Vers une Europe post médiatique

Que la crise de l’institution européenne et de son imaginaire coïncide avec une crise plus générale d’une certaine tradition politique face, entre autres, à de nouveaux dispositifs de communication, ce n’est probablement pas un hasard. D’une telle situation, l’Italie contemporaine représente sans doute un laboratoire particulièrement avancé. L’effondrement des coalitions « modérées » et pro-Europe (le gouvernement de Monti, celui de Renzi…) a été signé par l’émergence d’une nouvelle alliance anti-Europe entre Lega Nord et Cinque Stelle propulsée par un rapport très décomplexé aux nouveaux media. Les membres de ce gouvernement « vert et jaune » convergent dans une manière commune de (mal) entendre la politique par des rapports d’immédiateté médiatique entre représentants et citoyens rythmés par des votes on line, des directs Facebook, une panoplie d’hashtag… De ces entrelacs inextricables entre nouveaux moyens de communication et nouvelles expériences politiques le projet européen semble être une des principales victimes.

Les média plus traditionnels comme les principaux journaux nationaux rencontrent une certaine difficulté à intercepter et intégrer les logiques de fonctionnement de ces nouveaux circuits. En ce sens, il est légitime de douter de l’intérêt d’une opération comme la LENA1 – une alliance entre sept « media-phare » du continent – conçue dans la perspective de la fabrication d’un espace de communication européen vraiment différent. Malgré les 70 millions de lecteurs que cet ensemble revendique, le niveau crucial de la distribution culturelle et informationnelle se situe de plus en plus ailleurs : d’abord entre les mains de monopoles numériques internationaux privés (comme les célèbres GAFAM) ; ce sont des media corporate menant des politiques qui demeurent, la plupart du temps, peu saisissables par les dispositifs conceptuels, législatifs et économiques européens, tout en gouvernant silencieusement notre devenir. À travers ces plateformes, un rôle décisif retombe aussi entre les mains d’individus comme le citoyen-reporter ou le politicien-social qui court-circuitent les médiations habituelles.

Des social media aux plateformes de distribution on line (comme Netflix ou Amazon), d’autres infra-structures capitalistes prennent le relais des broadcast-media dans le monde numérique contemporain et agencent, à nouveau et différemment, des rapports d’appropriation et d’exploitation des attentions et des imaginaires. On reste donc dans des rapports « médiatiques » entre techniques du sensible et communautés d’usagers (ou publics) animés par des lois de rentabilisation marchande.

À l’époque du capitalisme « cognitif » et « post-industriel », les conditions de visibilité, d’information et de discussion configurées par les acteurs principaux des industries culturelles rendent actuellement possible une certaine subjectivation européenne2. Avec ses défauts et ses vertus, l’Union européenne actuelle, en tant qu’ensemble institutionnel et réseau de subjectivités, est ainsi le fruit des médiations qui relient les communautés qui la constituent. N’acceptant ni l’Europe telle quelle ni la refusant absolument, l’élaboration d’une autre Europe suit des trajectoires de contre-médiation : contre-médier l’Europe signifie d’abord restructurer d’une façon radicale le fonctionnement de ses infra-structures du sensible et, ainsi, produire d’autres conceptions (opérationnelles) de notre coexistence continentale. En reprenant une formule de Guattari, on appellera « post-médiatique » ce milieu européen à composer.

Six trajectoires pour l’Europe médiale qui vient

1. Retisser notre comme-unité attentionnelle

Malgré de nombreux éléments de convergence géo-culturelle, la proximité entre les nombreux territoires supposés constituer l’Union n’a rien d’absolu ni d’immédiatement évident. Comme dans toute communauté, l’élément commun résulte d’un tissage contingent qui se développe et évolue : c’est du « comme-un », plutôt que de l’union3. Un rôle central dans cette comme-unité qui nous réunit est joué par les objets partagés de nos attentions massivement structurées par des dispositifs médiaux comme des chaînes de télé, des salles de cinéma, des blogs… On pourrait donc affirmer que l’unité (précaire, changeante) du continent est façonnée par l’ensemble des objets autant factuels que conceptuels auxquels ses publics prêtent attention. Les trajectoires attentionnelles communes tissent l’enveloppe et l’intériorité dans lesquelles s’inscrit une éventuelle existence « européenne4 ». Si on peut parler d’une certaine union géographique, historique ou culturelle de l’Europe, on doit aussi en affirmer une consistance proprement perceptive. Il n’y aura pas de véritable politique européenne en l’absence d’une telle comm-unité attentionnelle, laquelle présuppose à son tour l’émergence d’une médiasphère supra-nationale. Dans un tel espace de communication, il sera important de déplacer notre attention collective des éléments nuisibles qui nous relient actuellement (la dette ou la défense des frontières) vers d’autres objets partagés plus désirables et soutenables (comme le projet de l’agriculture biologique ou de libre circulation internationale).

2. De l’UE à l’AE

À côté de la question économique du « marché commun » qui domine le gouvernement de l’UE se dresse ainsi celle perceptive, aussi importante, du « milieu sensible commun5 ». À l’intérieur de ce premier principe de comm-unité perceptive, toutefois, il ne faut pas perdre le sens d’une pluralité de foyers attentionnels distincts dont nous, les européen.es, serions la somme. À savoir non pas le modèle d’une médiasphère unique et homogène, mais l’échange entre une pluralité d’attentions différentes postulant la circulation entre des sites de perception et de narration multiples. Il s’agit ici de valoriser des médiations locales qui peuvent se projeter dans une logique de réseau : le récit d’une gentrification allemande à côté d’une enquête écossaise sur l’agro-industrie du saumon, une structure pionnière de distribution culturelle en Creative Commons italienne en échange avec une association marseillaise de media participatifs… Pour multiplier les opérateurs et les localités où s’assemble la médiation générale de nos sens et de nos intellects, des démarches concrètes doivent être engagées : il faut opérer un transfert pollinisateur de moyens des media capitalistes internationaux vers des expériences moyennes et petites, dont il faudrait encourager également la mise en communication. En reprenant un terme de Bernard Aspe, on pourrait appeler cette individuation souhaitable des médiations européennes une « alliance » médiale6. Cette notion d’alliance décrit une logique de convergence (« action transversale ») des collectifs locaux et contingents qui esquiverait autant l’identification que la dispersion. On initierait ainsi la transition de l’Union Européenne (UE) médiatique vers une Alliance Européenne post-médiatique. Cette Alliance devrait répondre à une logique étrangère autant à l’excès de généralité des grands medias qu’à l’esprit de clocher des medias locaux. Engager de l’attention ici afin de pouvoir la partager ailleurs. Dans ce cadre, une taxation des revenus publicitaires générés par la vente de notre réceptivité dans les grandes entreprises de communication (autant les broad-cast media que les « nouveaux media ») permettrait d’investir dans le développement et la connexion d’autres échelles culturelles et informationnelles.

3. Renverser la balance attentionnelle post-coloniale

Le travail sur la géo-politique de l’économie attentionnelle théorisée par Georg Frank nous a appris à saisir les phénomènes de colonisation du sensible et de l’imaginaire des pays non-occidentaux par les pays dominants d’un point de vue médial et culturel7. Les pays dominés accordent de l’attention aux pays dominants (en regardant leurs films, leurs séries, leurs publicités) sans recevoir d’attention en échange (leur culture ne s’exporte pas). Or, malgré la primauté étasunienne, l’Europe bénéficie d’un excédent en termes d’attention reçue et de médiations exportées qui demande d’être repensé et re-équilibré vers une future condition post-médiatique. Comment développer plus d’attention ici, en Europe, pour ce qui se passe autour de nous, pour ce dont nous dépendons sans le prendre vraiment en considération ? Atteints par davantage de regards et de récits extra-européens, nous deviendrions peut-être plus sensibles à des territoires et des formes de vie loin de nous.

4. Une soutenabilité solide de nos infrastructures volatiles

Face au déplacement de la production industrielle (en Asie, par exemple), nous avons souvent entendu les dirigeants européens évoquer le champ de la production cognitive comme échappatoire providentielle à l’affaiblissement industriel. Ce serait sur le terrain « immatériel » de la recherche, de la création et de l’innovation (numériques, nano et bio-technologiques, de marketing…) que l’Europe défendrait le poids géo-politique de son économie. Même en croyant à ce projet de développement (de moins en moins gagnant face aux avancées d’autres pôles internationaux), la dépendance matérielle extérieure de ces initiatives, autant en amont qu’en aval, reste un problème crucial et refoulé. Il y a, par exemple, du solide derrière les Mac Book, la fibre et l’énergie électrique utilisés par les chercheur.se.s, les designers et les artistes de l’Europe innovante et post-industrielle : des terres rares extraites dans des mines chinoises, de l’uranium colonial ou des déchetteries clandestines d’objets électroniques en Afrique8. « All that is solid », comme affirmait le titre d’un méta-film du britannique Louis Henderson. Il montrait le backstage de la fabrication d’un film à partir du cloud d’un ordinateur Apple à Paris à travers des images des montagnes de déchets électroniques que notre monde externalise sur le territoire africain9. Il est fondamental que cette Europe qui souhaite devenir une pionnière de l’innovation dématérialisée et des dispositifs médiaux n’oublie pas de devenir tout d’abord une pionnière dans la soutenabilité matérielle et écologique de ces processus volatils (sans repousser leur dark side polluant au-delà de ses frontières territoriales et perceptives).

5. Accompagner d’autres codes

Le développement des infrastructures numériques disposé par des opérations de codage a largement échappé – par sa vitesse, diffusion et imprévisibilité – au filet des codes légaux précédemment tricotés par les organismes publics. Qu’il s’agisse de la circulation libre du cinéma et de la musique grâce aux téléchargements de pair-à-pair, des profits non taxés des nouveaux capitaux du digital ou encore de la gestion opaque des informations personnelles dans les data bank privées, le système traditionnel des lois publiques s’est montré insuffisamment réactif et souple face à ce nouvel horizon socio-économique. Les politiques centrales de l’UE à ce propos semblent encore rivées à des dispositifs de droit (par exemple, la propriété du copyright) qui ne sont pas en mesure de saisir les lignes les plus fécondes de changement de la création et de la diffusion culturelles10.

Dans le cas du cinéma, les ressources qu’on investit dans une bataille contre les petits qui partagent « illégalement » des œuvres cinématographiques pourraient être plutôt mobilisées pour soutenir des projets de production et de distribution structurés selon d’autres codes non propriétaires – comme celui des Creative Commons – et donc capables de créer et de montrer des formes de récits audio-visuels peu médiatisées11. Moins d’acharnement contre les usages individuels, plus de soutien aux petites expériences alternatives, et plus d’attention et de contraintes vers les empires médiatiques : telles pourraient être les coordonnées générales des initiatives européennes à venir face à l’expansion des « nouveaux media ». À cet égard, la proposition du Copyfarleft permet même de dépasser l’exemple des Créative Commons, en discriminant des accès souples et gratuits pour les usages non commerciaux de la base et des accès payants pour toute exploitation en quête de profit12.

En ce sens, la décision récente de l’UE d’appliquer le principe français d’exception culturelle – avec ses engagements locaux – aux GAFAM représente un pas non négligeable, sans être pourtant une réponse structurelle13. En faisant appel à la perspective d’une Alliance Européenne (médiale), on pense plutôt à un réseau de singularisations locales qu’à l’enracinement national des protocoles des media corporate.

6. Impulser une vraie media literacy

Malgré la concentration privée de la propriété et de la gestion des media majeurs de l’univers numérique contemporain, nous assistons également à des phénomènes très importants de démocratisation et de pluralisation des foyers de production d’information, de discours et de récit. De plus en plus d’individus dans nos sociétés participent directement à la fabrication de la médiasphère dans laquelle nos sensibilités et nos intelligences baignent. Grâce aux réseaux de partage et de publication, aux outils de captation-diffusion légers et abordables, aux compétences techniques diffuses, le public s’empare souvent du rôle actif du producteur-distributeur. Et les grands media (comme la télé ou les journaux) se retrouvent à leur courir après, en recourant aux contenus partagés immédiatement par les protagonistes des événements à travers des comptes Facebook, des smartphones, des chaînes Youtube…

Cette implication diffuse dans la circulation médiale semble entraîner autant d’avantages que d’inconvénients. Certes, d’un côté, elle ouvre à une démocratisation car elle permet à la plupart des citoyens de jouer potentiellement un rôle dans le partage du sensible. Néanmoins, de l’autre, les outils employés par les multitudes d’artistes-intellectuels-journalistes restent privés et sujets à des logiques de rentabilisation commerciale. De plus, cet élargissement quantitatif semble produire une perte de qualité et de profondeur des médiations.

C’est dans un tel contexte, celui d’une encapacitation médiale améliorable, que doivent être placés les discours à propos de la Media Literacy – ou alphabétisation médiale – souvent réitérés dans les débats et les actions au sein de l’UE14. Il faut concevoir et réaliser à l’échelle européenne des espaces d’apprentissage critique et créatif des techniques de médiation afin de rendre les membres de nos sociétés hyper-médiatisées capables de mieux s’approprier le rôle intra-actif que les milieux techniques contemporains leur assignent. Ces espaces devront largement dépasser les initiatives inefficaces qui ont déjà vu le jour (souvent sous l’impulsion européenne et son horizon 2020) se limitant au simple appareillage numérique des équipements scolaires (des pluies de tablettes et de projecteurs) sans aucune véritable formation ni discussion15.

La Media Literacy ne se fabrique pas simplement à travers la distribution de tableaux connectés (les LIM) à toutes les écoles publiques de la péninsule, comme semble avoir cru le Ministero dell’Istruzione italien – soit bêtement naïf, soit complice des grands groupes médiatiques internationaux16. Peut-être qu’une véritable alphabétisation médiale des médiateurs quelconques à venir pourrait se réaliser par une mise en relation fructueuse de nouveaux media (incontournables, certes) avec leurs dehors : celui de l’immédiat des expériences physico-environnementales ou celui des machines oubliées et inachevées des ateliers d’archéologie des media17.

Comment rémunérer alors les médiateurs-citoyens, en empêchant que la valeur produite par leur travail soit capturée par les plateformes privées de diffusion ? Faut-il européaniser des systèmes d’intermittence comme ceux des artistes du spectacle français pour les enquêteurs et les narrateurs de plus en plus free lance d’aujourd’hui et de demain ? Quel rôle pour un éventuel revenu universel (éuropéen) dans cette partie encore ouverte ?

1 L’acronyme signifie « Leading European Newspaper Alliance » et réunit depuis 2015 sept grands protagonistes de la presse imprimée de six différents pays : La Repubblica (Italie), El Pais (Espagne), Die Welt (Allemagne), Le Figaro (France), Le Soir (Belgique), Tages–Anzieger et La Tribune de Genève (Suisse). Voir le site officiel du groupe : www.lena.news

2 Cf. Félix Guattari : « Le capitalisme post-industriel que, pour ma part, je préfère qualifier de Capitalisme Mondial Intégré (CMI) tend de plus en plus à décentrer ses foyers de pouvoir des structures de production de biens et de services vers les structures de production des signes, de syntaxe et de subjectivité, par le biais, tout particulièrement, du contrôle qu’il exerce sur les médias, la publicité, les sondages, etc. » (Les trois écologies, Paris, Galilée, 1991, p. 40).

3 Voir le dossier « Du commun au comme-un » du numéro 45 (2012) de la revue Multitudes.

4 Plusieurs des termes dont nous nous servons ici (« consistance », « intériorité commune »…) font référence au lexique de la pensée politique de Bernard Aspe, Les fibres du temps, Caen, Nous, 2018.

5 Le marché commun européen ou European Single Market se décline dans le champ des media, des infrastructures et du web sous le terme de « Digital Single Market » : https://ec.europa.eu/digital-single-market

6 Bernard Aspe, Les fibres du temps, op. cit., p. 289-290.

7 Une introduction à la théorie du « Capitalisme mental » du sociologue de l’attention allemand – une des rares traductions françaises de ses travaux– est parue dans le numéro 54 (2013) de Multitudes (p. 199-213).

8 À ce propos, voir par exemple : Michelle Dobré, Fabrice Flipo et Marion Michot, La face cachée du numérique. L’impact environnemental des nouvelles technologies, Paris, L’échappée, 2013.

9 Louis Henderson, All that is solid, France, 2014, 16 min. Le titre du film est une reprise anglaise du célèbre slogan du Manifeste communiste « Tout ce qui est solide, bien établi, se volatilise ».

10 On peut avoir un aperçu d’une telle approche dans le document de cadrage stratégique de mai 2015 « A digital single market strategy for Europe » (notamment le chapitre 2.4) : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=celex%3A52015DC0192

11 Cf. en France, par exemple, le travail de Synaps/Cinéma Voyageur (http://synaps-audiovisuel.fr) et en Italie celui de OpenDDB en voie d’internationalisation (www.openddb.it).

12 Cette proposition désormais célèbre a été formulée par Dmytri Kleiner dans son The Telekommunisten manifesto : http://telekommunisten.net/the-telekommunist-manifesto

13 En avril dernier l’UE a entériné le demande française d’imposer ses codes légaux et financiers aux nouveaux acteurs numériques du secteur comme Netflix et Amazon Prime. Leur catalogue devra inclure au moins le 30 % d’œuvres européennes et une partie des capitaux gagnés devra être réinvestie dans des productions sur le territoire hexagonal.

14 Le site officiel de la Commission Européenne définit ainsi cette notion opérationnelle : « La media literacy fait référence à toutes les capacités techniques, cognitives, sociales, civiques et créatives qui nous permettent d’accéder et de posséder une compréhension de et une interaction avec les media. Ces capacités nous permettent d’exercer une pensée critique, en participant aux aspects économiques, sociaux et culturels de la société et jouant un rôle actif dans le processus démocratique. » (https://ec.europa.eu/digital-single-market/en/media-literacy). Pour une vue d’ensemble sur ce dispositif (très centré, par ailleurs, sur l’espace visuel et filmique) voir aussi : https://ec.europa.eu/culture/policy/audiovisual-policies/literacy_en

15 En réalité l’ensemble d’actions labellisées comme « media literacy » est très vaste et implique des cas particuliers très variés comme le montre cette études plurielle « Mapping of media literacy practices and actions in the EU-28 » : https://rm.coe.int/1680783500

16 Cette initiative autant massive que critiquée – faisant écho à de nombreuses autres dans plusieurs pays européens – s’inscrit dans le cadre du Piano scuola digitale du MIUR. Voir : www.istruzione.it/archivio/web/istruzione/piano_scuola_digitale/lim.html

17 Cf. expériences d’atelier d’archéologie de media dans des milieux éducatifs de Quentin Julien-Saavedra : « Chronorigami. De l’art de plier le temps selon des formes libératrices », Multitudes no 67, 2017, p. 92-100.

Rasmi Jacopo

étudie les nouvelles écritures documentaires (cinéma, littérature) apparues en Italie au cours des dernières décennies, entre écologies de l’attention et pratiques d’immédiation, dans le cadre d’une recherche menée au sein de l’UMR Litt&Arts à l’Université Grenoble-Alpes. Il est membre du collectif de rédaction de Multitudes et va publier, avec Yves Citton, Générations collapsonautes au Seuil en mars 2020.