culture de la parole, de la déclaration, culture masculine, culture de la suspicion. Il semble qu’il y ait écho entre les représentants de certaines administrations et ceux des associations communautaires. Les actions des femmes ont peu d’alliés. Si la montée des intégrismes, le retour aux valeurs traditionnelles patriarcales ne sont pas corrigés, compensés par une volonté publique d’égalité républicaine, comment s’étonner du désespoir que cela engendre, de la dégradation de la vie de ces cités, de situations extrêmes, des réactions de racisme et de machisme, de la montée du Front National.
Les politiques publiques visent une gestion de crise immédiate, non une logique préventive et un véritable traitement des problèmes de l’ensemble de la société : ségrégation, relégation, non mixité sociale. Petit à petit elles se sont alors repliées sur elles-mêmes, renonçant à influer sur les grandes options. Les initiatives porteuses de changement, en particulier des femmes, sont vécues comme dérangeantes, dangereuses, remettant en cause les équilibres d’intérêts précaires, fragiles, et souvent injustes, dont beaucoup de monde s’accommode. Les conséquences sont lourdes.

Hersent Madeleine

Sociologue , consultant-chercheur, intervient depuis une vingtaine d'années dans le champ de l'économe sociale et solidaire et du développement local. Elle s'est spécialisée dans l'évaluation des politiques publiques d'insertion et le montage d'activités de proximité dans les quartiers sensibles avec des publics féminins. Elle dirige l'ADEL, Agence pour le Développement de l'Economie Locale depuis 1983 Elle est co-fondatrice du Mouvement de l'Economie Solidaire, qui regroupe 22 réseaux en France.