La « civilisation écologique » contrôlée par le numérique en Chine

La Chine du XXIe siècle fascine autant qu’elle effraie. Pour certains commentateurs, sa montée en puissance sur la scène internationale risque de verrouiller la trajectoire du monde vers une inexorable fuite en avant technologique, c’est-à-dire à plus ou moins longue échéance, vers un effondrement écologique. Pour d’autres, au contraire, son émergence sur la scène politique et économique globale est susceptible d’entraîner une transition écologique à l’échelle planétaire1. D’où l’intérêt de se pencher de plus près sur le rapport qu’entretiennent les élites politiques chinoises à l’écologie.

Représentant près de 20 % de la population mondiale, la Chine est, depuis 2007, le plus gros émetteur de CO2 de la planète et son empreinte écologique sur le système Terre est désormais considérable. Si elle est devenue un des premiers contributeurs de l’accélération des dérèglements écologiques globaux des dernières décennies, elle en est aussi une des premières victimes : perturbation climatique, destruction du couvert forestier, érosion des terres arables, pollution des eaux, des sols et de l’atmosphère, etc2.

La montée des préoccupations écologiques

Durant les deux dernières décennies, le pays a connu une succession de catastrophes sanitaires et environnementales qui ont profondément choqué l’opinion publique3. Ces évènements dramatiques, directement liés à l’intensification de la pollution industrielle et urbaine, ont suscité d’importantes contestations politiques que le gouvernement central a été obligé de prendre en compte4. Pour ce dernier, la situation est d’autant plus préoccupante, que ce sont prioritairement les classes moyennes urbaines, grandes bénéficiaires de la politique de croissance et d’ouverture du Parti Communiste Chinois (PCC), qui se mobilisent sur les enjeux écologiques5. Les citadins chinois se montrent de plus en plus préoccupés par les problèmes de pollution et réclament plus de transparence dans la vie publique du pays.

Les épisodes d’« airpocalyspe » de l’hiver 2013 ont d’ailleurs cristallisé les mécontentements du public vis-à-vis du gouvernement face à son incapacité à enrayer les problèmes de pollution atmosphérique dans les grandes villes du pays6. Ces événements ont mis en évidence la difficulté qu’avaient les autorités publiques à concilier développement économique et protection de l’environnement.

Ces dernières années ont ainsi été marquées par une médiatisation et une politisation croissante des questions environnementales dans les journaux et réseaux sociaux chinois, poussant le gouvernement central à agir avec plus de fermeté sur la lutte contre la pollution. La maîtrise des risques socio-économiques associés aux désastres écologiques affectant le territoire chinois est devenue un des enjeux majeurs de la stabilité politique du pays7.

Conscient que sa légitimité politique était en jeu, le PCC a officiellement érigé la protection de l’environnement et la transition écologique de son modèle de développement au rang des priorités politiques nationales. Dans cette optique, le PCC fait depuis quelques années la promotion du concept de « civilisation écologique » (shengtai wenming Éú̬ÎÄ) comme une alternative théorique et pratique au concept international de développement durable. Introduit dans les discours officiels du Parti par Hu Jintao en 2007 lors du XVIIème congrès du PCC, ce concept est rapidement devenu un des slogans politiques phares de la rhétorique verte du pouvoir communiste chinois8.

La civilisation écologique a été promue au rang des « objectifs primordiaux » du pays en 2012. L’année suivante le PCC s’est doté d’un « Groupe de travail pour la promotion du développement économique et la civilisation écologique ». Puis, en 2015, le Conseil d’État a publié deux documents officiels détaillant les politiques et approches pratiques que recouvrait ce concept. Plus récemment, durant le xixe congrès du PCC en 2018, Xi Jinping a fait de la civilisation écologique un principe constitutionnel.

Pour cet article, il nous a paru intéressant d’analyser l’évolution des différents discours et systèmes narratifs sur la civilisation écologique en Chine. Nous nous intéresserons d’abord aux fondements théoriques de ce concept, pour étudier ensuite sa portée performative.

De la « catastrophe écologique »
à la « civilisation écologique »

Apparu en Union Soviétique à la fin des années 1980 peu de temps après la parution du rapport Brundtland sur le développement durable, la notion de « civilisation écologique » a été introduite au sein des milieux académiques chinois par l’intermédiaire de l’économiste agricole Ye Qianji (1909-2017). Ye présenta pour la première fois ce concept à ses pairs, en 1987, lors d’une conférence nationale sur l’agroécologie à Pékin. Durant toute sa carrière, Ye n’a eu de cesse de mettre en avant la nécessité de changer de modèle de développement pour éviter une destruction irréversible des écosystèmes naturels à l’échelle de la planète.

En 1999, alors âgé de 90 ans, Ye présenta sa théorie sur la « catastrophe écologique » en cours, lors de la conférence scientifique de Xiangshan à Pékin. Durant cette conférence, il alerta les participants sur les bouleversements radicaux du système Terre qui étaient en cours, insistant sur le fait que les activités humaines étaient à l’origine de cette grande « catastrophe écologique » planétaire. Il insista sur les menaces que représentaient les dérèglements de l’écosystème mondial pour la survie de l’humanité, mettant en avant la nécessité d’entamer une grande transition vers une « civilisation écologique9 ». Pour Ye cette transition devait s’appuyer sur la philosophie environnementale et l’écologie pour construire d’autres systèmes de valeurs et de représentations du monde plus critiques de la modernité techno-industrielle et moins anthropocentrés10.

La portée des travaux de Ye sur la civilisation écologique resta, dans un premier temps, restreinte à des petits cercles d’intellectuels chinois sensibles à l’éthique environnementale. Comme le montrent les travaux de Coraline Goron11, le nombre d’articles universitaires chinois, toutes disciplines confondues, évoquant le concept de civilisation écologique est resté limité jusqu’au milieu des années 2000, c’est-à-dire jusqu’à son introduction dans la rhétorique officielle du PCC. Après cette date, le nombre de publications scientifiques chinoises portant sur la civilisation écologique a significativement augmenté pour exploser après 2013.

Ce sont d’abord les courants éco-marxistes et éco-socialistes de la nouvelle gauche chinoise qui se sont saisi de ce concept. Les discussions intellectuelles et politiques sur la civilisation écologique ont dans un premier temps intégré une dimension critique à l’égard du libéralisme économique, des valeurs de la société industrielle et des injustices environnementales. Mais leur portée transformatrice et critique a rapidement été gommée suite à la crise financière mondiale de 2008.

À cet égard, il est intéressant de rappeler que Pan Yue, un des premiers hommes politiques chinois, proche de la nouvelle gauche, à avoir œuvré à l’intégration du concept de civilisation écologique dans la rhétorique officielle de PCC, a été réduit au silence à la fin des années 2000, après avoir ouvertement défendu des activistes environnementaux se mobilisant contre la construction d’une usine de paraxylène à Xiamen durant l’année 2007. Il était alors directeur de l’Agence Nationale de Protection de l’Environnement sous l’administration de Hu Jintao, et considéré comme une des étoiles montantes du PCC. Si ses prises de position, particulièrement progressistes car favorables à l’intégration des acteurs de la société civile dans la gouvernance environnementale du pays, ont contribué à la politisation des questions environnementales en Chine, cela l’a également condamné à la marginalité politique.

Après 2008, dans un contexte d’incertitudes croissantes quant aux conséquences nationales de la récession économique mondiale, le PCC fit fermer une des principales revues scientifiques de la nouvelle gauche, et les références à l’éco-socialisme furent gommées des discours officiels sur la civilisation écologique. À partir de cette période, les contributions théoriques des intellectuels chinois progressistes au récit de la civilisation écologique diminuèrent12, alors que les plus hauts cadres du Parti se saisirent du concept pour en faire un slogan phare de leur rhétorique environnementaliste.

Ainsi, l’appropriation de ce concept par les élites du Parti a eu tendance à limiter considérablement son pouvoir discursif, entravant la possibilité d’aborder de manière critique les questions du capitalisme, de la modernité industrielle ou de la démocratie. La notion de civilisation écologique a été vidée de sa substance critique pour être instrumentalisée au service de la propagande d’État13. Les discours officiels et articles récents sur la civilisation écologique se sont bien éloignés des travaux de Ye Qianji et de ses mises en garde sur la grande « catastrophe écologique » planétaire en cours, se contentant de répéter la ligne officielle du Parti sur la croissance verte et la décarbonation de l’économie. Par ailleurs, les chercheurs chinois appartenant au courant éco-socialiste de la nouvelle gauche qui, comme Wang Hui, continuent de publier des articles sur la civilisation écologique, ont désormais une influence très limitée sur la sphère politique chinoise.

Développement vert, éco-innovation
et gouvernance informationnelle

Après avoir ostracisé les personnalités politiques et les intellectuels les plus critiques et progressistes, le PCC, en particulier depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2013, s’est mis à faire la promotion d’un modèle top-down de transition vers la civilisation écologique, reposant sur une approche moderniste, quantitative, techniciste et répressive des questions écologiques. Il s’agit pour le Parti de s’appuyer sur les progrès techniques et la croissance verte pour faire face aux défis environnementaux et renforcer le contrôle de l’application des lois environnementales. Le « développement vert aux caractéristiques chinoises » que le gouvernement de Xi Jinping cherche à promouvoir s’inscrit dans une continuité vers le progrès, comme une nouvelle étape du développement civilisationnel de la Chine. Cette vision du développement repose sur une gestion systématique et scientifique, par le gouvernement central, des relations entre nature et société.

Xi Jinping a ainsi produit et diffusé à tous les échelons de la société un discours triomphant sur le renouveau écologique de la Chine devant être piloté par le Parti, grâce aux progrès réalisés en matière d’« éco-innovation ». Cette notion, au cœur des discours officiels sur la civilisation écologique, concerne à la fois la dimension technologique du progrès, mais aussi sa dimension politique et sociétale14.

Afin de promouvoir l’éco-innovation en politique, les autorités font la part belle aux nouveaux systèmes de gouvernance de l’environnement par l’information, qu’elles expérimentent depuis quelques années15. Il s’agit à la fois de renforcer les capacités techniques de surveillance et de contrôle des agences nationales16, mais également d’encourager le public et les lanceurs d’alerte à dénoncer, via des plateformes numériques, les comportements « frauduleux » des entreprises et gouvernements locaux portant atteinte à l’environnement17. Ce faisant, le pouvoir cherche à contrôler et canaliser le mécontentement de la population et à l’orienter contre les potentats locaux, afin que les contestations populaires ne viennent pas remettre en cause la légitimité du gouvernement central.

L’importance stratégique de la gouvernance informationnelle dans le projet de civilisation écologique du PCC conforte, en outre, le rôle prééminent de la sphère numérique dans l’économie politique chinoise. Il s’agit de mettre les progrès réalisés par les entreprises, en termes de captation et d’analyse des données ainsi que dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA), au service de la « modernisation écologique » du pays.

À ce propos, il est intéressant de noter que le gouvernement cherche à rendre opérationnels de nouveaux indicateurs de développement, comme le PIB vert 2.0, reposant sur des méthodes de calcul basées sur les big data environnementales. Ce projet est conçu comme une solution pratique pour améliorer la protection de l’environnement et rationaliser l’utilisation des ressources naturelles à l’aide de données considérées comme scientifiques et objectives.

Cela implique de surveiller, quantifier et contrôler l’ensemble des activités humaines et de leurs impacts sur les ressources terrestres, forestières, minérales, énergétiques et hydriques du pays. Il s’agit d’évaluer la quantité de ressources consommées par les activités économiques ainsi que les dommages environnementaux engendrés par le développement industriel et urbain afin de les intégrer dans le système de calcul du PIB. Ce projet de croissance verte et transparente nécessite donc d’équiper l’ensemble du territoire avec des outils numériques permettant de capter des données sur l’empreinte écologique des activités humaines et de les centraliser dans une plateforme unique contrôlée par les autorités centrales.

Écocités, surveillance et autoritarisme vert

Conformément aux discours du PCC, la construction d’une civilisation écologique ne peut passer que par un renforcement de la centralité du pouvoir et de ses capacités coercitives18. Dans cette perspective, le projet de PIB vert 2.0 représente, pour le gouvernement de Xi Jinping, un outil idéal pour mettre en œuvre son rêve de renouveau écologique et de « développement vert aux caractéristiques chinoises ». À travers ce nouveau système de comptabilité verte, le gouvernement espère pouvoir optimiser le contrôle des lois environnementales (S.Weigelin-Schwiedrzik, 2018), s’appuyant sur les progrès de ses entreprises dans le cyberespace pour surveiller l’ensemble de la population et automatiser les sanctions en cas de non-respect des règles, grâce à des algorithmes paramétrés par les autorités centrales. Notons que la Chinese Academy of Cyberspace Studies, un think tank récemment créé par Xi Jinping afin de conseiller le pouvoir sur les questions de cybergouvernance, est mobilisée par le pouvoir pour travailler sur les « big data » environnementales afin de les rendre politiquement opérationnelles19.

Le PCC cherche ainsi à mettre en place, sur l’ensemble du territoire, des dispositifs numériques d’évaluation, en temps réel, des performances environnementales des entreprises, des cadres de l’administration, mais aussi des citoyens, pour favoriser des modes de vie plus « verts20 ».

C’est pourquoi, comme l’indique la chercheure Suzanne Weigelin-Schwiedrzik, la comptabilité du PIB vert 2.0 devra à terme inclure « des données sur la manière dont les individus utilisent des ressources rares telles que l’eau et l’énergie, traitent leurs déchets et prennent soin de leur santé en mangeant ce qu’ils sont censés manger ». Chaque citoyen devra être surveillé dans son environnement privé, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, de manière à s’assurer que son comportement reste bien conforme aux règles de vie fixées par le PCC.21 »

Le projet de civilisation écologique du Parti est donc porteur d’une « idéologie normative » visant à influencer l’attitude morale et le mode de vie des citoyens22. En cela, il s’inscrit en parfaite cohérence avec le système de crédit social que le gouvernement expérimente depuis 2014, permettant d’influencer le comportement des acteurs et de modifier leur relation avec l’écosystème via des outils numériques de contrôle social.

Conférant aux systèmes de traitement de données massives un pouvoir normatif considérable, la civilisation écologique rentre également en résonance avec les projets d’éco-cités vertes et intelligentes qui se développent sur l’ensemble du territoire chinois. Ces projets de villes connectées reposent sur la mise en données des individus et du milieu comme processus d’organisation politique des écosystèmes urbains et impliquent une surveillance et un contrôle accru des citadins au nom d’un cadre de vie plus sain et plus écologique.

Étant des lieux d’innovation sociale, technologique, politique et culturelle, les villes constituent des espaces d’expérimentation privilégiés pour les nouveaux outils de gouvernance informationnelle que le gouvernement met en place. Le dernier plan quinquennal chinois met d’ailleurs l’accent sur « l’optimisation des structures spatiales nationales comme véhicule essentiel à la construction de la civilisation écologique23 ». Ces dernières années, le concept d’« éco-urbanisation » tend à s’imposer comme le paradigme dominant dans les récits sur le développement urbain du pays24. Ce concept, considéré comme scientifique et rationnel, implique d’intégrer aux politiques de planification urbaine des dispositifs de contrôle panoptique des écosystèmes permettant de standardiser les comportements humains afin de les rendre plus « écologiques ».

Ainsi, derrière les discours officiels sur la civilisation écologique, se dessine un nouveau modèle d’« autoritarisme vert25 », dont les modes de gouvernance reposent sur l’extension des mécanismes de surveillance et de contrôle de la population. Dans cette perspective, les « éco-cités intelligentes » représentent, pour le gouvernement, de parfaits laboratoires d’expérimentation de cette « biopolitique verte 2.0 ». Notons que la Chine devrait compter près d’un milliard d’urbains d’ici 2030, soit 70 % du total de sa population26. La civilisation écologique du PCC sera donc résolument urbaine et panoptique.

Si la diffusion de l’effondrisme dans les démocraties libérales européennes repose sur la circulation de connaissances à grande échelle sur la crise écologique, il semble que la Chine soit en train de prendre le contre-pied de ce modèle de diffusion de l’information, au moment même où le développement de l’internet sur son territoire pouvait laisser espérer une plus grande participation de la société civile dans la gouvernance environnementale du pays. Les mesures de pilotage numérique des conduites mises en place par le gouvernement de Xi Jinping risquent de confisquer les savoirs globaux uniquement au niveau du gouvernement central et des géants chinois du Web (les BATX), en ne laissant connaître aux citoyens ordinaires, aux gouvernements locaux, et aux petites entreprises que les évaluations/incitations qui les disciplinent27.

C’est une façon aussi d’éluder la question posée aux démocraties : sauraient-elles assurer la cohésion face à des perturbations matérielles ? Là, il semblerait qu’émerge en Chine une réponse non-démocratique qui laisse à penser que, tant qu’on peut entretenir l’infrastructure numérique, on peut atténuer les dégradations et amortir les chocs en disciplinant les populations, depuis une coordination centralisée.

1 Spangenberg, J. H. (2014). China in the anthropocene: Culprit, victim or last best hope for a global ecological civilisation? BioRisk: Biodiversity & Ecosystem Risk Assessment, (9).

2 Wu, F., & Edmonds, R. (2017). China’s Three-Fold Environmental Degradation. Environmental Degradation” in Critical Issues in Contemporary China, 2nd edition, edited by Czeslaw Tubilewicz, Routledge

3 Huchet, J. F. (2016). La crise environnementale en Chine : évolutions et limites des politiques publiques. Presses de Sciences Po.

4 Salmon, N. (2016). Les journalistes chinois engagés dans le domaine de l’environnement : les équilibres de la critique entre acceptation et refus du politique (Doctoral dissertation, Sorbonne Paris Cité).

5 Hulme, A. (2018). Greening the Chinese city: young people, environmental activism and ChinaNet. In Chinese Urbanism (pp. 90-101). Routledge

6 Huchet, J. F. (2016). La crise environnementale en Chine : évolutions et limites des politiques publiques. Presses de Sciences Po.

7 Ibid.

8 C. Goron, (2018). Ecological Civilization and the Political Limits of a Chinese Concept of Sustainability. Perspectives chinoises, 2018(4), 25-38.

9 Y. E. Qian-ji, (2006). Catastrophic Phenomena in the Global Environmental Ecological System and ahe Theory of Ecological Catastrophism [J]. Journal of Southwest Agricultural University (Social Science Edition).

10 M. Marinelli, (2018). How to Build a « Beautiful China » in the Anthropocene. The Political Discourse and the Intellectual Debate on Ecological Civilization. Journal of Chinese Political Science, 1-22.

11 C. Goron, (2018). Ecological Civilization and the Political Limits of a Chinese Concept of Sustainability. Perspectives chinoises, 2018(4), 25-38.

12 Ibid.

13 Ibid.

14 S. Geall, & A. Ely, (2018). Narratives and Pathways towards an Ecological Civilization in Contemporary China. The China Quarterly, 236, 1175-1196.

15 Y. Tan, (2014). Transparency without Democracy: The Unexpected Effects of China’s Environmental Disclosure Policy. Governance, 27(1), 37-62

16 Xi Jinping, 19th Communist Party Congress speech on October 18, 2017 relating to Ecological and Environmental Protection

17 L. Zhang, A. P. Mol & G. He, (2016). Transparency and information disclosure in China’s environmental governance. Current Opinion in Environmental Sustainability, 18, 17-24.

18 C. Goron, (2018). Ecological Civilization and the Political Limits of a Chinese Concept of Sustainability. Perspectives chinoises, 2018(4), 25-38.

19 Interview avec le Vice President de la Chinese Academy of Cyberspace Studies, Paris, juin 2018

20 S. Weigelin-Schwiedrzik, (2018). Doing things with numbers: Chinese approaches to the Anthropocene. International Communication of Chinese Culture, 1-21.

21 Ibid.

22 H. Y. Dam, & S. S. di Vettimo. Entre réconciliation avec la nature et « civilisation écologique », (2018). In Penser l’anthropocène. Presses de Sciences Po.

23 C. P. Pow, (2018). Building a harmonious society through greening: Ecological civilization and aesthetic governmentality in China. Annals of the American Association of Geographers, 108(3), 864-883.

24 J. C. Chen, (2017). Social-environmental dilemmas of planning an ‘ecological civilisation’in China. In The Routledge Companion to Planning in the Global South (pp. 180-191). Routledge.

25 B. Gilley, (2012). Authoritarian environmentalism and China’s response to climate change. Environmental Politics, 21(2), 287-307

26 McKinsey Global Institute, Preparing for China’s urban billion – Executive Summary – March 2009

27 M. Meissner, & J. Wübbeke, (2016). IT-backed Authoritarianism: Information Technology Enhances Central Authority and Control Capacity under Xi Jinping. China’s Core Executive: Leadership styles, structures and processes under Xi Jinping, 52-57

Élodie René

est doctorante à l’Université de Northampton. Elle s’intéresse, dans le cadre de ses recherches, aux politiques de transition écologique en Chine, en Europe et en Afrique de l’Est. Précédemment, elle exerçait des activités de conseil en intelligence économique sur l’internationalisation des entreprises chinoises de télécommunication. Elle a vécu plusieurs années à Pékin et Shanghai et a travaillé au département Relations Publiques de l’équipementier telecom chinois Huawei.