Le démon de la liberté

à propos de Sartre et Simone de BeauvoirJean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir sont morts depuis plusieurs années et, déjà, on nous convie à les enterrer de nouveau. « Que reste-t-il de Sartre ? » a demandé « Libération » à un échantillon de philosophes. La réponse de la plupart a été sans ambage : les oeuvres de jeunesse valent mieux que les créations de la maturité ; il est préférable de se référer à la Transcendance de l’Ego plutôt qu’à la Critique de la raison dialectique. Quant aux écrits politiques…
Rendons hommage à ce travail de dissection et passons à l’ordre du jour: l’oeuvre de Sartre et de Simone de Beauvoir[[Il n’y arien de formel à associer ces deux noms. Simone de Beauvoir a participé directement à l’élaboration sartrienne. Qui plus est, elle l’a enrichie : le Deuxième sexe fut -et demeure, en dépit des limites que lui apporte le temps – une rouvre majeure qui apporte un éclairage révolutionnaire sur les relations entre les sexes. forme un tout. On peut mesurer le cheminement de leur pensée, on doit en analyser les faiblesses. On ne saurait oublier que leurs écrits, leurs prises de position successives sont à la fois une interrogation sur le monde et la définition d’un rapport à la société. Leur apport vaut par sa globalité, par le lien qu’il établit entre le privé et le public, par la méthode qui découle de cette jonction. Jusque dans leurs moments de défaillance, cette femme et cet homme expriment avec force les problèmes et les difficultés d’une époque qui est encore la nôtre.
Cette recherche d’une critique totale détonne avec le climat de déliquescence intellectuelle de cette fin de siècle. Grâce à elle, pourtant, Beauvoir et Sartre demeurent vivants et proches.

Face au monde, un couple

De cette jeunesse, témoignent les Lettres à Sartre et le Journal de guerre de Simone de Beauvoir[[Simone de Beauvoir, Lettres à Sartre (2 vol) et Journal de Guerre, septembre 1939 – janvier 1941 (tous deux, Gallimard, 1990). Il faut lire en parallèle, de Jean-Paul Sartre les Lettres au Castor (Paris, Gallimard, 1989, 2 vol) et les Carnets de la Drôle de Guerre (Paris, Gallimard, 1983).. Rappelons le contexte de ces écrits qui, pour l’essentiel, datent de 1939/ 1940. La guerre a séparé le couple et le «Castor» note diligemment les moindres événements de sa vie pour les retransmettre à Sartre, et aussi à Jacques-Laurent Bost, tous deux mobilisés. Nous avons ainsi une connaissance détaillée du milieu dans lequel tous trois évoluent, de leurs relations et de leurs rapports aux autres.
La politique n’est qu’indirectement présente dans les propos de Simone de Beauvoir. Certains critiques ont cru bon de s’en offusquer. Sans doute se sont-ils mépris sur la nature des textes qui nous sont proposés. Pour chacun, la guerre, de même que tout ébranlement de la société, est d’abord vécue comme l’écroulement d’un quotidien que l’on cherche à ne pas oublier et, dans la mesure du possible, à rétablir. Les lettres du « Castor », hâtivement rédigées pour maintenir le lien avec des intimes, n’ont pas d’autre signification. En aucune façon, elles ne pouvaient être l’amorce d’un traité sur le totalitarisme.
En fait, le journal et la correspondance témoignent d’une transition dans la vie de Sartre et de Beauvoir. Leur univers, qu’imprégnaient l’individualisme et l’apolitisme, n’est plus. Dès que le sort les réunira (lorsque Sartre sera libéré du camp de prisonniers), ils tireront les conséquences de la ruine du monde où ils vivaient: dès lors, ils ne cesseront d’être engagés du côté des opprimés[[Je laisse délibérément de côté le débat sur les limites de la participation de Sartre à la Résistance. On sait qu’après l’échec de la tentative de constitution d’un réseau appelé Socialisme et Liberté, il se borna à participer à la création du Conseil National des Écrivains, lequel l’autorisa à faire représenter Les Mouches dans Paris occupé. Pouvait-il faire davantage? La question perd son intérêt si l’on prend en compte la volonté ultérieure de Sartre de mettre sa pratique en accord avec sa théorie, avec tous les risques impliqués. et s’il faut s’interroger sur leur évolution, ce doit être pour se demander quels principes philosophiques, quelles ressources éthiques, quelles forces personnelles leur ont permis, au cours d’un conflit qui a fait vaciller tant de cervelles, de trouver les voies d’une telle radicalité.
Simone de Beauvoir nous dit beaucoup sur les relations qu’ils entretiennent – entre eux deux, avec les autres. Les tenants de la morale abstraite s’en sont horrifiés : autour du couple s’organisent de multiples relations triangulaires ; le «Castor» entretient des liaisons avec de jeunes femmes, ses élèves souvent, dont Sartre devient l’amant, avec une remarquable régularité. Il en résulte des situations complexes, fertiles en complications qui obligent à des mensonges incessants il faut taire à W la vraie nature des rapports entre S. et B., cacher en conséquence la date exacte de la venue en permission de B., ce qui oblige à la taire aussi à U., etc…
Excellentes raisons pour beaucoup de conclure au cynisme d’un couple qui se pose en position privilégiée par rapport à ses «amours contingentes», sans trop se soucier des conséquences de leurs actes. La réalité ne se réduit pourtant pas à ces simplifications. Simone de Beauvoir a le souci permanent de ceux qu’elle côtoie et incite souvent Sartre, en apparence moins attentif aux moyens, à ne pas causer de préjudice à leurs amies. Mais surtout, le récit qui nous est donné est forcément simplificateur puisque, destiné à ceux qui vivent les situations décrites, il n’a pas à expliquer en permanence le substrat des événements. A ce titre, il n’autorise au lecteur aucun jugement moral: toute histoire personnelle, dès qu’elle est riche et vivante, mêle ruse et sincérité.
Par contre, l’occasion nous est fournie de nous interroger sur la liberté, qui fut toujours la préoccupation première de Sartre et Simone de Beauvoir. On voit bien comment tous deux, dans leur liaison et dans leurs différences, se posent par rapport aux autres. Mais on ne perçoit pas toujours clairement s’ils maîtrisent les choix qu’ils sont amenés à faire. Ils ne semblent pas non plus s’interroger sur les motivations profondes de leur comportement. Les Je et les Nous qui nous sont donnés à voir paraissent n’exister qu’en fonction de leurs délibérations conscientes. Qu’en est-il de celles-ci, de leurs déterminations extérieures au discours ? Autrement dit, qu’en est-il de leur liberté concrète ?

Qui parle en moi?

Même si les écrits des années soixante – Critique de la raison dialectique et L’Idiot de la famille – viennent atténuer les formulations antérieures, la pensée de Sartre est axée sur l’affirmation de la liberté individuelle. « Ce que nous appelons liberté est donc impossible à distinguer de l’être de la réalité humaine. L’homme n’est point d’abord pour être libre ensuite, mais il n’y a pas de différence entre l’être de l’homme et son «être-libre »[[L’Être et le Néant – Essai d’ontologie phénoménologique (Paris, Gallimard. colt. Tel, 1990) page 60.. L’être humain est le sujet de sa propre histoire ; quelles que soient les contraintes de sa « situation »[[«Ce que nous ‘appelons situation, c’est précisément l’ensemble des conditions matérielles et psychanalytiques qui, à une époque donnée, définissent précisément un ensemble ». (L’Existentialisme est un humanisme, Paris, Nagel, éd. 1960, page 137)., il se définit par son projet et le choix qui en découle.
Le terme «projet» a une importance particulière. En l’adoptant, en lui donnant un contenu fort, Simone de Beauvoir et Sartre ont ouvert la voie d’une définition de l’action humaine qui coupe court à tous les fatalismes. Ils font du virtuel et du possible des catégories – des notions dans leurs vocabulaire – fondamentales de l’histoire individuelle et collective. A ce titre, leur apport est considérable ; leurs réflexions ont une dimension éthique, que nous n’avons pas fini de prendre en considération.
Reste à interroger ce sujet qui, en dépit des références constantes à la vie quotidienne, est posé dans la généralité la plus abstraite. Sartre le prend comme point de départ et le définit par sa capacité à choisir – c’est-à-dire par l’enchaînement d’une pratique à un discours orienté par la raison. Il parvient ainsi à opposer radicalement l’« en-soi » et le « pour-soi », de façon à mettre terme au dualisme de la philosophie traditionnelle, qui oppose externité et internité, objet et sujet.
A ce stade, les questions affluent : quelle est l’identité véritable du sujet décidant ? Le discours, effectif ou implicite, qui débouche sur le choix, par quoi est-il déterminé ? Qui parle en moi lorsque je me prononce entre plusieurs candidats aux élections ou envisage de ne pas me rendre au travail? Toutes interrogations qui ramènent au problème de l’Autre ; c’est par l’Autre que je me constitue mais l’Autre n’est-il pas seulement en face mais aussi à l’intérieur du moi qui parle et décide ?
Toute la pensée de Sartre et de Beauvoir est dominée par l’Autre. Et il est possible de trouver dans l’abondance de leur oeuvre des réponses partielles aux questions évoquées. Mais, pour l’essentiel, ils posent autrui dans une externité quasi totale par rapport au sujet : « Or, autrui est le médiateur indispensable entre moi et moi-même : j’ai honte de moi, tel que j’apparais à autrui. Et, par l’apparition d’autrui, je suis mis en mesure de porter un jugement sur moi-même comme sur un objet, car c’est comme objet que j’apparais à autrui »[[L’Être et le Néant, op. cit., page 324..
Ces remarques délimitent bien un moment des rapports à l’autre : celui du face à face, où le regard joue un rôle essentiel[[Les romans de Simone de Beauvoir et de Sartre sont largement fondés sur les moments.. Elles nous disent peu sur la constitution, voire la réalité du sujet, encore moins sur les modalités de « l’apparition d’autrui ». Et ce flou met en cause une partie des réflexions sur le choix. Lorsque Sartre[[Ibid., page 239. nous parle d’un sportif qui, atteint de tuberculose, ne peut plus exercer l’activité qui était sa raison d’être, il montre que sa liberté demeure entière : « La situation nouvelle venue du dehors doit être vécue, c’est-à-dire assumée dans un dépassement… Ainsi suis-je sans repos… toujours obligé de reprendre à mon compte ce dont je ne suis pas totalement responsable. Totalement déterminé et totalement libre. »
Encore une fois, la démarche éthique est fascinante : le choix est toujours possible, aux antipodes de l’acceptation fataliste qui engendre le repli sur soi. Mais la question des marges dont dispose le sujet supposé choisir n’est pas indifférente car elle est liée à la question de sa responsabilité. La maladie qui le frappe ne lui est pas totalement extérieure. Elle a à faire avec le corps qui est aussi une construction psychique. Inconsciemment, nous forgeons de notre corps une image qui conditionne le rapport à la maladie ; celle-ci vient autant du « dedans » que du « dehors » ; elle a été préparée, éventuellement acceptée, peut-être voulue par qui en est victime. Face à elle, la liberté ne saurait être totale ; en tout état de cause, elle ne peut atteindre son maximum que par la prise de connaissance de ces contraintes qui, loin d’être extérieures au moi, ne sont même pas vraiment intériorisées par lui : elles sont à l’origine de sa constitution.
Nous découvrons ainsi une dialectique qui ne répond qu’à demi aux normes courantes, la dialectique des contradictions concrètes du sujet abstrait. On en revient ainsi aux problèmes que posent les lettres et les carnets du « Castor » : indéniablement, Sartre et Beauvoir se veulent totalement libérés dans leurs relations mais il n’est pas certain qu’ils maîtrisent la complexité de leurs rapports ; l’adéquation des principes généraux et des conduites particulières ne semble pas se réaliser aisément et des contraintes spécifiques naissent de cette incertitude. On peut établir un lien entre ce vécu, dont l’authenticité – au sens fort du terme – est approximative et l’inaccomplissement de la théorie : cette femme et cet homme ne fournissent pas de réponse vraiment convaincante aux questions du sujet, de la liberté, de l’en-soi et du pour soi, de l’individuel et du social[[De ce point de vue, Pierre Bourdieu n’a pas tort d’écrire: « C’est ainsi que, faute de reconnaître rien qui ressemble à’ des dispositions durables et à des éventualités probables, Sartre fait de chaque action une sorte de confrontation sans antécédents du sujet et du monde ».
« Le sens commun, le sens pratique », Paris, Ed. de Minuit, 1980, page 71.
Il a raison aussi de parler d’« oscillation indéfinie entre l’en-soi et le poursoi » (ibid, page 76).. Peut-être est-ce en cela qu’ils nous sont proches.

L’inconscient, dites-vous ?

Les difficultés du sujet issu de la lignée cartésienne nous (r)amènent à la psychanalyse avec laquelle Simone de Beauvoir et Sartre ont entretenu de malcommodes rapports. Tous deux sont passés d’abord par un rejet de l’idée même d’inconscient qui était censée remplacer avantageusement la notion de « mauvaise conscience ». Plus tard, après l’élaboration du Scénario Freud, Sartre a changé radicalement ses appréciations et tenté d’intégrer la psychanalyse à sa propre méthode. La Critique de la raison dialectique et L’Idiot de la famille en témoignent.
La modification de l’outillage conceptuel n’est pourtant pas totale. Sartre admet surtout l’influence déterminante de l’enfance dans la formation de l’adulte ; dans les Mots comme dans l’Idiot, il s’efforce de mettre en oeuvre cette conviction. Comme le note J.B. Pontalis dans sa préface au Scénario Freud[[« Le scénario Freud », Paris 1984, Ed. Gallimard., il fait sienne une partie importante de la technique analytique. Il n’est pas évident, par contre, qu’il ait véritablement intégré ce qui relève de la méthode et de la théorie analytiques.
En fait, Sartre s’est toujours maintenu en dehors de ce que peut signifier la relation analytique. Après avoir affirmé qu’il n’avait pas de surmoi (ce qui peut passer pour une boutade littéraire), il envisage de se faire analyser par Pontalis, qu’il fréquente depuis vingt ans (dans des relations de maître à disciple!). Ce qui témoigne d’une grande méconnaissance de ce qui est en jeu dans le travail de l’analysant. Le même Pontalis nous dit justement que Sartre récusait le transfert, ce qui signifie une méconnaissance profonde des fondements mêmes de la psychanalyse.
Le « ralliement » à Freud fait évidemment date dans la pensée sartrienne. Mais il est relatif, flou dans une large mesure. La seconde topique freudienne n’est pas prise en compte le ça n’entre pas dans la problématique et l’inconscient est plus un passé oublié et, à ce titre, récupérable qu’un rôle pulsionnel jamais totalement explorable. Sur le langage, l’auteur des Mots nous en dit peu. «… pour moi, la pensée ne se confond pas avec le langage»[[L’Arc, 30, 1986, page 88.. Proposition qui demeure incertaine tant qu’on ne définit précisément ni le langage ni la pensée ni la nature de leurs rapports[[Notons, sans autres commentaires, que la remarque de Sartre date du moment où l’oeuvre de Lacan commence à faire l’objet de débats publics..
Le problème mériterait de plus amples développements. Je me bornerai à une conclusion rapide : il n’y a pas eu, de la part de Sartre et de Beauvoir, assimilation – éventuellement critique – de la théorie freudienne mais accommodement partiel, entraînant quelques glissements conceptuels. Pour eux, la pensée, largement conçue comme volonté consciente, demeure prédominante. D’où les incertitudes de leur conception du sujet dans son rapport au monde, avec tout ce qui en découle au niveau de la théorie comme de la pratique sociale et du vécu quotidien.
Et, si l’on en revient à ce que nous disent les lettres et le journal de Simone de Beauvoir, on peut déplacer les questions que soulève le récit des relations embrouillées dont nous sommes les voyeurs. Tout se passe, en effet, comme si Sartre et le « Castor » ne pouvaient vivre leur conception de la liberté et du choix qu’en se mettant en position d’isolement privilégié. Leur rapport à l’autre passe nécessairement par l’excellence et l’exceptionnalité du couple qu’ils constituent et par lequel ils sont en rapport avec l’universalité. N’y aurait-il pas, dans cette illusion de toute-puissance[[Illusion que traduit la croyance que la seule force de la pensée critique permet d’aborder et de résoudre tous les problèmes, sans mener nécessairement un travail de recherche systématique ; de ce point de vue, certains textes de Sartre, telle la préface aux « Damnés de la terre » de Frantz Fanon, relèvent de l’exercice de style plus que de la pensée sérieuse. une part de narcissisme, qui renverrait à des interrogations laissées sans réponses, dans le déroulement de leur existence commune dans leur élaboration philosophique ?
Ce n’est pas pour les condamner au nom d’on ne sait trop quelles normes qu’il y a intérêt à s’interroger sur les manques de Simone de Beauvoir et Sartre. C’est – il n’est pas superflu de le répéter – parce que leurs approximations renvoient à des difficultés qui demeurent nôtres, parce que leur exceptionnel itinéraire personnel pose au politique et au social des questions qui restent à résoudre. Lorsque Sartre s’embourbe dans l’apologie de l’« intelligence objective » dont ferait preuve le P.C.F. ou lorsqu’à propos de la revue « Socialisme et Barbarie », il dit des sottises sur le rôle de la vérité en politique, nous n’avons pas affaire à une défaillance momentanée ou à l’expression d’une pensée viciée dans ses prémisses : nous sommes seulement en face des conséquences d’une définition insuffisamment précise de l’engagement politique, elle-même liée à des points obscurs de la vision des rapports du sujet au monde.
Sartre a accepté sans l’intégrer vraiment à son oeuvre l’apport féministe de Simone de Beauvoir. Pourquoi l’un et l’autre ne sont-ils pas parvenus à cette synthèse? Pourquoi n’ont-ils pas élucidé leurs rapports à la pensée freudienne? Pourquoi Sartre n’a-t-il envisagé d’écrire sur le Pouvoir et la Liberté, cette question-clé, que lorsqu’il n’avait plus les moyens de mener à bien ce travail ?
Leurs inaccomplissements montrent dans quelle direction peut et doit porter aujourd’hui une critique radicale. J’espère avoir montré que celle-ci ne s’effectuerait pas contre Sartre et Beauvoir, comme le voudraient les tenants de la très contemporaine pensée molle, mais à partir d’eux, de leurs réussites et de leurs impasses. La publication des lettres et du journal, en apparence anecdotiques, de Simone de Beauvoir montre bien que cette femme et cet homme sont toujours nos contemporains.

Denis BERGER

Berger Denis

Militant politique et essayiste . Enseigne la science politique à l'Université Paris VIII. Porteur de valise à 26 ans, il fait partie des réseaux de soutien au FLN pendant la guerre d'Algérie. Communiste oppositionnel il anime avec Félix Guattari et Gérard Spitzer, le groupe la "Voie Communiste" ( 1955-65) qui pratique l'entrisme au PCF. Aprés Mai 68 il collabore au mensuel "Les cahiers de Mai", puis participe activement à la rédaction de "Futur Antérieur " . Il est actuellement directeur de la revue "Variations ". dans la mouvance des " Communistes critiques ". Avec Henri Maler il est l'auteur d'"Une certaine idée du communisme " aux éditions Felin