Ourgroup The Making of(f)

Sept étapes qui font d’un vide une ville

Full Method Jacket

Face au désir de changement, on peut être révolutionnaire, idéaliste, réformiste, analytique, réactionnaire, conservateur, immobiliste ou polémique… Notre désir de changement est méthodique. Notre approche est une démarche dubitative, elle ordonne une série d’étapes qui questionnent
et mettent en danger les réflexes et les habitudes qui régissent une idée. La méthode organise le doute pour le rendre efficace et qualifier le changement. Elle se positionne face aux mécanismes conventionnels,
figés ou subis. Ce projet n’a donc pour ainsi dire pas de convictions préalables,
ni d’hypothèse propre, mais pour seul et unique objectif de proposer une idée alternative sur l’objet qu’il interroge.
Pour rendre notre méthode effective nous avons établi un ensemble de cinq points que vous trouverez détaillés p. 201. Au travers d’elle, notre approche est élémentariste,
dans le sens où le projet porte sur chacun des éléments constitutifs d’un objet et non pas sur sa logique d’ensemble.
Pour chacun d’eux, elle commence par les comprendre en dressant le catalogue exhaustif de ce qu’il sont ou ont pu être. Ensuite, la méthode applique sur chacun des éléments un postulat rasa : cette étape décisive cherche à retirer le postulat qui fait de l’objet ce qu’il est pour en proposer
un nouveau. Il assure ainsi un déplacement
inédit depuis un postulat existant vers un autre, sans forcement faire table rase du précédent.
Icônes

Dix travaux qui font d’une ville une ville

Method x5pts

Sans transition, notre méthode en cinq points.

Rebel Whithout a ca(u)se: Just for the sake of it
S’engager à produire de la nouveauté, avant toute chose, toutes disciplines confondues. Être prêt à mettre en danger les objets interrogés. Pour The Making Of(f) la méthode s’applique sur la manière de faire la ville.

Eyes wide shot: See Trought everything
Cerner les limites de la discipline concernée, c’est-à-dire toutes les considérer. Ne pas emprunter de mécanisme de pensée à une autre discipline. Pour ce travail sur la ville, nous n’avons fait appel à aucune discipline extérieure comme la sociologie, la philosophie, l’économie, ni la pédagogie ou la chirurgie… C’est un projet de ville sur la ville.

Mutual Suspect:A tornado Upon the object
Isoler chacun des éléments constituants de l’objet d’étude. Les installer sur un même plan d’équivalence. Les sept étapes faisant d’un vide une ville et les neuf travaux faisant d’une ville une ville ont préalablement été distingués sans hiérarchie comme autant d’éléments autonomes.

Match me if you can: Requiem for a Team
Regrouper ces éléments les uns avec les autres au regard de leurs qualités propres, et non pas autours d’un dénominateur commun dans un ensemble ou une série. Ils sont sélectionnés et font équipe. La gare est une infrastructure, les centres une installation,le parc un espace public… Pourtant tous ces travaux de nature différente sont sur un même plan d’équivalence. Ils ne forment pas un ensemble mais une équipe d’éléments qui s’accordent vers un but commun : qualifierla ville au-delà d’une simple congestion.

Ever say Never Again: Postula Rasa
Retirer le postulat qui sous-tend chacun des éléments de l’équipe pour en proposer un nouveau. Il ne s’agit pas de faire table rase, ni de rejeter de manière définitive les postulats préexistants, mais d’en proposer un premier, un suivant, un autre, un prochainou un dernier. Il y a une manipulation des postulats de chacune des étapes qui font la ville. Pour la fondation par exemple, nous avons remplacé la notion de limite par celle d’extrémité. Suite p. 209, le seul postulat que notre méthode ne remet pas en cause…

The Good, the Bad and the Idea

The Good,
the Bad and the Idea
Notre méthode est un procédé visant à provoquer du nouveau : nous l’avons formulé pour aller vers de nouvelles idées sur les champs qu’elle interroge. Paradoxalement, une méthode ne fabrique pas d’idées, elle les organise. L’idée devient alors le seul postulat
dont on ne peut pas faire table rase. Notre méthode est capable de pointer les éléments sur lesquels poser un nouveau postulat, mais elle n’est pas en mesure d’en émettre par elle-même. Elle a pour unique rôle d’orienter une idée vers son (re)nouveau. Il est alors nécessaire de chercher à comprendre les relations qui existent entre méthode, idée et nouveauté, pour rendre notre démarche effective.

Donner forme à un postulat, c’est l’idée. La méthode renouvelle les idées en proposant un nouveau postulat : elle se positionne par rapport à ce dernier, pour ensuite le manipuler et en proposer un nouveau. Elle donne ainsi une direction depuis le postulat existant vers un autre, sans forcement faire table rase des précédents. Ainsi, la méthode doit s’efforcer de comprendre la véritable nature de la nouveauté, surtout aujourd’hui où le désir de nouveau semble une obsession, une norme garantissant une qualité.

Il faut pourtant aller plus loin et comprendre
le mot nouveau, non pas comme une revendication ou un label de qualité. Au-delà de tout jugement de valeur, la nouveauté est la qualification du changement, la nature du passage d’un état vers un autre, le déplacement par lequel la nouvelle idée apparaît. La nouveauté n’existe donc pas mais se décline sous autant de formes aussi différentes qu’une séquence chronologique, une relation ordinale, une suite ou une alternative dans le passage d’une entité vers une autre. Nous comprenons donc la nouveauté de l’idée en tant que renouvellement de son postulat, qui en fait non pas une nouvelle idée, mais la première idée, la suivante, la prochaine, l’autre, ou la dernière.