Garantir le revenu

Transversales C’est bien de là que part le numéro 8 de la revue Multitudes titré “Garantir le revenu”. Maurizio Lazzarato inscrit clairement cette revendication dans une sortie du salariat et constate que la majorité des entreprises n’ont pas de salariés, constituant des auto-emplois indépendants, alors que Bernard Guibert fait du revenu d’existence une démocratisation de la rente et une politisation de l’économie, Yann Moulier-Boutang y voit la contrepartie de la globalisation économique, du capitalisme cognitif et de la fuite de l’énergie créative vers un travail autonome. “Le revenu universel ne libère pas du capitalisme, ni du salariat et du travail dépendant [… il rendra le travail moins infernal”. Le dossier sur la culture hacker, le logiciel libre et l’éthique du développement de soi constitue l’autre face de la question.

Maurizio Lazzarato qui vient de sortir un livre sur Gabriel Tarde (Puissances de l’invention) et qui avait écrit, dans la foulée du mouvement des chômeurs, un très bon article sur le caractère “minoritaire” du revenu garanti (http://perso.wanadoo.fr/marxiens/politic/revenus/minorite.htm ), termine son article par cette citation :

“On peut se demander, en effet, si la similitude universelle, sous toutes ces formes actuelles, relativement au costume, à l’alphabet, à la langue peut-être, aux connaissances de droit, etc. est le fruit dernier de la civilisation, ou si elle n’a pas plutôt pour unique raison d’être et pour conséquence l’éclosion de divergences individuelles plus vraies, plus intimes, plus radicales et plus délicates à la fois que les dissemblances détruites”.

Zin Jean

Militant écologiste et libre théoricien né le 22 septembre 1953. De formation lacanienne, il rompt bientôt avec cette école. Passionné d'informatique aux débuts de la micro-informatique, il se retrouve au chômage après de nombreuses péripéties entrepreneuriales. Ouvre en 1997 le site Écologie révolutionnaire. En 1998, il « participe » activement au mouvement des chômeurs, grâce auquel il prend conscience de la possibilité et de l'importance d'un revenu d'existence, et se consacre désormais à sa réalisation comme base d'une écologie révolutionnaire, d'une sortie du salariat et du productivisme. En 1999, il s'occupe chez les Verts de politique sociale en faisant adopter la revendication d'un « Revenu social garanti ». Il poursuit sa critique du travail et s'efforce de participer au renouveau de l'écologie radicale. Il collabore à la Lettre Transversales sciences-culture de Jacques Robin. Publie en 2006 {L'Écologie politique à l'ère de l'information}, aux Editions Erès.