Le discours de l’empire

Par leurs espérances immortelles ils sont à l’instant importés.
Pindare
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Au cours de la seizième année de guerre entre Lacédémone et Athènes (416-415), les Athéniens, commandés par les stratèges Kléomédès et Tisias, envoyent une expédition contre l’île de Mélos, colonie de Lacédémone ; mais, avant d’attaquer la cité, les Athéniens décident d’envoyer aux Méliens une députation chargée de faire des propositions et de discuter éventuellement les conditions d’une capitulation ; pour cela, les Méliens invitent la députation des Athéniens à se prononcer devant les magistrats et les principaux citoyens de la ville.

Le récit, fidèle et complet, du dialogue entre les Athéniens et les Méliens, nous est relaté par Thucydide dans le livre cinquième de l’Histoire de la guerre du Péloponnèse[[Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, vol. 2, pp. 73-81, Paris,- GF-Flammarion, 1991., avec une description qui, à travers les siècles, maintient intacte toute sa dramaticité et tout son réalisme.

La députation des Athéniens propose immédiatement aux Méliens d’accepter la proposition la plus raisonnable, c’est-à-dire de devenir une colonie et de payer régulièrement un tribut à Athènes. Voici la réponse des magistrats de Mélos.

« S’il s’agit de nous éclairer les uns les autres en toute tranquillité, nous n’avons rien à objecter. Pourtant la guerre, qui est à nos portes et qui ne saurait tarder, semble donner un démenti à vos propositions. Il est visible que vous vous instituez les juges de nos paroles ; finalement et selon toute vraisemblance, le résultat de cette conférence si, forts de notre droit, nous refusons de céder, sera la guerre, et, si nous nous laissons convaincre, la servitude. »

Les Méliens relèvent tout de suite une contradiction dans les actes des Athéniens : leurs propositions de paix ne correspondent pas du tout avec leurs actions sur le champ. S’ils sont là pour discuter la paix, pourquoi préparent-ils la guerre ? Pourquoi se présentent-ils avec une armée si puissante, si l’intention est de s’éclairer les uns les autres (didaskein kat’esukiân allelous) ? En réalité, affirment les Méliens, les Athéniens n’ont nullement l’intention d’entendre leurs raisons et leurs arguments, mais seulement de juger leurs propositions en ayant déjà décidé la guerre et en refusant donc la condition nécessaire à toute négociation : le dialogue entre égaux.

Voilà pourquoi les Méliens comprennent dès le début l’irréversibilité de l’événement dans lequel ils sont, malgré eux, impliqués : ou la guerre ou la servitude. Face à une cité, Athènes, qui tient un discours à double sens, il n’y pas d’alternative : ou nous défendons, comme il est naturel (katà tô eikos), notre droit à exister, notre liberté, en combattant avec toutes nos forces, ou nous cédons à vos propositions et nous renonçons à notre liberté, en acceptant de devenir vos esclaves. De toute manière, quelle que soit l’issue, le choix, pour les Méliens, sera toujours extrême, radical, sans aucune possibilité de revenir en arrière.

A cela les Athéniens répondent : « Si vous êtes réunis pour calculer les incertitudes de l’avenir ou pour toute autre raison, au lieu d’examiner les circonstances actuelles pour assurer le salut de votre patrie, nous interrompons l’entretien ; sinon, nous parlerons ».

Ce qui frappe le plus dans la réponse des Athéniens est le ton : ferme, scandé, sûr et sans équivoque ; les Athéniens parlent comme ceux qui possèdent non seulement un discours vrai, mais qui disposent aussi d’une praxis absolue, capable d’affronter et de vaincre toute sorte d’opposition et d’adversité. C’est pour cela qu’ils invitent les Méliens à examiner les « circonstances actuelles » (ek tôn paronton) et à ne pas considérer les « incertitudes de l’avenir » : seulement celui qui connaît sa propre force connaît le présent, et seulement celui qui sait sa propre puissance peut décider sur l’avenir. En effet, l’avenir est une conjecture et une espérance seulement pour celui qui ne dispose pas entièrement de lui-même et de ses moyens ; il est par contre réel, c’est-à-dire actuel et faisable, pour celui qui peut se confier en sa puissance et en sa force. Si donc les Méliens acceptent de reconnaître réellement les circonstances actuelles, alors ils parleront ; sinon, tout discours sera vain.

Les Méliens acceptent de poursuivre les négociations, en affirmant que, étant donnée leur situation critique, il est naturel de se laisser emporter par les espérances ; ils continueront donc à engager la discussion avec les Athéniens. Ceux-ci répondent qu’ils ne poursuivront pas la négociation en ajoutant des « belles phrases » ou en se vantant d’avoir remporté une grande victoire contre les Mèdes ; ce qui intéresse les Athéniens se situe ailleurs.

« Il nous faut, de part et d’autre, ne pas sortir des limites des choses positives ; nous le savons et vous le savez aussi bien que nous, la justice n’entre en ligne de compte dans le raisonnement des hommes qui si les forces sont égales de part et d’autre ; dans le cas contraire, les forts exercent leur pouvoir et les faibles doivent leur céder ».

Ici réside toute la force d’Athènes : dans la certitude (epistaménous) de posséder un discours vrai. Et la certitude de celui qui sait fonde une praxis absolue et puissante, qui devient par là même le Nomos indiscutable ; à cette praxis, les Méliens ne peuvent opposer que les prophéties et les calculs sur l’avenir, les espérances de pouvoir à la fin sauver les nomoi différents de leur propre cité. Mais il y a plus. Le Nomos, le droit qui est la loi, est à son tour le fils d’une nécessité égale (ises anànkes), qui détermine depuis toujours les adversaires ; ici, sur l’île de Mélos, il n’y a pas de droit, car la nécessité est une seule, celle d’Athènes. Il est donc insensé, expliquent les Athéniens, logiquement insensé de parler d’une justice lorsqu’il manque un équilibre de puissance, une égale intensité de forces[[Cf. M. Cacciari, Geo-filosofia dell’Europa, Milan, Adelphi, 1994, p. 45. Sur les Méliens et les Athéniens, cf. encore pp. 42-48.. Entre Athènes et Mélos, ce n’est pas une question de droit, mais de rapport entre les forts et les faibles. Et c’est bien cela que les Méliens n’arrivent pas à comprendre, puisque leur logos, particulier, limité à leur propre cité, les empêche de saisir le sens d’une nécessité universelle, à laquelle même les Athéniens ne peuvent pas échapper : plus grande est la puissance, plus forte est la nécessité. Ce n’est pas une volonté ou une hybris qui oblige les Athéniens à faire la guerre aux Méliens, c’est la nécessité de leur Nomos. Et le Nomos dit que le plus fort exerce tout son pouvoir (dunatà dè oi proùkontes pràssousi), tandis que le plus faible doit céder (oi astheneîs xunkoroûsin).

Quelle est la réponse des Méliens ?

« A notre avis – puisque vous nous avez invités à ne considérer que l’utile à l’exclusion du juste – votre intérêt exige que vous ne fassiez pas fi de l’utilité commune ; celui qui est en danger doit pouvoir faire entendre la raison, à défaut de la justice et, n’eût-il à invoquer que des arguments assez faibles, il faut qu’il puisse en tirer parti pour arriver à persuader ».

Du moment qu’il n’est pas possible de parler de droit, à cause de la disproportion des forces, disent les Méliens, qu’il nous soit au moins permis de parler de l’utilité commune (koinon agathon), c’est-à-dire de l’utilité qui peut dériver d’un accord de paix, grâce auquel chacun peut trouver ce qui lui convient le plus. Les Méliens opposent donc, au discours du plus fort, le discours de la différence, dans le but de créer, entre les adversaires, une médiation raisonnable sur la base des intérêts ; en effet, celui qui est en danger à cause de sa faiblesse est au fur et à mesure obligé de réinventer et de reproposer les contenus et les termes de sa propre justice – de son salut -, même au prix d’arguments faibles, loin de la précision exacte de la vérité. Celle des Méliens n’est pas une tentative de conviction, comme celle des Athéniens, mais plutôt de persuasion, de pragmatique et non pas de praxis.

Il s’ensuit un dialogue très serré entre les deux délégations.

Les Athéniens : « Nous sommes ici, comme nous allons vous le prouver, pour consolider notre empire et pour sauver votre ville. Nous voulons établir notre domination sur vous sans qu’il nous en coûte de peine et, dans notre intérêt commun, assurer votre salut ».

Les Méliens : « Et comment pourrions-nous avoir le même intérêt, nous à devenir esclaves, vous à être les maîtres ? ».

Les Athéniens : « Vous auriez tout intérêt à vous soumettre avant de subir les pires malheurs et nous, nous aurions avantage à ne pas vous faire périr ».

Les Méliens : « Si nous restions tranquilles en paix avec vous et non en guerre sans prendre parti, vous n’admettriez pas cette attitude ? »

Les Athéniens : « Non, votre hostilité nous fait moins de tort que votre neutralité ; celle-ci est aux yeux de nos sujets une preuve de notre faiblesse ; celle-là un témoignage de notre puissance… Ainsi par votre soumission vous accroîtrez notre sûreté, d’autant mieux qu’on ne pourra pas dire qu’insulaires et moins puissants que d’autres, vous avez résisté victorieusement aux maîtres de la mer ».

Encore une fois deux Nomoi opposés et inconciliables se confrontent: celui de l’empire et de la puissance universelle (arké), et celui de l’utilité particulière (krésimon). Les Athéniens obéissent à une loi selon laquelle l’utilité réside dans l’exercice même de la puissance. Ce qui est utile n’est pas ce qui est commun, réciproque et partageable, mais ce qui suit à la soumission du plus faible au plus fort. Pour les Athéniens, l’utilité n’est pas un rapport, mais une dépendance. Le plus faible a besoin du plus fort, et là réside son utilité et son salut. Pour cette fin, la haine est préférable à l’amitié, parce que celle-là est un symbole réel de la puissance en acte, de l’empire en mouvement, tandis que celle-ci est plutôt le symbole d’une faiblesse, d’une incapacité à imposer le Nomos du plus fort.

Et en effet, comme l’indiquent clairement les Athéniens, « il n’est pas question pour vous d’une lutte d’égal à égal où votre réputation soit en jeu et où il vous faille éviter la honte d’une défaite. C’est sur votre salut même que vous délibérez et vous avez à vous garder d’attaquer des adversaires bien plus puissants que vous ». La hybris véritable n’est pas celle d’Athènes, mais celle de Mélos, incapable de comprendre qu’il n’est pas possible de se soustraire à la loi des « maîtres de la mer » (naukratoron), car c’est sur la mer, sur l’illimité, que se déploie et s’exerce la puissance de l’empire[[Sur la “thalassocratie” cf. encore M. Cacciari, op. cit., pp. 48-69. La praxis même des Athéniens est inconcevable sur la terre ferme, la loi de la politique comme expression de la puissance n’est pas possible dans les limites étroites d’une cité ou d’un territoire (l’illusion insensée des Méliens). C’est pour cela que le Nomos des Athéniens ne connaît pas de droit : « Le droit appartient à la terre et il fait toujours référence à la terre. Par contre, la mer ne connaît pas une unité si évidente entre l’espace et le droit, entre l’ordre et la localisation. La mer n’a pas de caractère, dans le sens originaire du terme, qui vient du grec charassein, creuser, graver, imprimer. La mer est libre[[C. Schmitt, Der Norcos der Erde, Berlin, Duncker & Humblot, 1974, p. 18. ». Et elle est libre pour celui qui est en mesure d’imposer sa puissance et faire valoir sa propre loi. Sur la mer, il n’y a pas de tradition, de justice ou de divinité, il y a seulement les lignes infinies de la puissance, tracées par les navires les plus rapides et les plus audacieux, il y a seulement les parcours idéaux qui mènent partout, les expériences uniques d’hommes cyniques et intelligents (Themistocles, Alcybiade).

Athènes a bâti son empire et défini son identité, politique et militaire, en battant, sur la mer, son pire ennemi, ce qui était immobile, statique, incapable de mouvement et de métamorphose, lent et prévisible dans ses réactions : l’empire des Mèdes. La guerre entre les Athéniens et les Mèdes est la guerre qui oppose la mer à la terre, l’empire fondé sur la vitesse des navires à l’empire fondé sur la lenteur des fantassins. La puissance d’Athènes est la puissance de celui qui maîtrise la mer, de celui qui, sur la mer, ne peut pas accepter des points de résistance (l’île de Mélos) et des interruptions au déploiement de sa force ; celui qui s’oppose à l’empire peut se sauver à condition de devenir une maille dans la chaîne infinie de la puissance. Il n’y aura jamais des alliés des Athéniens : il y aura des ennemis ou des colons.

Les Athéniens : « Les dieux, d’après notre opinion, et les hommes, d’après notre connaissance des réalités, tendent, selon une nécessité de leur nature, à la domination partout où leurs forces prévalent. Ce n’est pas nous qui avons établi cette loi et nous ne sommes pas les premiers à l’appliquer. Elle était en pratique avant nous ; elle subsistera à jamais après nous. Nous en profitons, bien convaincus que vous, comme les autres, si vous aviez notre puissance, vous ne vous comporteriez pas autrement ».

La puissance, pour Athènes, est l’évidence en elle-même, ce qui est réel au plus haut point, et qui dépasse même celui qui l’exerce : en effet, la puissance n’appartient pas aux Athéniens, mais ce sont eux qui appartiennent à la puissance, et c’est donc leur devoir que de la rendre toujours actuelle. Le discours des Athéniens, comme tous les grands discours politiques de l’empire, concerne toujours la temporalité de l’action politique : la politique – qui est acte de puissance – a toujours affaire au présent, elle est une décision qui se situe en un point précis de l’espace et du temps, dans un hic et nunc qui n’admet aucune hésitation ou renvoi. Les Athéniens savent bien que, pour sauvegarder leur empire, ils ne peuvent pas « calculer les incertitudes de l’avenir », puisque le fait même d’être toute la puissance, les oblige à agir dans ce temps ; les « maîtres de la mer » sont parfaitement conscients que le fondement du pouvoir réside dans la vitesse avec laquelle on exerce le Nomos de la puissance.

Les Méliens : « Eh bien ! nous savons que la fortune des armes comporte plus de vicissitudes qu’on ne s’y attendrait en constatant la disproportion des forces des deux adversaires. Pour nous, céder tout de suite, c’est perdre tout espoir ; agir, c’est ménager encore quelque espérance de salut… Nous avons confiance que la divinité ne nous laissera pas écraser par la fortune, parce que, forts de la justice de notre cause, nous résistons à l’injustice ».

Les Athéniens : « Vous êtes faibles, vous n’avez aucune chance à courir ; ne faites pas comme tant d’autres qui, tout en pouvant encore se sauver par des moyens humains, se sentent sous le poids du malheur trahis par des espérances fondées sur des réalités visibles et recherchent des secours invisibles, prédictions, oracles et toutes autres pratiques, qui en entretenant leurs espérances causent finalement leur perte ».

Voici le réalisme lucide et terrible de l’empire d’Athènes nous sommes le présent, au delà duquel il n’y a que des prédictions et des oracles ; et la politique ne se fait pas sur les espérances, notre force est là pour le montrer. Nous, qui connaissons les lois temporelles de l’action politique, nous savons que le seul et véritable agir appartient à celui qui est la puissance, à celui dont le faire correspond à l’être même de la puissance. Vous êtes des hommes imprudents, disent les Athéniens aux Méliens, puisque vous ne comprenez pas que votre agir n’est nullement comparable au nôtre. Il ne s’agit pas en effet d’une guerre entre deux cités égales, mais d’une guerre entre la cité qui est le principe même de la puissance (arké) et une cité qui ne dispose que de ses propres espérances et qui est privée, par loi de nature, de toute forme d’agir politique.

Les Athéniens : « Vos plus fermes appuis ne consistent qu’en espérances à longue échéance et les forces dont vous disposez présentement sont insuffisantes pour vous assurer la victoire sur celles qui, dès maintenant, vous sont opposées ».

La déraison des Méliens (pour les Athéniens) réside dans l’incompréhension de la nécessité de l’empire et dans le refus d’accepter un forme d’action absolue, face à laquelle il n’y a pas d’alternative possible. Le discours de l’empire devient le seul discours vrai, et, par là même, celui qui se met en dehors de cette logique devient, immédiatement, déraisonnable. La force d’Athènes ne consiste pas seulement dans les armes, mais aussi dans la force logique de ses arguments. Pour les Athéniens, celui qui refuse le discours de l’empire n’est ni lâche ni craintif, il est, tout simplement, illogique, aveugle, faible d’esprit, prêt à rechercher les prédictions et les oracles, c’est-à-dire incapable de voir l’évidence même de la vérité.

C’est ici que se construit le modèle de l’empire : dans la définition de l’identité, profonde et indiscutable, entre le faire et l’être vrai. En effet, dès le début, celui des Athéniens est un discours de vérité, qui essaie de faire comprendre aux Méliens le sens d’un événement qui coïncide parfaitement avec sa vérité. L’erreur des Méliens consiste dans une interprétation partielle d’une vérité déjà donnée et qui nécessite seulement une adhésion. La vérité, celle d’Athènes, ne doit pas être créée, mais seulement dévoilée, si on dispose d’un esprit suffisamment clair et dialectique, c’est-à-dire capable de suivre, sans erreurs, un parcours déjà tracé d’avance.

Le discours des Athéniens représente, in actu, ce que Platon, dans la République, préfigurera in mente philosophi : l’identité du savant et du politique (le gardien), l’identité entre la forme de la vérité et le contenu de la politique, entre le savoir et l’action. A l’apogée de leur puissance, les Athéniens réalisent ce que, dès lors, la philosophie politique n’a cessé d’interroger : le rapport entre les formes de l’action et les formes de la pensée, entre l’acte qui fonde et le discours qui légitime. La narration de Thucydide constitue la partition de fond qui scande et dessine les mouvements les plus profonds de cette interrogation.

L’hiver suivant… le siège fut mené avec vigueur ; la trahison s’en mêlant, les Méliens se rendirent à discrétion aux Athéniens. Ceux-ci massacrèrent tous les adultes et réduisirent en esclavage les femmes et les enfants. Dès lors, ils occupèrent l’île où ils envoyèrent ensuite cinq cents colons.

Ansaldi Saverio

Maître de conférences à l’université de Montpellier III – Paul Valéry. Il a publié La Tentative schellingienne. Un système de la liberté est-il possible ? (L’Harmattan, 1993) ; Spinoza et le baroque. Infini, désir, multitude (Kimé, 2001) ; Nature et puissance. Giordano Bruno et Spinoza (Kimé, 2006). Membre du comité de rédaction de Multitudes.