Tous les articles par David gé Bartoli & Sophie Gosselin

La blessure de l’événement

C’est toujours depuis des bouleversements sensibles que surgissent les forces de libération politique. Notre tâche est de penser des politiques qui soient dignes de la blessure de l’événement. Cela en passe par l’épreuve in-humaine de corps « expeausés » aux forces démesurées de mondes naissants, exigeant l’invention d’idiomes et d’espacements inouïs. Ces politiques pourront être dites romantiques si elles s’ouvrent à l’expression incommensurable des écarts sublimes de la Nature, à son mouvement d’inadéquation. Seules des politiques cosmiques peuvent accueillir l’excès du sensible et l’épreuve toujours renouvelée de l’Inconnu.

The Wound of the Event
It’s always from sensitive events that loom the forces of a political liberation. Our task is to think politics worthy of the wound of the event. It requires the un-human experience of bodies exposed to the excessive forces of coming worlds, the invention of idioms and incredible distancings. These politics could be said romantic if they are open to the incommensurable expression of the sublime gaps of Nature, to its movement of incompatibility. Only cosmic politics can host the excess of the sensible and the always-new experience of the Unknown.

Organiser la désappropriation, libérer le commun

L’humain est en crise. Il lui faut sortir de sa construction anthropocentriste du monde pour retrouver le commun qui le précède, le déborde et l’appelle à sortir de lui-même. Les prémisses de cet appel révolutionnaire, dont l’enjeu est la libération du commun, se réalisent de par le monde à travers de nouvelles luttes politiques. Leur point commun : organiser la désappropriation. Leur objectif : l’abolition de la propriété. Ainsi s’engage une politique de l’hospitalité qui accueille sans discrimination tous les êtres et expressions de la nature, en-deçà d’une conception de la propriété et du propre comme motifs identitaires de l’humanisme et sources de l’exclusion et de la domination de ce qui existe, persiste, se meut hors de lui, sans lui.

Organizing the Disappropriation, Liberating the Common

Human being is in crisis. He has to escape the anthropocentric construction of the world, in order to recover the Common that precedes and goes beyond him. Premises of this revolutionary call, whose aim is the liberation of the Common, happe through the world via some new political struggles. Their common feature: organizing the dis-appropriation. Their goal: the abolition of property. That’s how a politics of hospitality is at stake, capable to accommodate every being and expression of nature, without any kind of discrimination, below a conception of property which lies at the core of humanism and is the origin of exclusion and domination of what exists, persists, moves out of human, without him.

David gé Bartoli & Sophie Gosselin

Philosophes et poètes, ils travaillent actuellement à l’écriture d’une œuvre, L’infraphysique, dont le premier volume s’intitulera La souveraineté du dehors. L’enjeu de cet ouvrage, dans lequel s’inscrit cet article, est de redessiner des lignes politiques qui se démarquent des présupposés anthropocentristes de nos sociétés occidentales modernes. Il s’agit d’un essai infrapolitique en ce sens que l’Homme est démis de son souverainisme et de sa toute-puissance sur les choses du monde pour retrouver ce qu’il y a d’impouvoir dans l’agir non intentionnel des corps humains et non-humains, vivants et non vivants, qui composent le commun : ce qui du politique tient d’une sous-jacence.