Quelques binômes théoriques dans les politiques du féminisme contemporain

« Je suis une femme, pourquoi pas vous ? »

[1 Il est incontestable qu’une forte pression visant à la modification radicale et irréversible des rapports sociaux de sexe ait agi dans les dernières décennies sur les structures sociales et politiques existantes. Les éléments de cette pression sont de nature différente : ils peuvent renvoyer à la traditionnelle lutte pour la diminution du travail domestique (signe de résistance individuelle à l’exploitation) ; à la réappropriation du corps pour son propre plaisir en l’éloignant du destin biologique de reproduction de la race ; aux changements dans les comportements du couple ; jusqu’à des formes plus collectives, d’autant plus subversives parce qu’elles sont sexuées, de présence des femmes dans les organisations syndicales ou dans les partis politiques ou dans des groupes autonomes, avec des formes de lutte, elles-mêmes marquées sexuellement.
On assiste de plus en plus à l’élargissement, dans tous les niveaux de la société, de la conscience individuelle d’être différente de sa propre représentation sociale, ce qui enlève le consensus à la structure donnée des rapports sociaux et interindividuels.
Il n’y a pas dans le féminisme (comme dans aucun autre mouvement social et politique, du reste) de théorie qui se forme au-delà ou avant la pratique politique. La pratique politique des luttes dans le séparatisme et dans le rapport entre femmes comme sujets oeuvrant « pour soi » et non « en représentation de » ou « en faveur de », a permis et permet, a rendu même nécessaire, l’organisation des théories in fieri, qui progressent avec la progression et l’élargissement de l’horizon du discours féministe. Mais peut-on parler d’« une » ou il faut parler « des » théories féministes ?
La vérification pratique et la praticabilité personnelle du discours fait qu’aucune femme ne peut proposer une théorie fermée, ni envisager pour les autres ce qu’elle ne souhaiterait pas pour elle-même. Dans le féminisme, il y a un rapport spécifique entre culture et politique, théorie et pratique, un continuum qui dérive du fait d’être en même temps objet et sujet (en effet on peut être en marge de la classe ouvrière, tout en écrivant une théorie révolutionnaire, mais on ne peut pas être en marge de son propre sexe, même si c’est ça qu’en général on demande aux femmes dans les rapports sociaux).
Ce « continuum » pourrait-il être le point de départ d’une théorisation féministe ? Dans l’expérience féministe le récit impressionniste et le propos subjectiviste ont permis de déchirer le tissu des pensées acquises : la construction d’une ou des théories est encore en train de se faire avec « l’exigence de rigueur à la pointe du projet, tonique et pleine de sève, bien différente du rigorisme sans risques… que nous avons appris »
(Le Doeuff, M., 1989, L’étude et le rouet, Seuil, p. 244).
Une couche intellectuelle féminine dont la naissance a marqué la fin d’un univocité et de l’indifférence de savoir entre les femmes a contribué à la création/valorisation d’un objet/sujet d’études en dehors de la traditionnelle partition des champs ou des domaines du savoir. Pour cela on a dû déconstruire les disciplines traditionnelles et utiliser une transversalité des approches méthodologiques (Groupe ad hoc, 1984, Le sexe du travail, PUG).
Pourtant on peut d’ores et déjà identifier dans le discours féministe des courants antinomiques, saisissables surtout à partir des diversités des pratiques politiques. Mais dans la plupart des cas, en approfondissant l’analyse, les antinomies se révèlent complémentaires et souvent indissociables. C’est pour cela que j’ai préféré les appeler binomes théoriques, dans la mesure où l’idée force qui sous-tend la volonté de reconnaissance sociale et de changement traverse, et peut être même unifie, tous les courants pourtant fort différents du féminisme.
Le binome fondamental, celui dans lequel tous les parcours du féminisme s’enracinent est : nature/culture.
Il servira de base de départ à l’analyse des autres binomes qui en dérivent : différent/égalité, extériorité (extranéité) / participation, oppression/exploitation, absence/présence, pour me limiter seulement à ceux-ci.

a) NATURE/CULTURE

L’élément « naturel », biologique fonde, dans toutes les théories et philosophies masculines, la « femme » d’une manière exclusive. Selon Colette Guillomin (« Pratique du pouvoir et idée de Nature » [2. Le discours de la nature » in Questions féministes n° 3, mai 1978) nous sommes tous des êtres naturels mais le naturel féminin est un « naturel » qui tend continuellement à revenir à la nature, tandis que le « naturel » de l’homme tend à la culture, à la domination de la nature.
A partir des données biologiques, le féminisme a aussi construit un ensemble de théories qui ont renversé le signe négatif «féminin », en l’associant à un naturel positif permettant d’affirmer une existence matérielle première, non dépendante. La donnée biologique par excellence est la procréation, ce qui conduit à une défense à outrance de la maternité, un refus des biotechnologie (Enrage), jusqu’au renversement, chez certaines féministes américaines, de la thématique de l’avortement, considéré comme une intervention qui porte atteinte à la « nature » féminine.
Les théories qui fondent l’analyse de la différence sexuelle sur la construction culturelle de la sexuation sociale sont largement représentées dans un certain nombre d’analyses, particulièrement en France par l’APRE (Atelier production/ reproduction), par le GEDISST (Groupe d’étude sur la division sociale et sexuelle du travail) et en Italie par la filière du féminisme marxiste’. Pour ces théories c’est important d’affirmer que les rapports entre sexes sont construits socialement et donc lisibles historiquement. Cela veut dire qu’ils peuvent être transformés : cette transformation implique aussi une domination de la nature, une domination sur le corps.
Par conséquent l’action prévue et lue au niveau social s’articule dans le refus de procréer (baisse démographique) et dans la réappropriation d’un corps avec des rythmes sociaux, non réduits au biologique (contrôle des naissances, sexualité féminine séparée de la procréation et autonome par rapport à la sexualité masculine).
Il est évident que les deux éléments du binome ne peuvent être scindés : si d’un point de vue immédiatement politique il est nécessaire d’articuler une analyse matérielle et culturelle de la construction des différences, le fait de considérer simplement toutes les différences comme une seule construction est réducteur et n’explique pas, par exemple, la lenteur et les résistances « non matérielles » aux changements (la permanence des catégories de l’imaginaire dans les rapports entre les sexes, le désir, les affinités).
La pensée relative aux rapports des sexes change plus lentement que si le changement dépendait automatiquement des changements économiques et politiques : il s’agit évidemment d’une structure profondément enracinée dans l’esprit humain puisqu’elle représente un des traits constitutifs de la société.

b) DIFFÉRENCE/ÉGALITÉ

Les deux parcours me semblent nécessaires à la définition de l’individualité féminine. Dans le siècle dernier, l’articulation entre égalité et protection prenait en compte les deux éléments comme antithétiques. Jusqu’à aujourd’hui, dans la pratique politique, la revendication d’une égalité réelle a été toujours perdante, c’est la politique de protection qui l’a emporté. Ce n’est que récemment, avec l’égalité des chances qu’on a essayé (en Italie et en France) d’introduire un élément correcteur à l’égalité formelle (entre inégaux).
Pour la théorie de la différence, dont le thème en tant que revendication subversive et féministe avait été formulé en France en 1973 [3, être femme est un facteur ontologique constitutif [4. En voulant être « égale » (mais égale à qui, sinon à elle même ?), la femme doit perdre sa propre individualité sexuée et se présenter sur la scène sociale comme un neutre-masculin. Dans la théorie de la différence on renverse en positif l’utilisation de la diversité biologique comme facteur d’inégalité. Cette différence on la reconnaît à partir de ce qu’on est maintenant, même si on n’est que le produit de siècles d’oppression (Cavarero A. et alii (1987) Diotima, Il pensiero della differenza sessuale, Milano, La Tartaruga). Mais il faut aussitôt remarquer qu’aucune différence (de sexe, de race, de culture ou de religion) ne peut représenter une valeur en soi.
Pour cette théorie il n’est pas nécessaire de justifier ou d’expliquer notre « être femmes » ou de se révolter contre la condition dite « féminine » (Cavarero A., « L’elaborazione filosofica della differenza sessuale » et Braidotti R., « Commento alla relazione di Adriana Cavarero) in Marcuzzo C., Rossi-Doria A., (1987) La ricerca delle donne, Torino, Rosemberg & Sellier). L’important est d’existence dans un monde qu’il faut sexuer. Ce monde est considéré universel par son élément masculin : il faut donc réduire cet élément à sa partialité.
Sur le concept de neutre-universel la théorie de la différence sexuelle s’oppose à la théorie de l’égalité : en effet, si la base de départ est la même, c’est-à-dire que le neutre-universel est un faux historique et philosophique, les deux théories se diversifient quand elles passent à la description, à l’élaboration et aux propositions politiques. La première dit que le neutre-universel est masculin, donc partiel, et qu’il faut sexuer la réalité en introduisant la bisexualité naturelle ; la deuxième dit que le neutre-universel est sexué et que la sexuation n’est pas un signe d’égalité mais un signe de disparité (Del Re A. [sous la direction de 1989, Stato e rapporti sociali di sesso, Milano F. Angeli) ; il faut donc mettre en condition les deux sexes d’avoir les mêmes chances dans la vie sociale.
Ces deux théories ont contribué chacune à leur façon à la modification des rapports sociaux, mais il me semble que l’affirmation de la différence (racine de la pratique politique du séparatisme) a en substance contribué et contribue à fonder une stratégie d’égalité réelle [5.
La tension entre égalité et différence régit toute la participation politique féminine et s’articule plus précisément dans le binome

c) EXTÉRIORITÉ/PARTICIPATION

L’« extériorité », selon Sottosopra n° 0 (Libreria Delle Donne di Milano, 1983) est « la sensation de n’être pas à son aise dans les commerces sociaux » [6. Les femmes se sentent (et sont) étrangères à un monde qui n’a pas été construit par elles, dans lequel elles ne prennent pas de décisions mais les ratifient dans le meilleur des cas, n’ayant guère qu’un rôle consultatif. La conscience de ce malaise a souvent poussé les femmes à pratiquer une sorte d’« absentéisme volontaire du pouvoir ».

La participation, en particulier dans la forme du double militantisme politique et syndical, est considérée comme la condition sine qua non pour modifier les conditions matérielles surtout dans le travail et la protection sociale. La participation trouve ses racines dans l’égalité.
La volonté de participation est volonté d’être (exister, décider, compter, faire partie) ; l’extériorité est aussi volonté d’être, mais à certaines conditions, celles d’avoir poids politique et parole (être avec son corps sexué).
L’extériorité est la conviction mûrie dans le féminisme que les institutions politiques n’apporteront pas toutes les réponses aux problèmes posés par le mouvement ; la participation est la conviction qu’il faut de toute façon agir tout de suite et avec les moyens qu’on a (pressions, propositions, luttes, présence) pour commencer à modifier les rapports de force pour toutes les femmes. Une des formes les plus modernes de la politique réside dans cette oscillation, par cette espèce d’ambivalence qui traverse toutes les femmes engagées politiquement dans le féminisme et de plus en plus soit dans le féminisme que dans les partis et les syndicats. Comme dit Maria Luisa Boccia (Boccia M.L., Peretti I. a cura di, (1988) Il genere della rappresentanza, supplemento al n° i di Democrazia e diritto, Roma, Editori Riuniti) : tenir ensemble participation et extériorité veut dire être présentes pour obtenir un résultat sauvegardant et rendant parfaitement visible la position d’excentricité, de non-inscription à l’ordre politique, de notre propre subjectivité.

d) OPPRESSION/EXPLOITATION

Pour la théorie de l’oppression la féminité, comme la masculinité, est une production symbolique marquée par le rapport de domination entre les sexes.
L’oppression est due à l’existence du patriarcat, et elle existe dans et au-delà des rapports sociaux. Dans le patriarcat nous assistons à une identification entre Etat et famille, dans laquelle un système social, politique et culturel complexe permet seulement aux hommes leur réalisation dans la société.
Pour la théorie de l’exploitation, dans une perspective marxiste, la féminité est une construction sociale due à la division sexuelle du travail et par conséquent à l’assignation de la femme à la sphère de la reproduction.
Mais reproduction et reproduction, dans une lecture globale des mécanismes de construction et de développement du capitalisme doivent être lues sur un même plan interactif, par lequel le travail ménager de reproduction historiquement attribué aux femmes fait partie du même processus d’exploitation capitaliste du prolétariat dans la production des marchandises.
Le problème fondamental à résoudre est la désexualisation du travail de reproduction. Les objectifs et les pratiques poursuivis sont variés : ils vont du refus du rôle sexuel à la revendication du salaire pour le travail ménager, de la demande d’augmentation et de réorganisation des services sociaux à la réorganisation et la restructuration de l’habitat dans la ville. En tous les cas il s’agit de faire primer la logique des valeurs d’usage sur la logique des valeurs d’échange.
Le binome a été utilisé en alternance et parallèlement pour analyser la condition globale des femmes, subjectivement opprimées, objectivement exploitées.

e) ABSENCE/PRÉSENCE

Le binome absence/présence fonde lui aussi deux points de vue partiels qui doivent être joués, les deux, sur les plans de leur compétence.
Les femmes sont absentes de l’histoire officielle, absentes du monde politique masculin, absentes des niveaux de décision et de pouvoir, absentes en tant qu’individus sexués même quand elles sont présentes (et de toute façon leur présence est toujours inférieure du point de vue quantitatif). Leur présence est garantie, au maximum pour garantir leur rôle de reproductrices. Une présence effective doit être construite : les quotas dans les partis, les garanties de présence effective sur le marché du travail données par les politiques pour l’égalité des chances représentent quelques-unes des pratiques politiques nécessaires. On se pose la question de comment construire une histoire « autre » dans laquelle retrouver les femmes (Perrot M. [sous la direction de, 1984. Une histoire de femmes est-elle possible ? Paris, Rivages ; Rossanda R. (1987) Anche per me. Donna, persona, memoria dal 1973 al 1986, Milano, Feltrinelli ; Les Cahiers du Grif, n° 37/38, Le genre de l’histoire, Editions Tierce, printemps 1988). Mais les femmes sont aussi présentes, parce qu’elles ont imposé une présence transversale qui ne rentre pas dans les catégories de lecture masculines : la théorie de la double présence devient la clef de lecture d’une façon d’être féminine par rapport aux différents mondes – matériels et symboliques – conçus avant comme séparés et le dépassement en positif de la théorie de la double journée de travail.
Le problème posé est celui de retrouver un sujet à part entière, qui ne soit pas fractionné dans les différentes pratiques : on est dans l’obligation de tenir compte d’un sujet unique dans tous les domaines de la vie sociale.
Cela permettra une continuité de mouvement, une continuité et une transmission sur le plan de la construction du savoir, c’est-à-dire fonder une tradition des femmes dans un temps non linéaire et non continu (Les cahiers de direct, 1985. A la recherche du temps des femmes, Paris, Tierce). Fonder une tradition signifie fonder une autorité et un langage, ce qui signifie aussi capacité de transmettre quelque chose de nous à des femmes différentes de nous (dans le temps, l’espace et la culture).

CONCLUSIONS

La problématique fondamentale relative à l’élaboration d’une théorie féministe « forte », et à une pratique politique conséquente et homogène, me semble être réduite à la polarité suivante, probablement irréductible, mais peut être féconde et « jouable » sur des plans différents
– d’un côté on considère que la « nature » féminine est une construction sociale qui fait que les femmes sont exclues (avec des modalités qui peuvent varier dans le temps) de la vie sociale et donc exclues de la culture, du politique, de la science et du professionnel et reléguées dans la sphère de la reproduction. L’exclusion est politique (Les cahiers du CEDREF, Université de Paris VII, n° 1, 1989. Silence, émancipation des femmes entre privé et public, dirigés par Claude
Zaidman et Liliane Kandel). La féminité est définie comme un des principaux instruments d’oppression-exploitation des femmes. La libération dans ce contexte signifie libération des limites imposées ;
– de l’autre côté l’oppression des femmes est vue comme la négation et la dévalorisation par la culture patriarcale des activités et des valeurs spécifiques féminines. Dans le corps et dans l’activité féminine traditionnelle on trouve la source de nouvelles valeurs pour une société meilleure.
Évidemment la première hypothèse, dans ses formes plus problématiques et réalistes, ne peut pas prétendre surimposer la sphère féminine à la sphère masculine, avec des formes d’émancipations qui ne peuvent pas être soutenues ni défendues par celles qui se définissent opprimées et exploitées, prétendent changer cette société « masculine » qui accepte l’oppression et l’exploitation. Mais la deuxième hypothèse, elle non plus, ne peut nier que la vie affective et domestique, même si on considère positivement la spiritualité et les formes d’amitié et de solidarité qu’on y réalise, soit objectivement une production masculine et que donc la culture féminine ne dérive que des formes de limitation imposées dans l’acquisition du savoir (Conti Odorisio G. [a cura di, 1986). Gli studi sulle donne nelle Università : ricerca e trasformazione del sapere, Napoli, ESI).
Fort probablement on peut résoudre cette bipolarité seulement en la prenant en charge entièrement et en la faisant jouer sur des plans différents. La nécessité de nous constituer en tant que femmes-sujet-politique-agent nous a imposé le séparatisme et l’obligation de partir de nous mêmes, de ce qu’on est, de notre corps et de notre être social. Nous libérer des conditions que pendant des siècles nous ont imposé une inégalité sociale et individuelle face au masculin est un objectif de nous toutes. Le chemin à parcourir est long et il y a beaucoup de contradictions à résoudre. Une seule chose est certaine : aucune libération ne sera réalisable en tant que libération individuelle ou concernant seulement certaines catégories de femmes. La seule libération possible sera celle qui concernera toutes les femmes, pour qu’elles deviennent les protagonistes non seulement de leur histoire, mais de l’histoire.

[1. Cet article fait référence à la communication faite au Colloque Européen : Concept et réalités des Etudes féministes (Bruxelles 17-19 février 1989). Le titre de la communication était : « Pratiques politiques et binomes théroriques dans le féminisme contemporain (Europe du Sud) ».
[2. Apre – Cahiers n° 1 (Crise et emploi des femmes), fév. 1985 ; n° 2 (Temps sociaux, trajectoires selon les sexes) mai 1985 ; n° 3 (Production/reproduction et rapports sociaux de sexe) sept. 1985 ; n° 4 (La famille comme unité de production) fév. 1986 ; n° 5 (Rapports interfamiliaux et rapports sociaux de sexe) mai 1986 ; n° 6 (Division sexuelle du travail, famille et rapport salarial) sept. 1986, et particulièrement, le n” 7, trois tomes, Actes de la Table Ronde Internationale, Rapports sociaux de sexe, Paris 24-26 novembre 1987. Battagliola F., Combes D., Daune-Richard A.M., Devreux A.M., Ferrand M., Langevin A. (1986) A propos des rapports sociaux de sexe. Parcours épistémologiques, CNRS, ATP Recherches féministes et recherches sur les femmes, trois tomes, sept. 1986. Dalla Costa M. (1988) « Women’s Studies e sapere delle donne » in Conti Odorisio G. (a cura di) Gli studi sulle donne nelle Univers .à ricerca e trasformazione del sapere, Napoli, Esi Kergoat D. (1982). Les ouvrières, Paris, Sycomore.
[3. Leclerc A. (1973) Parole de femme, Paris, Grasset. Cette théorie a été largement développée dans l’ensemble de l’ouvrage de Luce Irigaray en France (Irigaray L. (1985) Ethique de la différence sexuelle, Paris, Minuit et (1987) Sexes et parenté, Paris, Minuit). En Italie Irigaray a influencé aussi bien des féministes du Mouvement féministe (Liberia Delle donne di Milano, le groupe Diotima) que des femmes du Parti Communiste (cf. Del Re A. (1989) « Le féminisme italien à l’aube des années quatre-vingt-dix », in Cahiers du féminisme n° 50).
[4. Pour une critique très ponctuelle de la « différence », voir Colette Guillomin (1977) « Race et nature : système des marques. Idée de groupes naturels et rapports sociaux » in Pluriel n° 11. (1978) « Pratique de pouvoir et idée de nature » : 1 – « L’appropriation des femmes » in Questions féministes n° 2, février 1978. 2 – « Le discours de la Nature » in Questions féministes n° 3, mai 1978. (1979) « Question de différence », in Questions féministes n° 6, sept. 1979.
[5. Personnellement, vu que chaque fois que je parle d’égalité je me sens obligée d’ajouter l’adjectif « réelle » (opposé à « formelle »), j’aimerais mieux utiliser un mot peut-être même plus moderne, sûrement scientifiquement plus correct qui est celui d’équivalence. Je ne suis pas et je ne veux pas être égale à un homme, mais je sais d’être et je veux être équivalente, de valeur égale, je ne veux pas que mon être sexué représente ni une « non-valeur », ni une « sur-valeur ». Cela en espérant que cette équivalence ne se transforme elle aussi ni dans une acceptation acritique de l’échelle de valeurs imposée par le système dominant ni dans un aplatissement général des valeurs (qui de fait nierait toutes valeurs aux individus), mats que par contre elle permette` l’éclosion de toutes les différences possibles entre les individus dans la réalisation de tous les désirs.
[6. Sottosopra n° 0 (1983) Piû donne che uomini, traduit en français dans Change International n° 1, Collectif n° 4, Plus femmes qu’hommes (1984). Sottosopra Oro n° 2 (1989) Un filo di felicità, gennaio 1989 ; Libreria Delle Donne di Milano (1987), Non credere di avere dei diritti, Torino Rosemberg & Sellier.