Le français, c’est de l’italien mal gaulé
Entretien avec Gauz

Gauz s’est fait connaître avec Debout-payé(2014) qui relate les tribulations d’un vigile ivoirien, littéralement « payé pour être debout », dans la société de consommation contemporaine. Explorant la veine satirique, cette suite de vignettes constitue un portrait au vitriol du capitalisme des grandes capitales européennes, du racisme au quotidien, de la folie de l’achat permanent, tout en manifestant d’une très grande inventivité lexicale et syntaxique. Camarade Papa (2019) explore un tout autre univers : le roman suit deux personnages dans deux temporalités différentes, qui correspondent à deux registres littéraires. Le premier est Dabilly, colon et commerçant français, qui tombe progressivement amoureux de la Côte de l’Ivoire à la fin du XIXe siècle : c’est un pastiche virtuose des romans coloniaux français. Le second est Illitch Davidovicth Shaoshan, petit ivoirien né de deux parents socialistes exilés à Amsterdam, un siècle plus tard : à hauteur d’enfant, ce second récit décrit le monde à partir d’une ré-invention permanente de la rhétorique socialiste. Ce roman a reçu le Grand Prix littéraire d’Afrique noire 2018.

Julie Peghini : Vous avez souvent décrit, dans les médias, Camarade Papa comme une contre-histoire de la colonisation. Pourquoi ressentiez-vous ce besoin d’écrire une telle contre-histoire ? S’agissait-il de recréer une histoire de rencontres pour dépasser la non-rencontre coloniale ?

Gauz : Depuis des siècles, on raconte une « histoire » systématiquement hors du contexte historique. Il n’y a que des incantations qui servent, soit un discours dominant et dominateur, soit un discours victimaire et pleurnichard. On juge, on soupèse, on fait des opérations mais, on ne raconte pas. Hier n’a de direction que lorsqu’on veut lui faire emprunter des chemins qu’aujourd’hui dicte. Camarade Papa n’est pas une contre-histoire. C’est une volonté de raconter une histoire de l’Histoire, tout simplement, à hauteur d’hommes, parce que c’est toujours là que ça commence. Chaque jour, des gens qui ne se connaissent pas se rencontrent. Cela donne au minimum trois histoires à raconter : une du point de vue de chacun des protagonistes, et une du point de vue de la personne qui les observe. La « rencontre coloniale » a eu lieu. Elle n’a juste pas la figure qu’on voudrait qu’elle ait. Je me dis parfois qu’on est passé à côté d’un grand truc.

J.P. : Quelle est votre propre trajectoire pour arriver à ce livre ?

G : Ce livre est né il y a longtemps. J’étais adolescent et je rêvais d’écrire ce que j’appelais déjà clairement, « une saga coloniale ». On allait voir ce qu’on allait voir, le lapin allait écrire l’histoire de la partie de chasse ! Et puis, en me penchant de plus en plus sur l’Histoire, je me rendais compte que ce n’était pas juste un terrain de revendications politiques. Les enjeux allaient bien plus loin que le seul jeu de comptabilité pour savoir qui était bon, méchant, qu’est-ce qui était positif, négatif, etc. J’ai fini par comprendre qu’il fallait de la complexité, des nuances.

J.P. : Du Roi de Kahel de Tierno Monénembo à Camarade Papa : quel est le fil, il y a-t-il un fil, au-delà de la figure de l’explorateur ?

G : Vous me pardonnerez si je vous dis que je n’ai pas (encore) lu Le roi de Kahel. J’ai lu d’autres Monénembo et je connais la puissance de son souffle d’écriture… La figure de l’explorateur n’existe pas véritablement. C’est une caricature créée dans les imaginaires populaires par un certain nombre d’acteurs comme les politiques, les journalistes, les romanciers, l’église, etc. Le bonhomme qui part sur le terrain sait qu’il n’explore rien. Il sait qu’il part sur les traces d’autres personnes, d’autres cultures, qu’il ne connaît pas et qui ont déjà fait le chemin que lui rêve de faire. C’est cela même le principe de l’exploration. Normalement, c’est une posture de modestie. Mais, dans le contexte de l’époque, l’image de l’explorateur déborde vite pour plonger dans une fantasmagorie du héros sans peur, courageux et brillant, porteur de valeurs d’une grande civilisation faite pour dominer le monde. Avant même de partir, les gens savaient ce qu’ils allaient trouver : des sauvages, de l’action, des mœurs étranges, des trésors, du péril, pour revenir canonisés en héros populaire. Ce qui compte dans la figure de l’explorateur, c’est le « récit d’exploration », pas l’exploration elle-même. Stanley est devenu la plus grande figure de l’explorateur parce que d’abord, il avait une belle plume. Il était journaliste à la base. Il savait s’arranger de la réalité pour fabriquer une mythologie. Ses contes ont nourri des générations « d’explorateurs ». Qui ne connaît pas le récit de sa rencontre avec le pauvre Livingstone (qui n’a jamais demandé à être « retrouvé ») ?

J.P. : Deux voyages, deux trajectoires : Dabilly – sorte d’anti-Binger que l’on suivra depuis son Indre-et-Loire natale jusqu’à Assinie, en Côte d’Ivoire, puis à Assikasso dans son histoire d’amour et de rencontre, lui le colon, avec une princesse agny dont il apprend les mots et le monde ; et Anouman – alias Illitch Davidovicth Shaoshan, métis ivoirien élevé par des parents communistes, exilés politiques à Amsterdam, renvoyé chez sa tante au pays après le décès de sa mère, qui doit faire l’épreuve de la traversée des langues dans une cour de récréation ivoirienne… Qu’est-ce qui peut bien relier ces deux trajectoires ? Il semble que vous partiez des expériences de l’exploitation capitaliste, qui forment la vie et le discours de l’un et de l’autre, ainsi que leur nécessité commune, qui va se construire dans le roman, de parler une autre langue ?

G : Lorsque se rencontrent deux personnes qui ne parlent pas la même langue, il se crée automatiquement une troisième. Ça a toujours été comme ça. Par exemple, quand Rome soumet la Gaule, revient cent ans plus tard et on entend parler une troisième langue. Le français, c’est de l’italien mal gaulé. Ce n’est pas le plus fort qui s’impose mais le plus souple qui trouve la voie et la voix. Rome n’avait aucune prise sur le patois qui se créait pour donner ce qui deviendra la langue de Molière. La langue est une résistance qui a le temps avec elle. La langue que j’invente pour ce roman est faite pour rappeler cela. Anouman la porte cent ans après Dabilly. C’est aussi une des choses qui les relie. Tous les deux portent un regard innocent, presque pur, sur ce et ceux qui les entourent. À l’exploitation capitaliste, dans l’usine de Châtellerault du temps de Dabilly, répond le discours marxiste d’Anouman. Que cet enfant soit « mélanino-brassé » (métisse est une classification définitivement raciale et raciste) est fait pour enlever les subjectivités colorimétriques et recentrer sur ce qui a vraiment caractérisé, motivé et mu ce mouvement historique : l’exploitation sans honte d’un groupe d’individus par un autre pour le service d’une petite bourgeoisie déjà mondialisée à l’époque. Depuis la Compagnie des Indes Orientales, la colonisation est d’abord une question de conseils d’administration. Les États viennent après. Tout ce qu’ils feront, comme aujourd’hui, sera dans le sens de favoriser l’entreprise privée, rentabiliser les territoires, etc. Le discours racial et raciste sert à maximiser les bénéfices. La main-d’œuvre coloniale est la main-d’œuvre la moins chère de tous les temps. On réquisitionne, on contraint, on force pour construire des routes, des ponts qui vont permettre d’évacuer les produits. On soigne les hommes pour les maintenir sur les champs et les chantiers. On éduque pour avoir des commis sur place qui coûtent 10 fois moins que ceux venus de la métropole. Tout l’ouvrage colonial a ce seul but. Les discours de supériorités de civilisation, le racisme, le mépris, etc. sont des tirs de barrage, des rideaux de fumée. Cela évite de parler de la vraie question de l’exploitation sociale. Anouman nous le rappelle dans son langage inventif d’enfant. La Côte d’Ivoire d’aujourd’hui qu’il découvre est dirigée par ce qu’il appelle un « bourgeois réactionnaire féodal anachronique ». La couleur des dirigeants africains n’a rien changé au (for) fait capitaliste dans les soi-disant colonies.

J.P. : Dans un reportage, Bruno Latour dit : « Les Gilets jaunes sont des migrants de l’intérieur quittés par leurs pays… Quand on perd son pays, une des conséquences, c’est d’essayer d’en récupérer un.1 » Tu nous décris toi aussi migrants de l’intérieur et migrants de l’extérieur. Comment cette géographie t’est-elle venue pour construire ton roman ?

G. : Quand on parle de colonie, on parle d’abord de migration, de mouvement d’hommes et de femmes. Nous sommes foncièrement nomades. Cette dimension est essentielle pour être crédibles quand on parle « colonie ». Je ne fais pas de différence entre migrants de l’intérieur et migrants de l’extérieur. Cela n’a pas de sens puisque la position est toujours relative. L’intérieur des uns peut être l’extérieur des autres. Un Strasbourgeois à Châtellerault est aussi dépaysé qu’un Rochelais à Grand-Bassam. Ce qui compte par-dessus tout, c’est le mouvement vers une autre culture, un autre territoire. On ne bouge pas parce qu’on est désespéré. C’est exactement le contraire. On bouge parce qu’on est rempli d’espoir. Je ne crois pas qu’on quitte vraiment son pays. On part toujours avec lui. On part investir des territoires d’espoir. Et c’est beau. Les migrants, d’où qu’ils viennent, sont là pour nous rappeler que toute l’humanité, en investissant les coins les plus reculés, les plus hostiles, l’a fait au nom de la beauté de l’espoir. Les migrants, ce sont des « super espérants ».

J.P. : Il semble normal aujourd’hui de parler de la migration économique comme d’une histoire honteuse, comme si ce n’était pas une bonne raison de migrer. Est-ce que c’est parce que les très riches ne sont plus capables de se déplacer qu’ils font peser sur les autres le poids de leur immobilité ? « Remettre la perspective de l’histoire comme elle l’était », une de vos ambitions dites-vous, avec Camarade Papa, implique quels genres de décentrements, à commencer par rapport au regard sur les migrations ?

G : La migration est dans notre programme génétique. Notre intelligence et notre capacité de ravissement sont nos boussoles. Derrière toutes les fictions, il y a cet état « naturel » des choses. Partir pour partir, la vraie richesse est là. C’est le bien matériel, son accumulation, qui fixe.

J.P. : Vous écrivez page 227 : « La filiation par les trajectoires est aussi importante que la filiation par le sang ». Une lecture de Camarade Papa pourrait suggérer de nouvelles affiliations à ces exclus du capitalisme. N’est-ce pas le fait le plus important pour les migrants d’hier comme d’aujourd’hui, se réaffilier ?

G : Quand j’entends « exclu du capitalisme », je vois une sorte de grande fête payante dont l’entrée est gardée. Ceux qui sont in s’éclatent à l’intérieur. Ceux qui sont out se contentent du bruit de la musique et des effluves de mets fins, sous le regard suspicieux des gardes-chiourmes. Alors les gens du dehors sont prêts à tout pour être de la party. C’est l’image que donne le capitalisme. Et ce qui est fort dans ce système, c’est justement de faire perdurer cette image, même dans l’imaginaire de ceux qui le combattent. L’exclusion est l’essence même du capitalisme. Je propose juste qu’on tende l’oreille ailleurs, qu’on pose le regard ailleurs. On n’a rien à foutre de cette fête-là, les basses grasses, le gros son sans subtilité qui ne véhicule que la primitive loi du plus fort. L’idée est d’organiser une fête ailleurs, donner le choix du ravissement, faire confiance à l’intelligence collective. C’est peut-être le décentrement dont vous parliez plus haut. L’intelligence nous lie beaucoup plus que l’appartenance à un groupe. Et l’intelligence se nourrit du mouvement des hommes, de leurs pensées, idéaux, dieux, danses, contes, éducations, initiations… qui, dans le monde entier, ne sont pas si contradictoires qu’on veut le faire croire. Bouger, c’est diffuser de la culture donc de l’intelligence collective.

J.P. : Pourquoi l’enfant est-il le meilleur guide vers la tribu des « marrons », ceux qui ne se contentent pas des frontières établies ? De quoi la voix de l’enfant Anouman, proche de celle de Momo dans La Vie devant soi, et l’immense idéalisme de ce narrateur, nous parlent-ils ?

G. : Ils ne sont pas véritablement des enfants. Ils sont des adultes qui ne sont pas pollués par le crétinisme des « préjugements », comme dit Anouman. Ils portent des rêves de beauté, des idéaux de liberté que les adultes ont bradés. Les choses sont inversées en réalité. Ces enfants-là sont des adultes de petite taille. Et les adultes sont des espèces d’enfants qui ont transformé la planète en cour de récré.

J.P. : Ce petit blanc qui est noir quand il est en Hollande, et blanc quand il est en Côte d’Ivoire, qui a une grand-mère plus noire que lui, alors que c’est elle qui est vraiment la fille du blanc… Comment fait-on pour sortir de la couleur ?

G. : On ne peut pas penser le monde en analysant les degrés de nuances colorimétriques sur les épidermes. Ce n’est pas du tout sérieux. À partir de quel coloris est-on blanc ? À partir duquel cesse-t-on d’être noir ? Qui est jaune ? Qui est rouge ? On voit que tout ceci est absurde. Il n’y a pas véritablement débat pour moi. Si tu me parles de couleur, j’exige que tu me sortes un spectrophotomètre d’abord. Si tu n’en as pas, on parle tout de suite d’autre chose. On gagne du temps. Et le temps, c’est de… la capacité de ravissement. Je ne fais pas l’autruche, je ne suis pas dans le déni de tous ces gens qui font commerce de ces crétineries depuis des siècles. Mais justement, ils sont dans le commerce en effet, la couleur n’est que revêtement. Marine Le Pen ou le clodo qui tient l’Italie, en ce moment, ils ne peuvent pas sérieusement dire qu’ils sont supérieurs à qui que ce soit au nom de la couleur. Par contre, ils sont conscients que les raccourcis sont des chemins de prospérité dans des consciences gavées de raccourcis depuis des décennies, au nom de rêves petits bourgeois.

J.P. : « Une façon de parler, c’est une culture et une arme politique », dites-vous. Les façons de parler que vous utilisez dans Camarade Papa sont des parlers ouvriers, socialistes et une langue à hauteur d’enfant, qui nous déplace. Pouvez-vous raconter comment vous les avez reconstitués, restitués, inventés ?

G : La question de la langue de et dans chacun de mes romans n’est pas une option, elle en est le principe de base même. J’ai beaucoup d’histoires dans la tête qui ne verront pas le jour tant que je n’en trouverai pas la langue particulière. Pour Dabilly, je voulais d’abord une langue de l’époque, très classique, à la façon Zola-Hugo. Mais ça ne marchait pas totalement parce que ces gens-là parlaient à altitude d’auteur, à la troisième personne. Après j’ai essayé le style purement administratif de l’époque (il y a des formules à tomber de rire). Mais la forme était poussée trop loin et le fond rempli de mensonges parce que l’administrateur cherche toujours une carrière, par définition. Et puis j’ai lu des lettres d’époque. Beaucoup. Mon livre de chevet était Passions africaines, une compilation des lettres d’un administrateur qui s’appelle Albert Nebout. Il a traîné dans le pays Baoulé, l’Indénié et est monté jusqu’à Dabakala, dans la capitale de Samory. Il a connu Maurice Delafosse, un des grands fondateurs de l’ethnologie à la sauce française. Il racontait sa vie sous les tropiques à son meilleur ami, notaire à Rouen. Le langage dans les lettres est toujours plus personnel, plus direct, plus fragile… plus humain. J’ai fait évoluer le langage de Dabilly en fonction des étapes de sa trajectoire. Dans sa campagne, je convoque Hugo, à l’usine, Balzac, le style administratif transparaît un peu à l’arrivée à Grand-Bassam. Puis, dans le voyage, j’emprunte le style ethnographique de Delafosse pour finir dans un style plus personnel, plus poétique, quand il tombe amoureux. Pour ce qui concerne la langue d’Anouman, l’appel de balle vient du Momo de Romain Gary. Le plus dur était de retenir les chevaux, ne pas se laisser entraîner par son propre enthousiasme, ne pas s’écouter écrire, rester en équilibre sur la ligne de crête.

J.P. : Est-ce que l’imaginaire révolutionnaire est transposable ? Que reste-t-il de la langue et de l’imaginaire socialiste quand on est confronté au capitalisme, d’Amsterdam à Abidjan, comme Anouman ? Que raconte ce magnifique passage dans la cour de récréation, où il est incompris avec ses mots et idéaux hérités de son père ?

G. : La cour de récréation est clairement une métaphore de la crise ivoirienne vue par Anouman. Le drapeau au milieu divise la cour en une ligne imaginaire qui sépara les Epp Assikasso 1 et Epp Assikasso 2. Ils sont à la même école, Anouman ne peut même pas les distinguer, mais ils sont ennemis. Le directeur qui fait allégeance au « bourgeois réactionnaire féodal anachronique ». Geneviève qui est progressiste, amie de l’opposant historique. Et puis, cet enfant qui se bat contre plus fort que lui… cet enfant qui sait qu’il va mordre la poussière mais s’accroche à sa raison, l’oreille du gaillard. Cet enfant beau, stellaire, qui négocie sa paix sociale : ne plus parler révolution dans la cour en contrepartie de la liberté de circulation. La frontière disparaît de fait et tout le monde finit par circuler en paix dans la cour… Oui, cette scène est une allégorie.

Le socialisme et sa langue particulière, c’est désormais marqué. On la rejette au rayon folklore d’un passé horrible. Pourtant, si elle était flamboyante dans sa forme, c’est parce qu’elle portait justement des idéaux flamboyants ! Les hommes et les femmes étaient drôles, poétiques, même dans les moments les plus durs des dictatures. La langue de type marketing, publicitaire, générée par le système dans lequel nous baignons est terne, sans éclat, à l’image de la société qu’elle a générée.

J.P. : La TV éducative : vous l’avez vraiment vécue ?

G. : La télé à l’école, bien sûr que je l’ai vécue. Ça s’appelait le PETV, Programme d’éducation télévisuelle. L’hypothèse pédagogique de base était que, par l’emploi de la télévision, on pourrait atteindre 100 % de taux d’alphabétisation en peu de temps. Ils se sont basés sur des études faite à petite échelle au Niger et aux Samoa. Ils ont généralisé cela en Côte d’Ivoire. Entre 1971 et 1982, ça a touché plus 750 000 enfants ! L’Unesco a été un acteur important dans cette aventure. Il existe encore des archives surprenantes à Paris. Je vais réaliser un documentaire sur le sujet.

Gauz

De son vrai nom Armand Patrick Gbaka-Brédé, né à Abidjan en 1971. Après l’obtention d’un diplôme de biochimie, il poursuit ses études en France, à l’Université de Paris VI-Jussieu. Il réalise des courts-métrages documentaires dont Quand Sankara (projeté lors du Forum Social Mondial de Bamako), donnant la parole à des jeunes qui reprennent le discours que prononça Thomas Sankara à l’Assemblée de l’ONU en 1984. En 2011, il retourne en Côte d’Ivoire où il dirige un journal satirique, News & co, et où il écrit Debout payé, publié aux éditions Le nouvel Attila en 2014 (Meilleur premier roman français pour la rédaction de Lire). Il se retire dans le village artisanal de Grand Bassam où il rédige Camarade Papa, sorti en août 2018 (prix panafricain Akwaba Culture 2018, prix Virilio 2018, prix Bernard Dadié, Grand Prix littéraire d’Afrique noire 2019).

Julie Peghini

Anthropologue, maître de conférences à l’université Paris 8, membre du Centre d’études sur les médias, les technologies et l’internationalisation, et associée à l’Institut des textes et manuscrits modernes-CNRS. Elle s’intéresse aux relations entre art et politique (Île rêvée, île réelle : le multiculturalisme à l’île Maurice, Presses universitaires de Vincennes, 2016), à la littérature et à la performance en Afrique. Elle réalise des documentaires de création (Insurrection du verbe aimer, 2019), autour de l’écrivain et poète congolais, Sony Labou Tansi.