Tous les articles par Blanc Nathalie

Nue comme une vere. Une fable matérialiste.

Nue comme une vere
Une fable matérialiste
Une vere de terre s’en va faire un tour dans l’espace, histoire de respirer mieux. Fuyant les brutalités terrestres, elle espère trouver asile et une herbe accueillante. Après un temps, elle se sent cependant obligée de rentrer.

Naked as a Sheworm
A Materialist Fable
A sheworm goes strolling in outer space, just to breathe better. Avoiding terrestrial brutalities, she hopes to find asylum and some welcoming grass. After a while, she however feels obliged to come back.

Une urgence pour une autre
L’ère du sursis

Le traitement des étrangers, migrants et demandeurs d’asile met en avant la notion d’urgence qui signifie concrètement mise en attente, à durée indéterminée. Ceux qui ont fui une situation autrement urgente sont soumis à ce qui apparaît une chronopolitique, un jeu sur l’assujettissement par les variations du temps. Les urgences propres aux migrants sont nouvelles par rapport à l’époque des migrations économiques ou contrôlées militairement, et vont augmenter avec le changement climatique. Elles ne coïncident pas nécessairement avec les urgences quantitatives et qualitatives des pays d’accueil.

One Emergency for Another
Towards an Era of Suspended-Sentencing

Our dealings with foreigners, migrants and asylum seekers rely on a feeling of emergency, which concretely translates into making people wait endlessly. Those who had to flee a much more dramatic emergency situation are subjected to a chronopolitical form of domination, based on variations in temporality. The type of emergencies specific to migrants are new compared with the past era of economic or military-controlled migrations, but they will increase as global climate change worsens. The emergencies are not in phase with the quantitative and qualitative emergencies of the hosting countries.

Introduction

Comment, et surtout pourquoi, parler aujourd’hui de « la nature » ? Il est souvent fait comme si le terme était discrédité depuis longtemps, comme si Victor Hugo et Karl Marx avaient été intériorisés, comme s’il y avait toujours de « l’histoire » (des interventions humaines, des rapports sociaux, des luttes politiques) derrière ce qui nous apparaissait comme « naturel ». On […]

Quand la maladie emporte le corps

Quand la maladie emporte le corps

Cette contribution présente un programme d’investigation en cours sur la maladie chronique, son lien au concept de nature et combien sont limités la connaissance, les langages et les vocabulaires la concernant. L’article évoque le manque d’odes à la maladie et de livres qui pourraient mettre en lumière et recréer les fluctuations de cette nature dépourvue de sens. Il éclaire l’invention du diagnostic de la souffrance, sa mesure et son vocabulaire ainsi que sa place dans les interventions sur les blogs et forums. Il discute la rareté d’un monde commun en la matière, qui est de parvenir à parler de la condition humaine et de forcer la solitude de malades qui n’ont pas de mots pour parler de ce qui leur arrive.

When the Disease Carries the Body Away

This contribution presents an ongoing investigation and research program about diseases, their articulation to the concept of nature and how limited the knowledge, languages and vocabularies we develop around them both can be. The intervention addresses the lack of odes to illness and of books written in languages that could invent and re-create nature’s senseless fluctuations. It highlights the invention of pain diagnosis, with specific scales and vocabulary. It questions what happens on blogs & forums.

La protection de l’environnement peut-elle être justifiée par des considérations esthétiques, telles que la beauté des animaux, ou des paysages ? Ou bien doit-elle obéir à une éthique environnementale scientifique ? Ou bien dans l’éthique du care se préoccuper de prendre soin ? Il faut reconnaître la co-appartenance des êtres vivants dans un même cadre matériel, l’entretien de leur solidarité à travers les âges, la nécessité de former des valeurs communes à partir de pratiques différentes. Ces questions sont examinées dans plusieurs cas : le rapport à l’animal de compagnie, l’expérience botanique d’un artiste refusée par un musée comme ne relevant pas de l’art, l’invention de formes écologiques refusées par le public comme technocratiques.

Face-to-Face betweenCity-Dwellers and Nature
Can environmental protection be based on esthetic considerations, such as the beauty of animals or landscapes? Or should it be grounded in scientific environmental ethics, or in an ethics of care? The crucial point is to acknowledge the co-belonging of many living beings within a single material environment, to maintain solidarity among generations, and to elaborate common values generated from a diversity of practices. Such principles are observed on three cases: urban relations to pets, an artistic experiment in botanic rejected by a museum as non-artistic, the invention of ecological forms rejected by the public as technocratic.

Blanc Nathalie

Directrice du Laboratoire LADYSS (UMR 7533 CNRS) à l’Université Paris Diderot-Paris 7. Son apport à la recherche concerne le thème de la nature en ville et de l’esthétique environnementale, avec des ouvrages tels Les animaux et la ville, O. Jacob, 2000 ; Vers une esthétique environnementale, Quae, 2008 ; Nouvelles esthétiques urbaines, Colin, 2012, en 2010, Ecoplasties. Art et environnement avec Julie Ramos aux éditions Manuella. En 2015, deux ouvrages sont en cours de publication : Les formes de l’environnement. Manifeste pour une esthétique politique aux éditions MétisPresse ainsi que l’ouvrage Form, art, and environment : engaging in sustainability aux éditions Routledge.