84. Multitudes 84. Automne 2021
Majeure 84. Lignes décoloniales

Le féminisme décolonial en Abya Yala

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Le féminisme décolonial en Abya Yala
Les rapports sociaux de race, de genre, de sexe sont inextricablement mêlés : telle est une idée centrale du féminisme décolonial tel qu’il se déploie depuis Abya Yala, du nom que le peuple kuna donnait au continent américain. L’article situe l’importance de renommer les femmes et féministes d’origine autochtone, une manière de défaire les discours coloniaux (parfois tenus par des universitaires féministes) sur les pratiques de genre avant la colonialité/modernité. Ochy Curiel illustre cette idée à partir de l’expérience du GLEFAS (Groupe latino-américain de formation et d’action féministe) : le décolonial n’y est pas seulement une critique du savoir académique, il est profondément ancré dans des pratiques autogestionnaires de luttes anticapitalistes, dans le lesbianisme politique, dans la rue, dans les associations, dans les organisations communautaires.

Decolonial Feminism in Abya Yala
Social relations of race, gender, and sex are inextricably intertwined : this is a central idea of decolonial feminism as it has unfolded from Abya Yala, the name the Kuna people gave to the American continent. The article locates the importance of celebrating women and feminists of indigenous origin, a way of undoing colonial discourses (sometimes held by feminist scholars) on gender practices before coloniality/modernity. Ochy Curiel illustrates this idea from the experience of GLEFAS (Grupo Latinoamericano de Estudio, Formación y Acción Feminista) : the decolonial is not only a critique of academic knowledge, it is deeply rooted in autonomous practices characteristic of anti-capitalist struggles, in political lesbianism, in the street, in associations, in grass-root organizations.