Le français, c’est de l’italien mal gaulé
Entretien avec Gauz

Le français, c’est de l’italien mal gaulé
Gauz revient dans cet entretien sur son dernier roman, Camarade Papa, lequel a reçu le Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire en 2018. Il nous ouvre des chemins pour mieux le lire. Celui de raconter une histoire de l’Histoire, à hauteur d’hommes, adultes ou enfants, pleine de beauté, d’idéaux et de liberté. Celui de sortir de la couleur pour retrouver la capacité de ravissement et défendre les façons de parler comme cultures et armes politiques. Celui de nommer la beauté de l’espoir des migrants, qui sont des « super espérants ».

French is lousy Italian
In this interview, Gauz returns on his latest novel, Camarade Papa, who received the Literary Grand Prix of Black Africa in 2018. He opens paths for us to read it better. This invites us to tell a story of History, at the level of men, adults or children, a story full of beauty, ideals and freedom. It also invites us to escape from color in order to to regain a capacity of rapture and to defend the various ways of speaking as cultures and political weapons. It invites us to name the beauty of hope of migrants, who are “super hopefuls”.

Gauz

De son vrai nom Armand Patrick Gbaka-Brédé, né à Abidjan en 1971. Après l’obtention d’un diplôme de biochimie, il poursuit ses études en France, à l’Université de Paris VI-Jussieu. Il réalise des courts-métrages documentaires dont Quand Sankara (projeté lors du Forum Social Mondial de Bamako), donnant la parole à des jeunes qui reprennent le discours que prononça Thomas Sankara à l’Assemblée de l’ONU en 1984. En 2011, il retourne en Côte d’Ivoire où il dirige un journal satirique, News & co, et où il écrit Debout payé, publié aux éditions Le nouvel Attila en 2014 (Meilleur premier roman français pour la rédaction de Lire). Il se retire dans le village artisanal de Grand Bassam où il rédige Camarade Papa, sorti en août 2018 (prix panafricain Akwaba Culture 2018, prix Virilio 2018, prix Bernard Dadié, Grand Prix littéraire d’Afrique noire 2019).

Julie Peghini

Anthropologue, maître de conférences à l’université Paris 8, membre du Centre d’études sur les médias, les technologies et l’internationalisation, et associée à l’Institut des textes et manuscrits modernes-CNRS. Elle s’intéresse aux relations entre art et politique (Île rêvée, île réelle : le multiculturalisme à l’île Maurice, Presses universitaires de Vincennes, 2016), à la littérature et à la performance en Afrique. Elle réalise des documentaires de création (Insurrection du verbe aimer, 2019), autour de l’écrivain et poète congolais, Sony Labou Tansi.