Archives par mot-clé : construction

Nom imprononçable, comme celui des molécules de la plupart des médicaments, qui désigne le plaquénil de Sanofi, associé à un antibiotique, l’azithromycine. Il a été la grande vedette du premier round Covid 19. Il est de moins en moins sûr que cela restera la vedette des traitements quand on aura trouvé quelque chose pour prévenir (vaccin) […]

Pressions / Pressoirs

Mes méditations confinées m’ont fait tenter de réunir les histoires parallèles du néolibéralisme et du mouvement pour la décroissance en une seule. C’est en réaction directe aux débats (alors très publicisés) dont le rapport du Club de Rome de 1972 a été l’objet médiatique que le néolibéralisme a pu prendre le pouvoir. Il conviendrait de […]

Quels potentiels de « résilience » manifestent les pratiques artistiques, en temps de catastrophes ? Les jams virtuelles, les déclarations médiatiques, les publications ou les projets caritatifs du temps du confinement semblent s’apparenter au régime de la réaction. Qu’en est-il de transformations à une échelle plus systémique et durable, qui pourraient advenir au sein des pratiques artistiques, et […]

Et si parler de « catastrophe » à propos du Covid 19 et du confinement qui s’en est suivi, dans le monde de la culture où j’ai pas mal d’accointances, servait de pare-feu à une sorte de déni quant aux dérives de l’état d’avant, tout sauf idéal ? Une amie, responsable d’un petit festival, m’avertit : « Je ne suis pas […]

Europe

In viro veritas, Qui aurait dit que ce serait dans l’épreuve de l’épidémie de Covid 19 que l’Europe jouerait sa peau ? Que Jacques Delors, comme la statue du commandeur, ou Mario Draghi, comme l’ancien commandant du vaisseau amiral de la Banque centrale, sonneraient tous deux le tocsin : l’Union européenne est en danger de mort ! Les pays du Sud […]

Le confinement qui nous a été imposé a éveillé en moi des sentiments mêlés. Être assignée chez moi ne m’était jamais arrivé. Suis-je confinée ou me suis-je confinée ? La différence est l’autonomie que je me donne dans cette expérience nouvelle. Malgré toutes les actions subversives que j’ai pu mener, à Seattle, à Tunis et ailleurs, […]

La lutte actuelle de milieux universitaires contre le projet de Loi pluriannuelle de programmation de la recherche (LPPR) respecte un rituel désormais bien connu. Nos différents gouvernements successifs (UMP, LR, PS, LREM) sortent de leur manche une « réforme » censée améliorer la « compétitivité » de la recherche et des universités françaises par rapport à leurs concurrentes étrangères. […]

Nous sommes là Nous, les Sons Fédérés, nous existons1. Nous sommes à l’écoute du monde. Nous sommes des artisan·es de la création sonore et radiophonique, du documentaire, de la fiction, du field recording 2, des balades sonores, du hörspiel 3, des dispositifs acousmatiques, de l’art radiophonique et sonore, des ateliers sonores, des écoles sonores, de l’écoute, des formations à […]

Le parti pris des publics
Au carrefour entre une longue tradition théorique (de Benjamin à Rancière) et le contexte contemporain de la culture numérique, nous nous demandons si nos publics sont pris dans les filets de la production – institutionnelle, marchande, individualiste – ou bien s’ils leur échappent largement en tant que processus attentionnels collectifs animés par un dynamisme et une diffusion imprévisibles.

On the Publics’ Side
In the middle of a long-running theoretical tradition (from Benjamin to Rancière) and within the contemporary frame of our digital culture, we ask ourselves if our publics are caught into the net of production—institutional, commercial, individualist—or rather if they slip away as collective attentional processes lead by unpredictable dynamism and spread.

Improbables publics
Quatre figures d’agentivité sonique
Si les publics improbables sont, fondamentalement, des publics faibles, ils nous surprennent aussi – et c’est leur principal cadeau, leur caractère exemplaire. Par un art de la transgression, ils rappellent combien la vie publique est une affaire commune, façonnée par les gens à certains moments, en certains lieux, animés par la lutte et l’imagination, et par la joie de se découvrir les uns les autres. Cet article identifie quatre figures d’agentivité sonique pratiquées par ces improbables publics : l’invisible, l’entendu par-dessus l’épaule, l’itinérant et le faible.

Unlikely Publics
Four Figures of Sonic Agency
While unlikely publics are, fundamentally, weak publics, they also surprise us—that is their gift, their example. Through an art of trespass, they remind how public life is a shared matter, crafted by people at certain moments, in certain places, driven by struggle and imagination, and the joy of discovering each other. This article identifies four figures of sonic agency practices by unlikely publics: the invisible, the overheard, the itinerant and the weak.

Trajectoires de relocation du cinéma

Trajectoires de relocation du cinéma
La notion de « relocation » désigne le déplacement historique du visionnage cinématographique vers des milieux et des objets nouveaux. Qu’il s’agisse de regarder une œuvre cinématographique sur une tablette dans un train ou bien d’assister à un match de foot dans la salle domestique d’un home théâtre, la dispersion de l’expérience cinématographique, en cours depuis longtemps, est significativement accélérée par les nouveaux media.

Trajectories of Cinematic Relocation
The notion of “relocation” defines the historical displacement of movie screening practice towards new environments and objects. We could think of a movie watched on our tablet on a train or to a football match watched in a home theatre replicating a cinema venue. The relocation of the cinematic experience, started several decades ago, has been greatly accelerated by new media.

Une approche psychologique du patriarcat ?
Après avoir analysé les nombreuses raisons du retour du patriarcat aussi bien dans les slogans féministes que dans le travail théorique, l’autrice s’interroge sur la conception qui en est donnée par le récent livre de Carol Gilligan et Naomi Snider. Le patriarcat impose aux femmes et aux hommes des conduites genrées qui nuisent à la qualité de leurs relations et au développement de la démocratie. Mais il le fait pour nous protéger de nouvelles pertes amoureuses en nous enseignant la distanciation, d’où son efficacité et sa persistance. L’autrice estime qu’il y a beaucoup d’autres dimensions du patriarcat qui ne sont pas prises en compte dans cette perspective psychologique.

A Psychological Approach to Patriarchy?
After analyzing the many reasons for the return of patriarchy both in feminist slogans and in theoretical work, this article questions the conception of patriarchy given by the recent book by Carol Gilligan and Naomi Snider. Patriarchy imposes gendered behaviors on women and men that undermine the quality of their relationships and the development of democracy. But it does so to protect us from further loss of love by teaching us to distance ourselves, hence its effectiveness and persistence. The author believes that there are many other dimensions of patriarchy that are not taken into account in this psychological perspective.

La persistance du patriarcat
Le mouvement des femmes contre les agressions sexuelles pointe la responsabilité du patriarcat, d’un système de classement binaire qui organise la domination des hommes sur les femmes. La sociologie française préfère parler d’une domination masculine, expliquée par la volonté des hommes de s’approprier la fécondité des femmes pour Françoise Héritier, ou de construire un monde de l’entre-soi pour Pierre Bourdieu. Pour Carol Gilligan et Naomi Snider, le patriarcat est une force de hiérarchisation genrée qui s’applique à toutes les relations sociales, mais qui rencontre aujourd’hui une résistance, celle des femmes et celles de toutes les minorités sexuelles.

The Persistence of Patriarchy
The women’s movement against sexual violence points to the responsibility of patriarchy, a binary ranking system that organizes the domination of men over women. French sociology prefers to speak of male domination explained by men’s desire to appropriate women’s fertility for Françoise Héritier, or to build a world among themselves for Pierre Bourdieu. For Carol Gilligan and Naomi Snider, patriarchy is a gendered hierarchical force that applies to all social relations but which today meets with resistance, from women and from all sexual minorities.

Le réveil des mauvaises filles
Au résumé de la thèse de Gilligan et Snider déjà présenté dans les articles précédents, l’autrice ajoute que femmes et hommes ainsi différenciées reconnaissent chacun·e leur vulnérabilité et celle de l’autre, ce qui les met sur la voie de l’égalité. Le film Atlantique de Mati Diop offre une belle illustration de cette théorie. On y voit les jeunes femmes reprendre à leur compte la revendication de dignité de leurs amis morts en mer dans le drame de l’émigration.

Waking up the Bad Girls
To the summary of Gilligan and Snider’s thesis already presented in the previous articles, the author adds that women and men thus differentiated recognize each other’s vulnerability and that of the other. Mati Diop’s film Atlantic is be a good illustration of this theory. It shows young women taking up the claim to dignity of their friends who died at sea in the drama of emigration.

La longue durée de l’exploitation domestique
Les femmes mariées restent gouvernées par les hommes qui en attendent un travail domestique ménager, culturel, social, et sexuel. La famille reste oppressive pour les femmes. Patriarcat et capitalisme sont deux systèmes d’oppression distincts. Partout, et pas seulement dans le capitalisme, le travail ménager est fait par les femmes gratuitement et obligatoirement, parfois par des domestiques qu’il faut tout de même contrôler. La hiérarchie entre les hommes et les femmes reste admise, car elle est héritée du passé. Les femmes continuent de s’autosacrifier quand il faut partager au sein de la famille.

The Long Duration of Domestic Exploitation
Married women continue to be governed by men who expect them to perform domestic, cultural, social, and sexual work. The family remains oppressive for women. Patriarchy and capitalism are two distinct systems of oppression. Everywhere, and not only in capitalism, domestic work is done by women free of charge and compulsorily, sometimes by domestic servants who still have to be controlled. The hierarchy between men and women is still accepted because it is inherited from the past. Women continue to be self-sacrificing when it comes to sharing within the family.

#MeToologies ou les ciseaux de Vanessa Springora
Le patriarcat au singulier est une construction mythique permise aujourd’hui par la concision et la répétition du message numérique. L’heure est plus que jamais à l’opposition binaire des catégories et à la concurrence entre mouvements. Le mouvement #MeToo a été lancé en 2007 par une femme noire devenue vice-présidente de la fondation Girls for Gender Equity. Il s’agit de construire une communauté de plaignantes, un groupe d’assujetties au binarisme genré, au modelé médiatique des visages de stars, et d’entonner une véritable ode aux méfaits du patriarcat, ce à quoi contribue également le témoignage de Vanessa Springora. Le hashtag rappelle la grille du vieux confessionnal.

#MeToologies or Vanessa Springora’s Scissors
Patriarchy (named in the singular instead of the plural) is a mythical construction made possible today by the conciseness and repetition of the digital message. Now more than ever, we live in the binary opposition of categories and competition between movements. The #MeToo movement was launched in 2007 by a black woman who became vice-president of the Girls for Gender Equity Foundation. The aim is to build a community of women complainants, a group of women subjected to gendered binarism, to the media shaping of the faces of stars. Singing an ode to the evils of patriarchy is also the aim of Vanessa Springora’s testimony. The hashtag is reminiscent of the old confessional.

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Séries TV, déplacement des rapports de genre

Les séries TV, déplacement des rapports de genre
À la différence du cinéma, les séries TV, genre mineure, regardé dans l’univers domestique, ont mis souvent en avant les femmes. À partir de la série Buffy, leurs héroïnes échappent aux stéréotypes de genre et allient violence, souci des autres et affirmation d’un pouvoir collectif. Au tournant du siècle certaines séries deviennent féministes et accompagnent la transformation de la vision des femmes, de leur âge, de leur orientation sexuelle, de leurs appartenances sociale et raciale. Il y a même des vieilles et des méchantes. L’article détaille ces transformations dans l’évocation concrète des séries de référence.


How TV Series Transform Gender Relations
Unlike cinema, TV series, as a minor genre watched in the domestic universe, often put women in the spotlight. Starting with the series Buffy, their heroines escape gender stereotypes and combine violence, care for others and affirmation of collective power. At the turn of the century, some series became feminist and accompanied the transformation of women’s image, their age, sexual orientation, social and racial background. There are even old and mean women. The article details these transformations in the concrete evocation of the reference series.

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Media sans audience

Media sans audience
Cet article datant de l’an 2000 proposait un survol visionnaire de la façon dont des media alors émergeants aux débuts de l’internet questionnaient la prémisse identifiant le succès d’un média avec la maximisation chiffrée de son audience. L’auteur passe en revue des « media intimes », des « media socialisés », des « media souverains » et des « media phatiques » pour dépasser les idées héritées du XXe siècle sur l’utilité et la qualité des mass-médias.

Media Without an Audience
This 2000 article provided a visionary overview of how the then-emerging digital media questioned the premise that a media’s success is based on maximizing its audience. The author reviews “intimate media”, “socialized media”, “sovereign media” and “phatic media”, in order to move beyond the ideas inherited from 20th century about the utility and quality of mass media.

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La démocratie d’Aung San Suu Kyi
Persistance d’un système ethnonationaliste et militariste en Birmanie

La démocratie d’Aung San Suu Kyi
Persistance du système ethnonationaliste et militariste en Birmanie
Dès 1947, la construction de la nation birmane par Aung San, militaire victorieux de l’occupation japonaise, s’est faite en excluant certaines minorités, notamment musulmanes. En 1988, Aung San Suu Kyi revient au pays et prend la tête de l’opposition au nom de son père, assassiné en 1947, avec son parti la Ligue nationale pour la démocratie. Elle affirme son allégeance au bouddhisme et son soutien à l’armée malgré les exactions de celle-ci contre les minorités. Et c’est en tant que cheffe de fait du gouvernement qu’elle comparait devant le tribunal de la Haye en 2019.

Aung San Suu Kyi’s Democracy
Persistance of the Ethnonationalist and Militarist System in Burma
The ethnonationalist and militarist system in Burma started as early as 1947, during the building of the Burmese nation by Aung San, the victorious military officer of the Japanese occupation. This system established itself upon the exclusion of certain minorities, notably Muslims. In 1988, Aung San Suu Kyi returned to the country and took over the leadership of the opposition in the name of her father, assassinated in 1947, with his National League for Democracy party. She affirms her allegiance to Buddhism and her support for the army despite the latter’s exactions against minorities. And it is as de facto head of government that she appeared before the Hague Tribunal in 2019.

Petite devinette : de quelle épidémie est-il question ? « L’usage de la notion d’épidémie et de son association à une mortalité foudroyante et incontrôlable est immédiatement une interpellation des gens à différents niveaux, dont le premier est, comme l’ont montré les anthropologues, l’interrogation du sujet individuel sur l’occurrence potentielle d’être la victime de cet événement et surtout […]

Aujourd’hui, la question énergétique est dans toutes les bouches. Du matin au soir, journalistes, politiciens, ONG se gargarisent de « transition », « de plan de financement pour la troisième révolution industrielle », « d’électricité verte », de « Green New Deal ». Discours qui paraissent salutaires, mais qui servent la soupe quotidienne des grands groupes de l’énergie, dont l’avalanche de récits fait […]

Partitions
« Impressions… d’être »

Partitions originales pour instruments, objets sonores, voix et bandes parfois, extraites de plusieurs oeuvres (nomenclature non indiquée) Partitions intégrées à l’intérieur de photographies extraites de la résidence « Impressions… d’être » effectuée dans les imprimeries d’Île‑de‑France : Idn, Pop, Newsprint, Stipa, Dila (travail graphique particulier) Transcriptions graphiques d’états musicaux, additionnant des contextes sonores rencontrés en […]

Dans les imaginaires de l’IA
Du film Her de Spike Jonze à 2001 L’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick, et des androïdes de Philip K. Dick à l’utopie intergalactique de la Culture de l’écrivain Iain M. Banks, il est impossible de comprendre aujourd’hui l’intelligence artificielle sans s’intéresser à ses puissants imaginaires. Ceux-ci, nourrissant bien des fantasmes de la Silicon Valley, sont essentiels à décrypter pour ne pas les subir, voire pour se les approprier et mieux les détourner, en faire des antidotes contre les multinationales du numérique, puis cultiver grâce à eux nos propres machines rebelles de quelque futur.

In the imaginary of  AI
From the film Her by Spike Jonze to 2001: A Space Odyssey by Stanley Kubrick, and from Philip K. Dick androids to the intergalactic utopia of the Culture of the writer Iain M. Banks, it is impossible to understand artificial intelligence without a strong regard to its powerful fictions. These, nourishing many fantasies of Silicon Valley, are essential to decrypt not to undergo them, even to appropriate them and better hijack them, to make them antidotes against the multinationals of the digital, then to cultivate (thanks to them) our own rebellious machines of some future.

Le troisième âge de l’intelligence augmentée, dite  artificielle
Le constat que faisait Herbert Simon, Prix Nobel d’économie 1978, comme quoi l’IA est très éloignée de l’intelligence humaine naviguant dans un monde incertain, reste plus juste que jamais en 2020. D’abord, l’IA manque de rigueur méthodologique sur la constitution et le traitement des données. Pire : après avoir privilégié le modèle de l’intelligence symbolique, qui a trouvé ses limites, elle prend désormais pour modèle l’intelligence intuitive de l’enfant de moins de 6 ans, qui plus est de façon caricaturale. Ne faudrait-il pas plutôt tenter d’aller vers un troisième âge de l’IA, augmentant nos capacités plutôt que les singeant, et s’appuyant sur tous les ressorts de l’intelligence ?

The third age of augmented intelligence, known as artificial intelligence
The observation made by Herbert Simon, 1978 Nobel Prize in economics, that AI is far removed from human intelligence navigating in an uncertain world, remains more correct than ever in 2020. First, AI lacks methodological rigor on the constitution and processing of data. Worse: after having privileged the symbolic intelligence model, which has found its limits, it now takes as its model the intuitive intelligence of children under 6, what is more in a very crude and cartoonish way. Shouldn’t we rather try to go towards a third age of AI, increasing our capacities rather than mimicking them, and relying on all the springs of intelligence?

Quand les arts détournent l’intelligence artificielle

Quand les arts détournent l’intelligence artificielle
Dans le sillage de Chris Marker ou de Grégory Chatonsky, de plus en plus d’artistes contemporains pratiquent la réappropriation, le détournement, l’usage critique de l’intelligence artificielle. Grand connaisseur des arts numériques, Fabien Zocco est l’un d’entre eux. Il est l’auteur, avec le réalisateur Gwendal Sartre, d’Attack The Sun, film dont des dialogues ont été générés par une IA au cours même du tournage qui suit la dérive d’un youtuber californien paraissant sombrer dans une folie de tuerie. L’enjeu : éprouver « de l’intérieur » des outils contemporains comme l’IA pour « escompter ensuite analyser et déconstruire leurs effets ».

When the arts hijack artificial intelligence
In the wake of Chris Marker or Grégory Chatonsky, more and more contemporary artists practice reappropriation, hijacking and critical use of artificial intelligence. A great connoisseur of digital arts, Fabien Zocco is one of them. He is the author, with the director Gwendal Sartre, of Attack The Sun, film whose dialogues were generated by an AI during the very shooting which follows the drift of a Californian youtuber seeming to sink into a madness of killing. The challenge: to experiment “inside” contemporary tools like AI to “then expect to analyze and deconstruct their effects”.

Zone de contact autour d’histoires d’objets mal acquis
L’association Alter Natives a voulu mobiliser autour des enjeux de la restitution d’objets africains des personnes peu enclines à fréquenter les musées qui les conservent. L’expérience se nomme Zone de contact/Objets d’ailleurs. Il s’agit pour des jeunes franciliens d’entrer dans les réserves des musées, de choisir certains objets d’origine non européenne, d’enquêter sur leur biographie pour savoir d’où ils viennent et d’être en mesure d’expliquer leur parcours au reste de la population. Dans ce projet de long terme, ancré sur des territoires divers, la restitution des objets mal acquis n’est donc pas le mobile principal. Ces actions permettent de tester des outils pour établir un autre type de rapport aux savoirs et développer une relation directe avec les populations dont sont issues ces objets, dans leurs pays d’origine, d’Afrique essentiellement.

Contact zone around stories of
ill-gotten objects
The Alter Natives association wanted to mobilize people who are reluctant to visit the museums that preserve them around the issues of the restitution of African objects. The experience is called Contact zone/Objects from elsewhere. It involves young people from the Ile-de-France region entering museum reserves, selecting objects of non-European origin, investigating their biography to find out where they come from and being able to explain their journey to the rest of the population. In this long-term project, anchored in various territories, the restitution of ill-gotten objects is therefore not the main motive. These actions make it possible to test tools to establish another type of relationship with knowledge and to develop a direct relationship with the populations from which these objects come, in their countries of origin, mainly in Africa.

Questionner « l’intelligence » des machines

Questionner « l’intelligence » des machines
La création de « puces synaptiques » qui seraient dotées d’une certaine plasticité ouvre-t-elle la voie à une intelligence artificielle vraiment « intelligente », même si de façon différente des êtres humains ? Ou la nature des avancées de ce type, d’une plasticité à des années lumières de celle du cerveau humain, nous contraignent-elles à beaucoup plus de scepticisme ? Pour la philosophe Catherine Malabou, l’essentiel est de permettre aux deux intelligences, naturelle et artificielle, de s’enrichir l’une l’autre. De ne jamais fermer la voie des possibles, que ce soit par des réflexions philosophiques, des fictions ou des expérimentations.

Questioning the “intelligence” of the machines
Does the creation of “synaptic chips” which would have a certain plasticity open the way to a really “intelligent” artificial intelligence, even if in a different way from human beings? Or do the nature of such advances, from plasticity far away from that of the human brain, force us to be much more skeptical? For the philosopher Catherine Malabou, the main thing is to allow the two intelligences, natural and artificial, to enrich each other, and never to close the path of possibilities, whether by philosophical reflections, fictions or experiments.

Restituer = relier, habiter
La pensée cosmopolite de  Felwine  Sarr

Restituer = relier, habiter
La pensée cosmopolite de Felwine Sarr
On connaît Felwine Sarr pour la publication de son rapport sur les restitutions d’objets d’arts africains, codirigé avec Béatrice Savoy et paru en 2018. On connaît moins son œuvre poétique, fictionnelle et philosophique. Cet article entend resituer sa réflexion sur la restitution dans une pensée plus vaste sur la relation, où l’objet d’art est entendu comme un « passeur de cultures », ainsi que dans une pensée du lieu, éminemment locale et cosmopolite tout à la fois.
 
To restore = to connect, to live
Felwine Sarr’s cosmopolitan thinking
Felwine Sarr is known for the publication of his report on the restitution of African art objects, co-directed with Béatrice Savoy and published in 2018. His poetic, fictional and philosophical work is less well known. This article seeks to place his thinking on restitution within a broader reflection on the relationship, where the art object is understood as a “cultural courier” and in a thought of place, eminently local and cosmopolitan at the same time.

Exploitation sexuelle, violence, pédophilie, pornographie, exhibition, la justice est sommée de se prononcer sur ces atteintes multiples à la loi par des artistes, comme si deux lois entraient de plus en plus souvent en conflit : la loi des tribunaux nationaux, inévitablement convoquée par les tenants d’un certain ordre, et pas seulement moral, d’une part, et […]

Transformations énergétiques sous contrainte écologique forte
L’idée d’une « transition » énergétique, processus pilotable dans un monde relativement stable et anticipable, semble arriver à son terme. Même le GIEC en appelle désormais à des « transformations » énergétiques rapides et radicales. Toutefois, malgré la prise de conscience de l’urgence climatique et de la perte dramatique de biodiversité, qui s’actualise notamment dans une série de manifestations et de luttes, la question du climat est trop rarement articulée à la question de l’énergie. Dans cette Majeure, nous explorons ce que pourraient vouloir dire ces transformations énergétiques et partons à la recherche des bonnes échelles pour agir et des récits pertinents pour inspirer les collectifs.

Energy transformations under strong ecological constraint
The idea of an energy “transition”, a process that can be controlled in a relatively stable and predictable world, seems to be coming to an end. Even the IPCC now calls for fast and radical energy “transformations”. However, despite the awareness of the climatic urgency and the dramatic loss of biodiversity, which is actualized in particular in a series of demonstrations and struggles, the climate issue is too rarely linked to the issue of energy. In this Majeure, we explore what these energetic transformations could mean, as we look for the right scales to take action and narratives that are relevant to inspiring collectives.
Gordon Walker