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Bien qu’elle n’ait pas vu s’opérer la fusion des divers mouvements sociaux en une même multitude, l’édition tunisienne du Forum Social Mondial (FSM) de mars 2013 permit à la communauté altermondialiste d’occuper un certain nombre de territoires tant matériels (fragments d’espaces publics) qu’immatériels (fragments d’espaces digitaux). Pour les participants, la fréquentation conjointe de ces territoires permit une certaine forme de ressourcement, de renouvellement des énergies, de réconfort et d’encouragement mutuels (Ermunterung). En démultipliant les formes d’association affective avec le FSM, les nouvelles technologies de l’information et de la communication jouèrent un rôle important dans les processus de territorialisation et d’Ermunterung de la communauté altermondialiste.

The territories of the Global Social Forum in Tunis
A member’s notebook
Although it did not witness the merger of the various social movements into a single multitude, the Tunis edition of the World Social Forum (WSF) held in March 2013 was the occasion for the alter-globalization community to occupy a number of territories both material (fragments of public spaces) and immaterial (fragments of digital spaces). For the participants involved, the joint frequenting of these territories allowed to stock up and renew energies as well as to comfort and encourage each other (Ermunterung). Since they multiply the possibilities for emotional attachment with the WSF, new technologies of information and communication played an important role in the processes of territorialisation and of Ermunterung of the alter-globalization community.

Rousselin Mathieu

Chercheur postdoctoral au Centre for Global Cooperation Research et chargé de cours en relations internationales à l’université de Duisbourg-Essen. Il a étudié les sciences politiques à l’Institut d’Études Politiques de Paris et au Collège d’Europe, puis a conduit une thèse en relations internationales à l’université de St. Gall. Ses travaux actuels portent sur les pratiques de territorialisation/déterritorialisation des mouvements sociaux et notamment sur le rôle des technologies de l’information et de la communication.