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La banque centrale de la démocratie
Un accélérateur du projet européen

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Parrêsia

L’Europe est assiégée par au moins trois vecteurs hostiles. Le premier est la guerre d’agression russe contre l’Ukraine ; le deuxième est le nouveau choc chinois avec son impact en termes de désindustrialisation et de déséquilibre de la balance commerciale ; le troisième est à la fois politique, économique et même militaire : c’est la politique de Donald Trump II. Chacun de ces défis est existentiel.

Dans un discours prononcé à Munich le 30 novembre 2025, Jürgen Habermas a fait un bilan saisissant de la condition européenne. D’une part, souligne-t-il, « la guerre en Ukraine contraint l’Union européenne à maintenir une alliance avec les États-Unis dans le cadre de l’OTAN » ; de l’autre, « la poursuite de l’intégration politique, au moins au cœur de l’Union européenne, n’a jamais été aussi vitale pour notre survie aujourd’hui. Et jamais elle n’a été aussi improbable1 ». Voilà un exemple de franc parler. On sait que le dernier cours de Michel Foucault était dédié au « courage de dire la vérité2 ». Il en proposait une typologie organisée en cinq moments : « les pratiques de soi antiques, la parrêsia et ses origines démocratiques, le moment de transition d’une parrêsia politique à une parrêsia éthique, la parrêsia socratique et finalement la parrêsia cynique3 ». Il n’a certainement pas pensé à la figure du « banquier ».

Le premier ministre canadien a prononcé un discours historique à Davos, le 20 janvier 20264. Ancien gouverneur de la Banque centrale du Canada, Mark Carney a articulé la présentation d’une nouvelle doctrine des relations internationales autour du courage de dire la vérité et du point de vue des sans-pouvoir. Les réseaux sociaux nous ont permis de voir à la fois la force de ce discours et la gêne de ceux qui avaient du mal à digérer qu’il émanait d’un… banquier. Et si, au contraire, la force du premier ministre canadien venait justement du fait d’avoir été un acteur majeur de la finance internationale ? Voilà que, quelques jours après, dans un texte collectif qui propose un nouveau social-fédéralisme européen, Étienne Balibar, Thomas Piketty, Justine Lacroix et autres parlent de la construction d’une « banque centrale de la démocratie » qui garantirait « à l’ensemble des sociétés européennes les conditions concrètes de l’exercice des formes de vie démocratiques5 ». La banque et la finance apparaissent clairement comme des terrains privilégiés d’accélération de la capacité de l’Europe de faire face, d’un côté, aux menaces internes à la démocratie et, de l’autre, aux menaces géopolitiques, y compris celles de type militaire.

Que nous apprennent les décisions européennes sur les actifs russes ?

Les décisions européennes sur les actifs (les capitaux) russes nous intéressent à plusieurs niveaux : bien entendu, elles concernent les transformations qui traversent le projet européen ; d’autre part, elles permettent d’appréhender le rapport de la critique avec la question des finances (de la banque et de la monnaie).

En général, on parle des actifs russes après leur saisie. Or, il faut bien noter que ces actifs étaient bien en Europe avant le début de la guerre à grande échelle contre l’Europe. Selon l’économiste Branko Milanovic, en février 2022, il s’agit d’environ 600 milliards de dollars : l’équivalent du budget annuel du Pentagone6. Pourquoi ce capital russe était-il en Occident et en Europe plutôt qu’en Russie ? Parce que la Russie a plus confiance dans les institutions financières et dans les économies occidentales que dans les siennes. C’est une bonne manière de comprendre que « le » capital n’existe pas en soi. De la même manière, l’argent n’a pas d’essence, c’est-à-dire, n’a aucune valeur implicite. Ce qui existe, ce sont des rapports, des travailleurs, des capitalistes, des gouvernements, etc. On explique souvent la puissance d’un pays par le fait que celui-ci investit (ou non) beaucoup d’argent dans ce qu’on appelle le « complexe industrialo-militaire ». Ce rapport de causalité donne à penser que la puissance se trouve dans une richesse qui serait une donnée à priori : la monnaie accumulée, « le » capital. La vraie question est autre : pourquoi le même dollar (ou le même yuan) ne produit pas la même richesse selon l’endroit où il est investi, autrement dit, comment s’agence-t-il avec la culture, l’éducation, les institutions7. Ce qui compte, ce sont ces agencements, dont la monnaie est à la fois l’expression et le déterminant8.

Regardons maintenant ce qui s’est passé avec les actifs russes après qu’ils ont été saisis. Tout au long des deux premières années de la guerre, les différents responsables déclaraient que l’Europe n’y toucherait pas. Y toucher serait une « rupture de contrat ». L’Europe voyait seulement un côté de la monnaie, les actifs continuaient à être valorisés normalement, mais étaient bloqués comme gage d’une dissuasion qui n’a pas dissuadé la Russie d’attaquer l’Europe. Puis, l’approche a commencé à changer. La première inflexion a eu lieu en octobre 2024. Les pays du G7 ont établi le programme ERA (Extraordinary Reverse Acceleration), offrant des crédits à l’Ukraine pris sur les intérêts des actifs russes immobilisés. Depuis fin 2024, l’ERA a ainsi distribué en Ukraine environ 35 milliards d’euros et doit atteindre les 50. La deuxième inflexion est liée au retour au pouvoir de Trump : le prince américain n’a pas de principes. Du coup, comment peut-on défendre la légalité internationale de la monnaie lorsque le principal allié ne respecte aucun principe ? Comment peut-on penser maintenir la confiance à partir d’une légalité institutionnelle qui perd de sa force, assiégée qu’elle est de toute part ?

C’est le nouveau chancelier allemand, Friedrich Merz, qui donne le ton dans un article paru dans le Financial Times le 25 septembre 2025. Il propose à l’Union européenne d’utiliser les actifs russes pour financer l’effort de guerre ukrainien. Il défend la nécessité de mobiliser environ 140 milliards d’euros9. Le 13 novembre, c’est au tour de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, de manifester son soutien au plan de Merz10. Au fur et à mesure que la date de cette prise de décision européenne s’approchait, une ligne de clivage se formait entre, d’un côté, les pays qui soutenaient la mobilisation des actifs saisis et, de l’autre, ceux qui changeaient de position à la toute dernière fin, appuyant la solution d’un financement de la guerre basé sur l’emprunt commun européen : ce sont 90 milliards d’euros théoriquement ancrés sur l’argent russe. Finalement, les actifs russes n’ont pas encore été mobilisés, mais il ne sera plus nécessaire de confirmer leur gel tous les six mois. Le compromis a été interprété comme un verre à moitié vide et à moitié plein. Ceux qui veulent souligner les difficultés européennes l’ont vu à moitié vide. Ceux pour qui, au contraire, le verre est à moitié plein, y voient une étape en direction de la consolidation de l’indépendance européenne, quelque chose qui complète l’effort de diversification énergétique face à la Russie au cours de ces quatre années de guerre. Il y a enfin ceux qui sont contre le verre tout court, à savoir contre la saisie des biens russes et contre l’endettement pour aider l’Ukraine11.

Nous pensons qu’il faut regarder le verre, c’est-à-dire, que l’avancée d’une Europe fédérale passe par les finances. L’Europe doit arriver à associer la résistance des institutions démocratiques et la force dont elles ont besoin pour faire face à ceux qui les attaquent (de l’intérieur et de l’extérieur). Comme dans les mots du premier ministre canadien, « nous ne comptons plus uniquement sur la force de nos valeurs, mais aussi sur la valeur de notre force ». La question qui se pose est donc de savoir si la monnaie que l’Europe frappe dispose des bases matérielles et sociales pour affirmer sa valeur et aussi, si elle est à même de faire face aux défis posés par l’accélération de l’histoire que nous vivons.

Au-delà du débat sur le décrochage européen

Parler du déclin européen semble porter de l’eau au moulin de Poutine et de Trump et surtout, des fascistes. Mais, ne pas en parler peut entretenir ce que Stéphane Audoin-Rouzeau définit comme « notre déni de guerre12 ». Deux rapports sur la situation de l’Europe, l’un conduit par l’ancien président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi13 et l’autre, par l’ancien président du Conseil italien, Enrico Letta14, offrent un diagnostic préoccupant et formulent des propositions. Face aux États-Unis (et à la Chine), il faudrait mettre en place une série de réformes structurelles. Récemment, en opposition aux mesures préconisées par ces rapports, l’économiste Gabriel Zucman a affirmé que l’idée d’une sclérose européenne se fonde sur trois mythes : celui d’une croissance américaine qui s’envolerait ; l’idée que la productivité du travail aux États-Unis serait de 35 % plus importante qu’en Europe ; le dernier mythe serait celui du productivisme. Pour lui, la véritable différence est qu’en Europe, on travaille moins, on a plus de temps libre, plus d’espérance de vie et une moindre inégalité15. Sur X/Twitter, Thomas Piketty a renchéri : « Il faut sortir de l’autodénigrement16 ». Ces points de vue opposés font l’objet d’innombrables débats. Nous pensons qu’en réalité, cette opposition est fausse. Non pas parce que les préoccupations de Piketty et Zucman quant à la nécessité de défendre le modèle social européen soient injustifiées, mais parce que ce modèle ne peut survivre que s’il se réinvente en trouvant sa propre capacité de se « capitaliser », de créer ses finances, ses agencements.

Le rapport Draghi est à la fois complémentaire et paradoxalement plus matérialiste, comme l’ont été les politiques de création monétaire qui nous ont sorti de la crise de la dette souveraine et permis de faire face à la pandémie de la Covid 19. C’est ainsi qu’il donne la définition du grand déplacement qui a lieu sous nos yeux : « Dans un monde géopolitiquement stable, nous n’avions aucune raison de nous inquiéter de l’augmentation de notre dépendance vis-à-vis de pays avec lesquels nous entendons rester amis ». La question du décrochage est donc avant tout géopolitique : « Les fondations sur lesquelles nous avons bâti notre modèle sont aujourd’hui ébranlées17 ». C’est dans cet horizon que Draghi définit l’enjeu : « Si l’Europe n’arrive pas à améliorer sa productivité, nous serons obligés de faire des choix : nous ne pourrons pas devenir à la fois un leader des nouvelles technologies, un modèle de responsabilité climatique et un acteur indépendant sur la scène mondiale ». C’est donc un défi existentiel. Entre les deux approches, la différence est de degré : le défi est peut-être de les mettre ensemble. Les mettre ensemble signifie maintenir ouverte la notion de productivité et donc, de compétitivité. Or, ce qui la maintient ouverte, c’est la démocratie. C’est l’axe fondamental du projet européen et la raison qui mène toutes les nouvelles monarchies à vouloir la mettre en pièces.

La banque de la démocratie a besoin de la démocratie des finances et de leur accélération continentale. Elle a besoin de la création d’un marché de capitaux de l’Union, de la réalisation d’une union complète du système bancaire et enfin, de la mise en place d’un dispositif permanent d’endettement commun. L’unification du marché européen des capitaux doit permettre à l’Union de mobiliser des milliards d’euros qui actuellement se trouvent dans des dépôts bancaires très peu rémunérés ou qui financent l’incroyable expansion de l’industrie de l’IA aux États-Unis. L’intégration du système bancaire devra amplifier ce mouvement par la création d’un système européen d’assurance des dépôts dans toute la zone euro, indépendamment de la localisation de la banque. Enfin, le processus d’endettement commun constituera le passage le plus crucial. La zone euro dispose d’un potentiel d’émission autour de 15 % de son PIB et cela, sans impacter négativement le marché des titres émis par les gouvernements nationaux : il s’agit de quelque chose comme 2,5 milliards d’euros, de quoi maintenir le welfare et produire des nouveaux agencements18.Par ailleurs, l’Europe multiplie les brèches diplomatiques et commerciales, notamment par le biais des accords avec le Mercosur et l’Inde et montre que la réponse au souverainisme trumpiste n’est pas un souverainisme européen, mais un nouveau globalisme.

L’Europe contre le fascisme

Maurice Merleau-Ponty a montré comment les critiques morales du libéralisme peuvent paradoxalement tomber dans le fascisme qui, lui, est un immoralisme. Ainsi, écrit-il, « il y avait dans le maurrassisme de 1900 une réaction saine contre les illusions kantiennes de la démocratie ». Merleau-Ponty continue : contre le moralisme libéral, « nous sommes tous ralliés au réalisme, si l’on entend par là une politique qui s’occupe de réaliser les conditions dexistence des valeurs qu’elle a choisies. Mais l’immoralisme maurrassien est d’une autre sorte. Au lieu de conclure que l’égalité et la liberté sont à faire, (Maurras) renonce à l’égalité et à la liberté19 ». Voilà Trump II : exit le double standard, Might Makes Right (loi du plus fort). Trump, aussi bien que Poutine et Xi Jinping, ne s’embarrassent pas d’afficher des justifications morales pour leurs actions. François de la Rochefoucauld avait dit que l’hypocrisie est l’hommage du vice à la vertu. Avec Trump, aussi bien qu’avec la Chine et la Russie, souligne Tom Nichols, le vice rend hommage au vice20.

Si le double standard ne sauve pas, sa disparition est encore plus grave. Les illusions de Kant sont bien des « illusions », mais elles acceptent (ou ne peuvent pas y renoncer) leur fondation éthique et matérielle et ne ferment donc pas la possibilité d’un conflit autour de leur application : nous le voyons bien encore une fois dans les rues de Minneapolis. Presque six ans après le gigantesque mouvement qui avait suivi l’assassinat de George Floyd (le 25 mai 2020) et mené à la victoire de Biden, Renee Good et Alex Pretti viennent d’être assassinés à bout portant par la milice de Trump II. Ils n’étaient ni illégaux, ni immigrants, ni membres d’une minorité, mais simplement deux singularités des multitudes américaines qui, dans les rues, affirment les « conditions d’existence des valeurs », la possibilité d’autres agencements. Ils sont des martyrs de la lutte contre l’immoralité du fascisme trumpiste. Or, cette lutte existait aussi dans les gouvernements démocrates, mais à un détail près qui fait toute la différence : l’état de droit, les tribunaux, le jeu des différentes sphères de pouvoir (locales, fédérales etc.) permettaient des médiations institutionnelles et donc, une variation possible du double standard, entre sa dimension purement formelle et celle effectivement matérielle. La Russie et la Chine sont là pour nous rappeler que toute tentative d’absolutiser ce jeu en abolissant le formalisme juridique a fini par absolutiser la hiérarchie du pouvoir. L’hypocrisie est en réalité une fausse définition des énigmes qui lient et séparent la fortune et la virtù.

La critique du double standard doit donc bien faire attention à ne pas être moraliste : la brutalisation du pouvoir n’a rien de positif pour les luttes et pour les droits. L’Europe a aujourd’hui la possibilité de maintenir une lutte éthique dans le cadre d’un régime formel et en même temps, elle a des difficultés à faire face au fascisme xénophobe, à la fois prorusse et trumpiste. Or, s’il y bien un endroit où la lutte contre le fascisme est puissante, c’est bien en Ukraine. L’appui à cette lutte va bien au-delà de la géopolitique : c’est l’agencement qui transmute toutes les valeurs. C’est en Ukraine et avec l’Ukraine que la banque centrale de la démocratie doit rencontrer la démocratie des finances, c’est-à-dire, l’accélération du projet fédéraliste européen. Stefan Zweig avait décrit le monde perdu lors de la Première guerre mondiale en Europe. En le relisant, un autre libéral, Martin Wolf, observe que « nous aussi sommes en train de perdre notre monde. Celui-ci était pareillement imparfait, mais bien meilleur que celui où nous nous trouvons. Cette fois-ci, c’est l’Europe qui doit être le sauveur et non pas un destructeur21 ».

1« À partir d’ici nous devons poursuivre seuls notre chemin », traduit et publié par la revue K, Les juifs, LEurope, le XXIe siècle, https://k-larevue.com/a-partir-dici-nous-devons-poursuivre-seuls-notre-chemin

2Cours au Collège de France, 1984, paru en 2009, Gallimard, Seuil, EHESS.

3Maria Andrea Rojas, « Michel Foucault : la parrêsia”, une éthique de la vérité », Philosophie, Université Paris-Est, 2012.

4www.youtube.com/watch?v=5CrL_l8JQtQ

5« En Europe, un nouveau social-fédéralisme reste à inventer », Le Monde, 28 janvier 2026.

6« The Long-Term Political Consequences of Mr. Putin », Global Inequality and More 3.0., 11 janvier 2026, Substack, https://substack.com/home/post/p-184226663

7Pour un travail systématique, voir Daron Acemoglu, Simon Johnson & James Robinson, Institutions as the fundamental cause of long-run growth, Working Paper 10841, National Bureau of Economics Research, mai 2004.

8Alessandro Aresu, Geopolitica dellIntelligenza Artificiale, Feltrinelli, Milano, 2024.

9« A new financial impetus for peace in Ukraine », 25 septembre 2025. Il s’agit d’environ 210 milliards d’euros de ces actifs qui se trouvent en Europe, dont la plupart (88 %) dans l’organisme de dépôt européen, une institution belge, Euroclear.

10Seuil/Libelle, Paris, 2025.

11« US pressuring” EU not to use frozen Russian assets for Kyiv, Ukraine official says », France24, www.france24.com/en/europe/20251217-us-pressuring-eu-not-to-use-frozen-russian-assets-for-kyiv-ukraine-official-says, Voir aussi Henri Guaino www.letelegramme.fr/monde/un-sentiment-de-fuite-en-avant-henri-guaino-nepargne-pas-les-occidentaux-sur-la-guerre-en-ukraine-6786738.php

12Seuil, Paris, 2026.

13Lavenir de la compétitivité européenne, septembre 2024, https://commission.europa.eu/document/download/97e481fd-2dc3-412d-be4c-f152a8232961_fr?filename=The %20Draghi %20report %20A %20competitiveness %20strategy %20for %20Europe %20 %28Part %20A %29-FR.pdf

14« Bien plus qu’un marché », avril 2024, https://institutdelors.eu/content/uploads/2025/04/Much-more-than-a-market.pdf

15Gabriel Zucman, « L’idée d’une sclérose européenne face à un supposé eldorado américain ne repose pas sur grand-chose », Le Monde, 17 décembre 2025.

1617 décembre 2025, https://x.com/PikettyWIL/status/2001347413349716111

17Préface, in Lavenir de la compétitivité européenne. Partie I – Une stratégie de compétitivité pour lEurope, septembre 2024.

18Thomas Moller-Nielsen, « IMF prepares for global run on US dolar », Euroactiv, 26 janvier 2026, www.euractiv.com/news/imf-prepares-for-global-run-on-us-dollar

19Sens et non-sens, Nagel, Paris, 1966, 5e édition, p. 120-1. C’est nous qui soulignons.

20Tom Nichols, « Maybe Russia and China Should Sit This One Out », The Atlantic, Janvier 2026.

21« The Reality of a world after rupture », Financial Times, 27 janvier 2026. www.ft.com/content/b784dc0f-abbb-4d02-b78d-89c69b8082be