Le mal européen

Depuis le début des années ’90, le nombre des chômeurs et des exclus croît en Europe plus rapidement qu’ailleurs dans le monde, mais les systèmes économiques européens ne s’en sortent pas pour autant mieux : la formation du capital régresse, la production et la productivité s’affaiblissent, l’activité économique ralentit. Pour les millions des citoyens européens, le sol est de nouveau en train de se dérober sous leurs pieds, pour reprendre la formule de J. Schumpeter lors de la crise des années ’30. Mais l’Europe, la monnaie unique seraient-elles donc incapables de redonner l’espoir ? On peut toujours imaginer que la situation aurait été encore pire en l’absence des exercices de rigueur imposés par le Traité de Maastricht. Néanmoins, force est de constater que, dans le contexte des années ’90, les réalisations européennes – Acte unique, grand marché intérieur, union monétaire – ne produisent pas toujours les effets escomptés, tant qu’elles ne sont pas accompagnées de mesures et de mécanismes adéquats.
Pourquoi la crise mondiale suscite-t-elle en Europe des effets plus dramatiques qu’ailleurs ? Plusieurs hypothèses explicatives sont avancés : l’ouverture des économies européennes et la mondialisation, comprenant les délocalisations des investissements vers des régions à bas salaires, la suppression des barrières aux importations asiatiques, la concurrence des travailleurs immigrés ; l’intensification des vagues de la crise mondiale , les taux d’intérêt allemands empêchant toute reprise ; le coût élevé du travail et les rigidités institutionnelles des marchés du travail en Europe ; le retard technologique du vieux continent ; l’inexistence de volet social dans les politiques actuellement appliquées ; l’absence de volonté politique nécessaire pour brûler les étapes prévues; l’excessive fixation sur l’objectif de la monnaie unique sans tenir compte des coûts sociaux de sa réalisation.
Or, l’ensemble des réserves ci-dessus ont en commun de rester fondamentalement « métaphysiques » au sens qu’elles ne cherchent pas leur fondement dans l’observation empirique, mais découlent simplement des discours courants par rapport auxquels elles se situent. En fait, les délocalisations des capitaux européens vers les régions à bas salaires se situent à ce jour à des niveaux tout à fait négligeables : 0,30% du PIB européen contre 18% du PIB qui s’investit en Europe même. Le commerce avec les NPI asiatiques reste le plus souvent excédentaire pour l’Europe, ce qui implique que ces pays stimulent en fait l’emploi dans le vieux continent au lieu de contribuer à son affaiblissement. En ce qui concerne l’immigration, il est notoire que la mobilité des travailleurs en Europe ne cesse de se réduire dramatiquement au cours de la dernière décennie. Il est donc peu satisfaisant d’expliquer la crise actuelle de l’Europe par le recours à une quelconque notion de mondialisation. En fait, la mondialisation permet à l’Europe de réduire les effets de la crise chez elle, en les transférant vers des zones moins structurées et plus fragiles du système mondial. Ce processus permet à l’Europe la conquête rapide de nouveaux marchés dynamiques et surtout la centralisation des ressources financières et technologiques de la planète.
D’autre part, s’il est vrai que les vagues de la crise mondiale se renforcent au cours des années ’90, cela n’explique pas pourquoi la récession et le chômage sont plus durement ressentis en Europe qu’ailleurs. Si les taux d’intérêt réels restent encore trop élevés en Europe, cela n’est pas une cause, mais une conséquence du contexte économique et monétaire plus large établi par les choix fondamentaux des autorités. Certes, les décisions des autorités ne sont pas autonomes mais restent déterminées par les données de l’économie réelle et les possibilités existantes. Si l’offre de capitaux productifs reste faible, les taux d’intérêt s’envolent, mais c’est l’insuffisance de l’offre qui provoque la hausse des taux, non la décision du gouvernement. Si le coût du travail reste élevé en Europe, cela n’explique pas le recul des investissements productifs dans le vieux continent, puisque c’est précisément par l’intensification des investissements qu’on réduira le coût salarial, notamment par l’amélioration de la productivité et la baisse consécutive des salaires réels. Il en va de même des innovations technologiques : ce n’est pas le retard technologique qui expliquerait le désinvestissement, mais c’est l’inverse qui est vrai : le ralentissement de la formation du capital provoque l’obsolescence technologique et le déclin de la productivité. Les rigidités institutionnelles ne peuvent pas expliquer le tournant déflationniste des investissements et des politiques économiques en Europe, puisque dans un contexte de déflation les rigidités initiales s’aggravent nécessairement et l’ajustement recherché s’avère toujours plus inaccessible. L’expérience du passé nous montre que les- ajustements sont toujours plus faciles à obtenir en économie croissante qu’en contexte déprimé. Enfin, puisque la crise actuelle de l’emploi en Europe se manifeste dans un contexte de ralentissement plus général, on en conclut que le chômage européen actuel ne constitue pas un simple « volet social » oublié, mais bien plutôt un indice d’inefficacité croissante des systèmes économiques européens dans leur ensemble. Certains évoquent avec force la nécessité d’une volonté politique pour combattre le chômage. Toutefois, cette nécessaire volonté politique risquerait d’apparaître comme Deus ex machina dans un cadre où précisément manquent cruellement les mécanismes de lutte contre le chômage à l’échelle européenne.
En ce qui concerne la monnaie unique européenne, il serait peut-être injuste de l’incriminer de tous les malheurs dont souffre à présent le vieux continent : loin d’être en rupture avec les politiques des années ’80, la monnaie unique n’en constitue que le couronnement. Les politiques de l’ajustement par désinflation compétitive ont particulièrement marqué la deuxième moitié des années ’80, pour déboucher naturellement au cours des années ’90 à la stratégie du franc fort et de la monnaie unique européenne. Or si l’Europe est entrée à présent dans une dynamique d’instabilité, ce n’est pas nécessairement à cause de l’objectif de la monnaie unique, mais plutôt à cause de la méthode dont cet objectif est poursuivi et surtout à cause de l’absence totale de mécanisme stabilisateur à l’échelle européenne.
Aux États-Unis, la stabilité de l’activité économique, de l’emploi et des revenus régionaux constitue un objectif prioritaire, dont est chargé le gouvernement fédéral. La politique monétaire américaine, surtout depuis 1987, est élaborée dans le souci de stabiliser l’activité, l’emploi et les revenus des régions. D’où les remarquables performances outre-Atlantique en termes d’emploi, d’investissement et de production. Au Japon, la stabilité économique constitue également un objectif explicite, digne de justifier la mobilisation de plusieurs milliards de yens par le gouvernement. Au cours des trois dernières années, l’équivalent de 600 milliards de dollars fut injecté dans l’économie par le gouvernement sous forme de baisses d’impôts et de travaux publics, soit 13% du PIB japonais. Si à présent l’activité économique japonaise ralentit, ce n’est pas à la suite d’une politique monétaire restrictive ni même à la suite d’une orientation déflationniste des finances publiques, mais plutôt sous l’effet de l’appréciation correctrice de la valeur de la monnaie japonaise, suite aux persistants excédents extérieurs. En Allemagne, malgré les excès de la politique monétaire, la stabilité de l’activité économique parmi les régions n’en constitue pas moins un objectif justifiant d’importants transferts budgétaires parmi les Länder de la République fédérale.
Par contre, dans le cas de l’Union Européenne, la stabilité de l’activité, de l’emploi et des revenus régionaux, une fois mentionnée dans les textes constitutifs de 1957 (Traité de Rome), ne trouve plus de place dans les politiques européennes ni même dans les politiques nationales de la dernière décennie. Or l’Europe devrait non seulement maintenir cette préoccupation, au moins autant que ses deux grands concurrents, mais elle devrait en fait affirmer cet objectif avec plus de force pour compenser les effets dévastateurs de ses propres choix monétaires sur l’activité et sur la dynamique de l’Union.

Les sources de l’instabilité en Europe

La première cause d’instabilité en Europe réside dans la forme particulière des politiques d’ajustement appliquées. Aussi bien les Etats Unis que le Japon acceptent le flottement de leur devise pour éviter de casser l’activité et les revenus lors d’un processus d’ajustement. L’Europe, au contraire, avec ses choix monétaires et ses rigidités institutionnelles des marchés du travail, se trouve piégée dans une dynamique de déflation, à la recherche de l’ajustement de ses prix et de ses balances extérieures. La contraction brutale de l’offre de monnaie – passant de 6% par an à 1 % – et la hausse consécutive des taux d’intérêt réels ont particulièrement marqué le contexte économique européen des années ’90. Pourtant, le choix de la déflation n’est excusable que dans un cas exceptionnel : lorsque l’inflation reste forte, la compétitivité faible et tant que la formation du capital et les innovations technologiques marquent le pas. Si l’Europe persiste à présent dans la voie déflationniste, devrait-on en conclure qu’elle a déjà épuisé ses marges d’innovation et de redéploiement ? Si tel était le cas, le chômage actuel en Europe serait non une conséquence de la modernisation, mais plutôt l’indice du contraire : du retard de modernisation dans le vieux continent.
La dynamique déflationniste s’aggrave aussi par le fait que l’ajustement de l’Europe est confié individuellement à chaque État-membre, sans plan d’ensemble pour le vieux continent et sans la coordination nécessaire parmi les partenaires. Mais l’ajustement du continent ne s’identifie pas forcement avec la somme des ajustements nationaux. Les fonds régionaux, sociaux et de cohésion communautaires ne représentent que 0,33% du PIB européen, ce qui interdit au budget européen d’exercer des fonctions conjoncturelles stabilisatrices. Or si l’ajustement en Europe garde un caractère fondamentalement national, sans mécanisme communautaire d’intervention, il est évident que chaque partenaire aura tendance d’en transférer les frais sur les autres, aux dépens de l’Union dans son ensemble. La stabilité économique européenne se trouve donc moins menacée par les incontournables politiques d’ajustement que par leur orientation déflationniste et nationaliste, sans la coordination et les solidarités qui s’imposent au niveau communautaire d’ensemble.
Une troisième cause d’instabilité en Europe, non la moindre, est la politique des pays-partenaires à surplus. Autant la déflation peut paraître comme incontournable pour les pays déficitaires en manque d’autres perspectives, autant elle reste absolument inexcusable dans le cas de pays excédentaires. Si les premiers doivent redresser leurs déficits par la contraction de leurs dépenses, les seconds doivent également résorber leurs surplus, déstabilisant leurs partenaires, par le recyclage de leurs excédents et l’accroissement respectif de leurs dépenses. Ce que l’Union perd en termes d’activité et d’emploi par les restrictions des premiers devrait réapparaître dans l’expansion des dépenses des partenaires à surplus. Déjà en 1957, l’économiste J. Meade prévenait que la situation la plus sombre pour la stabilité et l’intégration en Europe apparaîtrait au moment où les pays européens à surplus se mettraient à la déflation, rompant ainsi avec les « règles du jeu » de la stabilité internationale et régionale. Depuis la canonisation par Maastricht, l’orientation déflationniste s’applique indifféremment à tous les pays-partenaires de l’U.E.: l’insistance sur l’objectif de monnaie forte contraint même les partenaires à surplus à la déflation, ce qui bloque la notion même de fonction stabilisatrice au sein de l’Union, menant ainsi à la contraction de l’espace économique européen. Les surplus ainsi dégagés à l’échelle européenne augmentent sans cesse, mais en contrepartie de pertes en termes d’activité et d’emploi pour l’Union dans son ensemble. Depuis 1990, l’excédent commercial global de l’Union s’est accru de 145 milliards de dollars, l’excédent des balances courantes de 132 milliards, les réserves officielles augmentent de 7,5% par an, contre 1,5% de croissance du PIB et contre un taux de chômage passant de 7,6% à 12,6% de la population active européenne. Les pays qui disposent de moyens, de surplus et de réserves permettant de relancer leurs économies et de retrouver ainsi la dynamique de l’intégration européenne persistent à se comporter comme des pays déficitaires : ils stérilisent leurs surplus par la hausse des taux d’intérêt et la contraction de la masse monétaire, sous l’obsession de l’inflation, qui reste pourtant négligeable, tandis que le vrai problème se situe aux antipodes tant pour eux-mêmes que pour l’Union dans son ensemble. L’Europe donc dispose de bien des moyens pour affronter mieux que les autres régions du monde la crise internationale, mais elle n’a pas la vue d’ensemble qui s’impose ni les mécanismes nécessaires à cet effet.
L’Allemagne exerce une influence décisive sur le devenir de l’Union Européenne. Elle réalise à elle seule plus de 50% des surplus commerciaux communautaires et, avec ses excédents financiers, elle reçoit des apports extérieurs d’environ 4 à 6% de son PIB par an. Une attitude coopérative, responsable et stabilisatrice de sa part consisterait à venir en aide auprès de ses partenaires européens en difficulté, à relancer sa propre économie par ses surplus pour compenser les restrictions imposées par les pays déficitaires, à laisser sa monnaie s’apprécier en raison de l’afflux de capitaux extérieurs ou ses prix monter en raison de ses surplus pour corriger à terme ses excédents qui déstabilisent profondément l’Europe dans son ensemble. Or l’Allemagne, au lieu d’exporter des capitaux vers l’Europe, en puise à un degré croissant notamment depuis sa réunification. Elle ne relance pas son économie, puisqu’elle persiste dans l’objectif anti-inflation par des instruments monétaires : la hausse des taux d’intérêt et les contrôles de la masse monétaire. L’emploi perdu chez ses partenaires déficitaires à cause des politiques déflationnistes ne réapparaît pas en Allemagne, puisque ce pays, bien que largement excédentaire, applique aussi des politiques déflationnistes et même à un degré supérieur par rapport aux autres partenaires. Ainsi l’économie allemande ne croît pas plus vite que celle de ses partenaires pour compenser les incontournables ralentissements de ces derniers. Les prix allemands aux exportations, au lieu d’être stimulés à la hausse en raison de ses surplus, restent au contraire étroitement contrôlés par la politique déflationniste, comme si l’Allemagne était un pays déficitaire. De même, tandis que les persistants surplus font croître les coûts relatifs de la main-d’oeuvre au Japon de 87% entre 1989 et 1995, en Allemagne ces coûts sont restés à peu près invariables. Le refus de laisser flotter sa monnaie empêche la correction de ses excédents et même les encourage. Le Japon recycle à l’extérieur une bonne partie de ses surplus, tandis qu’avec la partie restante il relance son économie à l’intérieur. L’Allemagne ne fait ni l’un ni l’autre et ne laisse pas les marchés corriger la valeur de sa monnaie. Cette attitude peu coopérative creuse les déséquilibres parmi les partenaires et les disparités au sein de l’Union, diffuse l’instabilité, le ralentissement de l’activité, la financiarisation de l’épargne et la contraction consécutive de l’espace économique européen. Pourtant, l’Allemagne n’a aucune raison de persévérer dans cette politique : son inflation reste très faible et sa compétitivité est remarquable. En devenant elle-même cause d’instabilité sans compensation pour ses partenaires, en s’opposant au relèvement du budget de l’Union et au financement des grands travaux prévus par le Livre Blanc, elle empêche la dynamique européenne de fonctionner et s’interdit elle-même l’exercice de la fonction hégémonique et stabilisatrice dans cette intégration.
La cause la plus importante de l’instabilité en Europe réside dans l’absence de mécanisme européen de stabilisation économique de l’Union dans son ensemble. Sous l’argument de la globalisation, on conteste aux Etats nationaux ou à l’U.E. la possibilité de stabiliser l’activité. Pourtant, au sein du même contexte mondial, tant les Etats Unis que le Japon soutiennent leur activité chaque fois qu’elle se trouve menacé ou déséquilibrée, sans que la globalisation les en empêche. De même, la globalisation n’a pas empêché certains pays européens, sortis de la discipline de Maastricht, comme la Grande Bretagne et l’Italie, de stabiliser leur économie à partir de 1993. Paradoxalement, la globalisation est souvent perçue en Europe comme une cause de sous-emploi, tandis qu’aux Etats Unis et au Japon elle apparaît comme une opportunité d’emploi additionnel. Les différences d’appréciation viennent sans doute des différences dans les politiques d’ajustement appliquées en Europe et dans les autres parties du monde.
D’autre part, l’Europe est loin de constituer une zone monétaire optimale. La mobilité des travailleurs et des capitaux au sein de l’Union reste à ce jour insuffisante : 1 % pour les premiers, 1,5% pour les seconds. Le taux de chômage observe au sein de l’Union une dispersion régionale de 1 à 10 et celui des salaires de 1 à 4. Or la stabilité économique de l’ensemble de l’Union suppose un mécanisme communautaire absorbant les disparités régionales de l’activité par la répartition régulière et adéquate des liquidités. De plus, le passage à la monnaie unique dans des conditions de stabilité suppose également l’homogénéisation des formes monétaires et financières parmi les pays-membres. La mobilité des capitaux et la répartition des liquidités doivent être d’autant plus intenses que celles des autres facteurs restent à présent faibles en Europe, pour éviter les disparités et polarisations de blocage.
A présent, les mouvements de capitaux et de liquidités s’effectuent dans un sens contraire aux besoins de stabilité de l’ensemble de l’Union : des régions faibles et fragiles vers les régions puissantes, des pays déficitaires vers les pays excédentaires, des économies à bas salaires et à chômage élevé vers les économies à hauts salaires et à emploi fort. Aucun mécanisme de correction de ces mouvements déstabilisateurs n’existe et n’est prévu à ce jour, ni par les partenaires disposant de moyens ni, encore moins, par l’U.E. dans son ensemble. Le seul programme qui aurait su indirectement avoir des effets compensatoires, le Livre Blanc adopté en 1993, reste à ce jour bloqué au niveau de son financement. Or même ce programme ne prévoit pas un mécanisme permanent, il garde un caractère ponctuel et ne porte que sur 0,15% du PIB européen pour une période de 4 ans. A ce jour, la question de la stabilité de l’activité économique en Europe ne trouve pas de droit de cité dans les politiques européennes, tandis que les politiques nationales se voient paralysées sur cette question en raison des grandes options monétaires et budgétaires.
En conclusion, ce n’est pas nécessairement la monnaie unique qui amène l’instabilité en Europe, mais surtout le type d’ajustement poursuivi qui établit une dynamique fondamentalement instable. De la désinflation des prix on a passé au cours des années 90 à l’objectif de la monnaie forte. Mais dans les deux cas on réduit la demande, les revenus, l’emploi. A présent, on conjure avec raison en Europe le danger des dévaluations compétitives menant à l’effondrement du commerce international. Mais il fallait se préoccuper au moins autant du danger symétrique, celui des déflations compétitives, qui ne guette pas moins la stabilité et le commerce en Europe. Puisque l’ajustement en Europe continue d’être conçu sur une base nationale, chaque succès des partenaires dans le sens indiqué par les critères nominaux de convergence risque d’impliquer des pas plus profonds dans le sens de l’instabilité et de la contraction de l’espace économique européen. Pourtant, cette situation pourrait être contrôlé, si les pays excédentaires adoptaient des politiques coopératives ou si des politiques européennes compensatoires étaient établies. Si par contre la méconnaissance actuelle du problème de la stabilité persistait, l’Europe risquerait d’en faire les frais non seulement en tant qu’union intégrée, mais même en tant que simple zone monétaire ou commerciale.