Question d’actualité : la place des femmes en politique

La présence active et reconnue des femmes dans les instances de la représentation nationale est, comme on le sait, non pas faible mais presque nulle : l’idée de parité, c’est-à-dire d’égale représentation entre hommes et femmes est défendue par un certain nombre d’individus des deux sexes ; d’autres, émettent quelques réserves argumentées et écoutées. Nous présentons ici le texte d’appel des « 577 » accompagné de son argumentaire et une contribution critique de quatre signataires dont deux membres du comité de rédaction de Futur antérieur ; cette contribution n’a pour seul objectif que de susciter un débat, dans le but d’éviter les impasses dans lesquelles nous risquons de nous fourvoyer et de cerner les obstacles auxquelles nous nous heurtons. Malgré les approches différentes, chacun est convaincu de la nécessité d’agir ensemble pour obtenir une égalité pleine et entière dans les affaires de la cité. Cette égalité est pour nous toutes et tous la condition nécessaires d’une réelle démocratie.

La réflexion critique et approfondie est d’autant plus urgente, sur la place des femmes en politique et plus globalement sur leur statut social, que les contradictions apparaissent au grand jour : tandis que bon nombre d’hommes politiques, souvent guidés par de simples considérations électorales ou animés par la seule volonté de conserver un pouvoir réel tout en cédant sur une égalité formelle, se disent près à signer les manifestes en faveur de la parité, le gouvernement actuel projette, sous couvert d’une loi, dont la dimension paritaire est lisiblement énoncée, le retour des femmes au foyer: le rapport qui accompagne le projet de loi du Salaire Parental de Libre Choix vise explicitement les femmes et plus précisément les mères. Là, l’exposé des motifs est sans ambiguïté : il s’agit de retenir les femmes au foyer, moyen pour résoudre la double crise, celle de l’emploi et celle de la démographie. Quel que soit l’avenir de ce projet, il est clair que les propositions à venir, comme le développement du temps partiel par exemple, seront libellées sous un neutre universel qui masquera, comme aujourd’hui, l’intention inavouée mais pratiquée d’un retour des femmes au foyer.

La vigilance s’impose. C’est pourquoi nous souhaitons qu’un large débat s’instaure entre les différents courants du féminisme, des féministes, entre des hommes et des femmes, d’un point de vue théorique comme d’un point de vue politique, pour qu’ensemble nous puissions déjouer les manœuvres du gouvernement tout en œuvrant pour la réalisation de la démocratie.