99. Multitudes 99. Eté 2025
Majeure 99. Dettes et bifurcations écologiques

La Part Solaire : une redéfinition écologique de la valeur

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Cette publication a bénéficié d’un financement du projet NesT du programme MSCA-RISE selon le grant agreement No 101007915.
This project has received funding from the MSCA-RISE programme under grant agreement No 101007915

 

 

 

Loin d’être un simple enjeu technique, la question de la valeur est un champ de lutte symbolique, politique et énergétique. Une économie abstraite, financiarisée, détachée de ses conditions matérielles, organise la capture de l’énergie vivante au profit d’une minorité et au détriment de l’habitabilité commune. Cette proposition entend rouvrir l’espace d’une redéfinition écologique, sensible et cosmopolitique de ce que nous appelons « valeur ».

Notre époque bute sur un blocage structurel : une certaine définition de « l’économique » arrime nos manières de concevoir, de calculer et de générer « de la valeur » à des comportements individuels et collectifs qui sapent l’habitabilité de nos milieux de vie1. La proposition de réencastrer l’économique dans l’écologique n’est pourtant pas nouvelle : de Karl Marx et Vladimir Vernadsky à Nicholas Georgescu-Roegen et René Passet, puis à l’avalanche d’alertes depuis les années 1970, l’effort pour ramener l’infinie diversité des économies humaines à quelques processus métaboliques fondamentaux a été à la fois incessamment répété et constamment ignoré. D’innombrables commissions se sont mises en place pour imaginer, et parfois formaliser, des alternatives à l’indicateur macro-économique actuellement dominant, le Produit Intérieur Brut (PIB) et sa croissance, publiant des analyses, des rapports et des outils comptables soulignant à la fois l’aberration de nos indicateurs actuels, le besoin d’en changer et quelques options d’amélioration.

Mais à l’évidence ce travail intellectuel ne suffit pas. Le cours du monde économique, emporté par son inertie, ses rapports de pouvoir et ses intérêts, ne déviera pas sans une transformation culturelle profonde. Avant d’être économique ou politique, le blocage est perceptif : nos catégories de pensée doivent être ajustées à notre puissance inédite d’affecter le monde. Alors que les signaux d’alerte environnementaux déclenchent plus souvent le déni que l’action, cette transformation passe par la diffusion de principes fondamentaux accessibles au-delà des cercles d’économistes hétérodoxes.

C’est dans cet esprit que s’inscrit le travail artistique mené dans le cadre du projet La Part Solaire. Présenté ailleurs sous forme d’installations (notamment à travers une série d’assiettes en céramique), il prend ici la forme de propositions esquissant un cadre alternatif pour refonder l’estimation de la valeur économique sur une base énergétique et écologique.

 

1. Les conceptions non-substantielles de la valeur s’avèrent aujourd’hui insuffisantes.

Le bon sens commun suppose, non sans raison, que nous reconnaissons une certaine valeur à certaines choses parce qu’elles ont une valeur en soi, parce qu’elles sont bonnes. Toute une tradition philosophique – de Spinoza à André Orléan, en passant par Nietzsche – a renversé cette évidence, en suggérant que nous jugeons bonnes les choses ou les expériences que nous valorisons, ce qui est également vrai. Depuis la fin du XIXe siècle, les théories économiques dominantes (marginalistes, « néo-classiques ») ont renoncé à chercher une fondation substantielle à la notion de valeur — contrairement aux doctrines « classiques » et à la pensée marxiste, qui situaient ce fondement dans le travail humain.

Toutes les réflexions montrant la dimension erratique des valorisations humaines, comme toutes les analyses de la finance récusant une distinction tranchée entre la « spéculation » d’un côté et « l’économie réelle » de l’autre, nous semblent importantes, justes et éclairantes. On peut résumer ces approches par le terme de « perspectivisme » : les mêmes objets peuvent recevoir des valorisations drastiquement différentes (voire contradictoires entre elles) selon les perspectives (cognitives, pratiques, politiques) à partir desquelles elles sont envisagées – et rien ne dit a priori que toutes ces perspectives doivent être compatibles entre elles.

L’aspiration à identifier des limites à cet erratisme et à ce perspectivisme – et donc à trouver quelque chose qui pourrait ressembler à un fondement « objectif » de nos valorisations – ne nous semble pas pour autant ridicule ni injustifié. Une population qui valorise la vente à court terme de ses récoltes au-dessus de la dégradation de ses sols et de l’extermination de ses pollinisateurs commet une errance insoutenable à moyen et long termes. Au sein de la perspective partagée du fait d’une dépendance alimentaire commune de cette population envers les produits de son agriculture, la valeur toujours quelque peu relative de l’usage des pesticides finit par buter sur une limite absolue. C’est au niveau de la reconnaissance de telles limites écologiques absolues au sein d’une théorie perspectiviste de la valeur que s’inscrit notre proposition.

3. La métabolisation terrestre de l’énergie solaire peut et doit servir de cadre à une conception de la valeur imbriquée dans une soutenabilité forte.

Les métabolismes qui soutiennent les formes de vie végétale, animale et humaine reposent sur trois grandes sources d’énergie à l’échelle planétaire, parmi lesquelles l’énergie solaire occupe une place prépondérante. Bien que la chaleur endogène de la Terre, les mouvements de marée liés à l’attraction lunaire, les flux atmosphériques ou l’énergie issue de la fission nucléaire constituent des apports énergétiques significatifs, c’est l’énergie captée par photosynthèse qui demeure à la base des chaînes alimentaires, des cycles biogéochimiques et de nombreuses activités humaines – de la cueillette à l’agriculture, de la cuisson au chauffage, de la pêche à la construction2, en passant par l’exploitation des ressources fossiles elles-mêmes, issues d’une photosynthèse passée.

Prendre au sérieux cette métabolisation terrestre de l’énergie solaire comme point d’ancrage permet de repenser le concept de soutenabilité à partir des processus bioénergétiques dont dépendent les systèmes vivants. C’est dans cette perspective que nous proposons d’explorer des représentations économiques hétérodoxes, non plus abstraites et monétarisées, mais fondées sur la matérialité des cycles énergétiques planétaires, comme leviers de réorientation de politiques aujourd’hui structurellement déraisonnables.

À l’échelle des temps humains, la matière géologique est limitée, son extraction est irréversible, et son recyclage très partiel3. Dans ce contexte, seul le réseau de matière-énergie alimenté directement ou indirectement par le rayonnement solaire peut être considéré comme soutenable — au sens fort du terme, c’est-à-dire compatible avec la régénération des conditions d’habitabilité des milieux de vie.

Plus l’économie se financiarise, plus elle se dissocie de sa base bioénergétique réelle. En découle une illusion de richesse déconnectée de la destruction physique du monde vivant. Le PIB croît même quand les forêts brûlent, que les pollinisateurs disparaissent ou que les assurances climatiques explosent. Le changement de référentiel proposé ici ne se limite donc pas à une nouvelle métrique : il appelle une refondation épistémologique et politique de nos instruments de mesure.

4. Une redéfinition de la notion de valeur peut se référer à une quantité d’énergie solaire métabolisée par la photosynthèse.

Repenser les interactions économiques à partir de l’étude des flux d’énergie commence par la reconnaissance du Soleil comme source primaire d’énergie sur Terre. Cette idée traverse de nombreuses traditions culturelles, scientifiques et philosophiques. Dès les années 1920, Vladimir Vernadsky soulignait que « la biosphère est tout autant, sinon davantage, la création du Soleil que la manifestation de processus terrestres. Les anciennes traditions religieuses qui considéraient les créatures terrestres, en particulier les humains, comme des “enfants du soleil” étaient bien plus proches de la vérité que celles qui les voyaient comme des créations éphémères4. »

Des approches similaires ont mis en évidence la manière dont les flux et stocks d’énergie solaire – captés par la photosynthèse terrestre et océanique – alimentent les systèmes planétaires et constituent la base des chaînes trophiques, conditionnant nos existences sur les plans tant économiques qu’écologiques. « La Terre est une batterie chimique où, au cours de l’évolution, des milliards de tonnes de biomasse vivante ont été stockées dans les forêts, les écosystèmes et les combustibles fossiles. Au cours des dernières centaines d’années, l’humanité a extrait l’énergie exploitable de ces combustibles vivants et fossiles pour construire l’économie moderne »5.

C’est sur cette base que peuvent se développer de nouveaux instruments économiques, capables de mieux évaluer, modéliser et orienter les activités humaines dans les limites des capacités de régénération du système terrestre. En intégrant la matière-énergie d’origine solaire – métabolisée par les organismes vivants – comme unité de référence, il devient possible d’esquisser une économie réellement adossée à la soutenabilité bio-physique des milieux de vie.

5. Le défi écologique consiste à dépasser l’économie restreinte du photovoltaïque pour penser une économie générale de la photosynthèse.

Si l’on parle abondamment d’énergie solaire depuis plusieurs décennies – comme en témoigne l’iconique épisode des panneaux solaires installés par Jimmy Carter sur le toit de la Maison Blanche, puis démontés par Ronald Reagan – cette focalisation sur le photovoltaïque masque une réduction problématique de l’apport solaire à la vie terrestre. Transformer directement la lumière en électricité ne représente qu’une infime fraction du rôle vital que joue l’énergie solaire à travers la photosynthèse. La disproportion est comparable à celle qui sépare la quantité de miel produit par les abeilles du rôle bien plus fondamental qu’elles jouent dans la pollinisation des écosystèmes.

En ce sens, le photovoltaïque incarne une vision de l’énergie solaire restreinte au champ des échanges marchands – ce que Georges Bataille nommait une « économie restreinte », où la logique du don est effacée par celle de l’équivalence et de la transaction. À rebours, la photosynthèse relève d’une « économie générale » : un système où le Soleil fournit de manière continue, gratuite et sans contrepartie, d’immenses quantités d’énergie, dont la métabolisation par les organismes vivants soutient toute la biosphère.

Or cette économie générale repose sur des temporalités radicalement différentes de celles des infrastructures énergétiques contemporaines. Comme l’a souligné Nicholas Georgescu-Roegen, « les générations futures pourront toujours accéder à leur part inaliénable d’énergie solaire6 », mais les matériaux de faible entropie – charbon, fer, cuivre, lithium… –sont, eux, non renouvelables à l’échelle des temps humains. Même les dispositifs dits « d’énergies renouvelables » reposent sur l’extraction intensive de ressources minérales épuisables. Ce paradoxe soulève des questions cruciales de justice intergénérationnelle : à quel prix matériel construisons-nous nos solutions énergétiques actuelles ? À qui laisserons-nous les coûts écologiques de ces infrastructures ? Ces technologies, que certains qualifient de « technologies zombies7 », dilapident en quelques décennies des ressources accumulées sur des millions d’années, tout en laissant derrière elles des déchets appelés à hanter la biosphère bien après leur obsolescence.

Revenir au Soleil, ce n’est pas un retour en arrière technophobe, mais un déplacement cosmopolitique de nos ancrages symboliques. Une économie solaire n’est pas une utopie rétrograde, mais une manière d’orienter la puissance technique contemporaine vers la régénération des conditions de vie. La nouvelle mesure de la valeur que nous proposons ici au titre de « la Part Solaire » a pour vocation d’opérer comme une boussole esthétique : une manière de réarticuler nos systèmes de valeur avec les rythmes du vivant et la temporalité des cycles énergétiques.

6. Nos modes de vie et nos valorisations économiques peuvent trouver une nouvelle boussole dans le « joule équivalent-solaire » : une unité de mesure fondée sur la part d’énergie solaire métabolisée par les processus écologiques et techniques qui les rendent possibles.

Dès les années 1970, l’écologiste américain Howard T. Odum a proposé une méthode comptable permettant d’analyser les flux d’énergie dans les écosystèmes et les sociétés humaines. À la recherche d’un langage propre à rendre compte des réalités énergétiques (l’energese), Odum introduit le concept d’émergie (avec un m), désignant l’ensemble de l’énergie solaire directe et indirecte nécessaire à la production d’un bien ou d’un service, y compris celle investie dans les processus passés.8

Dans cette approche, la biosphère comme l’économie humaine sont comprises comme des métabolismes transformant des flux d’énergie solaire. L’unité de mesure qu’il propose, le « joule équivalent-solaire », permet de modéliser une économie énergétique des activités humaines selon leur coût énergétique primaire (par exemple, 1 joule de matière végétale est le produit d’environ 40 000 joules équivalent-solaire).

Appliquée à la chaîne alimentaire, à l’agriculture, aux systèmes industriels ou aux échanges globaux, cette méthode permet de représenter les interdépendances entre cycles écologiques et cycles économiques sous la forme de diagrammes systémiques proches de circuits électroniques.
L’intérêt de ce modèle réside moins dans une précision quantitative absolue que dans sa capacité à reconfigurer nos représentations : il invite à voir chaque bien ou service non plus comme un simple artefact monétarisé, mais comme la condensation d’un long processus de transformation de l’énergie solaire par la biosphère et le travail humain. En ce sens, l’émergie propose une alternative symbolique et concrète au référentiel abstrait de la valeur économique, en recentrant notre attention sur la matérialité énergétique des conditions de vie.

7. Les développements techniques récents permettent désormais d’estimer de façon crédible le « revenu solaire » issu de la photosynthèse planétaire, et d’en faire un indicateur possible de la soutenabilité forte.

Depuis les années 2000, les données issues de l’observation terrestre et de l’imagerie satellitaire permettent de suivre les processus photosynthétiques à l’échelle planétaire9, confirmant progressivement des hypothèses théoriques formulées au siècle précédent sur les flux de valeur énergétique solaire. Ces instruments offrent un éclairage nouveau sur les liens entre l’énergie solaire, la biomasse autotrophe – microalgues, algues, plantes – et les besoins humains fondamentaux.

Ils permettent notamment d’estimer la quantité d’énergie captée et stockée chaque année par la photosynthèse, énergie indispensable au maintien de l’activité humaine. La NASA calcule aujourd’hui la Production Primaire Nette (PPN), qui mesure la quantité de biomasse autotrophe nouvellement produite chaque année. Ce flux constitue le travail primaire de l’écosystème terrestre, captant l’énergie solaire et la stockant sous forme de matière vivante, alimentant ainsi les chaînes trophiques et les écosystèmes dont dépend toute la biosphère. Les chiffres de la PPN offrent ainsi un référentiel tangible permettant de tester, d’éprouver et d’actualiser les hypothèses bioéconomiques qui lient la soutenabilité aux flux énergétiques de la biomasse.

La PPN annuelle est actuellement estimée à 104,9 pétagrammes de carbone par an10. Nous proposons de considérer provisoirement ce chiffre comme un « revenu solaire », une allusion au budget matière-énergie renouvelé chaque année par la photosynthèse, et susceptible de devenir une boussole énergétique pour les activités humaines. En tant qu’indicateur bioénergétique, ce revenu solaire ouvre la voie à des scénarios de soutenabilité forte, ancrés dans la reconnaissance de la limite physique de la matière-énergie renouvelable disponible pour tous les êtres vivants – humains et non-humains – dans un monde fini.

8. Ces instruments de mesure du métabolisme planétaire permettent désormais de mieux appréhender les dynamiques d’appropriation inéquitable de la biomasse.

Une part importante de la production photosynthétique annuelle (PPN) est aujourd’hui mobilisée par les activités humaines –directement pour l’alimentation, les fibres, le bois ou l’élevage, et indirectement à travers l’usage des terres. L’Appropriation Humaine de la Production Primaire Nette (HANPP) constitue un indicateur clé pour représenter les vecteurs d’appropriation, d’extraction (mise au travail de la nature), et de transfert de richesse (exploitation) de la biosphère et de sa biodiversité vers les sociétés humaines – depuis les océans vers les terres, depuis les zones rurales vers les villes, depuis les régions périphériques vers les mégapoles, depuis le Sud global vers le Nord global.

L’appropriation humaine de la production photosynthétique mondiale est aujourd’hui estimée entre 25 % et 40 %, et de nombreuses études alertent sur des seuils critiques : au-delà de 40 à 50 %, ces prélèvements pourraient provoquer des perturbations systémiques irréversibles. Si les méthodes de calcul du HANPP restent encore à affiner et font débat, elles offrent déjà un cadre pour penser les rapports de domination énergétique à l’échelle planétaire11.

En attendant des modélisations plus précises, certaines visualisations approximatives –par exemple des mappemondes de l’irradiation solaire convertie en biomasse – révèlent une géographie très différente de notre « économie-monde » : ce sont les zones équatoriales, telles que l’Amazonie, la Polynésie, l’Afrique centrale ou certaines régions océaniques, qui contribuent le plus fortement à la PPN planétaire. À la dette énergétique intergénérationnelle issue de l’exploitation massive des énergies fossiles s’ajoute ainsi un transfert contemporain de « richesse solaire » depuis les pays du Sud vers les économies du Nord12, creusant encore l’écart entre production biosphérique et consommation humaine.

9. On peut d’ores et déjà imaginer une monnaie dont l’unité de compte serait la « Part Solaire » : une part du revenu solaire annuel moyen sur Terre, comptabilisée par mètre carré.

Les autotrophes donnent vie à la Terre. Les organismes photosynthétiques ont le potentiel unique de ralentir la vitesse de la lumière en stockant durablement l’énergie solaire sous la forme de matière organique. En s’appuyant sur l’estimation de la production de biomasse photosynthétique, il devient possible de concevoir une unité énergétique fondamentale – la Part Solaire – permettant une évaluation des besoins matériels humains au sein des limites planétaires.

Cette unité symbolise une réorientation des critères de valeur, en mettant au cœur des représentations économiques le rôle central des organismes photosynthétiques et des écosystèmes qu’ils rendent habitables. Elle préfigure des instruments de gouvernance écologique, mais aussi des imaginaires collectifs plus ancrés dans la matérialité des flux énergétiques terrestres.

La Part Solaire ne promet ni croissance infinie ni miracle technologique, mais un ancrage concret, sensible et partageable des limites écologiques. La Part Solaire propose un pont entre nos dépendances d’origine cosmique et notre cause commune : la recherche d’une viabilité planétaire durable.

1 Une version antérieure de ce travail a déjà paru dans La Planète Laboratoire, n° 6, mai 2024, p. 30-31.

2 Voir Raphaël Ménard, Énergies légères. Usages, architectures, paysages, chapitre « Énergies du vivant », Paris, Éditions du Pavillon de l’Arsenal, 2023.

3 Voir les travaux de José Halloy sur les machines vivantes et les technologies zombies, par exemple dans « Sustainability of living machines » in Tony J. Prescott, Nathan Lepora, and Paul F.M.J. Verschure (eds), Living machines: A handbook of research in biomimetics and biohybrid systems, Oxford University Press, 2018, p. 614–622.

4 Vladimir Vernadsky, La Biosphère [1926], Paris, Seuil, 2002, p. 5.

5 John R. Schramski, David K. Gattie & James H. Brown, « Human domination of the biosphere: Rapid discharge of the earth-space battery foretells the future of humankind », Proceedings of the National Academy of Sciences, 112 (31), 2015, p. 9511-9517.

6 Nicholas Georgescu-Roegen, « Energy and Economic Myths », Southern Economic Journal, Vol. 41, n° 3 (Jan., 1975), p. 370.

7 Voir José Halloy dans Living machines, Oxford University Press, 2018, p. 614–622.

8 Howard T. Odum, Environmental Accounting: Emergy and Environmental Decision Making, London, Wiley, 1995.

9 Voir NASA Earth Observing System, Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer (MODIS picture), Terra and Aqua satellites, https://eospso.nasa.gov/content/nasas-earth-observing-system-project-science-office (consulté le 28 février 2025).

10 Voir Christopher B. Field et al. « Primary Production of the Biosphere: Integrating Terrestrial and Oceanic Components » Science vol. 281 (5374), July 10th 1998, p. 237-240.

11 Voir Vaclav Smil, « Harvesting the Biosphere: The Human Impact », Population and Development Review, 37, 2011, p. 613-636.

12 Voir illustration 1, Michael A. Huston, Steve Wolverton, « The global distribution of net primary production: Resolving the paradox ». Ecological Monographs, Volume79 (3), August 2009, p. 343-377.